samedi, 13 juin 2026
L'Affaire Zanetti
Inspirée d'une histoire vraie, cette fiction franco-italienne a pour cadre principal un centre de détention expérimental, situé en haute montagne, où les détenues disposent de plus d'espace et de liberté, à condition de respecter certaines règles.
C'est dans ce lieu qu'est incarcérée Elisa, condamnée dix ans auparavant pour le meurtre de sa sœur, dont elle dit ne garder aucun souvenir. Elle va bientôt avoir la possibilité de bénéficier d'un régime de semi-liberté. C'est dans ce cadre qu'elle accepte la tenue d'entretiens avec un expert criminologue, qui étudie les profils d'assassins et a aussi pour objectif de mieux comprendre les dessous de cette affaire criminelle.
Le point de départ est émoustillant et les deux interprètes principaux sont excellents. Roschdy Zem incarne un criminologue empathique (mais pas aveugle), tandis que Barbara Ronchi (vue récemment dans L'Enlèvement) est Elisa, un personnage bourré d'ambiguïtés.
C'est d'ailleurs l'un des enjeux de l'histoire que de déterminer ce qui trotte réellement dans la tête de la détenue. Est-elle réellement coupable ? De quoi se souvient-elle exactement ? A l'image des routes sinueuses qui mènent au centre de détention, la mémoire suit parfois un cheminement complexe.
Le problème est qu'une fois lancé, le film patine. C'est mou et il convient de rester pleinement concentré, certains interprètes italiens (qui s'expriment souvent dans la langue d'Emmanuel Macron) n'étant pas toujours parfaitement intelligibles. Je dois reconnaître que j'ai un peu piqué du nez...
L'intérêt remonte quand se développent les retours en arrière, censés visualiser les souvenirs d'Elisa, qui ressurgissent. Le réalisateur a choisi de ne pas trop différencier à l'écran ces deux époques : on y voit "l'héroïne" partager sa chambre, jadis avec sa sœur, de nos jours avec une codétenue. Je pense que c'est voulu, pour entretenir l'atmosphère de trouble.
Le problème (pour moi) est qu'il n'y a guère d'incertitude (et pourtant, je ne connaissais rien à cette affaire avant de voir le film). Du coup, cette enquête dialoguée ne m'a pas franchement passionné, d'autant que je ne partage pas les présupposés de l'auteur du film.
ATTENTION !
DIVULGÂCHAGES !
Très vite, j'ai compris que la meurtrière simulait au moins en partie son amnésie. On comprend rapidement aussi que c'est une menteuse pathologique (ainsi qu'une psychopathe, peut-être en voie de réhabilitation).
L'autre problème réside dans l'attitude du criminologue, emblématique de celle du réalisateur. Bien qu'il affirme le contraire dans sa conférence du début, sa volonté de comprendre le cerveau des auteurs de crime le conduit à éprouver de l'empathie (voie de la sympathie) pour eux, négligeant de fait les victimes, ce que lui reproche une des spectatrices... et c'est exactement ce que fait le film, nous faisant suivre au quotidien la meurtrière, nous faisant compatir à son malheur, alors que le personnage de sa victime, Katia, est à peine effleuré. Cette mise en abyme involontaire est assez symptomatique de notre époque : de bonnes tentent de susciter la sympathie du grand public pour les criminels, oubliant parfois où sont les vraies victimes.
18:55 Publié dans Cinéma, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films, société


Commentaires
Comme toi, emballée au départ.
Et ENNUI TOTAL très rapidement.
Écrit par : Pascale | mardi, 16 juin 2026
Répondre à ce commentaireLe film nous a été clairement survendu. On peut s'en passer...
Écrit par : Henri G. | vendredi, 19 juin 2026
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