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dimanche, 27 mars 2011

"Le Nouvel Hebdo" numéro 168

   Gérard Galtier redevient journaliste à 100 % et nous gratifie d'un éditorial percutant, où il est question du Front national et du vote blanc.

   Il revient ensuite évidemment sur sa candidature, dont les résultats ont sans doute dû le décevoir, quels que soient les messages d'encouragement qu'il a reçus. Dans un autre article, les résulats du canton de Rodez-Est sont analysés de manière très fine. Faut s'accrocher quand on s'intéresse aux pourcentages !

   Un encadré aborde le début de polémique né du projet de déplacement du monument aux morts de Rodez. Celui-ci se trouve actuellement à l'entrée du jardin du Foirail (ou plutôt de ce qu'il en reste). Seule la statue de la Victoire a été conservée du monument originel, qui trônait sur la place d'Armes :

politique,presse

   Pour faire un peu de place, la mairie envisagerait d'enlever la statue du Foirail... pour l'installer à la place de celle du square François Fabié, à côté du palais de Justice. Les mauvaises langues disent que la majorité actuelle doit vraiment avoir une dent contre feu le poète aveyronnais pour, après avoir fermé l'école portant son nom, vouloir dégager la statue lui rendant hommage !

   J'aurais bien une autre suggestion à faire : rétablir l'ancienne localisation, place d'Armes, celle-ci rendue piétonne dans la perspective du classement à l'Unesco. En cherchant bien dans les ateliers dépendant de la mairie de Rodez, il se pourrait même que l'on retrouve les éléments qui entouraient la statue, à l'origine (sur lesquels avaient été gravés les noms des soldats morts pour la France). Ils auraient bien besoin d'une restauration, mais la chose n'est pas irréalisable.

politique,presse

   Le positionnement du monument aux morts ne pose pas problème qu'à Rodez. La récente commémoration du cessez-le-feu en Algérie (le 19 mars) a été l'occasion de vérifier qu'il devient parfois de plus en plus difficile d'organiser une cérémonie.

   Ce fut le cas à Espalion, comme on a pu le lire dans le Bulletin :

politique,presse

   Le monument est situé en plein centre ville, juste devant la mairie, dans un virage dangereux, où la circulation est importante. Il est vrai que la sculpture est superbe :

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   On notera que, si le maire de la commune (Gilbert Cayron) est bien présent, il n'est pas question de la conseillère générale, Simone Anglade, bien que la cérémonie soit cantonale. Il faut dire que les deux élus n'entretiennent pas les meilleures relations.

   L'article du Bulletin sous-entend que l'organisation semble avoir été défaillante. Je pense qu'à terme, il va falloir trancher quant à la localisation du monument. Le même problème s'est posé à Ceignac, où une décision a récemment été prise. Quand ces monuments ont été construits, dans les années 1920, la circulation automobile n'était pas aussi dense (ni aussi rapide) que de nos jours. Il faut juste veiller à ce que le monument ne soit pas relégué dans un coin obscur de la commune et qu'un espace suffisant soit disponible pour y organiser des cérémonies. De surcroît, des règles sont à respecter.

   Il est souvent question de la commune d'Espalion dans Le Nouvel Hebdo, dont l'un des contributeurs ne semble guère apprécier la gestion de Gilbert Cayron. En compagnie de Fabrice Geniez d'Onet-le-Château, il fait office de punching-ball officiel de l'hebdomadaire satirique.

   Cette semaine, il est question du repas des aînés organisé par la mairie. Cela se fait un peu partout. On sait très bien que c'est un moyen utilisé pour choyer l'électorat âgé, plus prompt à déposer un bulletin dans l'urne que les jeunes de la commune...

   A Onet-le-Château, c'est la construction du théâtre ainsi que le nombre de places de parking qui font débat. Le fait que tout cela intervienne dans une zone "résidentielle" n'est pas innocent. Quand les (supposées) nuisances sont placées du côté des pauvres, les protestations vertueuses se font en général plus rares. (D'autre part, je pense que les riverains surestiment l'impact négatif de la présence d'un théâtre. Ce sont plutôt les voisins du futur multiplexe de cinéma, à Rodez, qui vont comprendre leur douleur, d'ici quelques années...)

   Concernant le chef-lieu départemental, un article intéressant évoque les pentes de Bourran, où l'on a semble-t-il raté l'occasion de réaliser un aménagement utile, esthétique et peu coûteux... et je finis par me rendre compte que le texte publié sous le nom de "Rutène" vient du blog de droite Rodez - Unir pour gagner.

   Je vous laisse découvrir le reste, dans le numéro de cette semaine...

  

samedi, 26 mars 2011

Les rancunes d'Entraygues

   Le canton d'Entraygues-sur-Truyère était le seul (du département de l'Aveyron) où devait se dérouler une triangulaire, au second tour des élections cantonales. Le sortant, Jean-François Albespy, devançait son rival divers droite de 2004, Pierre Laurens, et le surprenant candidat du Front de Gauche, Guilhem Serieys. Tous trois avaient obtenu plus que les 12,5 des inscrits indispensables à la poursuite de l'aventure.

   Mais le conseiller titulaire avait l'air d'en savoir beaucoup, lui qui, dès dimanche dernier, parlait d'un duel. L'analyse des résultats du premier tour allait dans ce sens.

   Dès mercredi, on a eu la réponse : la presse locale (Midi Libre notamment) se faisait l'écho du désistement de Pierre Laurens, arrivé pourtant deuxième avec un peu plus de 25 % des suffrages exprimés. L'ancien conseiller général s'était montré jusque-là très discret : il n'avait pas fait de commentaire sur son résultat du premier tour et n'a pas donné de consigne de vote pour le second. Vendredi, dans le Bulletin d'Espalion, on pouvait toutefois lire ceci :

politique,cantonales

   On voit qu'il ne fait pas de cadeau au sortant, pour lequel "on" (la majorité tenant le Conseil général, bien sûr) l'a forcé à se retirer. Bon, eh bien, puisque Pierre Laurens n'a pas voulu donner un petit coup de pouce à Jean-François Albespy, c'est encore Jean-Claude Luche qui est venu mouiller la chemise pour son petit chouchou :

politique,cantonales

   Sauf erreur de ma part, tous les maires du canton sont présents sur la photographie, épaulés par deux conseillers généraux venus en voisins : René Lavastrou, triomphalement réélu à Saint-Amans-des-Côts, et Simone Anglade (une autre fidèle de J.-C. Luche), élue d'Espalion. On déploie l'artillerie pour une élection qui, n'en déplaise à Guilhem Serieys (qui a raison d'y croire, après tout), me semble pliée. Mais que ne ferait-on pas pour un fidèle serviteur bon copain !

   Il ne faudrait cependant pas croire qu'à gauche la situation soit plus "rose". On aurait pu penser que la candidate socialiste, éliminée à l'issue du premier tour, soutiendrait son camarade du Front de Gauche. Ce n'est pas si sûr :

politique,cantonales

   Dans Centre Presse du 25 mars, Béatrice Orozco apporte son soutien à... Daniel Tarrisse, candidat à Mur-de-Barrez ! Pour Entraygues-sur-Truyère, elle ne donne aucune consigne de vote. Quelque chose me dit qu'elle s'est sentie un peu vexée d'avoir été (nettement) devancée par le "gauchiste ruthénois" venu tenter sa chance sur les terres de ses ancêtres.

 

Résultats des anciens du NPA

   Il y a trois semaines de cela, j'ai consacré un billet à ces cas particuliers des élections cantonales : trois anciens militants du Nouveau Parti Anticapitaliste d'Olivier Besancenot, qui courent sous d'autres couleurs... assez surprenantes ma foi.

   Ils ont connu des fortunes diverses. La moins gâtée est Ilham Moussaïd, qui, dans le canton d'Avignon Sud, n'a recueilli que 2,26 % des suffrages exprimés (103 voix). Le second tour y opposera la sortante, vice-présidente du Conseil général du Vaucluse, la socialiste Michèle Fournier-Armand, au candidat du Front national Alain Oddone. Ces deux personnes ont recueilli respectivement 31,64 % et 26,90 % des suffrages exprimés, l'abstention étant de 58,22 % !

   Fabien Engelmann n'est pas passé loin de l'exploit : il termine troisième du premier tour, à Algrange. Il rate le second tour pour un peu moins de 170 voix, (il obtient 23,4 % des exprimés) derrière le sortant, le socialiste René Gori, et un communiste. Vous allez me dire : mais, avec un tel score, il devrait pouvoir se maintenir au second tour ! Eh, non, car, la participation n'ayant été que de 32,5 % (et donc l'abstention de 67,5 % !), le candidat FN n'obtient que 7,42 % des inscrits, loin des 12,5 % requis. Et je peux vous assurer que la participation risque d'être encore plus faible au second tour : le communiste s'est désisté ! On demande donc à des électeurs qui se sont déjà très peu déplacés de revenir pour plébisciter le sortant, qui n'avait pourtant rassemblé sur son nom (et son bilan) que 10 % des inscrits ! Tout cela à cause d'accords secrets entre PS et PCF... On se fout un peu de la gueule des électeurs !

   La plus grande "réussite" est celle de Vénussia Myrtil, âgée de seulement 21 ans (18 ans suffisent pour être candidat) : elle arrive en deuxième position à l'issue du premier tour à Aubergenville, devant la candidate socialiste, qui ne peut se maintenir au second faute d'avoir atteint 12,5 % des inscrits. Ce n'est d'ailleurs le cas que du candidat UMP, arrivé en tête. On remarque que, par rapport à 2004, la personne qui représente le FN ne progresse pas en suffrages : Vénussia Myrtil a réuni 1821 voix, contre 1948 pour Bertrand de Brosses sept ans plus tôt. Elle bénéficie de l'effondrement du vote socialiste (presque divisé par trois !). La participation est passée de 61,53 % à 36,06 %. On notera que les deux "grands partis" présentaient de nouvelles têtes. Ce canton est assez révélateur de ce qui a été annoncé comme le succès du FN : la présence de candidats d'extrême-droite au second tour n'est pas tant liée à l'essor d'un vote d'adhésion qu'au rejet des partis dominants, qui n'arrivent plus à mobiliser leur électorat traditionnel.

   Sans être voyant, on peut penser que le candidat UMP devrait être facilement élu... à moins qu'une partie de l'électorat de gauche, protestataire, anti-UMP, ne soit prête à se porter sur une candidate FN issue d'une "minorité visible".

12:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, cantonales

vendredi, 25 mars 2011

Incertitude à Mur-de-Barrez

   C'est l'un des cantons les plus disputés du département de l'Aveyron. Composé des communes de Brommat, Lacroix-Barrez, Mur-de-Barrez, Murols, Taussac et Thérondels, il est situé à la frontière avec le Cantal :

Mur-de-Barrez.jpg

   Jusqu'à il y a un ou deux ans, peu de personnes auraient songé que le résultat du vote des habitants de ce canton puisse faire basculer la majorité du Conseil général (et, quel que soit le résultat de dimanche, cela ne se produira finalement sans doute pas) : la région passe pour être un bastion de la droite (Nicolas Sarkozy l'a même choisie l'an dernier pour se faire mousser auprès des paysans) et le conseiller titulaire (le maire de Brommat Francis Issanchou) était bien implanté. Mais voilà : celui-ci ne se représente pas et, aux dernières élections régionales, la gauche est arrivée en tête dans le canton. Or, il se trouve qu'en 2010, au premier tour, sur la liste conduite par Marie-Lou Marcel figurait (en dernière position) Daniel Tarrisse, originaire de Thérondels. Cette commune a d'ailleurs, ô surprise, placé la liste PS-PRG loin devant les autres. Seules les communes de Mur-de-Barrez (de justesse) et de Murols avaient accordé leur préférence à la droite, pourtant conduite par Jean-Claude Luche.

   Il est donc apparu naturel que le même Daniel Tarrisse défende les couleurs de la gauche sur le canton. Il a mené une campagne dynamique, sur la Toile avec son blog et sur le terrain, réalisant notamment une enquête auprès de ses concitoyens.

   A droite, on ne s'est pas bousculé pour l'affronter. Francis Issanchou s'est dit qu'il avait fait son temps. L'UMP n'a pas réussi à convaincre l'ancien président de la Chambre d'agriculture, Jean Laurens (qui a des attaches dans la région), de se lancer. Comme souvent à droite, c'est le "patron" qui décide et Jean-Claude Luche a choisi, pour contrecarrer la poussée de la gauche, de miser sur une femme, Marie-Pierre Guimontheil, adjointe au maire de Mur-de-Barrez. Il a peut-être compté sur la notoriété de sa famille : elle est la belle-fille d'un ancien maire de Thérondels (ben oui, il fallait torpiller la candidature Tarrisse) et la fille d'un ancien élu UMP des Yvelines. Bon sang ne saurait mentir...

   Pour soutenir sa candidate, comme souvent, J.C. Luche a mobilisé les maires et la presse locale :

Mur-de-B CPresse 09 03 2011.JPG

   Cet article a été publié dans Centre Presse le 9 mars dernier. A l'époque, il était censé illustrer le soutien sans faille dont bénéficiait la "candidate officielle". Avec le recul, il montre que, dernière la façade d'unité affichée, des craquements se faisaient sentir. Seuls trois des six maires étaient présents à cette réunion de propagande... ah pardon quatre, comme on prend bien soin de le préciser dans l'article. Mais pourquoi diable n'est-il pas sur la photo ? De plus, chez les présents, on ne remarque pas un enthousiasme délirant : regardez comme ils sont crispés ! Cela ressemble plus à une convocation chez le dirlo qu'à une réunion de potes autour d'un bon verre. Il se dit d'ailleurs (Le Nouvel Hebdo de cette semaine s'en fait l'écho)  que le sortant ne s'est pas démené en faveur de la "candidate officielle". Aurait-il soutenu discrètement quelqu'un d'autre ? Enfin, il faut signaler l'absence à la réunion des maires de Lacroix-Barrez et surtout de Mur-de-Barrez, le chef-lieu.

   Il s'avère que, dans le coin, on n'apprécie pas trop la méthode Luche... et des querelles de personnes viennent parasiter le joli scénario conçu par le président du Conseil général. On a donc vu surgir la candidature de Pierre Miquel, conseiller municipal de Brommat ("Une candidature d'importation !" tonnent certains) et celle de Joseph Chayrigues... maire de Mur-de-Barrez (depuis 1995), qui vient donc concurrencer sa propre adjointe ! Signalons qu'il avait tenté d'emporter le canton en 1998, mais qu'il n'avait terminé qu'en troisième place, à l'issue du premier tour. Et puis, je me dis, qu'au-delà des questions de personnes, certaines histoires locales pourraient permettre de comprendre des conflits en apparence inexplicables...

   Résultat du premier tour : Daniel Tarrisse est assez largement en tête... et n'affrontera pas la candidate de la "Majorité départementale" au second tour : Marie-Pierre Guimontheil n'arrive qu'en troisième position, mais devant "son" maire. On peut penser toutefois que, même sans la candidature Chayrigues, c'est Pierre Miquel qui serait arrivé deuxième. C'est l'adversaire le plus dangereux pour Daniel Tarrisse, parce qu'il est en tête dans quatre des six communes du canton, avec certes peu d'avance sur son rival du second tour. Murols a donné ses suffrages de préférence à Marie-Pierre Guimontheil, dont le suppléant était Roland Cazard, adjoint dans cette commune.  (Le devenir de ces voix est une des clés du scrutin). Thérondels a plébiscité Daniel Tarrisse : il y obtient environ 67 % des suffrages exprimés !

   La vraie question est : pour qui vont voter les électeurs de Joseph Chayrigues ? Celui-ci est arrivé en troisième position dans sa commune, ainsi qu'à Taussac et Lacroix-Barrez. Je vous laisse imaginer les sollicitations dont il a fait l'objet. Il y a répondu par voie de presse, dans le Bulletin d'Espalion du 25 mars :

Bulletin E. 25 03 2011.JPG

   Il ose dire tout haut ce que bon nombre de petits maires n'osent la plupart du temps révéler que tout bas, loin des regards indiscrets : la vie politique locale s'apparente parfois à un marécage nauséabond. Il a le courage de ses opinions et déclare ne pas choisir entre les deux candidats présents au second tour. Voilà qui peut servir les intérêts de Daniel Tarrisse.

   Finalement, cette élection très particulière est symbolique. Pour faire battre Daniel Tarrisse, Jean-Claude Luche, qui a partout clamé (contre l'évidence) que l'enjeu n'était que local, appelle au rassemblement de la droite contre la gauche... et soutient le moins aveyronnais des deux candidats !

 

jeudi, 24 mars 2011

Sans identité

   C'est à la fois un polar et un film d'action, une variation contemporaine de ce que l'on pouvait voir dans les années 1970, avec Jean-Paul Belmondo dans le premier rôle. Ici l'on retrouve Liam Neeson, dans un rôle sur mesure, un peu à l'image de ce qu'il faisait dans Taken, film éminemment contestable sur le fond, mais diablement efficace dans la forme.

   Bon, là, vu qu'on ne comprend pas pourquoi sa femme refuse de reconnaître le héros après son accident, on se triture les méninges. Y a-t-il complot ? Qui manipule qui ? Le héros est-il fou ? Ce que l'on voit à l'écran est-il la réalité ? J'ai mis environ une heure à comprendre le retournement. Y a un bon scénario, faut dire.

   Côté acteurs, c'est du lourd. Liam Neeson, bien que pas très bien doublé, est efficace. Diane Kruger est enivrante, même si on a un peu de mal à l'imaginer en immigrée bosniaque. On lui a taillé un joli rôle : cette fausse faible femme se révèle très débrouillarde ! A noter, dans un second rôle excellent, la présence de Bruno Ganz, inoubliable interprète d'Hitler dans La Chute.

   Evidemment, on nous sert son lot de scènes d'action. L'accident de la route est spectaculaire (avec une brillante intervention de ma Bosniaque préférée). La séquence de bagarre autour de l'appartement est bigrement bien maîtrisée, tout comme l'arrivée fort opportune de l'héroïne, en voiture, pour sauver notre amnésique.   

   Il y a bien quelques facilités : on a rallongé inutilement le suspense autour de certains moments-clés, comme lorsque le héros met trois plombes à récupérer une malheureuse paire de ciseaux ou quand on se demande si l'héroïne va arriver deux secondes trop tôt ou deux secondes trop tard pour conclure un entretien fort animé.

   C'est visuellement agréable, parfois inventif. J'ai été particulièrement touché par la scène du réveil du héros, à l'hôpital. Le réalisateur réussit à nous transmettre le malaise qu'il ressent. Cela m'a rappelé un moment pas très agréable quand, après une opération pour laquelle j'avais subi une anesthésie générale, j'avais repris conscience dans une salle de réveil, complètement désorienté... et surtout attaché au chariot !

   Bref, en soirée, après un bon repas, cela remplit son office... et on fait un gros pipi à la fin !

23:04 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema, cinéma

mercredi, 23 mars 2011

La tactique de Bernard Saules sur Rodez-Est

   A l'issue du premier tour des élections cantonales, Bernard Saules, candidat de la "Majorité départementale", se retrouve face au sortant,  le socialiste Stéphane Bultel. Très vite, un nouveau tract a été mis au point. Je l'ai trouvé aujourd'hui dans ma boîte aux lettres. En voici le recto :

politique,cantonales

   La photographie a été prise en vieille ville (s'il ne s'agit pas d'un montage), pas très loin du siège du Conseil général. O surprise ! Le personnage mis au premier plan n'est ni le candidat Saules, ni sa remplaçante Evelyne Frayssinet, mais Jean-Claude Luche ! En gros, on dit aux électeurs du canton : "Voter Saules, c'est voter Luche". Ce n'est pas faux, sur le fond, mais cela renforce l'idée que les conseillers généraux de la majorité sont comme les vassaux du grand seigneur qu'est le président du Conseil général. (A lire la presse locale de ces derniers jours, on sent que, ragaillardi par le petit succès du premier tour, J.-C. Luche a un peu laissé tomber la panoplie du Modeste de service pour retrouver le ton conquérant -et parfois arrogant- qu'on lui connaît.)

   Notez l'attitude cool, décontractée de la fine équipe, en particulier de Bernard Saules, qui ne porte pas de cravate et semble se balancer, les mains dans les poches. C'est qu'il faut séduire l'électorat centriste et les jeunes urbains qui ont voté écolo au premier tour ! Cela justifie bien une petite entorse au code vestimentaire... que J.-C. Luche ne s'autorise pas. (C'est tout de même lui le patron, bordel de merde !)

   Le verso du tract est composé uniquement de texte :

politique,cantonales

   La première affirmation s'en prend à Stéphane Bultel. Elle mérite commentaire et "ajustements". Tout d'abord, je pense qu'il est faux d'affirmer qu'aucun des projets n'a été porté par le sortant. Pour en être certain, il faudrait établir la liste de tout ce qui s'est fait entre 2004 et 2011 sur Rodez-Est. On pourrait avoir quelques surprises... d'autant plus qu'une partie des activités, des projets, a été soutenue par le Conseil municipal de Rodez, dont Stéphane Bultel est membre depuis 2008. Il faudrait aussi savoir quel a été le vote du conseiller Bultel quand des projets concernant son canton ont été proposés à l'Assemblée départementale. On peut ne pas avoir été l'instigateur (surtout quand on se trouve dans l'opposition) mais soutenir les mesures proposées par l'autre camp, si on les juge intelligentes.

   La deuxième affirmation du tract est une attaque contre les Conseils généraux dirigés par des majorités de gauche. Les chiffres sont censés montrer que la gestion de la majorité "luchienne" serait plus prudente voire plus efficace que celles des socialistes voisins. C'est à voir. Pour confirmer cette impression, il faudrait comparer l'évolution de la dette de ces départements entre 2008 et 2011. On verrait alors si, de ce point de vue, l'actuelle majorité a été si "vertueuse" que cela au regard de ce qui s'est fait ailleurs.

   Les trois affirmations suivantes visent l'électorat écologiste. C'est une "cible" importante, parce que c'est lui qui détient les clés du scrutin. Ces trois affirmations concernent toutes des énergies renouvelables. Elles sous-entendent que si l'Aveyron est aussi bien placé dans ce domaine, il le doit à l'actuelle majorité départementale.

   Là encore il convient de nuancer. Si l'Aveyron est si bien doté en barrages hydroélectriques, il le doit aux investissements publics réalisés (sauf exception) après la Seconde guerre mondiale, sous l'impulsion de différents gouvernements et une entreprise alors publique : EDF-GDF. Il faudrait ajouter que cette situation est fragilisée par le renouvellement des concessions, suivant une procédure dont les gouvernements UMP sont responsables. Cela suscite d'ailleurs de légitimes inquiétudes dans le Nord Aveyron.

   Enfin, ce soutien aux énergies renouvelables est entaché de maladresse : la promotion de l'éolien est fortement contestée dans le camp écologiste. Ou comment se tirer une balle dans le pied en voulant trop bien faire... Trop d'écologisme tue l'écologisme ! Signalons néanmoins que, comme le document de campagne de Bernard Saules, ce tract a été imprimé suivant des techniques respectueuses de l'environnement. (L'imprimeur HERAIL bénéficie du label IMPRIM'VERT.)

   Le tract continue avec les promesses du candidat Saules. Il s'engage à maintenir le contact avec les électeurs. La formule, vague, très répandue dans cette campagne, ne mange pas de pain. Mouais... Faudrait pour cela qu'il donne déjà l'exemple et, comme je l'ai écrit au début du mois, sa récente escapade à Paris (et son absence consécutive lors d'une séance du Conseil municipal de Rodez, où il fait figure de chef de l'opposition) ne laisse rien présager de bon. Nous savons tous que l'objectif de M. Saules n'est pas le Conseil général de l'Aveyron mais la mairie de Rodez, en 2014.

   Il s'engage aussi à travailler avec les autres élus (locaux)... donc avec les socialistes du Piton ? Hem... Enfin, il soutient la maîtrise des dépenses publiques. On pourrait penser que c'est une allusion à la politique nationale (celle du gouvernement Fillon-Sarkozy, sur laquelle il y aurait des pelletées de choses à dire... on verra ça plus tard). En fait, il faut comprendre : il n'y aura pas d'augmentation des impôts locaux. La bonne blague ! Si telle est l'intention de la majorité de droite, pourquoi une ébauche du budget de 2011 n'a-t-elle pas été présentée en ce sens ? Guy Durand avait mis le doigt dessus lors du débat qui l'avait opposé à Jean-Claude Luche. Quand on écoutait attentivement les propos de celui-ci, on sentait bien qu'il y avait dans l'air une "correction fiscale" qu'on se gardait bien d'évoquer franchement.

   On nous garde cela pour plus tard !

   Le tract se termine par le rappel que le vote a lieu à la mairie de Rodez. Mesdames et messieurs les abstentionnistes, viendez, viendez !

lundi, 21 mars 2011

Bilan du premier tour des cantonales dans l'Aveyron

   Sur 22 cantons renouvelables, 13 ont déjà désigné leur élu. Sur ces treize personnes, onze sont des sortants : trois pour la gauche, huit pour la droite.

   Commençons par les élus de gauche. Les trois personnes ont facilement gagné. A Naucelle, Jean-Paul Mazars l'emporte largement sur son homonyme, avec plus de 62 % des suffrages exprimés : les électeurs ont préféré le sortant du cru à la greffe de l'ancien avocat tarno-toulousain, contributeur occasionnel au Nouvel Hebdo. Sa réaction, telle qu'elle a été publiée dans Centre Presse, est surprenante : il parle de faire la fête (après une jolie veste !... l'alcool aide à oublier les malheurs) et déclare surtout se préparer aux municipales de Naucelle, le chef-lieu dont la maire a soutenu son adversaire.

   A gauche toujours, mais à Marcillac-Vallon, Anne Gaben-Toutant a fait mentir ceux qui la voyaient en difficulté : elle l'emporte avec plus de 61 % des suffrages exprimés, de surcroît contre l'un des trois candidats estampillés UMP. La participation avoisinant 55 %, on peut penser qu'une partie de l'électorat de droite ne s'est pas mobilisée.

   Enfin, à Najac, Bernard Vidal a lui aussi fait mentir les pronostics qui lui prédisaient certes une réélection, mais difficile : il atteint presque 60 % des suffrages exprimés. Comme pour Jean-Paul Mazars, l'implantation et le dévouement du candidat semblent avoir fortement joué, lui permettant de battre facilement un notable de la profession agricole : le Monsieur "Veau d'Aveyron et du Ségala".

   Mais c'est à droite que l'on note le plus grand nombre de réélections de sortants : huit. Toutes n'ont pas été confortables, bien qu'étant intervenues au premier tour. On peut distinguer trois catégories : les maréchaux, les comtes et les petits marquis.

   Les maréchaux ont bénéficié d'une réélection triomphale. En tête se détache Jean-Claude Anglars (parfois surnommé "mini-Luche"), qui obtient plus de 83 % des suffrages exprimés sur le canton d'Estaing. Sans vouloir être condescendant, on peut dire qu'en face, il n'avait pas un candidat très "lourd" : il n'habite même pas sur le canton ! C'était laisser la partie belle à l'un des élus locaux les mieux implantés du département.

   Pas très loin derrière, on trouve René Lavastrou, qui obtient plus de 79 % des suffrages exprimés sur le canton de Saint-Amans-des-Côts. Pour la gauche, ce fut même motif, même punition. Face à un élu enraciné dans le territoire, présenter un candidat non résident (quels que soient ses mérites) est politiquement suicidaire.

   Vient ensuite Arnaud Viala, qui obtient les deux tiers des suffrages exprimés sur le canton de Vezins-de-Lévézou. On le sentait venir : la gauche ne lui a mis dans les pattes qu'un candidat venu de Millau ! Son seul rival fut un sans-étiquette, naguère proche de lui. Et boum ! Troisième leçon électorale !

   La large victoire d'André At (environ 63 % des suffrages exprimés), sur le canton de La-Salvetat-Peyralès, s'explique par d'autres facteurs. Si la réélection du vice-président du Conseil général n'est pas une surprise, l'ampleur du résultat étonne un peu... d'autant que la campagne du sortant a été très discrète, au point que la gauche a espéré pouvoir créer la sensation dans ce canton. L'afflux de personnalités clairement marquées à gauche a pu effrayer une partie de l'électorat modéré qui aurait pu se porter sur la candidature de Catherine Ichard. Certains de ses partisans ont peut-être aussi eu la langue un peu trop pendue. Et puis, il y a ce qui se passe en dehors des réunions électorales. La candidate de gauche semble avoir compris d'où venaient les flèches tirées contre elle. Dans La Dépêche du Midi du 21 mars, elle remercie ironiquement un certain Jean Bousquié. Mais kikicé donc ? Irais-je trop loin en affirmant que c'est en quelque sorte le "papet" du canton ? Il en fut conseiller général pendant... 49 ans (de 1949 à 1998) ! Il a apporté (discrètement) son soutien à André At. Celui-ci a beau fanfaronner, dans Centre Presse (il déclare "J'ai prouvé que je pouvais gagner tout seul"), il oublie le soutien (certes tardif) de Jean-Claude Luche mais surtout l'appui du retraité de la politique pas tout à fait rangé des voitures. Il se dit des choses du côté de La Salvetat... que, durant les derniers jours de campagne, certains habitants auraient reçu de la visite, qu'on les aurait incités à ne pas voter pour la gauche (Les rouges au pouvoir en Aveyron ! Nom dé Diou !), pour une femme sans expérience...

   D'autres sortants de la "Majorité départementale" sont les comtes : ils l'ont emporté nettement, mais n'ont pas écrasé leurs adversaires. Il s'agit de Gisèle Rigal, à Montbazens (environ 54 % des suffrages exprimés) et d'Alain Pichon à Pont-de-Salars (à peine plus de 50 %). Concernant ce dernier, je pense que la presse a exagéré la menace qui pesait sur lui, en cas de second tour : ses adversaires flavinois me paraissaient trop divisés.

   Restent les "petits marquis" : s'ils ont été réélus dès le premier tour, on peut penser qu'un second aurait pu leur être fatal. A mon avis, c'est dans ces deux cantons que la gauche a perdu l'occasion de ravir la majorité des sièges.

   A Campagnac, on a failli assister à une grosse surprise. Le sortant Pierre-Marie Blanquet n'a été reconduit qu'avec 51,83 % des suffrages exprimés (contre plus de 78 % en 2004 !). Sans vouloir me faire mousser, je me permets de rappeler que dans un billet du 8 mars, j'avais senti que l'élection risquait d'être plus serrée que prévu. La gauche peut s'en mordre les doigts : elle n'a pas présenté de candidature unique et Sébastien Cros n'a pas bénéficié d'une intense mobilisation de la part de son camp.

   Ce fut encore plus disputé à Belmont-sur-Rance. Et pourtant... La sortante, Monique Aliès, appartient à une famille très respectée dans la région. On lui prédisait une réélection dans un fauteuil... Centre Presse lui donnant même un petit coup de main rédactionnel... Mais figurez-vous que dans le propre fief de la sortante, son adversaire de gauche est arrivé en tête ! L'opposition départementale a visiblement raté le coche, ne proposant même pas une candidature unique.

   Les deux derniers élus du premier tour (de droite) ont conquis leur premier mandat départemental. A Laissac, Jean-Paul Peyrac (bien introduit dans le monde agricole) l'emporte avec un peu plus de 50 % des suffrages exprimés. A Saint-Sernin-sur-Rance, la maire du chef-lieu rapporte à la droite un canton qu'un divers gauche lui avait ravi par surprise en 2004.

   Neuf cantons sont donc encore à pourvoir. Les ballottages ménagent plus ou moins d'incertitude. Cette fois-ci, je vais commencer par la droite. Elle est bien placée pour l'emporter dans deux voire trois cantons.

   A Laguiole, le maire de la commune éponyme va sans doute succéder à Guy Dumas. A Entraygues-sur-Truyère, Jean-François Albespy devrait s'en sortir, dans des conditions qui varient en fonction de la physionomie du second tour. S'il se retrouve seul face à Guillhem Serieys, nul doute que la réélection est assurée, et qu'elle s'annonce triomphale. S'il est confronté à une triangulaire, ce sera plus difficile, voire risqué. En effet, l'ancien conseiller général (et rival de J-F Albespy) Pierre Laurens obtient un pourcentage des voix sensiblement égal à celui de 2004 (même s'il perd une centaine de voix), tout comme son adversaire de centre-droit d'ailleurs. S'il se maintient, il pourrait (en cas d'excellents reports de voix à gauche et d'une mobilisation parfaite de cet électorat), mettre en danger la réélection du sortant. Cela me paraît toutefois peu probable... et j'imagine bien quelles pressions sont en train de s'exercer sur Pierre Laurens. On remarque d'ailleurs que la presse n'a pas publié sa réaction aux résultats de dimanche, tandis que Jean-François Albespy (dans Centre Presse) y va au culot et parie sur un désistement de sa part. Soulignons la bonne performance du candidat du Front de Gauche, qu'on n'attendait pas à pareille fête.

   Enfin, la presse fait semblant de s'inquiéter pour le sort de Jean-Michel Lalle à Bozouls. Sa non-réélection dès le premier tour est une surprise, d'autant plus qu'aucun adversaire de droite ne venait gêner sa candidature. Il est victime de la faible participation, inférieure à 58 %. Du coup, à gauche, on se prend à rêver, on additionne des carottes et des choux-fleurs, imaginant d'improbables parfaits reports de voix de tous les candidats d'opposition. Mouais... Les déclarations des battus du premier tour ne laissent pas présager un fort engagement en faveur du candidat de gauche le mieux placé. Je pense qu'une meilleure mobilisation de l'électorat de droite suffirait à calmer tout le monde, mais l'incertitude demeure.

   La "Majorité départementale" risque toutefois de perdre deux cantons. A Nant, même si le candidat de droite arrive en tête, les reports de voix devraient permettre au socialiste de l'emporter. (Les écolos sont de gauche dans le coin.) La (demi)surprise vient de Mur-de-Barrez, où un candidat de gauche bien implanté, Daniel Tarrisse, est bien parti pour réaliser le coup du siècle dans ce bastion de la droite aveyronnaise. Celle-ci parviendra-t-elle à rétablir la situation ? (Je m'arrête là, parce que je compte reparler de ce canton d'ici vendredi.)

   A gauche, on semble assuré de conserver les cantons de Saint-Affrique et de Millau-Ouest, malgré les divisions. La situation est plus confuse dans deux autres cantons urbains, ceux de Rodez-Est et de Villefranche-de-Rouergue.

   A Rodez-Est, le candidat de droite Bernard Saules est dans la situation de Jean-François Galliard, à Nant : il est arrivé en tête mais dispose, en théorie, de moins de réserves de voix que son adversaire socialiste. Notons que le sortant, Stéphane Bultel, réalise le même score qu'en 2004. Ajoutons que lors du précédent scrutin, deux candidats UMP s'affrontaient. A eux deux, ils totalisaient 45 % des suffrages exprimés. On peut donc affirmer que si Stéphane Bultel ne bénéficie pas de la prime au sortant, il n'est pas victime d'un vote sanction et que Bernard Saules, malgré une campagne tous azimuts, ne fait pas le plein des voix à droite. Il reste que, sur ce canton-là, le vote écologiste n'est pas forcément de gauche. De là à penser que les orphelins d'Emily Teyssèdre-Jullian vont apporter leurs suffrages à l'ancien arbitre fan de Téléfoot, il y a un pas... qui peut être un fossé ! Quant aux électeurs de Gérard Galtier, ils peuvent être tentés par l'abstention, le vote nul... ou le vote Saules (par rejet de Bultel).

   J'ai gardé pour la fin la cerise sur la gâteau, le canton de Villefranche-de-Rouergue. Les crêpages de chignon de la gauche ont abouti à ce qui peut passer pour un succès de Serge Roques, candidat UMP, largement en tête à l'issue du premier tour. Le sortant Claude Penel a fait la campagne de trop. Il est logiquement éliminé au profit de celui qui aurait dû, dès le départ, incarner la gauche (modérée) unie. Les reports de voix suffiront-ils à garder le canton à gauche ? Un basculement serait révélateur de l'un des facteurs de l'échec des socialistes dans la conquête du département : la division de leur camp, comme l'avait pertinemment souligné Jean-Claude Luche lors du débat qui l'avait opposé à Guy Durand.