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lundi, 24 août 2020

Le Journal de Clara

   C'est le titre d'un roman graphique (en noir et blanc), signé Pauline Cherici (pour les dessins) et Clément Xavier (au scénario). C'est l'adaptation des mémoires (authentiques, mais jamais publiés jusqu'à il y a peu) de Clara (Claretta) Petacci, la dernière compagne de Benito Mussolini, le dictateur italien.

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   A la lecture de l'ouvrage, on comprend très vite pourquoi la famille de la jeune femme, celle de Mussolini (et les admirateurs de celui-ci) ne se sont pas précipités pour publier le journal. Il y est principalement question de la vie privée du dictateur... et c'est très "cul". Mussolini était un coureur de jupons. Bien que marié, il a veillé à ce que son épouse ne vienne pas s'installer à Rome quand il a été nommé à la tête du gouvernement italien. Il a ainsi pu continuer à mener une vie de célibataire... convoité.

   Les 400 pages sont en partie remplies de certaines des relations qu'entretenait Mussolini avec ses diverses maîtresses (d'un soir, d'un mois ou de quelques années). Comme il n'a rencontré Clara Petacci qu'en 1932, celles qui ont joué un rôle de mentor durant les années 1910-1920 (en particulier Magherita Sarfatti) n'apparaissent pas.

   Qu'est-ce qui pouvait bien attirer toutes ces femmes chez Mussolini ? Son charisme sans doute. La fascination qu'il a exercée sur les foules. Son énergie aussi... couplée à ses "aptitudes physiques". (Dame Nature aurait été généreuse au niveau de l'entrecuisse...)

   C'est une des limites de l'ouvrage : le manque de recul vis-à-vis du sujet. La dévotion de Petacci pour le Duce transparaît fréquemment, au point que certains détails ont été oubliés, comme la répugnance du dictateur à se laver et se raser tous les jours et sa tendance à l'embonpoint, évacuée de l'image qui représente un homme encore très athlétique à plus de 50 ans.

   Au niveau politique, on a droit à l'arrière-cour de l'action gouvernementale, avec ses intrigues. Certains lecteurs découvriront peut-être le rôle important de personnages comme le maréchal Badoglio et le comte Ciano (époux d'Edda, fille de Benito).

   C'est particulièrement bon dans le traitement de l'aventure coloniale en Éthiopie, avec ses horreurs. C'est nettement moins convaincant quand il est question de politique européenne, le pire étant atteint dans la représentation des relations avec Hitler (lui-même mal dessiné).

   Graphiquement, c'est globalement bien fichu quand l'action se déroule à l'intérieur d'un bâtiment, ou à l'extérieur, à proximité de celui-ci. J'ai trouvé le dessin moins abouti quand il se concentrait uniquement sur des humains. L'auteure a quand même su jouer des contrastes pour représenter les sentiments éprouvés par certains personnages, Clara Petacci en particulier.

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   À la trame du journal sont ajoutés deux autres types de document : des images de propagande de l'époque et des croquis prétendûment réalisés par l'héroïne (en réalité par une parente de la dessinatrice). Cela diversifie agréablement l'ensemble.

   Au final, cela donne un livre plaisant à lire, assez cru, mais pas toujours suffisamment distancié vis-à-vis de son sujet.

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