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vendredi, 31 décembre 2021

Un Héros

   Le cinéaste Asghar Farhadi a mis fin à ses tribulations européennes (on se souvient notamment d'Everybody knows) pour retourner à son « fonds de commerce » irano-iranien, à vocation universelle. (Naguère, cela a donné le brillant Une Séparation.)

   Il était une fois Rahim, un peintre-calligraphe au chômage, emprisonné pour dettes. Un jour, après s'être retrouvé avec un sac rempli de pièces d'or entre les mains, il décide de rendre celui-ci à sa propriétaire. Son acte civique lui vaut la reconnaissance de tous...

   ... ou pas. Parce que l'intrigue, en apparence simpliste, cache une multitude de faux-semblants. Certains d'entre eux concernent le « héros ». Ce n'est pas lui qui a trouvé le sac, ni qui l'a remis à sa propriétaire (une bien mystérieuse personne, soit dit en passant).  Au départ, loin de vouloir faire preuve de civisme, il avait plutôt songé à régler ses problèmes grâce à ce cadeau tombé d'un autobus du ciel.

   À partir de là, deux grilles de lecture s'offrent à nous. Soit on croit à la sincérité du héros et l'on se dit qu'il se prend une bien belle série de coups du sort sur la tronche. La morale de l'histoire est que la vertu n'est pas récompensée en ce bas monde, alors que c'est le mode de comportement qui est érigé en modèle. L'autre possibilité est de regarder cela en considérant que le héros est un peu filou sur les bords. Dans ce cas, la morale est qu'au pays des ayatollahs donneurs de leçons, pour s'en sortir, mieux vaut ruser avec les règles... Choisissez votre camp !

   Entre temps, on a droit à une satire du monde contemporain, iranien certes, mais avec un aspect universel. Ainsi l'auteur dénonce les dirigeants de la prison et du système pénitentiaire, qui mettent en avant le détenu civique, pour mieux se faire mousser. Il se moque aussi des médias, qui braquent les projecteurs sur un inconnu sans avoir vérifié son histoire. Il dénonce surtout (même s'ils ne sont guère visibles à l'écran) les réseaux sociaux, qui prospèrent sur la rumeur, le dénigrement, la calomnie.

   Cela donne une histoire qui oscille entre le vaudeville et le drame. C'est bien joué, prenant à suivre, tant le mystère demeure quand aux pensées secrètes du héros. Ce n'est pas virtuose au niveau de la mise en scène, mais c'est bien écrit et bien joué.

23:02 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Commentaires

Encore un incontournable iranien de 2021 selon moi.
J'ai oscillé entre les 2 camps pendant le film. Le héros est parfois bien agaçant avec son sourire. Sa soudaine agressivité ferait presque plaisir à voir. J'ai trouvé le créancier plutôt brave type et le petit garçon bouleversant.

Écrit par : Pascale | samedi, 01 janvier 2022

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Ah, oui, le gamin ! Le personnage est insupportable au début, de plus en plus attendrissant par la suite. Si le jeune acteur n'est pas vraiment bègue, alors chapeau !

Écrit par : Henri G. | samedi, 01 janvier 2022

Bonjour Henri Golant, merci pour ce billet sur l'un des films marquants de 2021. J'ai aimé le traitement de l'histoire et comment les événements s'enchaînent. Et moi aussi, j'ai trouvé que le gosse était insupportable au début et après, quand on se rend compte de son handicap et qu'il aime son papa, on ne peut que le trouver touchant. Bonne journée et bonne année 2022.

Écrit par : dasola | vendredi, 07 janvier 2022

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Bonne année à toi aussi !

J'ai bien aimé "Héros", même s'il ne fait pas partie de mon florilège 2021 (à venir sur le blog quand j'aurai un peu plus de temps à moi).

Écrit par : Henri G. | samedi, 08 janvier 2022

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