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dimanche, 05 juillet 2026

Le Tombeau des lucioles

   Un mois après Ghost in the Shell, c'est au tour d'un autre grand classique de l'animation japonaise de ressortir dans nos salles, en version restaurée. De son auteur, Isao Takahata (cofondateur du studio Ghibli, avec Miyazaki), on connaît plutôt les œuvres ultérieures, comme Pompoko, Mes Voisins les Yamada et Le Conte de la princesse Kaguya. Il y a quelques années de cela, on avait aussi ressorti en France l'un de ses premiers longs-métrages, Goshu le violoncelliste.

   L'intrigue s'étale sur quelques semaines, entre juin et septembre 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. On suit deux enfants, un frère et sa sœur, Seita et Setsuko, habitants de Kobé. Ils n'ont pas vu leur père (qui sert dans la marine impériale) depuis des années. Leur mère est malade... et la région subit des bombardements incendiaires de l'armée américaine.

   Les deux enfants se retrouvent presque livrés à eux-mêmes, ballotés entre le domicile d'une tante pas hyper-accueillante, les centres de secours et une étrange grotte, qui a servi d'abri anti-aérien. Les gamins vont la transformer en une sorte de cabane de Robinsons, à côté d'un lac sur les rives duquel, la nuit, évoluent des milliers de lucioles.

   Les scènes au cours desquelles on voit ces insectes sont d'une beauté époustouflante. L'animation a peu vieilli mais sa virtuosité est toujours perceptible, notamment dans les mouvements de la petite Setsuko, dessinés avec une impressionnante méticulosité. Ce personnage de gamine est d'ailleurs très bien caractérisé, oscillant entre les pleurs enfantins, à la moindre contrariété, et les éruptions de joie, à la vue des lucioles, d'un bol de riz ou de bonbons au goût fruité.

   La présence des insectes s'inscrit dans la représentation de la nature, douce et belle, en contraste avec le monde des humains, dur et parfois odieux. Comme le manga Gen d'Hiroshima, ce film a l'originalité d'évoquer un Japon pas vraiment solidaire, bouleversé par l'effondrement du régime impérial et la domination états-unienne, où une grande partie de la population souffre d'une faim atroce. Dans ce contexte, les lucioles sont aussi un moyen d'évoquer les âmes qui partent... et les petites bombes incendiaires qui font des ravages dans les villes, principalement construites en bois et papier de riz.

   La dernière demi-heure est la plus poignante... et conserve toute sa force, trente ans plus tard. J'ai une fois de plus été très ému, davantage même qu'en lisant la nouvelle dont est adapté le film et dont je recommande la lecture.

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