dimanche, 21 juin 2026
Backrooms
Pour les gens de ma génération, jusqu'à très récemment, le mot backrooms n'évoquait que des arrière-salles où des adultes consentants se rencontrent pour avoir des relations sexuelles, à deux ou à plusieurs. C'est dire ma surprise quand j'ai découvert qu'allait sortir en salles un film portant ce titre. J'ai tenté ma chance en en sachant très peu, juste qu'il s'agissait de l'adaptation en long-métrage d'un phénomène né sur internet.
L'introduction ne perturbera pas les habitués de films d'épouvante. Il s'agit d'une mise en bouche, qui évoque la dangerosité du lieu, avec une part de mystère. La forme est celle d'un found footage, un peu dans le style du Projet Blair Witch. La présence à l'écran de disquettes et de cassettes audio semble indiquer que ce qu'on nous montre se situe dans le passé.
Une ellipse nous ramène ensuite à l'époque contemporaine. Un ancien lotissement pavillonnaire de banlieue a été détruit et transformé en zone commerciale. Le héros Clark (Chiwetel Ejiofor, excellent) dirige un magasin d'ameublement bon marché, qui possède un sous-sol où commencent à se produire d'étranges incidents. Pleinement investi dans son travail, Clark est prêt à passer la nuit sur place pour découvrir le fond de l'histoire et comprendre notamment pourquoi sa facture d'électricité s'est mise à fortement augmenter. Côté vie privée, il peine à surmonter la séparation d'avec sa compagne et tente de gérer le tout à l'aide d'une psychothérapeute, Mary, dont on comprend très vite qu'elle a un lien avec l'ancien lotissement...
La suite prend la forme d'un film fantastique, Clark explorant le monde parallèle des arrière-salles. L'étrangeté vient de l'absence d'humain (a priori) et de la présence de traces de ce qui ressemble à des vies passées. Est-on dans un monde parallèle ? Cette enfilade de salles et de couloirs n'est-elle pas plutôt un vestige de l'ancien quartier ?... ou d'une ville souterraine, construite jadis comme un bunker antiatomique ?... ou bien les personnages ne sont-ils pas prisonniers de la psyché d'un des protagonistes ? La troisième partie du film prend un tour plus psychanalytique, Mary partant à la recherche de Clark dans le labyrinthe...
J'ai beaucoup aimé cette ambiance d'étrangeté et le mystère scénaristique construit autour de ces pièces. Un seul moment m'a déplu : quand un personnage tente d'échapper à une menace, trébuche, se blesse à une jambe, ce qui le ralentit et le rend encore plus vulnérable à ladite menace. Il est dommage que le réalisateur ait eu recours à cette péripétie rebattue, son œuvre étant au contraire marquée par une assez grande originalité. Je recommande vivement.
10:42 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films


Commentaires
Chiwetel Ejiofor, excellent : pléonasme.
J'ai peur d'avoir peur.
Écrit par : Pascale | dimanche, 21 juin 2026
Répondre à ce commentaireC'est toujours réjouissant de voir un (très) bon acteur confirmer, film après film, l'étendue de son talent.
Seule une partie de "Backrooms" (la troisième) est vraiment horrifique. Les deux premières sont plus mystérieuses qu'effrayantes.
Écrit par : Henri G. | dimanche, 21 juin 2026
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