dimanche, 27 novembre 2011
Jeanne captive
On va dire : encore un film sur Jeanne d'Arc ! Cette fois-ci, en dépit du peu d'informations dont on dispose sur l'épopée johannique, le réalisateur, Philippe Ramos, a choisi de concentrer son attention sur trois moments seulement : le début de la captivité de Jeanne, alors aux mains des hommes de Jean de Luxembourg, le passage aux mains des Anglais, avant le procès, puis la dernière période, de l'après-procès au bûcher.
La première période est fondée sur un postulat sans doute faux : une supposée tentative de suicide de Jeanne, prise pour une nouvelle tentative d'évasion. Cette hypothèse était (et reste) la plus vraisemblable : la Pucelle avait déjà essayé de s'enfuir de son premier lieu de détention, le château de Beaulieu. Dans le film, elle se trouve, sauf erreur de ma part, dans le second lieu de détention, le château de Beaurevoir, dont il ne reste plus qu'une tour (Jeanne fut enfermée dans le donjon, aujourd'hui disparu). D'ailleurs, dans l'évocation de la tentative se suicide/évasion, le réalisateur se garde de faire figurer un élément : une corde bricolée à partir de draps et tapisseries, qui aurait cédé au cours de la tentative.
Cette réserve faite, force est de constater que le film "fonctionne" très bien. Il est centré sur l'attitude de Jeanne, souvent incompréhensible à ses geôliers ainsi qu'aux autres visiteurs... et peut-être aux spectateurs contemporains. P. Ramos nous trace le portrait d'une croyante fervente, et même d'une sainte.
Le choix de l'actrice était donc crucial. Ce fut un bon choix. Clémence Poésy (la Fleur Delacour de Harry Potter, aussi remarquée dans Bons Baisers de Bruges) nous fait totalement croire à la foi qui anime cette jeune femme et, cerise sur le gâteau, elle est absolument ravissante (les vicelards esthètes raffinés peuvent même profiter de certaines séquences pour se rincer l’œil) .
Dans la première partie, c'est sa relation avec le guérisseur (Thierry Frémont, excellent) qui est mise en scène... sous la forme d'un drôle de dialogue, puisqu'elle ne lui adresse (presque) jamais la parole. C'est un joli tour de force au niveau de la réalisation... portée par de brillants interprètes, jusque dans les seconds rôles.
La deuxième partie voit intervenir les Anglais, plus ou moins respectueux de la demoiselle. La confrontation est plus dure, mais la jeune femme sort renforcée de sa précédente détention. Elle a décidé de parler désormais. On ne comprend toutefois pas bien comment elle a été amenée à se renier, avant de vite récupérer ses esprits. Par contre, on saisit parfaitement la volonté des Anglais de brûler la "sorcière" ou la "putain". Le réalisateur n'est cependant pas allé jusqu'à mettre en scène des tentatives de viol. Il se contente d'une version édulcorée du processus qui conduit Jeanne à être relapse, mais il la tourne bien.
J'ai aussi aimé la manière dont est montré le doute que la Pucelle réussit à instiller dans l'esprit de nombre de ses adversaires. Il y a aussi la peur que la présumée sorcière inspire aux esprits faibles, qui la croient capable de moult maléfices.
Reste la mise à mort, qui est l'occasion de découvrir l'entourage, la population. Le réalisateur met à l'image quelques habitants de Rouen, mais surtout les Anglais dans leur diversité, auxquels il oppose deux religieux : un moine (Jean-François Stévenin, correct) et un prédicateur illuminé (Mathieu Amalric, supportable). La toute fin m'a moyennement plu, avec ce jeune couple (qu'on a découvert peu auparavant) qui s'ébat. On a visiblement voulu contrebalancer la mort de la sainte par la naissance d'un amour. Mouais...
P.S.
Le réalisateur et l'actrice principale ont participé, en compagnie d'un historien, à l'émission Les femmes, toute une histoire, le 13 novembre, sur France Inter.
14:00 Publié dans Cinéma, Histoire, Jeanne d'Arc | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéùa, cinema, film, histoire
vendredi, 25 novembre 2011
Retour sur le numéro de "L'Express"
Ce matin, un auditeur attentif de la radio locale Totem a pu entendre deux énormes bévues durant la séquence "Revue de presse".
C'est tout d'abord le présentateur qui s'est (volontairement ?) trompé en affirmant que le numéro spécial était sorti aujourd'hui vendredi, alors qu'il est en vente partout depuis mercredi, ce qui m'a permis d'en parler le jour-même. C'est peut-être une manière maladroite de camoufler son manque de réactivité...
Par la suite, c'est le journaliste représentant L'Express, Michel Feltin, qui s'est emmêlé les pinceaux à propos de la date du basculement à gauche de la majorité municipale. A trois reprises, il a parlé de l'année 1988 (au lieu de 2008), ce que son interlocuteur aveyronnais a fini par rectifier à la fin de l'entretien téléphonique.
Cette séquence nous en a appris plus sur la politique éditoriale de l'hebdomadaire national, qui a procédé à d'autres "décrochages régionaux" dans ce même numéro :
Pour les Aveyronnais curieux (ou sceptiques), j'ajoute la véritable "une" nationale :
En guise de dessert, je propose une couverture un peu plus ancienne (elle date de juin dernier) :
Comme quoi, le choix des titres est une affaire délicate, qui nécessite des heures et des heures de réflexion...
12:21 Publié dans Politique aveyronnaise, Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, presse, médias, actualité
jeudi, 24 novembre 2011
Un député écolo dans l'Aveyron en 2012 ?
C'est l'une des interrogations du moment dans le département. Déjà, le mois, dernier, la publication d'une étude prospective des législatives de 2012 avait provoqué des remous. Rappelons que cette étude prévoit, outre la reconduction d'Yves Censi et de Marie-Lou Marcel, le possible basculement à gauche de la troisième circonscription, celle de Millau.
Le sortant, l'UMP Alain Marc, pouvait donc nourrir de légitimes inquiétudes. Mais tout cela, c'est sur le papier. Il reste à la gauche le plus difficile à faire : conquérir la majorité auprès des électeurs et, pour cela, présenter le(la) candidat(e) susceptible de rassembler le plus.
On en était resté là lorsque fut signé un accord entre le Parti socialiste et EELV (Europe Ecologie Les Verts)... et, ô surprise, à la lecture d'un article du Monde, on découvrait que l'une des circonscriptions réservées par le PS à son encombrant allié était celle de Millau :
Un paquet de gens ont aussitôt pensé à un célèbre moustachu... mais José Bové a très vite déclaré qu'il ne serait pas candidat. A mon avis, il a bien fait. Il est certes très connu, il a le talent pour mener une campagne de cette envergure, mais il est trop clivant, pas assez rassembleur. Certains ont pensé à un "historique" de l'écologie aveyronnaise : Yves Frémion... qui a connu une belle série de gamelles électorales (la dernière aux cantonales 2008).
Alors qui ? Léon Maillé, qui ne s'est pas si mal débrouillé que cela lors des cantonales 2011, à Millau-Ouest ? Mouais... Une autre personne ? Qui peut être l'oiseau rare ?
Du coup, dans le Sud, certaines méchantes langues insinuent que le PS a déjà fait une croix sur cette circonscription, dont il estime qu'elle restera à droite.
21:21 Publié dans Politique aveyronnaise, Presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : politique, 2012, presse, médias
mercredi, 23 novembre 2011
Rodez dans "L'Express"
Ce mercredi, des Aveyronnais ont pu penser que la politique du chef-lieu suscitait l'intérêt de la France entière. Evidemment, il n'en est rien et, si la cité des Ruthènes fait la "une" de L'Express, c'est uniquement dans notre département (et peut-être les limitrophes, allez savoir).
Les "news magazines" sont coutumiers de ces couvertures locales, conçues pour faire vendre davantage de papier. A l'intérieur de l'hebdomadaire a été placé un petit cahier détachable de 8 pages, dont la première ressemble à ceci :
On commence par une double page titrée Un programme pas si commun, qui présente la situation politique générale sur le Piton, rappel de la conquête teyssèdrienne à la clé. Les pages suivantes analysent la mise en application des promesses du candidat Teyssèdre. Puisqu'on est dans la paraphrase historique, on peut se laisser à dire que, pour l'hebdomadaire centriste, le bilan est "globalement positif".
Vient en premier la fiscalité, un point-clé pour l'équipe en place (après les années Censi qui avaient vu une croissance importante de la ponction fiscale locale). Le maire ne cache pas sa satisfaction et il rappelle l'évaluation louangeuse publiée cette année par le magazine Challenges.
En terme de transport, les résultats sont aussi là, même si j'attends avec impatience de voir quels projets vont émerger au niveau de l'agglomération suite à l'adhésion de nouvelles communes, au premier rang desquelles Baraqueville. Il m'apparaît comme une évidence que la mise en place de dessertes cadencées Baraqueville - La Primaube - Rodez (par bus... mais pourquoi pas par train ?) serait un bon moyen de désengorger cet axe routier où circuler est devenu problématique à certains moments de la journée.
L'élargissement de l'agglomération fait l'objet de remarques plus critiques. Et pourtant... C'est peut-être le début de la construction d'un territoire cohérent, qui pourrait regrouper entre 15 et 20 communes, et faire du Ruthénois un pôle d'attraction régionale.
Le gros point noir reste le grand contournement de Rodez, dont la réalisation semble renvoyée aux calendes grecques. Sur ce sujet, je continue à penser que l'on n'a pas assez pointé les responsabilités de l'Etat et du Conseil général de l'Aveyron. L'accord tacite entre les services de la préfecture et la Majorité départementale pour enterrer le projet est à mon avis une connerie monumentale.
La dernière page du mini-dossier est consacrée spécifiquement à l'opposition de droite, désunie... et pas franchement motivée. C'est un sujet de conversation sur le Piton, où les méchantes langues glosent sur l'absentéisme des élus des trois listes vaincues en 2008. Voyons ce qu'il en est.
Grâce au site de la mairie de Rodez, on peut accéder aux comptes-rendus des séances du Conseil municipal depuis mars 2008 (l'An 1 de la Nouvelle Ere de Gauche Pitonnesque). Au début de chaque fichier figure la liste des présents et absents, excusés ou non. On peut donc se livrer à un petit calcul sur les 28 séances qui se sont tenues entre le 14 mars 2008 et le 21 octobre 2011.
La palme de la non -présence revient à deux personnes, Hélène Boulet (seconde élue de la liste menée par Frédéric Soulié) et Jean-Philippe Murat (ex-numéro 3 sur la liste conduite par Jean-Louis Chauzy), qui n'ont assisté qu'à 5 des 28 séances ! Le second a peut-être souvent été retenu par des obligations professionnelles (et les difficultés de l'entreprise Drimmer). La première n'a pas été vue au Conseil depuis le 3 novembre 2008 !
Derrière ces deux champions arrive l'une des têtes de liste de 2008, Frédéric Soulié, plutôt pugnace au début du mandat de Christian Teyssèdre, mais qui s'est progressivement effacé. Il n'a assisté qu'à 16 des 28 séances, dont 5 des 14 dernières.
Lui succède un duo au profil similaire : Jean-Louis Chauzy et Bernard Saules, qui n'ont assisté qu'à 18 des 28 séances. Tous deux ont été plus assidus au début de la nouvelle mandature (J-L Chauzy n'a même manqué aucune des 9 premières séances), puis ont laissé leurs autres activités prendre le dessus. Si le président du CESER fait régulièrement parler de lui dans la presse et paraît toujours se soucier de l'avenir de Rodez, Bernard Saules semble la jouer plus perso. Il n'a de plus assisté qu'à 3 des 9 dernières séances dont le compte-rendu a été publié à la date où j'écris ces lignes. Il est vrai qu'entre le football, le Crédit agricole, le Conseil général et le Conseil municipal de Rodez, le bonhomme a largement de quoi s'occuper...
Juste derrière se positionne Maïté Laur, ex-numéro 2 sur la liste Chauzy, qui a "séché" 9 des 28 séances.
Il reste la bonne élève du groupe, Régine Taussat, qui n'a manqué que 5 des 28 séances. Que l'on partage ou pas ses opinions, on ne peut que la féliciter pour l'authenticité de son engagement politique. Qu'il me soit aussi permis de rappeler que, des "grands" candidats, elle fut la seule à émettre publiquement de fortes réserves sur le projet Soulages, s'engageant à consulter la population.
P.S.
Les curieux pourront s'amuser à consulter d'anciens articles consacrés à Rodez, non pas par L'Express, mais par Le Point, en septembre 2008. Trois méritent particulièrement le détour :
- La ville au banc d'essai, qui traite de la transformation du centre-ville, des écoles, du logement social, de la RN 88 et du sport
- Christian Teyssèdre se lâche, un portrait plutôt flatteur du premier magistrat municipal
- Musée Soulages : la polémique, un papier pas suffisamment critique à mon goût
19:35 Publié dans Politique aveyronnaise, Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, presse, médias, actualité








