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samedi, 11 juillet 2026

On l'appelait Robin des Bois

   Quelque part sur la lande anglaise, au XIIIe siècle, un homme âgé, barbu, aux longs cheveux gris, se repose. Cet homme est une légende vivante... et un hors-la-loi parfois détesté : Robin des Bois.

   Hugh Jackman a beau lui prêter son corps musculeux, on sent que le héros a perdu de sa superbe. Pour preuve : il a parfois du mal à bander... son arc. Mais il a encore de la réserve, comme vont le découvrir quelques sacripants, dans la première partie de l'histoire.

   En attendant ces moments homicidaires, on nous propose la rencontre entre le vieux solitaire et une jeune femme. J'ai bien aimé cette introduction, économe en dialogues, tirant profit de paysages superbes... et nous laissant dans l'incertitude quant à la conclusion de la scène.

   La suite voit Robin retrouver Petit-Jean (Bill Skarsgård, lui aussi très bien). Mais, les concernant, on est loin de la lutte contre l'odieux shérif de Nottingham et le perfide Jean-sans-terre. On a l'impression de voir deux délinquants qui se retrouvent des années après leur dernier forfait. Là est le cœur du sujet, l'écart (présumé) entre la légende de Robin des Bois et la réalité de son existence. Robin ne veut plus qu'on évoque devant lui ces chansons populaires, véritables contes pour enfants qui masqueraient les aspects sombres de son existence... et enjoliveraient ses faits d'armes.

   Le retour à la réalité prend la forme d'une vendetta, où la vengeance succède à la vengeance, sans fin. C'est du brutal, sans fioriture, filmé souvent en lumières naturelles, au soleil levant, couchant ou à la lueur de chandelles, voire d'un incendie. J'ai beaucoup aimé cette partie, qui montre la lutte entre les instincts primaires et la civilisation.

   La seconde partie voit Robin débarquer dans une île-refuge, tenue par une charmante nonne qui, à l'instar d'autres habitants, tient à garder secrète une partie de son passé. Celui de Robin (récent comme ancien) va d'ailleurs ressurgir, à plusieurs reprises. Le changement de ton est impressionnant. L'atmosphère est plus douce, en partie grâce à l'interprétation de Jodie Comer, vue notamment dans Free Guy et Le Dernier Duel.

   Malheureusement, l'intrigue s'étire (inutilement) et la troisième partie nous emmène sur un chemin balisé (expiatoire) qui ne m'a guère convaincu. C'est dommage, parce que ce film est bien joué, parfois visuellement emballant, sous la patte de Michael Sarnoski, qui, en 2024, avait signé Sans un bruit : jour 1.

14:34 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films