Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 15 août 2019

Once upon a time... in Hollywood

   ... et en version originale sous-titrée, à Rodez, dans une grande salle copieusement garnie. Tarantino fait recette, pour ce qui est à la fois un hommage (parfois ironique) au Hollywood de sa jeunesse, mais aussi une fresque "tarantinesque".

   L'hommage se ressent à l'écran. Tarantino a filmé comme le garçon et l'adolescent qu'il a été voyait les gigantesques enseignes lumineuses, les voitures décapotables et les jeunes femmes (surtout les jambes). J'ai été étonné de l'importance occupée par les bagnoles au début de l'histoire, qui ne m'a donc pas super emballé.

   Cet hommage s'étend au travail des acteurs... et de certaines petites mains. Quentin se moque gentiment de leurs travers, mais il est soucieux de décrire le quotidien d'un comédien, ici Rick Dalton, très bien incarné par Leonardo DiCaprio, crédible à la fois quand son personnage joue mal et quand il joue bien. La scène avec la gamine prise en otage, dans le saloon, est superbe... (Retenons le nom de cette actrice en herbe : Julia Butters, remarquable dans son premier face-à-face avec DiCaprio, dans la scène de lecture.)

   Cependant, même si Dalton occupe le devant de la scène du début à la fin du film, le véritable personnage principal est pour moi Cliff Booth, sa doublure-cascade homme à tout faire, auquel Brad Pitt prête son charisme. Attention mesdames : quand Cliff/Brad répare l'antenne du toit, il se met torse nu... La comparaison entre les deux héros est le plus souvent source de comique : l'un vit dans une villa, l'autre dans une vieille caravane ; le premier se fait conduire dans une Cadillac rutilante, le second, quand il ne pilote pas celle-ci, roule dans une vieille Volkswagen etc.

   Le troisième pôle est Sharon Tate, interprétée par Margot Robbie, qui a déjà éclaboussé de son talent des films comme Moi, Tonya et Marie Stuart, reine d'Ecosse. Ici, elle est chargée de rendre vie à Sharon Tate, une actrice alors "émergente" devenue l'épouse du réalisateur Roman Polanski. On découvre une jeune femme aimable et un peu naïve, ravie de se découvrir sur un grand écran et des réactions qu'elle suscite dans le public. Tarantino profite d'une soirée (à laquelle participe le couple Polanski) pour lancer quelques piques, la plus acérée étant sans doute celle qui est censée viser Sharon Tate. L'un des invités déclare que l'actrice est attirée par un seul type d'homme, qui paraît ne pas avoir plus de douze ans. Je pense que tout Hollywood a compris que la remarque visait plutôt son époux...

   Tous ces personnages vont croiser, à un moment ou un autre, au moins l'un des membres de la "famille Manson", cette tribu de hippies dégénérés qui a commis d'horribles massacres à l'époque. Il est évident que ce fait divers a été intégré à l'intrigue écrite par Tarantino, mais on ne sait pas comment. Je pense qu'une partie du public est venue uniquement pour cette partie de l'histoire.

   En attendant la dernière demi-heure fatidique, on peut se délecter des aventures de Cliff le cascadeur. Il s'embrouille avec Bruce Lee dans une scène délicieuse, qui ridiculise l'idole des films d'arts martiaux. On le voit aussi s'occuper de sa chienne Brandy, un staffordshire très bien dressé (et redoutable... mais je n'en dis pas plus), qui a obtenu la Palm Dog à Cannes cette année. Le marivaudage avec "Pussycat", l'une des adeptes de Manson, est bien mis en scène. Enfin, notre doublure préférée est au coeur de la séquence la plus flippante, celle qui le voit revenir au ranch où étaient autrefois tournés des westerns, mais qui est désormais occupé par la bande de Charles Manson. Là, Tarantino fait preuve de brio dans la sobriété.

   On attend évidemment la fin, avec les nervis de Manson qui débarquent dans les beaux quartiers. On en a pour son argent (avec un petit quart d'heure de bravoure), mais là encore Tarantino surprend. Même s'il s'inspire de faits réels, il ne fait pas oeuvre de documentariste. Ce n'est pas la première fois qu'il manifeste son désir de réécrire l'histoire... et c'est très bien ainsi.

23:36 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Commentaires

Tu as tout bon.
Les belles voitures ne m'ont pas gênée mais je ne voyais pas quand ça allait commencer. J'y retournerai pour mieux me laisser aller et ne pas attendre que ça démarre au quart de tour.
J'ai oublié de parler de la grande scène chez les Manson, elle est extraordinaire. Mais il faudrait en citer tellement...

Je n'arrive pas à croire que les 12 ans visent Polanski. La scène est drôle dans la mesure où Steve McQueen plutôt viril n'avait rien à voir avec Roman et Jay, petits et aux visages juvéniles. A 83 ans Polanski a d'ailleurs toujours une silhouette de gamin.

Écrit par : Pascale | vendredi, 16 août 2019

Répondre à ce commentaire

Le film est effectivement très riche, nourri de quantité de détails. (A titre d'anecdote, j'ai été étonné de voir comment on avait réussi à faire ressembler Damian Lewis à Steve McQueen !)

Comme j'ai récemment revu "Pulp fiction", j'ai pu vérifier un autre élément en apparence anodin : Tarantino, qui prend plaisir à mettre en valeur le physique des actrices, n'en semble pas moins attaché à filmer leurs pieds sales (au-dessous) : pour Uma Thurman comme ici pour Margot Robbie (une fois seulement) et pour Margaret Qualley (alias Pussycat), quand Cliff la prend en stop.

Ce souci de réalisme l'honore.

Concernant Polanski et son attirance pour les (très) jeunes femmes, je demeure persuadé qu'il y a une allusion durant cette soirée, d'autant plus que, dans la scène de drague en voiture entre Cliff et Pussycat, Quentin présente l'ex-taulard devenu cascadeur comme un homme très soucieux de l'âge de sa potentielle conquête.

Écrit par : Henri Golant | vendredi, 16 août 2019

Répondre à ce commentaire

J'ai mis un.certain temps à reconnaitre Damian Lewis. Bluffant.

Oui les pieds sont une fixette. Le must est dans Kill Bill après que Uma ait rampé jusque la voiture...
Mais je ne peux que le remercier de mettre en valeur le physique et le torse couturé de Brad. Que cet acteur est drôle !

Effectivement... j'ai beaucoup aimé cette scène où Cliff repousse les avances de Cat (pourtant elle n'a pas vu son torse), et Margaret a aussi l'air d'avoir 12 ans malgré ses 24.

Écrit par : Pascale | vendredi, 16 août 2019

Répondre à ce commentaire

Tu as eu le temps d'apercevoir Michael Madsen ?
Tim Roth a été coupé au montage mais apparaît au générique...
Quentin et Harvey sont fâchés ???

Écrit par : Pascale | vendredi, 16 août 2019

Répondre à ce commentaire

Je crois que la scène avec M. Madsen a été coupée au montage. Je pense que la production a dû faire remarquer à Quentin que son film risquait de durer 3 heures.

Quant à H. Keitel, il n'a plus tourné avec QT depuis "Inglourious Basterds".

Et j'ai failli oublier : il faut dire aux futurs spectateurs de rester dans la salle quand commence le générique de fin. Il contient une petite surprise !

Écrit par : Henri Golant | vendredi, 16 août 2019

Répondre à ce commentaire

Non jai vu Michael Madsen. Il est sur le tournage d'un épisode du western, près d'un cheval. Mais il ne faut pas cligner des yeux...
Cest Tim Roth qui est coupé.
A 1/4 d'heure près, il aurait pu durer 3 h.

Moi jai dit qu'il fallait rester pdt le générique. C'est savoureux...

Écrit par : Pascale | vendredi, 16 août 2019

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire