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samedi, 04 juillet 2020

Jumbo

   Le titre de cette inclassable coproduction franco-belgo-luxembourgeoise reprend le surnom d'un des personnages, qui s'appelle en réalité... "Move it". C'est un... manège, dont l'héroïne Jeanne (Noémie Merlant, très bien) tombe amoureuse.

   Cette jeune femme vit avec sa mère, si différente d'elle. Autant l'une est réservée, pudique, peu soucieuse de son apparence, autant l'autre (incarnée par une Emmanuelle Bercot en pleine forme) est rock'n'roll, avec maquillage, décolletés pigeonnants et verbe haut en couleur.

   Jeanne est "technicienne de surface" dans un parc d'attractions. Elle travaille le soir, après la fermeture, quand il n'y a plus personne... et ça lui plaît. Au boulot, elle écoute la musique qu'elle veut et, surtout, elle a le parc pour elle seule.

   Sa vie connaît un tournant quand est installé un nouveau manège. Doté de grands pistons et de grosses boules, il est impressionnant... et il commence à interagir avec Jeanne. Cela nous vaut une scène qui n'est pas sans rappeler Rencontres du troisième type.

   A partir de là, soit on adhère, soit on rejette l'argument du film. J'ai adhéré. Je trouve que la mise en scène parvient à faire "vivre" le manège, avec lequel Jeanne communique grâce à un code de couleurs. Une improbable relation amoureuse naît entre la femme de ménage et cette machine qu'elle frotte, qu'elle caresse, qu'elle bichonne... et qui expulse des jets d'huile ! Dit ainsi, cela pourrait sembler graveleux, mais c'est mis en scène de manière poétique... et avec un incontestable savoir-faire. (Soyez attentifs aux reflets qui apparaissent au détour de certaines scènes.)

   On s'y attendait : l'héroïne suscite l'incompréhension de son entourage, en particulier de sa mère. Ce film est aussi une histoire de tolérance (le manège se substituant à un amoureux que la famille -ou le voisinage- juge inconvenant). Noémie Merlant fait pleinement croire à son personnage, une jeune femme qui préfère passer ses journées à bricoler des attractions miniatures dans sa chambre plutôt que d'étaler sa vacuité sur les réseaux sociaux.

   Une difficulté majeure était de conclure cette histoire. La réalisatrice le fait avec poésie et loufoquerie.

   Un peu comme Le Secret des banquises il y a quatre ans, ce petit film francophone est un ovni cinématographique auquel il faut donner sa chance.

23:53 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Commentaires

J'ai détesté ce film qui m'a en plus profondément ennuyée.
La vulgarité d'Emmanuelle Bercot, l'air hagard de Noémie Merlant, l'interminable scène dans l'huile noire... cette poésie (comme la poésie en général que j'ai toujours beaucoup de mal à identifier) ne m'atteint pas.
Seuls la machine et Sam Louvyck ont trouvé grâce à mes yeux.

Écrit par : Pascale | dimanche, 05 juillet 2020

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J'aime le refus de la normalité de Jeanne. C'est une jolie jeune femme, mais elle refuse de s'habiller comme une greluche pour attirer le regard des blaireaux du coin. Elle se contente d'un téléphone basique, alors que toute sa vie pourrait se concentrer sur un smartphone. Elle préfère ses loisirs créatifs à des relations superficielles... et elle "s'envoie en l'air" grâce à un manège. Comme le dit Hubert (le nouveau petit ami de sa mère), "si c'est son truc"...

Mais je reconnais que c'est un film très atypique. On rentre dedans ou pas.

Écrit par : Henri Golant | dimanche, 05 juillet 2020

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Avis radicalement différent de celui de Pascale. La BA m'a mise mal à l'aise, à priori je n'irai pas le voir mais votre avis est très intéressant à lire !

Écrit par : Aurore | lundi, 06 juillet 2020

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