samedi, 12 septembre 2026
Akira
L'été 2026 aura donc été celui des ressorties de qualité, notamment dans le domaine de l'animation. Après Ghost in the Shell (en juin dernier), après Le Tombeau des lucioles et Cowboy Bebop (en juillet), c'est au tour du "grand frère" des longs-métrages d'animation japonaise pour adultes, que j'ai découvert il y a plus de trente ans...
La (petite) salle était copieusement garnie, en majorité de personnes âgées de 50 à 70 ans, quelques adolescents et jeunes adultes s'étant glissés au milieu.
Très bien restauré, le film a conservé toute sa force, d'abord parce qu'il ne propose pas une intrigue édulcorée. Dans un Japon futuriste (vu de l'époque), on découvre de jeunes hommes adeptes des courses de motos, de bastons... et, sans doute aussi, pour certains d'entre eux, de drogue(s). La rivalité entre deux gangs de Néo-Tokyo percute une tout autre histoire, celle d'enfants-cobayes, qui tentent d'échapper à leurs geôliers militaires, tandis que d'autres sont "recrutés" (de force).
Dans le même temps, la capitale japonaise est secouée par un mouvement social et les agissements d'une secte millénariste, qui place son salut dans le retour de Jésus François Hollande d'Akira, un personnage mythique, aux pouvoirs surnaturels, que les militaires ont jadis fait disparaître de la circulation.
Je me suis replongé avec délice dans cette intrigue sinueuse, foisonnante, servie par une animation de qualité, inventive, parfois virtuose. Une multitude de thématiques s'entremêlent : amitié, (début de) romance, corruption politique, complot militaire, guerre atomique, expériences scientifiques, inégalités sociales... A l'arrière-plan, on perçoit les séquelles du traumatisme subi par le Japon pendant sa période militariste (sous Hiro Hito), jusqu'aux bombardements nucléaires de 1945. Aux métastases nées de l'irradiation répondent celles du cancer politique d'une société qui semble avoir perdu sa boussole.
Je signale tout de même que, si l'animation (qui a presque quarante ans !) est de qualité, elle n'est pas visible par tous. La violence n'est nullement atténuée et l'on ne nous épargne ni les giclées de sang, ni les amputations et diverses mutations, conséquences des poussées de violence provoquées par différents personnages. C'est aussi une leçon de cette histoire : la possession d'un pouvoir (politique, économique, surnaturel...) peut être une malédiction, si l'on en fait mauvais usage.
17:27 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films


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