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mardi, 01 mai 2018

Hostiles

   Cela démarre fort. Quelque part dans l'Ouest profond, à la fin du XIXe siècle, une bande d'horribles sauvages d'Indiens rebelles (des Comanches) attaque une ferme isolée et en tue presque tous les occupants. Dans le même temps, à des kilomètres de là, dans une garnison de l'armée américaine, un capitaine taciturne et (très) moustachu, spécialisé dans la traque d'Indiens (des Apaches, dans la région), est chargé de veiller au voyage d'un chef cheyenne jusque sur ses terres natales. Celui-ci est sur le point de mourir, mais le capitaine n'a pas oublié les pertes qu'il a infligées jadis à son camp.

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   C'est l'équipage formé par les militaires et la famille du chef qui rencontre la jeune veuve éplorée, incarnée par l'exquise Rosamund Pike (vue récemment dans HHhH et, surtout, remarquée dans Gone Girl). Elle a beau se laisser aller depuis le massacre de sa famille, on se dit qu'à sa vue, n'importe quel homme normalement constitué se précipiterait sur son beau cheval blanc et brandirait son gros glaive bien dur pour venir à son secours.

   Rosamund Pike fait bien le job, mais son personnage n'est pas construit avec assez de finesse. Elle ne met que quelques jours à passer de l'hostilité profonde à l'amitié envers les Indiens. Certes, ceux qu'elle côtoie dans le convoi ne lui veulent aucun mal, mais le changement paraît trop soudain à l'écran.

   Celui du capitaine (Christian Bale, aussi énigmatique que mal rasé) est plus subtil et met plus de temps à se produire. A travers lui, le réalisateur tente de donner un visage humain aux crimes commis par les Yankees, qui ont contribué à l'extermination partielle des tribus indiennes. D'autres personnages viennent renforcer ce discours, comme celui du second du capitaine ou encore celui du prisonnier, ajouté au convoi à l'occasion d'une étape.

   Le film prend son temps... et ce n'est pas pour me déplaire. La photographie est superbe, sublimant des paysages minéraux dans la première partie (la forêt constituant l'arrière-plan de la seconde partie). Les personnages sont en général bien caractérisés, malgré quelques facilités. (Par exemple, on sent très vite que l'arrivée du prisonnier -qui est un ancien combattant- va orienter l'intrigue dans un sens dramatique.) Pour moi, outre les deux personnages principaux, la figure qui se détache est celle du chef cheyenne, dont le visage, vu de profil, ressemble à ces gigantesques portraits sculptés dans la roche du Mont Rushmore.

   Bien évidemment, tous ceux qui partent du Nouveau-Mexique n'arriveront pas vivants dans le Montana. On peut s'amuser à deviner quel va être le prochain personnage à sortir de scène. L'auteur aurait néanmoins pu nous épargner la dernière tuerie. Mais je crois que celle-ci se situe dans la droite ligne de son propos : elle achève la mutation du capitaine et rend possible sa rédemption... mais Dieu que la scène de train est mal foutue !

   Je suis sorti de là partagé. Le dernier quart-d'heure ne m'a pas plu, mais j'ai aimé ce qui a précédé.

22:17 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Commentaires

Dieu que la scène du train est magnifique. Un véritable cadeau pour le spectateur qui a souffert pendant 2 heures avec les personnages.
Ce film risque d'être indépassable pour moi dans le top final de l'année.
Le magnifique personnage de Rosamund (quelle actrice !) a le choix entre la folie, le suicide après ce qu'elle a vécu ou, et c'est son choix, se constituer une nouvelle famille pour ne pas crever dans une camisole.
Le respect, la douceur, l'humanité des uns envers les autres au milieu de la violence qui surgit sont uniques ici et rien ne m'a semblé facile.
Mieux qu'un chef doeuvre. Un film UNIQUE.

Écrit par : Pascale | jeudi, 03 mai 2018

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Concernant la scène finale (à la gare ferroviaire), de plus savants que moi pourraient estimer le nombre de fois où, dans un film, un téléfilm, une série télévisée, le héros ou l'héroïne a tergiversé sur le quai face à l'être aimé, sans oser lui avouer ses sentiments. Même si les acteurs sont irréprochables, pour moi, c'est horriblement cliché.

Mais, bon, il y a Rosamund... et le lien qui s'est instauré entre les adultes rescapés et le gamin.

Écrit par : Henri Golant | samedi, 05 mai 2018

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Ça dépend comment c'est fait.
Devant la lassitude et l'accablement des personnages je ne remercierai jamais assez le réalisateur de leur faire et nous faire ce cadeau.
Oui cette scène d'hésitation on l'a vue et ça fonctionne toujours.
Ouf il monte dans le train...

Écrit par : Pascale | lundi, 07 mai 2018

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