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dimanche, 09 novembre 2008

La fièvre de l'or

   Voilà un documentaire a priori alléchant : il est question de la forêt amazonienne (sorte d'or vert de la zone intertropicale), des chercheurs d'or, de pollution, de déforestation, de violence, de prostitution... Bon, ça fait beaucoup, mais il faut dire que les lieux sur lesquels le réalisateur s'est rendu sont riches en rencontres.

   La séquence qui m'a le plus impressionné est celle qui voit les orpailleurs au travail. Leur action est décrite assez méthodiquement, entre le déboisement, le lessivage et le tri. J'ai aussi été marqué par le passage où l'on voit les commerces et leurs prix affichés en grammes d'or pur ! (Une autre scène nous permet de voir de fort belles caillasses jaunes !) Par contre, les scènes avec les prostituées sont très inégales. L'une d'entre elles, tournées le soir, est assez réussie : elle nous fait sentir à la fois la détresse de ces femmes (quelque chose qu'elles n'ont pas forcément envie d'avouer), l'appât du gain et l'atmosphère de far west qui règne quelque part entre le Brésil, la Guyane française et le Surinam.

   Le pire dans cette histoire est que, de toute part, on ne rencontre quasiment que des marginaux, qui peuvent être amenés à s'affronter dans une lutte impitoyable pour la survie. Dans ce contexte, les tribus amérindiennes dégustent.

   Malgré tout l'intérêt qu'on puisse porter aux questions soulevées par le film, il m'a laissé une impression mitigée. Ce n'est pas très bien filmée et le réalisateur n'est pas forcément un bon interviouveur. C'est un film utile, mais pas un grand film.

 

Le site officiel : http://www.lafievredelor.com/site-officiel.htm

 

Sur l'orpaillage en Guyane française : http://www.wwf.fr/pdf/orpaillage.pdf

18:32 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma

samedi, 08 novembre 2008

Mensonges d'Etat

   Attention, le titre est trompeur ! Ce film n'est absolument pas une dénonciation des magouilles diplomatico-militaires concoctées entre le Pentagone et la Maison Blanche. Si le pouvoir politique fait une courte apparition (sous les traits d'un président vieillissant pas très fut-fut et d'une conseillère "afro-américaine" très pincée... toute ressemblance... et patati.. et patata...), il est quasi exclusivement question des services secrets.

   L'intrigue tourne autour de quatre personnages : un "cheikh" islamiste, qui sert de faire-valoir, deux agents états-uniens et le chef des services de renseignement jordaniens. Pour alléger la sauce, on a introduit une romance entre le héros et une Jordanienne d'origine iranienne (qui, de surcroît, fait du bénévolat dans les camps de réfugiés palestiniens). Elle cumule, la petite !

   Di Caprio fait preuve d'un bel abattage, mais j'ai du mal à trouver crédible sa situation d'infiltré. Quoi, ce blondinet à l'activité mal définie pourrait évoluer en totale aisance dans les quartiers populaires de plusieurs villes arabes sans susciter ne serait-ce que l'étonnement ? Admettons... La meilleure performance est à mettre au crédit de Russel Crowe. Et pourtant, il n'a pas la tâche facile. Son personnage est une caricature de haut-fonctionnaire de l'espionnage. Il lui donne de la faconde, de la bonhommie, de l'ironie. On rit de temps en temps dans cette histoire après tout très triste.

   Cela commence par un attentat au Royaume-Uni, vraiment spectaculaire... tout comme la poursuite dans le désert qui intervient dans le premier tiers du film. (C'est fou comme le Maroc peut ressembler à l'Irak, la Syrie ou la Jordanie !) Les morts sont filmées de manière hyper-réaliste, tout comme les scènes de torture. (J'ai retrouvé un peu du souffle présent dans une production du même genre : Le Royaume.)  Le film n'est pas sans colporter quelques clichés : sur la domination technologique des services américains, sur la mouvance terroriste. Il fait preuve toutefois d'un certain esprit d'ouverture : le quatrième personnage principal, le "patron" du renseignement jordanien, moitié esthète, moitié fripouille, joue un rôle assez important (et même décisif, mais je n'en dirai pas plus) et la torture pratiquée par les Américains est mise en parallèle, par l'image, avec la torture pratiquée par les islamistes.

23:33 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

vendredi, 07 novembre 2008

Géographie électorale des votes McCain et Obama

   Plusieurs sites, francophones ou non, proposent des dossiers intéressants sur le résultat des élections présidentielles états-uniennes, mais c'est celui du New York Times qui me semble être le meilleur.

   Quelles conclusions tirer de ces résultats ? On retrouve les bastions de chaque parti : la côte Ouest et le Nord-Est pour les démocrates, l'intérieur et le Sud pour les républicains. Obama l'a emporté parce qu'il a réussi à faire basculer certains Etats de l'intérieur (Colorado, Nouveau-Mexique) et du Sud-Est (Caroline du Nord, Virginie et surtout Floride). D'ailleurs, victoire a été étriquée dans plusieurs de ces Etats : 200 000 voix en Floride, moins de 14 000 en Caroline du Nord. Obama l'emporte d'environ 200 000 voix aussi dans l'Ohio... et de 26 000 dans l'Indiana. A contrario, la victoire est particulièrement large (plus de 60 % des suffrages exprimés) dans plusieurs Etats du Nord-Est : New-York, Massachusetts, Maryland, Connecticut, Rhode Island, Delaware et Vermont. Quand on cherche bien, on s'aperçoit que le candidat démocrate a bénéficié d'un effet local à Hawaii (71,8 % des suffrages), où il est né, et dans l'Illinois (61,7 %), où il a émergé politiquement. S'ajoutent à cela sa performance dans la Californie démocrate de M. Schwarzenegger (61,1 %) ... et le score phénoménal obtenu à Washington D.C. (le District of Columbia n'est pas un Etat, mais ses habitants participent à l'élection présidentielle) : 92,9 % des suffrages exprimés ! Kerry n'y avait obtenu que 89,2 % en 2004 et Al Gore 85,2 % en 2000... Bande de loosers ! Même Bill Clinton n'a pas fait aussi bien en 1992 et 1996 ! (A gauche de la page, on peut faire bouger un curseur pour consulter les résultats des élections précédentes.)

   De manière plus générale, on constate que, sur les 15 Etats les plus peuplés, 13 ont été remportés par Barack Obama. Lui échappent le Texas (où il obtient tout de même 43,8 % des suffrages... comme Clinton en 1996, Clinton, perçu comme un "homme du Sud"... dont l'Arkansas natal s'est détourné des démocrates depuis Bush fils) et la Géorgie.

   On peut tirer un autre grand enseignement de ces élections : les "petits" candidats ont été laminés. Ils étaient 13 au total. (Cela va de l'écologiste au libertarien en passant par 3 "indépendants" et 3 socialistes !) Dans un seul Etat, l'Oklahoma, ils n'ont recueilli aucun suffrage. (Zoomez sur l'Etat : vous noterez que, dans toutes les circonscriptions de la "casserole renversée", McCain est arrivé en tête !) Dans les autres Etats, à eux tous, ils ont recueilli de 0,6 % (à Washington D.C. : 1 349 personnes seulement !) à 3,2 % des suffrages exprimés. Du coup c'est dans une minorité d'Etats que le candidat arrivé en tête (qui a donc remporté tous les grands électeurs) a obtenu moins de 50 % des suffrages exprimés : en Caroline du Nord et Indiana pour Obama, dans le Missouri et le Montana pour McCain. J'ai trouvé une seule circonscription dans laquelle les deux principaux candidats sont arrivés à égalité parfaite : dans le Dakota du Sud, le comté de Jerauld, Obama et McCain ont obtenu 535 voix chacun, les autres candidats 17.

   L'Oklahoma n'est pas le seul Etat monocolore. L'Alaska a aussi unilatéralement voté McCain... une séquelle de "l'effet Palin" sans doute. De son côté, Obama a réussi le grand chelem des circonscriptions dans le Vermont, le Connecticut, le Massachusetts, le New Hampshire et à Washington D.C. On retrouve la Nouvelle-Angleterre.

   Dans d'autres Etats, la répartition géographique des votes est riche d'enseignements. Obama l'a emporté en Floride, mais lorsque l'on zoome sur cet Etat, on s'aperçoit que, dans la majorité des circonscriptions, c'est McCain qui est en tête. Obama a remporté les comtés urbains (de Tallahassee, la capitale, de Miami et d'Orlando... vous savez, la ville de Disneyworld). Le même cas de figure se retrouve dans le Nevada, remporté par Obama, mais où il n'arrive en tête que dans trois comtés : ceux de Las Vegas, Reno et Carson City ! Tout le reste du territoire est en rose-rouge !

   La mobilisation de l'électorat urbain n'a parfois pas suffi. Zoomez sur le Texas : Dallas, Austin, San Antonio et Houston se sont données au candidat démocrate, ainsi que les comtés frontaliers du Mexique. Un autre "effet frontière" est perceptible dans l'Etat de Washington, au nord-ouest du pays : tous les comtés océaniques ont voté majoritairement Obama, alors qu'un seul des comtés intérieurs l'a placé en tête ! Faut-il en déduire que l'électorat républicain est marqué par l'isolement, le repli et la fermeture ?... Je laisse chacun juge.

   Ce qui est dingue, c'est qu'on peut faire le même constat à propos de l'Arkansas et du Mississippi. Dans ces deux Etats, les comtés riverains du fleuve placent presque tous Obama en tête, alors que le vote général est largement en faveur de John McCain !

   Bon, je vais arrêter de vous bassiner avec le sujet. Mais, avant de terminer, je vous conseille de jeter un oeil sur le détail des résultats dans l'Etat d'Alabama. Si Barack Obama est bien arrivé en tête dans les comtés urbains de Montgomery et de Birmingham, McCain n'a pas remporté tous les comtés ruraux, loin s'en faut. Une bande longitudinale réunit 12 comtés, urbains comme ruraux, qui ont la particularité d'avoir tous placé le candidat démocrate en tête, et ce dans un Etat ou John McCain a obtenu plus de 60 % des suffrages exprimés. Mystère... La partie Est semble correspondre au territoire entourant une importante voie de circulation, reliant Montgomery (la capitale) à Phenix City. Vers l'ouest, la bande semble suivre une autre voie de circulation, reliant Montgomery à Selma, Demopolis puis le Mississippi. Peut-être y a-t-il une autre raison. Si quelqu'un a une idée, je suis preneur !

jeudi, 06 novembre 2008

La vie moderne

   Raymond Depardon poursuit (et achève ?) son périple agricole entamé il y a une dizaine d'années avec Profils paysans. Il nous embarque sur les routes de moyenne montagne, à la recherche d'exploitants isolés en Ardèche, Haute-Saône, Haute-Loire et Lozère. Il privilégie les plus âgés, même s'il a diversifié son panel d'agriculteurs.

   Le monde rural agricole est si rarement filmé sans condescendance que c'est toujours avec intérêt que je considère ce genre de film. Les personnes sont traitées avec empathie, une dose d'humour (eh oui : on rit durant la projection d'un documentaire de Depardon !).

   Conformément à ce que le titre suggère, la "modernité" envahit jusqu'aux fermes reculées du Massif Central. Elle prend la forme du tracteur... ou de la rencontre amoureuse par correspondance... et surtout, de la désertification rurale, avec disparition progressive des agriculteurs. Il est vrai qu'il faut avoir l'âme chevillée au corps (et peut-être être doté d'un soupçon de misanthropie) pour choisir de vivre en ces lieux. Alors, quand un conflit de générations se greffe là-dessus, la guerre picrocholine n'est pas loin !

   Je reprocherais à Depardon, au-delà du respect évident qu'il éprouve pour ceux qu'il filme, de nous proposer un choix de passages qui visent un peu trop au "pittoresque"... ce en quoi il fait bien, puisque cela attire un certain public, avide de "curiosités rurales"... Il laisse ainsi de côté (par choix, à mon avis) tout un pan de la jeune agriculture contemporaine, moderne sans sombrer dans la morosité. On sent qu'il a vieilli. Le ton se fait encore plus plaintif qu'à l'habitude et celui qui fut une référence en matière de documentaire peine à extirper quelques mots de la bouche de la majorité de ses interlocuteurs. N'est pas expert en maïeutique qui veut...

20:16 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

Rions un peu avec les élections états-uniennes

   Oh, je vois d'ici les expressions désabusées et les regards dubitatifs ! Non, je ne me vautrerai pas dans la gaudriole la plus élémentaire ! Non, je ne colporterai pas ces calembours bas-de-gamme, qui circulent en nombre sur la toile. (En effet, peu nous chaut de savoir qu'il casse la baraque, Obama, ou, comme on dit dans certains pays voisins du Kénya : il a la baraka, Obama !) Je ne soucris pas aux propos sarcastiques qui sous-entendent que la crise des subprimes a fait basculer le scrutin présidentiel en faveur du plus célèbre métis du monde : de très mauvaises langues prétendent en effet que nombre de votants âgés (et un brin sourdingues), menacés d'expulsion, ont choisi pour président non pas Obama Barack, mais Oma Barack !

   Je veux plutôt vous compter cette anecdote véridique (elle m'a été rapportée par le cousin par alliance du voisin de palier de la concierge de mon ex-beau-frère).

   Vous n'êtes pas sans savoir que la victoire du Martin Luther King hawaïen a suscité un grand intérêt en France, où l'on se passionne pour la cause des gens de couleur dès lors qu'elle n'effleure pas les nobles frontières de l'Hexagone. L'annonce du résultat définitif a provoqué force manifestations festives, accompagnées de ripailles dont certaines ont fini dans d'inavouables débauches, ne le nions pas. L'engouement a saisi tous les bureaux de tabac de France et de Navarre. Les casernes elles-mêmes ont été touchées. Ainsi, en hommage au nouveau président-maître-du-monde, nos glorieux militaires n'ont pas hésité à se passer eux-mêmes la bite au cirage !

   C'est dans ces moments-là que l'on touche du doigt la grandeur immortelle de la France éternelle !

lundi, 03 novembre 2008

Entre les murs

   J'ai longtemps hésité avant d'aller voir ce film. D'un côté, il y a le réalisateur, Laurent Cantet (Ressources humaines, L'Emploi du temps... que des films qui déchirent). De l'autre, il y a la palme d'or obtenue à Cannes, très consensuelle, très "politiquement correcte", avec soutien d'une partie de la critique "de gôche". J'ai eu peur du résultat.

   Je me suis retrouvé dans une salle comble, malgré l'ancienneté de la sortie du film. En écoutant les conversations (avant le début de la projection, bien sûr), je me suis vite aperçu que j'étais cerné par les profs !

   Les adolescents (peut-être un peu vieux pour le rôle parfois) sont excellents. On sent une direction d'acteurs pointue derrière leur jeu très "nature". Bégaudeau, dans son propre rôle, est bon : Cantet n'a pas cherché à en faire un saint laïc ; il en trace donc un portrait tout en nuances, plutôt positif certes (l'ensemble des profs est filmé avec empathie, dans sa diversité), mais avec, derrière la caméra, un jugement : le prof manque d'autorité... ou plutôt, il rechigne à l'utiliser, recourant trop souvent au dialogue. Cela nous donne des scènes parfois limite surréalistes, avec des jeunes qui s'érigent quasiment en procureurs des profs...

   Je trouve le film très subtil dans sa manière de traiter de l'immigration (de nombreux élèves de la classe en sont issus), légale comme illégale. Il arrive aussi à nous faire sentir les différentes formes de racisme qui travaillent ces jeunes. Par contre, sans doute pour éviter de charger le tableau, Cantet nous épargne le type du prédélinquant : le plus violent de la classe, un élève qui finit par se faire exclure, (on a trop tardé à mon avis... ou alors il aurait fallu mettre en place un suivi particulier pour ce cas-là, visiblement hors-norme), n'appartient pas à cette catégorie. Les scènes avec les parents montrent la grande diversité de situations et d'opinions. Du coup, les profs doivent jongler entre leur demande d'exigence et le souhait que les enfants soient le plus soutenus possible.

   Le film est centré sur ce collège parisien, essentiellement la salle de classe, celle des profs et la cour. Ni les élèves ni les enseignants ne sont montrés dans leur "milieu naturel" (leur domicile, la vie quotidienne hors les murs). Il est donc plus question des relations profs-élèves que d'éducation en général.

19:21 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

dimanche, 02 novembre 2008

Les chimpanzés de l'espace

   Ce matin, la salle était pleine... à moitié d'adultes, d'ailleurs ! Voilà un film qui attire des spectateurs âgés de 5 à 75 ans ! Ben évidemment, les références cinématographiques fourmillent, qu'il s'agisse de La Planète des singes, de 2001, L'Odyssée de l'espace ou surtout de L'Etoffe des héros. On goûtera tout particulièrement les séquences où l'on voit les singes-spationautes marcher au ralenti, bruitage adapté en plus !

   Comme nombre de "dessins animés", c'est une histoire de formation : le jeune dilettante égocentrique va mûrir, devenir un véritable héros... et de surcroît rencontrer l'amouuuur ! Les personnages ne sont pas trop coulés dans un moule, même si on reconnaît ici ou là quelques archétypes : le vieux sage avec la voix française de Morgan Freeman, la jeune cadre dynamique, le scientifique asiatique, le sénateur-technocrate hyper ambitieux et sans scrupule...

   Graphiquement parlant, c'est très réussi. On a l'impression que cela a été tourné avec de vraies caméras ! Certaines scènes sont d'une grande beauté visuelle, comme celle qui montre l'entraînement intellectuel des futurs "chimpanzionautes"... La version française est parvenue à restituer les jeux de mots, assez nombreux (notamment dans la bouche du commandant de l'expédition, un grand costaud pas toujours rapide à la comprenette).

   La représentation du monde extraterrestre est une autre satisfaction. On a su faire preuve d'imagination, avec ce lac de liquide pétrifiant (issu d'un volcan), ces animaux volants projecteurs de piques redoutables... et le petit gentil, véritable ampoule sur pattes, fort utile au demeurant.

   Les grands et les petits ont été captivés pendant 1h30... et ont souvent ri.

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samedi, 01 novembre 2008

Dernier maquis

   Non, ce n'est pas un documentaire consacré à un groupe de résistants français de la Seconde Guerre mondiale. C'est d'abord une fiction, même si elle a un caractère documentaire. L'action se déroule de nos jours, dans le "neuf-trois", pas très très loin de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, peut-être à proximité de la Marne. Les personnages sont tous issus des "minorités visibles". L'intérêt du film n'est pas d'avoir tourné une histoire victimaire, mais d'avoir choisi une tranche de vie de ces mécaniciens et caristes, confrontés à un patron (interprété avec brio par le réalisateur, Rabah Ameur-Zaimeche) qui oscille entre paternalisme et manipulation.

   C'est filmé au cordeau, sans fioritures, avec quelques morceaux de bravoure. Les scènes d'introduction et de conclusion sont notamment marquantes, avec ces piles de palettes rouges, qui sont comme des blocs HLM implantés sur ce lieu où travaillent des manoeuvres qu'on imagine résidant en "banlieue". J'ai aussi beaucoup aimé la séquence avec le gros rat (une allusion au patron un peu grippe-sou ?), à la fois incongrue et révélatrice de beaucoup de choses.

   Le noeud du problème semble d'abord être l'identité religieuse (et la pratique). La désignation de celui qui doit être l'imam du nouveau lieu de culte fait surgir d'autres problèmes, à commencer par celui des salaires. Le réalisateur excelle à montrer que revendication identitaire et aspirations sociales ne fonctionnent pas forcément de conserve... l'une pouvant même être utilisée pour brider les autres.

   C'est 'achment bien joué et, comme dans un autre film sorti récemment, Chop shop, on constate une grande application dans la mise en scène du travail manuel... Eh oui : filmer des manoeuvres peut être d'un grand intérêt cinématographique !

20:32 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma