vendredi, 11 septembre 2026
Pressure
Cette pression est à la fois mentale (s'exerçant sur l'esprit des décideurs, comme le général Eisenhower, ou des météorologues, comme le héros) et physique (quand elle est atmosphérique). Voici donc les prémices du Débarquement de Normandie vus sous l'angle de l'analyse des vents, de l'hygrométrie et des précipitations.
Au début, la caractérisation des personnages m'a paru trop abrupte, opposant notamment le météorologue écossais, posé, coincé, un brin tristounet.... et un peu cassant (peut-être par timidité) à son collègue américain, extraverti, jovial, bringueur, charmeur. Mais Andrew Scott et Chris Messina finissent par emporter le morceau. (Le premier est un visage connu des téléphiles, puisqu'il incarna naguère Moriarty dans la série Sherlock, face à Benedict Cumberbatch.)
La mise en scène n'est pas dégueulasse. J'ai été cueilli par la séquence de la simulation ratée d'un débarquement (l'Opération Tiger, qui ne s'est toutefois pas déroulée comme cela est raconté dans le film), conclue de manière tragique et évoquée avec force. Plus tard, c'est un inattendu coup de fil qui nous prend aux tripes (et nous maintient en haleine jusqu'à la fin).
A part cela, l'intrigue est menée de manière assez classique, avec un héros un peu solitaire, qui a raison contre presque tout le monde, qui va quand même trouver un peu de soutien et dont l'obstination et la compétence finissent par rendre de grands services... et être reconnus.
C'est donc d'abord un film psychologique... mais je rassure les amateurs d'action : on nous a préparé une petite séquence style Il faut sauver le soldat Ryan. C'est donc aussi un hommage à ces dizaines de milliers de jeunes hommes qui ont risqué (voire perdu) leur vie pour libérer la France du joug nazi (et éviter qu'elle ne tombe éventuellement sous celui de Staline).
Dans ce monde de casquettes, de bretelles et de couilles velues, les femmes ne sont pas absentes. Elles occupent plutôt l'arrière-plan, sauf Kay Summersby (interprétée par Kerry Condon), la secrétaire particulière d'Eisenhower, qui fut aussi son chauffeur... et sans doute sa maîtresse. Ce personnage n'est pas sans rappeler celui de Susan Travers, compagne du général Koenig, aperçue dans La Bataille de Gaulle - L'âge de fer.
En revanche, il est un personnage, présent dans Pressure comme dans le second volume de la fresque gaullienne (J'écris ton nom), que l'on découvre sous deux angles totalement différents : le général (britannique) Bernard Montgomery. En effet, la vision française de la guerre du désert libyen le montre épaulant les FFL (leur sauvant sans doute la mise), alors que, dans Pressure, il apparaît comme un type aveuglé par son arrogance.
23:07 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire

