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samedi, 02 avril 2011

Le résultat des cantonales vu par "Groland"

   Bon, c'est vrai quoi, y en a marre de ces peigne-culs du net qui se prennent pour des politologues ! Laissons à nos pédants boursouflés en costume le monopole de l'exégèse politique !

   Vous pouvez toutefois faire une exception pour l'équipe de Groland.con, qui nous livre le résultat de ses puissantes cogitations dans l'émission de samedi 2 avril :

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   Dans la même émission, vous saurez dans quelle mesure l'intrépide Michael Kael, de retour du Japon, a été contaminé par la radioactivité. Une fois n'est pas coutume, on nous propose un reportage de bon goût dans cette émission si grossière et racoleuse... et vous entendrez parler d'une nouvelle loi grolandaise, qui instaure le divorce parents-enfants...

   Sur la fin, en guest, vous pourrez voir Sara Forestier (à qui il est arrivé une bricole) et le premier homme enceint !

 

vendredi, 01 avril 2011

Les vice-présidences aveyronnaises

   Traditionnellement, on appelle "troisième tour" des élections cantonales la désignation du président du Conseil général, par l'ensemble des conseillers généraux (comme le maire est élu par les conseillers municipaux désignés par les citoyens lors des élections municipales). En général, le résultat du vote est connu d'avance. C'était le cas pour l'Aveyron : Jean-Claude Luche a été logiquement réélu, le bataillon de faux "sans étiquette" ayant regagné le giron de la droite.

   Le vrai suspens réside dans l'affectation des vice-présidences. Je n'ai pas écrit "élection" à dessein : tout se trame en coulisses. Cette année, il y a avait matière à réflexion. Signalons d'abord que, sur 46 conseillers généraux, 13 obtiennent cette précieuse dénomination... qui permet de voir leur indemnité multipliée par 1,4 (dans l'Aveyron, elle dépasse donc 2 500 euros nets par mois, le président palpant plus de 5 000 euros)...

   Tout ça pour un travail à temps partiel, d'après les propos de Jean-Claude Luche himself ! Eh, oui ! On ne se méfie jamais assez de ce que, dans l'euphorie de la victoire, on déclare en public. Un journaliste de La Dépêche du Midi a relevé les propos suivants : "J'espère qu'il y aura des amendements, qu'il y aura un statut pour le conseiller territorial car cela deviendra un emploi à plein-temps" En bonne logique, si, en 2014, la fonction de conseiller territorial, qui pourrait remplacer celle de conseiller général, devient, pour l'élu, un boulot à temps plein, c'est bien que le travail actuel de conseiller général ne l'est pas ! Sacré Luluche !

  Et donc l'Aveyron est géré par J.-C. Luche assisté de 13 vice-présidents (pour 46 conseillers), comme le Grand Rodez est géré par Ludovic Teyss Mouly assisté de 13 vice-présidents (pour 45 conseillers) et comme Midi-Pyrénées est gérée par Martin Malvy assisté de 15 vice-présidents (pour 91 conseillers). Je n'ose imaginer le pognon que cela nous coûte...

   Voici quels étaient les vice-présidents aveyronnais de 2008 à 2011 (2 femmes pour 11 hommes) :

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   J'ai souligné les noms des quatre qui ne se représentaient pas. Cela libérait donc quatre places. Voici la nouvelle équipe, telle que l'a publiée La Dépêche :

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   J'ai souligné le nom des vice-présidents "frais émoulus". Aucun n'est un nouvel entrant au Conseil général. Jean-Claude Luche a récompensé deux fidèles qui viennent d'être réélus, l'un triomphalement, Jean-Claude Anglars (sur le canton d'Estaing), l'autre un petit peu plus laborieusement, (en dépit du soutien appuyé de Luluche), Jean-François Albespy (sur le canton d'Entraygues-sur-Truyère). Les deux autres "nouveaux" permettent de rééquilibrer vers l'ouest (Michel Costes est élu de Rieupeyroux) et le sud (Christophe Laborie est élu de Cornus) l'exécutif départemental, très marqué "Nord Aveyron".

   Et là je sens une certaine surprise chez l'électeur ruthénois de base : où est donc Bernard Saules ? Pourtant, durant la campagne, on nous a bien seriné que, s'il était élu, il jouerait un rôle majeur au sein du Conseil, Jean-Claude Luche ayant clairement sous-entendu qu'il pourrait accéder à une vice-présidence : "Bernard Saules est la solution ; il travaille, il ne fait pas d'esbrouffe. Et il peut devenir ensuite un vice-président privilégié, tout est possible."

   En effet, tout est possible, y compris qu'on se paie la tête des électeurs. Il semble se confirmer ce que j'avais pressenti ces dernières semaines : Bernard Saules n'est pas là pour travailler au Conseil général. Il n'est d'ailleurs pas d'un grand sérieux dans son rôle de chef de l'opposition ruthénoise. Il a  rempli sa mission : rapporter à la droite le canton de Rodez-Est. Il va passer trois ans au chaud, aux frais de la princesse des contribuables et, un peu avant 2014, le Conseil général va, comme par hasard, nous balancer un mirifique projet pour faire mousser le Bernard Saules candidat... aux municipales de Rodez.

   Qui c'est qui fait de la politique politicienne ?

 

mardi, 29 mars 2011

Le diable se niche dans les détails

   L'inspiration m'est venue en consultant le site internet de La Dépêche du Midi, ce mardi, plus précisément l'article titré "Jean-Claude Luche prépare sa majorité". Il est illustré par une photographie centrée sur le président du Conseil général, sur le point d'être reconduit à ce poste. Il est entouré par deux de ses fidèles, Jean-Michel Lalle (pas si bien réélu que cela à Bozouls) et Bernard Saules, nouvel élu à Rodez-Est.

La Dépêche 29 03 2011.jpg

   La photographie choisie par le quotidien met en valeur le chef de la "Majorité départementale". Il porte le plus joli costume (Jean-Michel Lalle persistant à associer chemise, cravate et veste sombres, Bernard Saules ayant tombé la cravate). Il donne aussi l'impression d'être le patron, à la manoeuvre, alors que Jean-Michel Lalle semble tenter de deviner son avenir politique dans les lignes de sa main droite. De son côté, Bernard Saules fait un peu figure de petit nouveau dans la classe, un peu gêné, les mains sous la table... ce qui nous empêche de distinguer sa montre.

   Le détail n'est pas sans importance. Les membres de la "Majorité départementale" semblent affectionner les montres à cadran rectangulaire, commes celles que portent J.-M. Lalle et J.-C. Luche sur cette photographie. Je m'étais fait la remarque lorsque le président du Conseil général était venu à La Salvetat-Peyralès soutenir André At (la photographie a été publiée le 18 mars dernier) :

At-Luche LaDépêche 18 03 2011.jpg

   Au poignet de Jean-Claude Luche se trouve visiblement la même montre.

   Concernant Bernard Saules, j'ai finalement retrouvé une photographie permettant d'établir une comparaison, dans La Dépêche du 10 mars. A l'époque, je n'y avais pas fait attention... parce qu'il porte sa montre au poignet droit !

Luche-Saules Dépêche 10 03 2011.jpg

   Vous noterez que Jean-Claude Luche porte une montre différente de celle visible sur les précédentes photographies (mais toujours à cadran rectangulaire). Mais, surtout, vous remarquerez que le cadran de celle de Bernard Saules est rond !

   Ce goût est confirmé par une autre photographie, prise à l'occasion de sa déclaration de candidature, en mai 2010 (c'est aussi visible dans un article publié dans Le Ruthénois n°24) :

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   J'en arrive à la conclusion éblouissante que, si le nouveau conseiller général de Rodez-Est met les mains sous la table (sur la première photographie), ce n'est pas par timidité ou en signe de soumission, mais parce qu'il redoute que tout le monde constate qu'il n'est pas au diapason de la Majorité départementale ! La possession d'une montre à cadran rectangulaire est-elle exigée par Jean-Claude Luche pour accéder à une vice-présidence ? Mystère... Qu'attend donc la presse pour enquêter ?

   Cerise sur le gâteau : regardez le nom du photographe du premier cliché : Escoffier ! 

 

lundi, 28 mars 2011

Bilan du second tour des cantonales dans l'Aveyron

   Neuf cantons étaient en jeu. On pouvait estimer que l'élection ne devait pas réserver de surprise dans cinq d'entre eux (Saint-Affrique, Entraygues-sur-Truyère, Laguiole, Bozouls et Millau-Ouest). Le scrutin paraissait plus ouvert dans les quatre autres (Villefranche-de-Rouergue, Nant, Mur-de-Barrez et Rodez-Est).

   On ne s'étonnera donc pas de la réélection du socialiste Jean-Luc Malet à Saint-Affrique (avec 62,25 % des suffrages exprimés) : seule une primaire à gauche l'avait empêché de l'emporter au premier tour. On notera toutefois que, s'il augmente son score de plus de 1 000 voix, son adversaire de droite en gagne un peu moins de 500 entre les deux tours (avec un taux de participation quasi identique), alors qu'il ne disposait, en théorie, d'aucune réserve... C'est là que les propos d'un collègue de travail plus âgé, qui connaît bien le coin, me reviennent à l'esprit : "Avant l'arrivée d'Alain Fauconnier, on votait traditionnellement à droite dans le canton." Jean-Claude Luche a semé une graine...

   C'était aussi plié d'avance à Entraygues, où le concurrent du conseiller général sortant a été prié de remballer les gaules, histoire d'assurer une réélection triomphale à son rival. Pour son anniversaire, Jean-François Albespy a reçu en cadeau 63,07 % des suffrages exprimés. Il ne récupère toutefois qu'une partie des voix de Pierre Laurens, alors que Guilhem Serieys dépasse le score cumulé des candidats de gauche au premier tour. Il y a eu quelques rebelles du côté de la Truyère... Signalons qu'en 2004, année de la première victoire de J.-F. Albespy (contre papa Serieys, le socialo), il avait réuni 140 voix de plus, avec une participation plus importante. Serieys fils fait aussi moins bien que Serieys père.

   On s'y attendait un peu aussi et donc Vincent Alazard, le maire de Laguiole, est assez facilement élu dans le canton du même nom, avec près de 60 % des suffrages exprimés. Son adversaire Joseph Chauffour n'avait été battu que de 13 voix en 2004 par Guy Dumas, qui ne se représentait pas.

   On pensait que le résultat serait tout aussi éclatant pour Jean-Michel Lalle à Bozouls. On avait déjà été surpris par sa mise en ballottage, face à quatre candidats de gauche, lui qui, en 2004, avait été reconduit dès le premier tour avec 61,90 % des suffrages exprimés. Même si, à gauche, on faisait mine de nourrir quelques espoirs, il semblait évident que le porte-flingue de Jean-Claude Luche n'avait pas grand chose à craindre. Il s'en sort avec un petit 56 % des suffrages (et seulement 65 voix d'avance dans sa propre commune, Rodelle...).

   Un élu de gauche était un peu dans ce cas : on pensait sa réélection assurée... et il a frôlé la correctionnelle. Il s'agit de Jean-Dominique Gonzales, à Millau-Ouest. Il ne l'emporte que de 65 voix sur le petit prof de collège que Jean-Claude Luche lui avait balancé dans les pattes. Entre 2004 et 2011, le sortant a perdu environ 1 000 voix au premier tour et près de 2 000 au second. Et pourtant, l'adversaire de droite n'a pas progressé entre ces deux dates. Il s'agit donc visiblement d'un désaveu du sortant. Durant la campagne, il s'était fait épingler par le site Aligorchie pour son absentéisme au Conseil général et la faiblesse de son bilan. Il a aussi été victime d'attaques virulentes de la part du Front de Gauche local. Même le Journal de Millau ne l'a pas épargné. Il est aussi possible que la déception engendrée par la politique du nouveau maire Guy Durand ait rejailli sur sa candidature. Bref, la gauche va devoir resserrer les boulons !

   Je pensais que le second tour de Villefranche-de-Rouergue avait des chances d'être aussi disputé. Finalement, ce ne fut pas le cas. Dès dimanche dernier, le socialiste Claude Penel avait clairement appelé à voter pour le radical Eric Cantournet, qui l'emporte nettement sur le maire de Villefranche, Serge Roques. Celui-ci a peut-être quelques soucis à se faire pour son avenir...

   La situation à Nant apparaissait plus confuse : le canton a longtemps été tenu par la droite, mais l'ensemble des forces de gauche y était majoritaire au premier tour, même si le candidat de la majorité départementale était arrivé en tête. Celui-ci a gagné près de 300 voix. Seule une petite partie est venue du surcroît de participation. Il semble bien que l'électorat du Front national ait voulu faire barrage à la gauche, notamment à La Cavalerie. De manière générale, on constate que les reports de voix à gauche n'ont pas été bons. Il semble que la candidature écologiste ait drainé, au premier tour, les suffrages de personnes rendues inquiètes par le projet d'exploitation des gaz de schistes, voix qui sont retournées d'où elles venaient (de la droite) au second tour. Si quelqu'un a de meilleures explications à proposer...

   A Mur-de-Barrez s'est produite la surprise que l'on attendait un peu : l'élection du candidat de gauche Daniel Tarrisse. Dans quatre des six communes, son adversaire Pierre Miquel arrive pourtant légèrement devant lui. Dans le chef-lieu, c'est l'inverse et, à Thérondels, le socialiste recueille 74 % des suffrages exprimés, récupérant sans doute ceux qui s'étaient portés sur Joseph Chayrigues (ce qui expliquerait aussi qu'il soit passé en tête à Mur-de-Barrez), tandis que les électeurs qui avaient choisi Marie-Pierre Guimontheil semblent s'être reportés, en bons petits soldats du luchisme, sur Pierre Miquel. La commune de Murols offre une situation paradoxale : au premier tour, elle avait placé Mme Guimontheil largement en tête mais, au second, une partie des électeurs de celle-ci (une vingtaine) ont choisi Daniel Tarrisse. On peut penser que le vote du premier tour s'expliquait par le fait qu'un adjoint au maire de Murols était le remplaçant de Mme Guimontheil. Pour le second, ces électeurs ont exercé leur liberté de choix.

   Je pense qu'en dépit de son succès global aux élections cantonales, Jean-Claude Luche a très mal pris cette victoire de la gauche. Pour s'en convaincre, il suffit de lire ses réactions, telles que les rapporte La Dépêche du Midi de ce lundi. Très arrogant, le président du Conseil général déclare en gros ne pas comprendre comment un canton comme celui de Mur-de-Barrez peut voter majoritairement à gauche. Il me rappelle ces militants socialistes, choqués qu'on puisse ne pas choisir le Bien, le Beau, le Vrai (leur parti). Sur ce point, droite et gauche se rejoignent. La suite des propos tenus par J.-C. Luche est plus inquiétante pour Daniel Tarrisse : "je crains que les habitants du Carladez ne regrettent leur choix : on fera le bilan dans trois ans." Cela sonne comme une menace. On n'ose imaginer que la majorité départementale puisse soutenir en priorité les projets valorisant les cantons qu'elle détient afin de pouvoir, au moment des élections, faire parler son superbe bilan, dénigrant celui des sortants socialistes ou radicaux...

   La résurgence de l'arrogance de Jean-Claude Luche se comprend parce qu'il a réussi à faire battre l'un de ses principaux adversaires : Stéphane Bultel. Celui-ci n'a en effet pas été réélu à Rodez-Est. Quand on analyse les résultats dans le détail, on s'aperçoit tout d'abord que la participation a été plus élevée au second tour qu'au premier. Elle a cependant légèrement baissé à Sainte-Radegonde et au Monastère, alors qu'elle a assez fortement augmenté à Rodez. A Sainte-Radegonde, je ne constate rien de particulier au niveau du report des voix. Au Monastère, on notera que Stéphane Bultel a globalement bénéficié de bons reports du Front de Gauche et des écologistes. Pourtant, il a quelque peu malmené ceux-ci durant la campagne, ce qui lui a sans doute coûté des voix. A Rodez même, Bernard Saules a distancé son adversaire sur les bureaux 4,5,6 et 7. La participation a sensiblement augmenté sur les bureaux 2,3,4 et 5. Je pense que les électeurs rattachés à ces secteurs sont plus âgés que la moyenne (j'ai vu une de ces quantités de papys et de mamies quand je suis venu voter dimanche !). Je me demande aussi de quels bureaux de vote dépendent les parents qui avaient inscrit leurs enfants à l'école François Fabié...