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dimanche, 21 décembre 2025

Chasse gardée 2

   Il y a un peu moins de deux ans, le premier Chasse gardée avait été un succès surprise, attirant près de deux millions de spectateurs dans les salles. C'est presque la même recette qui est à l’œuvre dans cette suite, avec la majorité de la distribution initiale, à laquelle on a ajouté quelques petits nouveaux, notamment un couple de grands bourgeois, l'épouse issue de l'aristocratie traditionnelle, l'époux enrichi dans les placements financiers.

   L'arrivée de ce ménage très en phase avec la mondialisation heureuse ringardise le couple de bobos parisiens qui avait débarqué dans le premier opus. Ceux-là mêmes qui naguère regardaient avec condescendance les habitants du village paraissent à leur tour quelque peu provinciaux en comparaison de Stanislas et Bénédicte (qu'il convient d'appeler "Stan" et "Béné"). Comme on est toujours un peu le plouc de quelqu'un, il faut préciser qu'un invité surprise va ajouter un barreau sur l'échelle du mépris (lui-même ayant payé pour une chasse d'exception), tandis qu'à l'autre extrémité se trouve Benjamin, le crétin du village (joué avec une étonnante conviction par Julien Pestel).

   C'est d'ailleurs avec ce personnage-ci que débute l'histoire. Je me dois de préciser qu'il est accompagné d'un animal domestique très particulier... Cette entame m'a mis de bonne humeur.

   La suite, sans être originale, est assez réussie. Comme dans le premier film, l'arrivée d'un nouveau couple ne débouche pas immédiatement sur une guerre ouverte. Chacun fait des efforts pour s'intégrer, d'autant que Stanislas est le fils de Bernard et Bianca Olivia (Didier Bourdon et Isabelle Candelier, plutôt bien, ma foi). Ceci dit, dès les premiers plans s'installe ce que les djeunses d'aujourd'hui appelleraient une "gênance". C'est savoureux et bien interprété, notamment par Hakim Jemili et Camille Lou. Ce sont les "anciens nouveaux arrivants", désormais (presque) intégrés au village. Le personnage d'Adé (Camille Lou) nous réserve quelques surprises, au cours de cette histoire pleine de rebondissements...

   Comme dans le premier film, un repas de groupe va fédérer une partie des habitants. Il se déroule dans une palombière haut-de-gamme, aménagée en hauteur. Durant cette soirée, le vin coule à flot, on mange copieusement, on chante, on danse, on observe les oiseaux... et, parfois, on tombe ! C'est peut-être la séquence la mieux mise en scène du film, un véritable moment de bravoure... qui est aussi un moment-clé, puisqu'au cœur de cette soirée se déploie une sorte de manigance.

   Les seconds rôles sont toujours aussi bien campés, bien qu'un peu retrait par rapport au premier film. Thierry Lhermitte rejoue la même partition, tandis que Chantal Ladesous est cantonnée à quelques brèves apparitions, toujours plaisantes.

   On sent que les réalisateurs ont voulu ménager la chèvre et le chou, histoire de plaire à tous les publics. (D'ailleurs, dans la salle où j'ai vu le film, l'audience était transgénérationnelle.) Citadins comme (néo)ruraux en prennent pour leur grade, dans une comédie mi-pinard mi-chichon, hétéro de base mais avec un soupçon d'homosexualité, où l'on mange de la viande de gibier tout en s'affirmant protecteur de la nature.

   Cela m'amène aux défauts du film, comme la représentation en grande partie fantaisiste du comportement de certains animaux sauvages. Quel beau fantasme d'habitant des métropoles que de vouloir transformer des animaux sauvages en compagnons du quotidien ! La palme est décrochée par le loup, ici une sorte de chien sympatoche qui ne s'attaque qu'aux méchants humains. (C'est là qu'on se dit qu'il faudrait diffuser plus largement les photographies et films montrant ce redoutable prédateur égorger ses proies. Exemples de résultats dans les Hautes-Alpes, aux Pays-Bas et dans le canton de Vaud, en Suisse.)

   A signaler tout de même dans cet amas plus ou moins convaincant la naissance d'une improbable histoire d'amour, entre la tarée des villes et le taré des champs. Dans le rôle de Sixtine, Diane Segard livre une belle performance. Cette relation débouche sur la scène finale, censée réconcilier (presque tous) les contraires. 

   C'est un peu trop consensuel à mon goût, mais j'ai bien rigolé.

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