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jeudi, 26 décembre 2024

Planète B

   Ce film militant est une dystopie, qui imagine, en 2039, une France (et une Europe) dictatoriale, ultra-policière, anti-immigrés... et sale (se limitant à ce qui ressemble à certains quartiers de Paris ou Marseille). Ce contrôle quasi total s'exerce à l'aide des technologies de pointe : identification oculaire, reconnaissance faciale, QR code, sandwich jambon-beurre, réalité virtuelle, drones de surveillance...

   Ça, c'est la planète A, où de gentils black blocks organisent de sympathiques attentats contre les méchantes télécommunications et leur vilains cerbères policiers. Au cours d'une "opération", l'héroïne Julia (Adèle Exarchopoulos, très bien) est faite prisonnière et se retrouve sur ce qui est appelé la "planète B". Autant la première est marquée par le plastique et le métal (un choix sans doute destiné à camper une atmosphère futuriste), autant la seconde, baignant dans une ambiance méditerranéenne (ou tropicale), est constituée de bois. Cette dissonance matérielle, alliée à des jeux de lumière et à un bon travail sur les décors, suffit à nous plonger dans l'étrangeté... une étrangeté de surcroît rapidement menaçante.

   Dans des conditions que je m'interdis de révéler, Julia va entrer en contact avec l'autre héroïne de l'histoire, Nour, femme de ménage dans une étrange base secrète... et surtout ancienne journaliste, qui a fui le Moyen-Orient. Souheila Yacoub campe efficacement ce personnage qui réussit à passer sous les radars... et pourrait avoir un rôle déterminant.

   Sur le fond, l'intrigue s'inspire des idées qui circulent au sein de la gauche radicale, ce qui n'empêche pas la réalisatrice, de temps à autre, de faire preuve de nuance. Je pense notamment à tout ce qui touche à l'un des CRS (et à sa famille) et aux tensions qui émergent entre les rebelles emprisonnés, les convictions de chacun ayant leurs limites...

   Aude Léa Rapin réussit à boucler son histoire en deux heures. L'un des ingrédients de la fin m'a toutefois paru invraisemblable (le choix opéré par l'une des protagonistes), mais je pense qu'il s'explique par un sous-entendu : alors que l'intrigue met en scène la naissance d'un lien de sororité (de plus en plus fort), du point de vue de l'une des deux femmes, il semble que cela devienne sentimental (mais, comme c'est très allusif, cela passe au-dessus de la tête d'une partie du public).

15:05 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

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