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lundi, 01 juillet 2019

Le Mystère Henri Pick

   J'ai raté ce film à sa sortie, en mars dernier... et je n'ai pas lu le roman dont il est adapté. Comme les rôles principaux sont interprétés par deux acteurs que j'apprécie (Fabrice Lucchini et Camille Cottin), j'ai profité du fait que mon cinéma CGR le reprogramme pour la Fête du cinéma.

   C'est une comédie policière... et de moeurs. Le début se moque gentiment des bobos intellos parisiens, mis en scène lors d'une émission littéraire qui a l'air d'une insupportable prétention. Je doute que Jean-Michel Rouche (joué par Lucchini) soit un décalque de Bernard Pivot (Apostrophes, Bouillon de culture), qui était beaucoup plus concret et chaleureux dans sa présentation des livres et des auteurs.

   On reste un peu dans la même veine quand le héros décide de se rendre au fin fond de la Bretagne pour prouver que l'auteur du livre-événement ne peut pas être un ancien pizzaiolo et que la sensation littéraire du moment est une supercherie.

   A partir de là, l'enquête quasi-policière prend presque le dessus sur la comédie. L'énigme est bien construite. On nous propose plusieurs solutions possibles. Il s'agit d'abord de déterminer qui se cache derrière Henri Pick. Découvrir cela, est-ce révéler une supercherie, ou bien la réponse est-elle plus complexe qu'il n'y paraît ?

   Dans ses pérégrinations, Rouche s'appuie (au début, à son corps défendant) sur la fille de Pick, très bien incarnée par Camille Cottin. Le duo fonctionne à merveille. J'ai adoré les voir se chamailler... et un peu marivauder. C'est très réussi parce que Lucchini s'est vraiment fondu dans le personnage. Il ne fait pas trop de Lucchini.

   Je suis sorti de là de très bonne humeur, ravi de cette ressortie... en zone climatisée.

   P.S.

   A Rodez, d'autres films de l'année sont (temporairement) de retour sur les écrans : Avengers : Endgame, Mon Inconnue, Alita : Battle Angel et surtout... Nicky Larson, mon petit chouchou.

22:10 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Wardi

   Cette coproduction franco-suédo-norvégienne est sortie sur nos écrans il y a quelques mois de cela... et n'est jamais arrivée jusqu'à Rodez. J'ai profité du début de la Fête du cinéma pour voir cette animation par stop-motion, image par image, avec de petites poupées très expressives (quelques scènes étant réalisées de manière plus classique) :

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   A gauche et à droite se trouvent les deux personnages principaux, ceux de Sidi et de Wardi son arrière-petite-fille, qui vivent dans un camp de réfugiés devenu une ville palestinienne au Liban, dans l'agglomération de Beyrouth.

   Sidi est l'un des seuls réfugiés au sens strict que l'on voit à l'écran. Enfant en 1948, il a dû quitter son village avec ses parents lors de la première guerre israélo-arabe. Autour du cou, il conserve la clé de la porte de la maison familiale, que lui a transmise son père, décédé depuis des années. A travers ses souvenirs, qu'il raconte à son arrière-petite-fille, on mesure l'intensité de la nostalgie qui l'habite. Comme d'autres membres de sa famille, il a perdu espoir. Il est sur le point de donner sa clé à Wardi.

   Quand elle a compris que son aïeul est gravement malade, Wardi se lance à la poursuite de l'espoir (pour lui redonner goût à la vie), dans la ville, bâtie de manière anarchique. Elle part à la rencontre des autres membres de sa famille : son grand-père (encore plus abattu que son propre père), sa grand-tante, sa mère, sa tante et un oncle devenu colombophile, qui vit perché (au propre comme au figuré) au sommet d'une tourelle.

   Chaque rencontre est l'occasion d'évoquer les moments marquants de l'existence de ces personnages. Tous sont liés au conflit israélo-palestinien. Curieusement, le conflit de 1967, aux conséquences si importantes, est évoqué de manière très allusive. Les souvenirs se concentrent sur la "catastrophe" de 1948, le mouvement des fedayin et les incursions israéliennes au Liban. C'est intéressant parce que cette famille palestinienne n'a pas le même vécu que celles qui habitent en territoire occupé ou celles qui ont choisi de rester en Israël.

   On ne va pas cacher que ce film ne propose pas une vision objective du conflit. Comme il est construit à partir de souvenirs palestiniens réinterprétés (par un Occidental favorable à la cause palestinienne), il attribue presque tous les malheurs des Palestiniens aux Israéliens. La principale exception est l'exécution d'un enfant (l'ami de l'oncle) par un tireur embusqué dont on nous suggère qu'il serait chrétien (un membre des phalanges, peut-être).

    Il faut avoir cela en tête quand on va voir ce film, qui mérite néanmoins le détour.

   P.S.

   Le propos du réalisateur est plus nuancé dans le dossier de presse téléchargeable sur le site dédié au film.