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lundi, 13 juillet 2026

Kill Bill - The Whole Bloody Affair

   C'est sans contestation possible la sortie en salles la plus intéressante de cette semaine. Ce (double) film culte de Quentin Tarantino nous revient dans la version director's cut, avec un petit bonus en toute fin.

   Il s'agit donc d'une séance de 4h35, ce qui, par ces temps caniculaires, constitue un long et agréable séjour en zone climatisée (surtout si l'on ajoute les bandes-annonces, les publicités... et l'attente avant l'accès à la salle). En théorie, cette version intégrale est coupée par un entracte... que les exploitants choisissent de marquer ou pas. Là où je l'ai vu, une pause de quinze minutes a été pratiquée, la salle restant obscure, avec un écran fixe. Tout le monde est sorti se dégourdir les jambes et/ou faire un petit (ou un gros) pissou. Trois personnes ne sont pas revenues dans la salle (un couple et leur fils adolescent)... et elles ont bien eu tort, parce que la seconde partie est encore meilleure que la première... et que c'est à la fin de celle-ci que l'on a droit au bonus.

   Mais revenons à la première partie qui, par certains aspects (notamment l'exagération "sauce-tomatesque") peut sembler avoir vieilli, mais où le savoir-faire de Tarantino est déjà à l’œuvre. Mes deux séquences préférées sont celle de l'hôpital (qui, aujourd'hui, fait curieusement écho à l'affaire Pelicot) et celle du massacre des "Crazy 88", une boucherie gargantuesque... et une orgie cinématographique. Tarantino est quand même bigrement bon dans la démesure, ainsi que dans les ruptures de ton. Dans ce domaine, outre le montage, les dialogues jouent un rôle fondamental, soit qu'ils retardent volontairement le surgissement de la scène violente que tout le monde attend, soit qu'ils en cassent le rythme, de manière incongrue... et furieusement drôle. Je pense notamment, évidemment, au retour de l'école de l'enfant d'une ex-tueuse...

   J'ai quand même préféré la seconde partie, elle aussi construite de manière apparemment abracadabrantesque, les chapitres ne se suivant pas chronologiquement. Mes coups de cœur vont à l'inhumation de l'héroïne (scène qui, paraît-il, fut particulièrement difficile à tourner pour Uma Thurman) et à la baston entre Elle Driver (Daryl Hannah) et Beatrix Kiddo (Uma, étincelante de rage et de beauté). Plus de vingt ans après, cela reste un gros kif... et je ne peux pas ne pas parler de la séquence de formation de l'héroïne, l'un des nombreux hommages du film, ici au genre kung-fu. Gordon Liu y est formidable. (L'une des spectatrices a quitté la salle à ce moment-là.)

   Tarantino a beau avoir créé sa propre histoire, il ne cesse de faire référence aux films qui l'ont influencé, du western-spaghetti au sabre japonais, en passant par le manga, les productions hongkongaises... et même françaises : Georges Lautner est cité dans le générique de fin et la musique de l'un de ses films est utilisée dans la partie II. (A toutes fins utiles, je rappelle que G. Lautner est le réalisateur, entre autres, des Tontons flingueurs, du Monocle noir, des Barbouzes, du Pacha, du Professionnel...)

   Et donc, au bout du bout du bout du générique de fin, on nous propose... une séquence animée. (On en a déjà vu une dans la partie I, qui évoque la jeunesse de l'une des tueuses que Beatrix veut dézinguer.) Elle constituerait "le dossier (ou chapitre) retrouvé" et confronte l'héroïne à une redoutable adversaire, avide elle aussi de vengeance... Mouais, bof.

   Pour le reste, je me suis régalé... et, quand je suis sorti du cinéma, il faisait bon.

00:12 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films