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jeudi, 20 janvier 2022

Nightmare Alley

   Cette "allée cauchemardesque" est à la fois une attraction de fête foraine et la métaphore de ce qui peut arriver à certains personnages, comme ces imbéciles alcooliques qui acceptent de déchiqueter le cou d'une poule en public... jusqu'à ce qu'on les retrouve, à demi morts, au fond d'une ruelle.

   Ce film m'a surpris tout d'abord parce qu'il ne s'ouvre pas sur la relation trouble qui va lier le héros, le "charlatan" du roman d'origine, et le docteur Ritter, une femme au charme glacial, forcément fatale (ahhhhhh, Caaaate !). La première heure nous raconte comment Stanton (Bradley Cooper, très bon), un vagabond au passé obscur, doté de certains talents (dont celui de dessiner), va devenir le roi de la fausse télépathie, un bonimenteur couronné de succès. Son intégration à la troupe et sa progressive acquisition des codes et des trucs des artistes-voyous est bigrement bien mise en scène et interprétée. Au détour des personnages, on croise Rooney Mara, Toni Collette (la reine du savonnage...), Ron Perlman et le toujours inquiétant Willem Dafoe.

   L'intrigue prend une nouvelle direction quand le duo de "magiciens" commence à se produire devant la bonne société urbaine. L'appât du gain pousse le héros à tenter des arnaques plus risquées... mais plus lucratives. La manière dont il "harponne" un juge et son épouse est un des grands moments du film... tout comme la conclusion de cette intrigue annexe, qui a pris la salle par surprise !

   La deuxième partie voit le "télépathe" entrer en contact avec une psychologue en qui il croit reconnaître une sœur de destin : tous deux sont d'habiles manipulateurs, anciennes victimes avides de revanche... mais qui manipule l'autre, vraiment ? Je laisse à chacun le loisir de découvrir qui l'emporte, au jeu du chat et de la souris.

   En dépit de toutes ces qualités, j'ai trouvé certaines péripéties un peu téléphonées : on sent venir le retournement de la troisième partie... tout comme la conclusion finale, à laquelle le réalisateur a préparé ses spectateurs en laissant de petits cailloux, à intervalle régulier. Je n'ai pas trop aimé l'aspect moralisateur de l'histoire, où il est question d'une multitude de "pécheurs", certains se repentant, d'autres étant punis. Mais, globalement, cela reste un bel ouvrage.

23:56 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Commentaires

Cate m'a paru excessive, prévisible et surjoue la vamp. Elle n'a pas besoin d'en faire des tonnes.
Dafoe me fatigue en méchant.
J'ai comme toi, aimé avec des réserves. Pas les mêmes que les tiennes il me semble. Je détaillerai.
J'ai particulièrement aimé la dernière demi heure qui réveille.
Bradley est TRES bon.

Écrit par : Pascale | samedi, 22 janvier 2022

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Je pense que le personnage de la psy et la manière dont Cate Blanchett l'interprète sont des références à plusieurs femmes fatales du cinéma américain. (En Molly, Rooney Mara est plus lumineuse.)

C'est à l'image de la séquence du cirque (peut-être la mieux maîtrisée du film). Guillermo del Toro rend hommage à un cinéma qui l'a fait rêver, qui peut-être l'a pris aux tripes.

Effectivement, la dernière demi-heure tranche par le rythme qu'elle adopte.

Quant à Willem Dafoe, je ne lui en veux pas de se complaire dans des personnages "poisseux", tant il les incarne bien.

Écrit par : Henri Golant | samedi, 22 janvier 2022

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