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vendredi, 09 mars 2018

La Forme de l'eau

   Une fois n'est pas coutume, le titre de ce film américain est bien traduit... alors, ne boudons pas notre plaisir. Je ne fais toutefois pas partie des inconditionnels du réalisateur (Guillermo del Toro), mais j'ai été attiré par l'histoire... et la possibilité de voir le film en version originale sous-titrée, au CGR de Rodez (trop timide à mon goût au niveau de la diffusion des oeuvres dans leur langue d'origine).

  On a parlé ici ou là des "emprunts" que le réalisateur aurait pratiqués chez d'illustres devanciers (Jean-Pierre Jeunet et Terry Gilliam notamment). Plus que du plagiat, j'y vois des hommages, ou tout simplement des sources d'inspiration. Il est néanmoins évident qu'au début, la présentation d'Elisa, l'héroïne muette, célibataire asociale réglée comme une pendule (Sally Hawkins formidable), n'est pas sans rappeler celle de l'Amélie Poulain de Jeunet.

   Immédiatement, on baigne donc dans un univers décalé, dans des tons superbes. Les Etats-Unis du début des années 1960, en pleine Guerre froide, semblent presque surnaturels. Les interactions entre les personnages nous font cependant vite comprendre dans quel genre de monde ils vivent : dominé par des mâles blancs hétéronormés, attachés à leur domination des femmes et à la ségrégation raciale.

   Les deux héros attirent immédiatement la sympathie, pour des raisons semblables en dépit de leurs apparences différentes. Elisa comme "le sujet" sont à la fois des victimes et dotés d'une grande force intérieure. Leur rencontre, très poétique, donne naissance à une histoire d'amour furieusement romantique.

   Toute bonne histoire s'appuie sur un "méchant" réussi. Tel est le cas ici, avec un Michael Shannon (déjà excellent dans Elvis & Nixon) bien dégueulasse... et dépeint comme une certaine incarnation du modèle américain. (Par bien des côtés, le film est susceptible de prendre à rebrousse-poil le public bas-du-plafond.) Des moments de comédie sont introduits par le personnage de Zelda, bien interprétée par Octavia Spencer (ce qui lui a valu une deuxième nomination de suite à l'Oscar du meilleur second rôle, un an après sa performance dans Les Figures de l'ombre). Je crois que Richard Jenkins, qui incarne Giles, le voisin et fantasque ami d'Elisa, est aussi censé provoquer les rires ou, à défaut, les sourires du public... mais j'avoue que j'ai trouvé son personnage plutôt horripilant, extrêmement convenu et prévisible.

   Fort heureusement, la romance prend de l'épaisseur quand une évasion se produit. Là-dessus se greffe une vraie-fausse histoire d'espionnage, qui perturbe encore plus les lignes.

   J'ai passé un excellent moment, plein de beauté et d'émotion.

21:39 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Commentaires

Ah c'est drole la collegue et le voisin ne m'ont pas semblé etre des personnages de comédie. Comme Elisa ils se battent contre leur vie difficile (un mari, la couleur de peau, le chomage et l'homosexualité).
L'évasion est formidable très mouvementée sans être spectaculaire. Une réussite.
Le méchant est TRES réussi.
Et l'histoire d'amour : je fonds.

Écrit par : Pascale | dimanche, 11 mars 2018

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Je trouve que le personnage de Zelda insuffle de l'énergie. Certes, dès le début, on sent le mépris de classe et le racisme de Strickland à son égard (tout comme son anticommunisme primaire et, surtout, sa misogynie), mais, avant la scène (tardive) où on la voit chez elle, en compagnie de son insupportable mari, c'est pour moi un personnage qui rompt la grisaille chaque fois qu'elle apparaît à l'écran.

Concernant Giles, je me suis amusé à deviner quelle gaffe il allait commettre ou quel changement d'attitude il allait opérer. Ce n'est plus drôle quand on gagne à tous les coups...

Écrit par : Henri Golant | dimanche, 11 mars 2018

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