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mardi, 28 avril 2026

PFAS mon amour

   Cette semaine, l'excellente émission Cultures Monde (diffusée du lundi au vendredi, de 11h à 12h, sur France Culture) met en lumière les « substances toxiques ». Hier, ce sont les engrais au cadmium qui ont ouvert le bal. Aujourd'hui, il a été question des « polluants éternels », les désormais célèbres PFAS (prononcer "Pi-fasse"). Rappelons que le public cinéphile a découvert l'ampleur du problème il y a quelques années, grâce au film Dark Waters.

   L'émission était fort intéressante, mais c'est une illustration musicale qui a le plus retenu mon attention. En quête sans doute d'un titre qui soit en harmonie avec le thème de l'émission, ses concepteurs ont déniché une chanson parodique, un remix du Toxic de Britney Spears : C'est nous les PFAS (par le groupe Planète Boum Boum).

   Si vous avez bien lu ce qui précède, vous vous comprenez que les interprètes féminines de cette œuvre musicale de haute tenue se qualifient de "pifasses", un terme susceptible de rimer avec quantité de substantifs et d'adjectifs. Au-delà d'une certaine facilité, je trouve le texte de la chanson plutôt bien écrit... et il y a du sens.

   Demain, l'émission de France Cul' abordera le cas des pesticides en Inde, une thématique qui ne manquera pas de susciter l'hilarité.

dimanche, 26 avril 2026

Barnaby, saison 25

   Ce dimanche soir, France 3 commence la diffusion d'une nouvelle saison des enquêtes du plus débonnaire des policiers britanniques, à savoir John Barnaby. (ITV a déjà fait savoir qu'une saison 26 suivrait.)

   En attendant, on peut déjà savourer les quatre épisodes inédits sur le site de France Télévisions.

   Ce soir nous est proposé le premier, intitulé « La rivière des disparus ». De manière assez traditionnelle, un meurtre actuel fait ressurgir une histoire plus ancienne, qui s'est déroulée presque au même endroit. Les fils de l'intrigue sont complexes à démêler... et certains éléments sont à la limite du vraisemblable. Mais les acteurs sont bons et tout ce qui entoure cette histoire est savoureux. Il est notamment question d'écumeurs de rivières, groupes d'explorateurs locaux qui sont soit des archéologues amateurs, soit des chasseurs de trésor (et podcasteurs). J'ajoute qu'un phénomène naturel, celui des trous d'eau, joue un rôle non négligeable dans l'enquête. C'est toutefois, pour moi, le moins bon des quatre épisodes.

   Le deuxième sera diffusé dimanche prochain. Ironiquement titré "Gazon maudit" dans la version française, il a pour cadre un club local de bowling sur herbe, un jeu pris très au sérieux par certains habitants du cru. Sans surprise, fierté mal placée, amour et argent sont au cœur de l'intrigue. C'est filmé avec élégance et malice, les dialogues étant nourris de jeux de mots et de sous-entendus.

   Il faudra attendre le 10 mai pour voir "La mort sonne trois fois", qui se déroule aux abords d'un manoir, à l'occasion d'une fête de village. Les personnages de cet épisode sont souvent hauts en couleurs. Un "coucou" (l'horloge, pas l'animal) va jouer un rôle déterminant. Ici encore, une mort ancienne va percuter des crimes contemporains. Même s'il y a un petit air de "déjà-vu", j'ai beaucoup aimé.

   La saison se conclura avec "Meurtre en direct", qui a pour cadre une "grammar school", un établissement d'enseignement secondaire élitiste. Une réunion en visio-conférence, où l'ont perçoit pas mal de tensions, dérape de manière tragique. Pour coincer la personne coupable, les policiers devront débusquer les secrets de chacun... et (notamment) s'intéresser au tricot. Cerise sur le gâteau : durant cet épisode, on apprend pour quelle raison le jeune John Barnaby fut jadis temporairement exclu de son collège...

   J'aime cette série parce qu'elle associe des intrigues bien conçues, une ambiance empathique qui ne sombre pas dans la niaiserie et un humour bon enfant, parfois caustique. Le héros est un très bon enquêteur, un policier qui a du flair comme on dit, mais c'est aussi un époux et un père de famille attentionnés, pas toujours à l'aise pour gérer les petits problèmes du quotidien (sans toutefois sombrer dans l'alcool, la drogue ou la fréquentation assidue des prostituées). Neil Dudgeon incarne avec conviction (et un poil d'autodérision) cet ancien jeune qui s'est un peu encroûté.

dimanche, 19 avril 2026

Mauvaise Pioche

   Gérard Jugnot s'inspire d'un aspect de l'Affaire Dupont de Ligonnès pour nous servir une (gentille) satire sociale, dans laquelle il pointe divers travers contemporains..

   Les principaux éléments de l'intrigue sont à la fois légèrement déformés (sans doute pour éviter des poursuites judiciaires) et suffisamment clairs pour que l'on comprenne de quoi il s'agit. Dupont de Ligonnès devient Durand de Solilès, Nantes devient Brest, deux Labradors deviennent un Golden Retriever... Enfin, l'arrestation abusive en Écosse est déplacée en Italie, où le pauvre Serge Martin (décalque de Guy Joao) participait à la reconstitution d'une victoire napoléonienne (au lieu de rejoindre son épouse écossaise).

   La première partie montre l'emballement médiatique, le manque de déontologie de certains policiers et certains journalistes. Jugnot évite de pointer Le Parisien (pourtant à la source de l'emballement), réservant ses principales flèches aux chaînes d'information, elles aussi à peine déguisées : DFM pour BFM, LVI pour LCI et surtout WeNews pour CNews, Reem Kherici incarnant avec une évidente gourmandise l'ambitieuse présentatrice Léa Paoli, sorte de mélange entre Christine Kelly et Léa Salamé.

   La deuxième partie décrit le calvaire du héros, mis hors de cause par un test ADN, mais dont les ennuis ne font que commencer. C'est l'occasion pour le réalisateur de dénoncer aussi le comportement irresponsable des drogués du smartphone et la mentalité poisseuse de certains concitoyens de Serge Martin, qui ne savaient rien mais n'ont pas hésité à le dénigrer dans les médias.

   Une impressionnante brochette de vedettes est venue faire de la figuration. La liste serait trop longue à donner ici, mais, globalement, je trouve qu'ils cachetonnent bien.

   La troisième partie bifurque vers autre chose. Au départ, il m'a semblé que cela prenait un tour plus noir. (N'oublions pas que, dans la vraie vie, la victime de l'arrestation abusive n'a jamais reçu d'excuses ni de compensation et qu'elle est morte prématurément, à 71 ans, en 2021.) Et puis, tout à coup, on comprend que quelque chose se prépare... quelque chose de savoureux. C'est un peu irréaliste (et téléphoné), mais cela permet de conclure l'histoire de manière sympathique.

dimanche, 12 avril 2026

Le Gorafi... version papier

   C'est l'événement intersidéral du début de ce mois d'avril 2026 : la sortie d'une version papier du célèbre site parodique d'information (dont je crois utile de rappeler que le titre est une anagramme du Figaro).

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   Depuis une quinzaine d'années, quelques plumes anonymes réjouissent les internautes avec leur présentation décalée de l'actualité. Il était grand temps que le public qui ne consulte pas internet et se contente de la lecture de la presse papier puisse accéder à la quintessence de l'humour socio-politique français.

   Encore récemment, le site s'est fait remarquer par son traitement de certains sujets "chauds", comme le conflit au Moyen-Orient, évoquant à ce sujet les terribles représailles des Émirats arabes unis (après les frappes de l'Iran), qui auraient parachuté 3000 influenceurs sur Téhéran. C'est dire à quelles extrémités sont conduits les belligérants. Le Gorafi a aussi révélé (en exclusivité mondiale) que "Donald Trump annonce avoir abattu le successeur du prochain successeur du successeur d'Ali Khanenei".

   Fort heureusement, la version papier est de la même veine. Dès la première page, on est cueilli par une tragique nouvelle : « DISNEYLAND PARIS Dingo euthanasié après avoir mordu un visiteur ». Notons que l'autodérision n'est pas absente du numéro, puisque cette même Une comporte ce piquant entrefilet : « Les lecteurs du Gorafi stupéfaits de découvrir qu'il y avait un article après le titre ».

   Tout (ou presque, l'Ours contenant -obligation légale- quelques informations bien réelles) est délicieusement faux dans les seize pages (vendues 6 euros 99) : les titres, les articles, les publicités, les jeux, les annonces et même l'horoscope... un regret pour moi : l'originalité (par rapport à la presse officielle) aurait plutôt été de publier des prédictions astrologiques authentiques.

   On se régalera toutefois avec l'annonce de la fin de la construction l'échafaudage de la Sagrada Familia, l'invasion des Etats-Unis par le Groenland, l'évacuation des locaux de RMC après une alerte au chroniqueur de gauche...

   Les papiers sociétaux ne manquent pas de piquant non plus. On nous parle de faits insolites, comme cet homme qui ne se remet pas au sport après une rupture, ce chat qui... utilise son arbre à chat, ou encore la peine de prison ferme infligée à ce couple qui avait forcé ses enfants à grandir à Châteauroux... (Mes amitiés aux Castelroussins, nombreux à consulter régulièrement ce site.)

   Du côté des publicités, je signale celle pour Ecocidia, le premier moteur de recherche anti-écolo et celle pour Trufina, une marque de croquettes pour chien "saveur nourrisson" (avec une chtite jolie photo sur le paquet de croquettes)...

   J'ai dévoré cela au café, en riant comme un con... ce qui ne m'était pas arrivé depuis très longtemps en consultant un organe de presse.

vendredi, 20 mars 2026

Un plat qui se mange froid

   Les proverbes et autres adages populaires sont aujourd'hui souvent méprisés, mais il arrive parfois qu'ils s'appliquent miraculeusement bien à certaines situations contemporaines. J'en veux pour preuve l'actuelle campagne des municipales à Rodez, qui est sur le point de s'achever, à l'approche du second tour.

   Dimanche dernier, aucune des quatre listes en course n'a obtenu la majorité absolue, mais toutes ont dépassé 10 % des suffrages exprimés, leur laissant la possibilité de se maintenir au second tour... ou bien de fusionner entre elles. C'est ce que sont parvenues à faire les listes menées par le macroniste Stéphane Mazars (arrivé deuxième) et la socialiste Sarah Vidal (arrivée troisième, sans guère de perspective de l'emporter au second tour). D'après les informations qui circulent à droite et à gauche, il semblerait que d'autres tentatives de fusion aient échoué. Résultat : dimanche 22 mars, les électeurs ruthénois auront le choix entre trois listes : celle menée par l'actuel maire de Rodez, Christian Teyssèdre, celle résultant de la fusion Mazars-Vidal et celle de Rodez Citoyen (qui aurait refusé toutes les offres qui lui auraient été faites).

   Cette configuration a été envisagée par le sondage publié le 7 mars dernier (dans la version papier) par le quotidien aveyronnais Centre Presse :

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   C'était la première des trois hypothèses testées (le sondage n'envisageant curieusement pas de quadrangulaire). Elle voyait la liste "fusionnée" l'emporter largement, devant la liste Teyssèdre en légère progression et la liste Rodez Citoyen en stagnation.

   Il convient toutefois de préciser que cette enquête d'opinion n'a été réalisée que sur 501 électeurs ruthénois et que, pour le premier tour, elle surestimait les résultats des listes arrivées en troisième et quatrième positions, à 20 % et 19 %, contre 18 % et 12 % dimanche dernier. Néanmoins, l'ordre d'arrivée était le bon, tout comme le fait que les deux premières soient assez largement en tête.

   Pourquoi diable parler de vengeance ? Pas à cause des tensions entre Christian Teyssèdre et deux de ses anciens adjoints (désormais rivaux), Stéphane Mazars et Sarah Vidal. Leur rupture datant de moins de six ans, le plat qui est sur le point d'être servi me semble plus tiède que froid.

   Le choix de mon titre est dû à l'intervention surprise d'un vieillard de 90 ans, le prédécesseur de Christian Teyssèdre à la mairie de Rodez, Marc Censi. Celui-ci y a été élu quatre fois de suite, en 1983, 1989, 1995 et 2001. Lors de ce dernier scrutin, la liste de droite menée par Censi avait rencontré un adversaire coriace, une liste de gauche menée par... Christian Teyssèdre, battue de moins de 700 voix (46,5 % des voix contre 53,5 %).

   2008 a été l'année de la revanche. Officiellement, Marc Censi, âgé de 72 ans à l'époque, ne se représentait pas... mais il figurait sur l'une des quatre listes qui briguaient les suffrages des Ruthénois, celle menée par Frédéric Soulié, en... 35e (et dernière) position. Presque tout le monde était d'avis qu'aucune liste ne l'emporterait au premier tour et que, pour gagner le second, il faudrait nouer un partenariat (en clair : fusionner) avec l'une des autres listes. Pour la liste Soulié-Censi, il n'était évidemment pas question d'envisager de s'associer avec celle de Christian Teyssèdre (union de la gauche). Mais les deux autres listes (une de droite, l'autre "transcourant") semblaient "compatibles". Derrière cette stratégie, on voyait la main de Marc Censi, soupçonné de vouloir soit s'imposer en figure fédératrice au second tour, soit monnayer son soutien pour l'accès à la mairie de Rodez contre la présidence du Conseil d'agglomération. Tous ces savants calculs furent déjoués par le résultat du premier tour : une victoire nette et sans bavure de la liste Teyssèdre, qui avait recueilli 52,5 % des suffrages exprimés.

   Par la suite, le nouveau maire de Rodez n'a cessé de se comparer à son prédécesseur, dont il a d'ailleurs repris certains projets (en les mettant à sa sauce). A la lecture des communiqués et réactions publiés par l'officiellement retraité Marc Censi, on peut déduire qu'il en a été profondément agacé, d'autant que son ancien adversaire a été assez facilement réélu en 2014 (contre notamment le fils de Marc Censi) et en 2020. Cette année-là, la liste de droite lancée contre Christian Teyssèdre était menée par Serge Julien, qui figurait en troisième position sur la liste Soulié-Censi de 2008... et se trouve, aujourd'hui, en onzième position sur la liste fusionnée Mazars-Vidal. (Il était en neuvième place sur la liste Mazars, au premier tour.)

   On ne s'étonnera donc qu'à moitié de voir Marc Censi soutenir la liste fusionnée (où figure son ancien poulain), la victoire de celle-ci pouvant empêcher son rival de l'égaler en nombre de victoires au scrutin municipal (quatre pour Censi, contre trois, pour l'instant, pour Teyssèdre).

   Il est toutefois des personnes (à Rodez... et ailleurs) pour s'étonner de ce soutien, exprimé sous la forme d'un courrier envoyé à Centre Presse. Dans quel état de santé se trouve l'ancien maire, âgé, je le rappelle, de 90 ans ? D'amicales pressions n'ont-elles pas été exercées pour qu'il plante le dernier clou du cercueil politique de Christian Teyssèdre ? D'anciens électeurs de Marc Censi digèrent mal le fait qu'il soutienne une liste de gauche, alors que celle de Christian Teyssèdre est plus ouverte à la droite locale (qui n'est pas parvenue à constituer sa propre liste).

   C'est peut-être l'une des clés de ce second tour. Officiellement, Christian Teyssèdre a très peu de réserves de voix et la liste Mazars-Vidal a toutes les chances de lui passer devant... à participation égale. Or, au premier tour, celle-ci n'a été que de 60 % (contre 71 % en 2008 et 64 % en 2014, le scrutin de 2020 ayant été perturbé par le Covid). Je pense qu'entre 5 % et 10 % d'électeurs supplémentaires pourraient se mobiliser dimanche prochain... reste à savoir pour qui. Une partie de l'électorat de droite ne s'est pas déplacée au premier tour. Si elle le fait pour le deuxième, sera-ce pour suivre l'avis de Marc Censi (encore très respecté à Rodez), ou bien pour soutenir l'actuel maire, qui n'a pas à rougir de son bilan ?

   D'autre part, il est possible qu'une partie de l'électorat des listes Mazars et Vidal du premier tour n'apprécie pas cette fusion-là. Celles et ceux qui ont voté Mazars n'ont peut-être pas envie de voir Sarah Vidal profiter de cette alliance de circonstances pour accéder à d'importantes fonctions. Celles et ceux (de gauche) qui ont voté Vidal auraient peut-être préféré une alliance avec Rodez Citoyen, qui pourrait bénéficier de reports de voix au second tour.

   Le scrutin est donc encore assez ouvert, même s'il ne faut pas se cacher que la liste Mazars part favorite pour dimanche. Ce jour-là, le niveau de la participation sera un premier indice du sens dans lequel l'histoire risque de tourner...

Le cow-boy Marlboro

   Hier, en fin d'après-midi, dans la première partie de l'émission Zoom Zoom Zen (consacrée à la consommation de tabac chez les jeunes), le présentateur Matthieu Noël semble avoir quelque peu surpris ses interlocuteurs (collègues comme invitée) quand il a affirmé que la personne qui incarnait le cow boy dans la célèbre publicité pour les cigarettes Marlboro n'était pas fumeuse... et était morte à 90 ans.

   Eh bien, il a à la fois raison et tort. Il a raison s'il faisait référence à Robert Norris, qui fut le premier à incarner le fameux cow-boy : il est bien mort à 90 ans (en 2019), sans avoir jamais fumé.

   Mais ce ne fut pas le cas de tous ceux qui prêtèrent leur corps cette icône Marlboro. A Robert Norris succédèrent d'autres cow-boys, dont un certain Wayne McLaren, qui fut utilisé dans des publicités des années 1970... et qui est mort d'un cancer du poumon, à 51 ans, en 1992. Conscient des effets nocifs de la consommation de tabac (et des conséquences qu'elle avait eues sur sa propre santé), il avait milité pour qu'on dissuade les jeunes de se mettre à fumer.

dimanche, 18 janvier 2026

La bite de Mars

   Cet après-midi, en voiture, j'écoutais la radio quand je suis tombé sur l'émission Allons-y voir !, animée par l'historien Patrick Boucheron, sur France Culture. Je ne suis pas particulièrement fan de ce programme (dont je trouve le présentateur un peu pontifiant), mais, sur la radio publique, il est encadré par Une Histoire particulière et Les Grandes Traversées, dont je recommande l'écoute (le second débutant une série sur Al Capone).

   Aujourd'hui, Patrick Boucheron a consacré une partie de son émission à l'analyse d'un tableau de Jacques-Louis David, Mars désarmé par Vénus (conservé au Musée des Beaux-Arts de Belgique, à Bruxelles, ville où le peintre est mort, en exil).

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   Cette œuvre fait partie de celles (de divers auteurs) qui évoquent la relation tumultueuse entre le dieu de la guerre et la déesse de l'amour physique et de la beauté. Le problème était de représenter cette "intensité physique" en respectant les codes moraux de l'époque...

   Ainsi, alors que Mars est en train de se faire déshabiller (et désarmer), par Vénus, des nymphes et ce petit coquin de Cupidon, la déesse l'entreprend et l'on remarque qu'elle a posé sa main gauche sur le haut de la cuisse droite du dieu guerrier. Tout individu de sexe masculin est conscient que cette proximité entre la main (présumée) douce et le pénis divin, ajoutée à la nudité sublime de la déesse, provoque sans doute une "vive émotion" chez Mars, émotion masquée par la présence de l'une deux colombes, placée pile au bon endroit.

   Pour dire les choses plus clairement, ce cher Mars a sans doute le gourdin, une situation évoquée métaphoriquement par deux objets inclus sur le tableau : la grande lance, que le dieu tient levée, bien droite... et  le gros tube qui pend le long du corps de Cupidon, masquant l'entrecuisse de celui-ci.

   Ah, qu'il est bon de se cultiver !

jeudi, 15 janvier 2026

Le retour d'Elsbeth

   L'an dernier, j'ai découvert cette série dite de "comédie policière", dont TF1 avait interrompu la diffusion en plein milieu de la deuxième saison (apparemment en raison du retard pris par le doublage en français). Il y a huit jours, la chaîne hexagonale a repris le programme là où elle l'avait laissé. Nous voilà donc avec quatre nouveaux épisodes à nous mettre sous la dent.

   « Nom d'un kilt » a ouvert le bal, mercredi 7 janvier. Il bénéficie d'un scénario astucieux, faisant intervenir un dispositif original (appelé « L'iris »), un double écran géant, interactif, l'un disposé au centre de New York, l'autre (en théorie), en Écosse :

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      Cette enquête voit Elsbeth collaborer à distance avec un charmant musicien, Angus, incarné par Ioan Gruffudd qui, dans une vie antérieure, fut l'une des incarnations de Mr Fantastic au cinéma. Les téléspectateurs l'ont vu aussi dans la série Forever et, surtout, en médecin légiste peu conventionnel dans Dr Harrow.

   Pour profiter de toutes les facettes du personnage d'Angus, je recommande de suivre cet épisode en version originale sous-titrée, Gruffudd (qui est d'origine galloise) parlant anglais avec un accent à couper à la tronçonneuse ! Globalement, l'épisode est d'excellente facture, avec une enquête très mystérieuse, beaucoup de malice et une bonne utilisation de la Saint-Valentin en arrière-plan. Quant à son titre français, il fait allusion à une réplique d'Angus, qui, dans la V.O., s'exclame Crivvens !

   Dans la foulée, on peut voir « A la pointe de l'épée », un épisode plus classique (à la Columbo), puisqu'on connaît l'assassin dès le début. Mais l'enquête policière est jalonnée d'éléments cocasses, liés notamment à la pratique de l'escrime et... aux poils de chats !

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   J'ai aussi apprécié cet épisode pour sa mise en scène de la relation mère-fils et de leurs conceptions divergentes de la réussite scolaire.

   Hier mercredi, on a d'abord eu droit à « Larme du crime », un épisode de prime abord très limpide, mais où les apparences sont trompeuses. Ici encore, j'ai apprécié le scénario astucieux, rehaussé par la présence d'une invitée de marque, Jordana Brewster, connue notamment pour incarner Mia dans les Fast & Furious.

   La quatrième part de galette des rois tarte est constituée par l'épisode intitulé « C'est pas du cinéma ! », qui joue sur les références (et les clichés) à propos de la mafia italo-américaine. C'est pour moi le moins bon des quatre inédits, mais la nouvelle invitée (Alyssa Milano) fait bien le job et les scénaristes ont une fois de plus habilement conclu leur intrigue. La vedette n'en demeure pas moins Carrie Preston, toujours aussi attachante en consultante excentrique, à l'âme justicière.

dimanche, 11 janvier 2026

Meurtre à l'ambassade

   Fort heureusement, ce titre n'annonce pas un énième épisode de la médiocre collection diffusée le samedi soir sur France 3, mais un nouveau volet d'une série américano-britannique, « La Reine du crime présente ».

   Il y a un an et demi, nous avions découvert Miranda Green, fleuriste hypermnésique (et passionnée d'intrigues policières) dans Invitation à un meurtre. Cette fois-ci, la jeune femme est conviée en Égypte, toujours en 1934.

   Le tout début de l'histoire nous indique qu'il ne sera pas question d'un, mais de deux meurtres, le lien entre les deux demeurant longtemps obscur. C'est l'un des intérêts de ce téléfilm : son intrigue mystérieuse, qui baigne dans une ambiance géopolitique. En effet, à cette époque, l’Égypte est officiellement indépendante, mais encore sous la coupe du Royaume-Uni. Les auteurs d'OSS 117 diraient que Le Caire semble être un vrai « nid d'espions »... On peut même y croiser des nazis (Hitler étant chancelier d'Allemagne depuis janvier 1933).

   Le principal point faible de ce téléfilm est l'interprétation de certains personnages secondaires : de la première victime à l'un des employés de l'ambassade, les maladresses d'interprétation ne manquent pas, même s'il faut reconnaître que Mischa Barton s'en sort très bien dans la peau du personnage principal.

   J'ai donc été séduit par cette ambiance à la Agatha Christie, qui fait écho à plusieurs de ses romans (Mort sur le Nil, bien sûr, mais aussi Meurtre en Mésopotamie et Rendez-vous avec la mort). La photographie est très soignée et plusieurs scènes rappellent visuellement l'adaptation en série télévisée des enquêtes d'Hercule Poirot. Je recommande de voir cet épisode plutôt en version originale sous-titrée.

vendredi, 09 janvier 2026

César et Dalida

   Ce vendredi soir, France 2 nous propose un épisode inédit de la série César Wagner, avec notamment Gil Alma et Olivia Côte. On retrouve avec plaisir l'ambiance un peu décalée de ces enquêtes en terre alsacienne, ici, autour d'une salle de spectacle où doit aussi se dérouler le gala annuel de la police, organisé cette fois-ci par la pétulante médecin-légiste.

   L'assassinat d'une chanteuse préparant un numéro rendant hommage à Dalida (artiste que le capitaine Wagner affectionne, soit dit en passant) conduit les policiers à enquêter au sein de la troupe. Wagner doit surmonter sa crainte des allergies... et prendre soin d'une envahissante mais sympathique chienne, Mirza :

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   Cela n'a rien d'éblouissant, mais les intrigues sont correctement construites et je trouve les personnages secondaires toujours aussi savoureux. La musique est sympa... et le cabot vraiment adorable.

jeudi, 08 janvier 2026

Boglands

   C'est le titre d'une mini-série dont Arte vient de commencer la diffusion (les six épisodes étant tous déjà accessibles sur le site de la chaîne de télévision franco-allemande). L'intrigue se déroule dans une Irlande rurale, proche du littoral, où l'on parle plus le gaélique que l'anglais. (La version française, plutôt bien faite, conviendra néanmoins parfaitement à celles et ceux que l'écoute d'une langue aux sonorités inhabituelles déconcerte.)

   De manière désormais assez classique, la découverte d'un cadavre dans une tourbière fait ressurgir les secrets du passé et chamboule les relations entre les habitants de la région. La première originalité est que le premier épisode met du temps pour nous amener à cet événement. Certains spectateurs ont déploré ce délai, moi j'ai plutôt apprécié, parce que les auteurs plantent bien le décor et nous font découvrir une multitude de personnages, au moins le tiers d'entre eux finissant tour à tour par devenir suspect.

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   Une autre originalité tient à la personnalité du lieutenant de police local, Conall, que l'on croise sans d'abord connaître sa fonction... et l'on est bien surpris ensuite. Ce jeune homme plutôt taiseux fait un peu office de shérif et de juge de paix dans ce canton rural, où il emploie parfois des méthodes peu conventionnelles... On comprend assez vite qu'il est devenu policier en raison de ce qui est arrivé à sa mère, quinze ans plus tôt.

   Une fois le cadavre découvert commence une enquête particulièrement prenante. Conall ne peut y participer officiellement, mais il va effectuer des recherches de son côté. Il n'est pas le seul dans ce cas, puisque débarque une journaliste-podcasteuse en apparence superficielle, mais qui va elle aussi remuer ciel et terre pour faire éclater la vérité... et ainsi faire exploser le nombre de visites sur son site !

   Au drame qui s'est déroulé quinze ans plus tôt s'ajoute, pour Conall, la rapide détérioration de la santé de son père, tandis qu'il sent qu'il doit se méfier de certaines des personnes auxquelles, jusqu'à présent, il accordait une pleine confiance. Chacun a ses petits secrets, que l'enquête va peu à peu mettre au jour.

   L'aspect policier est bien traité. On nous propose une belle galerie de suspects, l'incertitude planant jusqu'au dernier épisode, durant lequel surviennent les ultimes révélations. 

   Même si je trouve que, six épisodes, c'est un peu long, la série est bien menée, sans cliquant et elle aborde divers sujets de société. J'ai vraiment eu du mal à trouver de manière certaine qui était responsable du meurtre !

samedi, 22 novembre 2025

Bron, saison 4

   Cela faisait plus d'un an que je patientais, depuis la diffusion par Arte de la troisième saison de cette passionnante série scandinave. L'automne est venu, avec une double bonne nouvelle : la mise en ligne de l'intégralité des épisodes (incluant la quatrième et dernière saison), à la fois par Arte (sans publicité) et M6+ (avec publicité). Le tout est disponible, au choix, en version française ou originale sous-titrée.

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   On retrouve avec plaisir le duo binational d'enquêteurs. A ma gauche se trouve le Danois Henrik, qu'on avait laissé aux prises avec sa consommation de drogues et sa difficile gestion de la disparition de sa femme et de ses filles. A ma droite se trouve Saga, la Suédoise, la bosseuse acharnée, un peu autiste, qui a été accusée du meurtre de sa mère.

   La saison commence donc par un épisode carcéral, la policière (inculpée) côtoyant des individus qui n'éprouvent pas pour elle des sentiments très amicaux. Dans le même temps, Henrik commence à travailler sur une nouvelle affaire délicate, en duo avec un nouveau partenaire, un flic certes expérimenté, mais bourré de préjugés (sexistes, homophobes, racistes...).

   Quand Saga finit par rejoindre l'équipe, l'affaire s'est complexifiée, avec d'autres cadavres. Le scénario est toujours aussi bien écrit, plusieurs fils narratifs en apparence sans lien finissant par se rejoindre. C'est de nouveau un événement du passé qui explique ce qui ressemble à une vengeance. Cela nous vaut, au cours de l'un des épisodes, un retour en arrière, à une époque où Henrik ne travaillait pas encore avec Saga. En parallèle avec l'enquête, celle-ci commence à suivre une psychothérapie assez originale ma fois, tandis qu'Henrik s'est inscrit à un groupe de parole sur la dépendance aux drogues.

   Contrairement aux autres saisons (composées de dix épisodes), celle-ci n'en compte que huit, mais les auteurs réussissent le tour de force de boucler tous les arcs narratifs, y compris ceux commencés les années précédentes. Ainsi, on va enfin savoir ce qu'il est advenu de l'épouse et des filles d'Henrik et Saga va clore son chapitre familial, concernant sa défunte mère et le suicide de sa sœur. Quant à l'enquête criminelle, elle réserve de grosses surprises (même quand on croit que tout est terminé). Comme à leur habitude, les scénaristes ont mêlé des aspects sociétaux à l'élucidation des meurtres : immigration, homophobie, trafic de drogues, handicap, violences conjugales, emprise, vie carcérale... C'est vraiment très riche, assez subtil... et parfois savoureux, le comique pouvant rapidement succéder au sordide, notamment quand Saga, la policière... sagace (mais sans filtre) fait une remarque au père d'un bébé à propos de la couleur de ses yeux.

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   Incontestablement, l'écriture du personnage de cette policière atypique et son interprétation tout en nuances par Sofia Helin sont des atouts majeurs de la série. (Je recommande d'ailleurs de la visionner en version originale sous-titrée, pour profiter du ton des dialogues, Saga Noren alternant les monosyllabes et les réponses hyper-argumentées, débités rapidement. Cela déconcerte presque toujours ses interlocuteurs.) Quant aux (déjà) fans, ils découvriront, au cours de la saison, comment la policière est devenue propriétaire de son emblématique voiture (qu'elle seule a le droit de conduire). Indice : elle ne l'a ni achetée, ni volée.

   Dernier point : l'habillage des épisodes est de grande qualité. Les vues du pont (entre Suède et Danemark) et des villes sont superbes. Les scènes nocturnes sont filmées avec un grand soin et la musique est parfaitement intégrée à l'intrigue. (Pour écouter Hollow Talk, le titre mis à contribution pour les génériques de début et de fin, rendez-vous ici.)

   Je suis tellement emballé par cette série, tellement déçu qu'elle soit achevée (en 2018, pour les téléspectateurs scandinaves), que j'en viens à espérer sa réapparition, avec des personnages qui auront entre temps évolué.

dimanche, 16 novembre 2025

Vera, nouvelle salve

   L'année dernière, France 3 nous avait laissés sur notre faim, en interrompant la diffusion de la treizième saison des Enquêtes de Vera après le premier épisode. Ce dimanche, nous avons droit au suivant et, dimanche prochain, sera diffusé le troisième... en espérant que les deux épisodes finaux (ceux constituant la saison 14) lui succèderont dans un avenir proche.

   Intitulée La Seconde Fille, cette enquête inédite nous emmène principalement dans l'agglomération de Newcastle, où le corps d'une jeune femme atteinte d'un cancer est découvert à proximité d'un chemin de randonnée. Absente des réseaux sociaux, la victime logeait chez une bienfaitrice, gérante d'un réseau de cafés. Au fur et à mesure que les policiers progressent dans leur enquête, ils vont de surprise en surprise, la liste des suspects ne cessant de s'allonger. Toutefois, pour qui observe bien le jeu des comédiens (et écoute attentivement les détails concernant la scène de crime), l'identité de la personne responsable de la mort n'est pas trop difficile à trouver. C'est une rareté dans cette série, qui, en général, sait ménager le suspens. L'intrigue n'en est pas moins prenante, tant les secrets sont nombreux.

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   Comme à l'accoutumée, l'épisode est émaillé d'humour. Vera est toujours un peu soupe-au-lait, ne ménageant pas son équipe. A l'occasion, elle fait aussi preuve d'une grande empathie... quand elle ne pense pas à ses propres problèmes. Dans ces aventures-ci, elle souffre d'une sévère rage de dents que, dans un premier temps, elle s'évertue à soulager à l'aide d'antidouleurs (« painkillers », dans la version originale). Elle a principalement recours à du paracétamol, présenté dans un emballage différent de ce que nous connaissons en France.

   Vous noterez qu'à ses côtés, la nouvelle DC (enquêtrice) n'a pas de main gauche. Ce n'est pas un trucage numérique. La comédienne Rhiannon Clements est née avec un bras gauche incomplet, ce qui ne l'empêche pas de faire carrière. Vous verrez que, dans l'épisode, elle se débrouille très bien avec le matériel dont elle a la charge... En somme, cette policière n'est pas manchot !

jeudi, 23 octobre 2025

Le retour d'Astrid et Raphaëlle

   Ce vendredi, environ un an après la diffusion de la cinquième saison, France 2 nous propose le début de la sixième, à travers la première partie d'un épisode double, intitulée « La mort de Raphaëlle ». Comme l'intrigue est la suite immédiate du dernier épisode de la saison 5 (« Un mariage et quatre enterrements »), je conseille de d'abord revoir celui-ci, qui est lui aussi disponible en ligne.

   Cette sixième saison démarre de manière originale, les policiers déplaçant leur bureau d'enquête... dans une chambre d'hôpital. J'ajoute que la fin de l'épisode contient un retournement scénaristique assez savoureux.

   Ce n'est que la semaine prochaine que sera diffusé le dénouement, avec la seconde partie, intitulée « Le pensionnat ». Je note que cette entame de saison est placée sous le signe du paranormal, les scénaristes s'évertuant à ménager toutes les opinions...

   L'épisode 3 (« Le bol maudit ») est pour moi un ton au-dessous. Je dirais que son intrigue est marquée par ce qu'on appelle parfois la "repentance coloniale". Le scénario est un peu pataud, les bonnes intentions étant comme surlignées au marqueur.

   J'ai trouvé le quatrième épisode (« La Théorie du tout ») mieux écrit, même s'il y a quelques faiblesses. L'insertion des mathématiques dans l'intrigue nous sort de l'ordinaire... et fait intervenir le fiancé japonais d'Astrid, autour duquel est bâti un fil narratif secondaire. (La présence récurrente de ce personnage est peut-être liée au grand succès que rencontre la série au pays du soleil levant.)

   Je me suis pour l'instant arrêté au cinquième épisode (sur huit), intitulé « Coup(s) de théâtre ». Il s'inspire clairement de l'affaire Jubillar, pour ensuite prendre un autre chemin. Il nous replonge aussi dans la période du covid-19. Je l'ai trouvé particulièrement réussi notamment en raison de l'insertion de scènes de procès, Astrid (désormais lieutenante) étant amenée à témoigner.

   Comme je n'ai pas encore vu les trois derniers épisodes de la saison, je ne sais pas comment les scénaristes ont choisi de la conclure. Mais on sait déjà qu'il va y avoir du changement au niveau du poste du commissaire, ainsi que dans la vie privée d'Astrid. Dans le rôle de celle-ci, Sara Mortensen est toujours aussi impressionnante.

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   Je ne peux pas achever ce billet sans mentionner une autre personne de talent, qui contribue grandement au succès (mérité) de cette série : Erwann Kermovant. Ses compositions, souvent légères, voire primesautières, renforcent l'habillage de douce étrangeté qui colle si bien à l'intrigue des épisodes.

dimanche, 19 octobre 2025

Les hébergeurs de l'Aveyron

   Dans ce billet, il ne va pas être question de tourisme, mais de sites internet. Ma curiosité a été piquée par un article paru dans le dernier numéro de L'Hebdo, paru vendredi 17 octobre :

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   Annoncé en Une, l'article se trouve page 3, signé par Max Euros, qui est évidemment un pseudonyme. Dans ce qui est plus un libelle qu'un papier de presse, il est affirmé que le site de campagne de Sarah Vidal (candidate à la mairie de Rodez) serait hébergé à... Chypre. Compte tenu de la provenance de l'info (et de la fiabilité à géométrie variable de ce qui est publié dans L'Hebdo, qui devrait se montrer plus vigilant vis-à-vis des courriers qu'il reçoit), j'ai décidé de vérifier par moi-même, sur le site de la candidate, dans la rubrique "Mentions légales" :

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   ... Eh oui, l'info est vraie. L'hébergeur, Hostinger, basé à Chypre, est une ancienne "jeune pousse" lituanienne, créée en 2004. Pourtant, il existe en France quantité d'entreprises (comme on va le voir plus loin) qui auraient pu remplir cette fonction. Pourquoi diable être allée chercher aussi loin ? Serait-ce sous l'influence d'un proche ? Cela ne semble pas venir des alliés politiques de Sarah Vidal, puisque le site de Rodez en commun est hébergé par une boîte de Clermont-Ferrand. J'ajoute que la fameuse "Lettre aux Ruthénois" (une prose d'inspiration mitterrandienne dont j'ai trouvé un exemplaire dans ma boîte aux lettres) a été imprimée par Burlat, une entreprise castonétoise (ce que se garde de préciser le contributeur de L'Hebdo).

   C'est tout (pour l'instant) concernant Sarah Vidal, qui semble bénéficier d'un traitement "particulier" dans L'Hebdo. Il faut dire qu'elle va devoir affronter des critiques venant de trois bords :

- la majorité municipale (celle de Christian Teyssèdre), qui la voit plutôt comme une traîtresse,

- la droite (et l'extrême-droite), qui semble peu goûter la perspective de l'arrivée d'une femme de (centre)gauche à la tête de Rodez,

- l'autre opposition de gauche, celle de Rodez Citoyen, (dont le site est conçu à l'aide de WordPress... donc avec un hébergement international ?), qui ne la trouve sans doute pas assez à gauche (un peu trop bourgeoise ?)

   La route est encore longue et la pente est raide avant d'atteindre le sommet du Piton...

   Du coup, je me suis intéressé à l'hébergement d'autres sites aveyronnais... à commencer par ceux des médias. Figurez-vous que, dans l'ensemble, ils sont "patriotes" : leur hébergement se trouve en France (métropolitaine).

   Les quotidiens du groupe La Dépêche sont tous hébergés par une société strasbourgeoise, SdV Auric, aussi bien Centre Presse que Midi Libre ou La Dépêche du Midi.

   Du côté des périodiques, la Normandie et le Loiret tiennent la corde. Ainsi, le Bulletin d'Espalion et Le Progrès Saint-Affricain sont hébergés par une entreprise de Saint-Lô, dans la Manche, tandis que Le Saint-Affricain, Media12 (ainsi que Radio Temps Rodez) ont recours à une société basée à Orléans. Quant au site du Journal de Millau, sans surprise (puisqu'il fait partie du groupe La Dépêche), il est hébergé par SdV Auric.

   Que nous reste-t-il ? Le Petit Journal, hébergé par une société parisienne, Le Millavois, qui a le même hébergeur que Rodez en commun... et Totem, qui utilise les services... d'Amazon Web Services. Saperlipopette !

   Quant à France Télévisions, d'après ce que j'ai compris, il est son propre hébergeur.

   Enfin, je me suis demandé si cette histoire d'hébergeur ne pouvait être une nouvelle illustration de la parabole de la paille et de la poutre. Je suis donc retourné sur le site de L'Hebdo. Je n'y ai pas trouvé mention d'un hébergeur, ce qui pourrait signifier que le siège de Bel-Air (à Rodez) est le centre... mais, comme le site a été conçu avec WordPress (comme celui de Rodez Citoyen), il est possible que l'hébergement se fasse à l'étranger.

   Je sens que je vais m'intéresser à la campagne municipale de Rodez. Il y a un peu plus de onze ans, j'avais consacré un billet aux imprimeurs des documents de campagne. D'ici quelques mois, on verra comment la situation a évolué (ou pas), deux mandats plus tard.

   P.S.

   Certains lecteurs se demanderont peut-être, comme moi, par qui le site sur lequel est publié ce blog est hébergé. Hautetfort appartient à BlogSpirit, qu'on trouve aujourd'hui sous le nom de Talkspirit (Pu.... d'anglicisme !), hébergé par OVH, une assez grosse boîte du nord de la France... dont les services sont aussi utilisés par la mairie de Rodez.

mercredi, 15 octobre 2025

Le pire portrait ?

   L'hebdomadaire états-unien Time Magazine a fait sa dernière Une avec le président des Etats-Unis, pris en contreplongée :

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   Cela peut être perçu à la fois comme une glorification et une critique... et c'est ainsi que Donald Trump lui-même l'a compris, qualifiant (avec le sens de la mesure qui le caractérise) cette photographie de « pire de tous les temps » (worst of all time). En effet, l'angle de la prise de vue ne permet pas d'ignorer le cou de poulet du président des Etats-Unis, ainsi représenté en vieillard (certes puissant). De plus, ses cheveux (désormais blancs) sont à peine visibles.

   En réalité, la critique la plus mordante ne porte sans doute pas sur l'âge du capitaine (79 ans depuis juin dernier), mais sur sa posture martiale, qui, à celles et ceux qui ont déjà vu de vieilles images de propagande, fait immanquablement penser à un ancien dirigeant européen :

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   Ce célèbre tableau d'Alfredo Ambrosi glorifie Benito Mussolini, en 1930. Dans la même veine (fasciste), on trouve plusieurs affiches, comme celle-ci de 1932 :

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   ... ou celle-ci, datant de 1941 :

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   Mussolini se faisait très souvent représenter le menton levé, en contreplongée. Aujourd'hui, les postures du dictateur italien nous semblent bravaches, souvent ridicules, mais à l'époque, cela ne faisait pas rire.

   Je n'ai rien lu ni entendu concernant cette Une de Time la rattachant à cette iconographie. Pourtant, je suis persuadé que, du côté des journalistes, plus d'une personne a songé à ce rapprochement.

lundi, 29 septembre 2025

On the line

   Ce long-métrage franco-américain n'est pas sorti dans les salles. En France, il a d'abord été diffusé sur Canal+, puis, ce week-end, sur TFX, une chaîne du groupe TF1. Il est donc accessible en replay. (Je conseille de choisir la version originale sous-titrée, la VF étant un peu faiblarde.)

   Elvis Cooney (Mel Gibson, en forme) est un animateur radio, dont l'émission de "libre antenne", diffusée à une heure tardive, choque souvent l'auditoire (ce qui contribue à son succès), mais semble sur le déclin. (Aux auditeurs français, cela rappellera l'émission de Maurice, qui fut un temps diffusée sur Skyrock.) Un soir, la veille de l'anniversaire de l'animateur, la situation dérape : un nouvel auditeur, qui passe à l'antenne, se montre particulièrement menaçant.

   Nous voilà partis pour un peu plus d'une heure de thriller, Elvis, accompagné du nouveau technicien son, tentant de sauver sa famille et de mettre la main sur son maître-chanteur. C'est assez prenant, bien joué... surtout après le coup de théâtre, qui nous invite à reconsidérer tout ce qu'on a vu depuis le début... et on nous en réserve un deuxième, pour la route !

   Le scénario est malin, les acteurs convaincants. Ce petit film de genre fait passer une bonne soirée.

samedi, 27 septembre 2025

Le couteau de l'expert

  Je revois assez régulièrement des épisodes de l'une des séries intitulées en français Les Experts (CSI dans la version originale). Je trouve que les intrigues sont en général bien construites et les effets spéciaux bien insérés dans la représentation du travail des policiers scientifiques.

   A ces occasions, il m'arrive de relever un détail qui, jadis, m'avait échappé. A plusieurs reprises déjà, j'ai évoqué la présence de couteaux Laguiole. Sauf erreur de ma part, leur surgissement dans les intrigues est concomitant à l'arrivée dans l'équipe de Las Vegas du docteur Langston (interprété par Laurence Fishburne). On peut voir l'un de ces outils entre ses mains, dans l'épisode 7 de la onzième saison, avant que, dans un épisode ultérieur, un autre exemplaire ne soit identifié comme arme du crime. Quelques années plus tard, dans l'épisode 17 de la saison 14, un nouveau couteau était découvert sur une scène de crime.

   Tout récemment, en revoyant la saison 9, je suis tombé sur deux autres occurrences (sans doute les premières). Dans le quinzième épisode (« Moi, moi, moi »), les experts doivent traiter simultanément de trois morts suspectes. L'une des victimes était marchand d'art. Son meurtre pourrait être lié au trafic d’œuvres irakiennes. Cela pousse Raymond Langston à examiner de très près une caisse ayant contenu un vase :

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   Il utilise ce qui ressemble à un couteau Laguiole, ce que confirme une vision retournée de ce plan :

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   Le nom et le prénom de l'enquêteur sont gravés sur la lame, celle-ci me semblant toutefois dentelée à sa base, ce qui ferait de ce couteau une contrefaçon.

   A la fin de l'épisode 19 de la même saison (« Sur la Terre comme au ciel »), on retrouve Langston, couteau à la main, pour examiner un détail d'une scène de crime, qui va clore de manière cocasse une enquête aux multiples facettes :

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   Cette fois-ci, il semble bien que le couteau soit authentique, et c'est un exemplaire pourvu d'un tire-bouchon.

dimanche, 14 septembre 2025

Brokenwood so Frenchy

   Un peu moins d'un an après la diffusion de la saison 9, France 3 a lancé la dixième saison, la semaine dernière, avec Brokenwoodosaurus, dans lequel certains habitants de cette petite ville néo-zélandaise se déchirent autour de ce qui semble être les fossiles d'un dinosaure.

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   Ce dimanche soir (14 septembre), l'épisode inédit s'intitule Le Jour des morts. Un meurtre est commis alors qu'on se prépare à célébrer une fête d'origine mexicaine. Le boulanger de la commune est retrouvé mort... et il s'appelle French. Cela donne un double sens à l'enseigne de son commerce, sur lequel il joue pour donner une bonne réputation  à ses produits :

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   L'aspect "français" est renforcé par la présence de petites tours Eiffel, à gauche et à droite de l'inscription... et par la marque de la voiture conduite par l'épouse du boulanger !

   Ce genre de détails ironiques est la marque de fabrique de cette série policière bon enfant, où l'on peut croiser une médecin-légiste (d'origine russe) un peu "frappée", un inspecteur maori peu causant, un maire homosexuel fan de puzzles, un vendeur de boissons ambulant (pas très futé) surnommé Frodon, les tenanciers (plus ou moins honnêtes) d'un bar-restaurant, un avocat grandiloquent, une retraitée un peu trop curieuse, des pépés portés sur la boisson... Ces personnages hauts en couleur donnent une saveur particulière à des intrigues en général bien troussées, le tout sur fond de musique country néo-zélandaise. Bref, j'adore !

   En deuxième partie de soirée, la chaîne publique rediffuse des épisodes anciens. Je recommande particulièrement Du Berceau au tombeau, le premier de la saison 8 (vu pour la première fois en octobre 2023). C'est l'un des plus cocasses de la série.

lundi, 01 septembre 2025

Wilder

   J'ai récemment découvert (en plusieurs étapes) cette série policière suisse (alémanique), composée de quatre saisons comptant chacune six épisodes. Chaque saison est construite autour d'un arc narratif indépendant et complet. Les enquêtes sont menées par un duo dissemblable : Rosa Wilder et Manfred Kägi.

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   La première saison voit leur rencontre et leur progressive association, qui, au départ, ne va pas de soi. Rosa est une jeune et brillante policière, une fille de paysans des Alpes suisses qui fait carrière à Berne (la capitale) et projette de partir aux Etats-Unis. Elle revient dans son village d'origine le jour où les habitants commémorent une catastrophe (une avalanche) qui a jadis provoqué la mort de douze enfants (dont le frère de la future policière). La nuit suivante, la fille d'un investisseur proche-oriental disparaît, alors que les restes d'un corps ancien viennent d'être découverts et qu'un meurtre est commis. Tout cela est lié... et cela se complique quand, au cours de l'enquête, on comprend que l'avalanche n'était pas accidentelle.

   Les autorités nationales ont dépêché sur place Kägi, un policier expérimenté, d'abord chargé d'une mission liée au terrorisme, mais qui va prendre en charge l'enquête criminelle, acceptant plus ou moins bien de collaborer avec Rosa. Les relations entre ces deux fortes têtes (qui donnent du fil à retordre à leurs supérieurs) vont progressivement s'améliorer, sur fond d'estime réciproque. On nous a heureusement évité l'histoire d'amour entre collègues (ouf)... et pour cause : Kägi est homosexuel. C'est surtout un policier bourru (parfois porté à la violence), qui vit dans une caravane de luxe et soigne son apparence.

   L'intrigue est extrêmement tortueuse, passionnante, abordant au passage divers thèmes (le militantisme écologiste, la xénophobie, l'intégrité professionnelle). Les paysages suisses sont superbes, pour qui aime les montagnes enneigées.

   La deuxième saison a pour cadre une autre région suisse, proche de la frontière française. L'histoire débute par un triple meurtre, qui va se révéler plus difficile à élucider qu'il n'y paraît. Au départ, on pense qu'il va surtout être question de trafic de drogues, mais, très vite, le sort des femmes se retrouve au cœur de l'intrigue : un violeur sévirait dans la région depuis des années. Les épisodes abordent aussi les problèmes liés à l'immigration, à travers le cas d'une famille kosovare installée en Suisse, dont les membres sont tenaillés entre tradition et modernité. Les révélations vont se succéder jusque dans le dernier quart d'heure de l'ultime épisode...

   La troisième saison est la plus urbaine, la plus tendue, puisqu'un tueur de policiers semble être à l’œuvre. Au départ, les meurtres paraissent n'avoir aucun lien entre eux, mais les enquêteurs finissent par comprendre que le tueur se prend pour un justicier. Il a établi une liste de "ripoux" à liquider, chacun d'une manière particulière. A un moment, on se demande si Kägi, qui a un passé de violence policière, figure sur cette liste. La seconde moitié de la saison voit le tueur se consacrer à une vengeance personnelle, celle qui implique le plus d'individus.

   La quatrième saison montre Rosa réinstallée dans son village natal, s'étant mise en disponibilité professionnelle. Pas de chance pour elle : peu après son retour, l'un des policiers locaux est retrouvé mort, assassiné. Kägi vient lui prêter main forte, pour une enquête particulièrement complexe, puisque deux affaires très différentes sont entremêlées, sans que les policiers ne s'en rendent compte (au départ). Une histoire assez classique de corruption (liée à un autre meurtre) se greffe sur une affaire familiale des plus sordides, que les policiers vont avoir beaucoup de mal à éclaircir... d'autant que le jeune fils de Rosa va être (involontairement) mêlé aux péripéties. Cette partie-là n'est pas la mieux traitée (trop de pathos à mon goût), mais l'ensemble demeure passionnant à suivre, l'amitié liant les deux enquêteurs étant mise à rude épreuve.

   L'ensemble n'est hélas disponible que dans la version (correctement) doublée en français. J'aurais bien aimé profiter de la V.O., et des voix originales de Sarah Spale (qui a des airs de Charlotte Gainsbourg) et Marcus Signer (interprètes des deux personnages principaux).

   En dépit de certaines lenteurs, je recommande cette série bien construite, bénéficiant de scénarios solides et de paysages naturels parfois somptueux.

dimanche, 24 août 2025

Le retour de Miss Fisher

   ... la vraie, celle d'origine, incarnée par Essie Davis. En effet, après avoir achevé la diffusion des aventures de la nièce (qui se déroulent dans les années 1960), Chérie 25 a eu la bonne idée de reprogrammer la série initiale, dont l'intrigue a pour cadre l'Entre-deux-guerres.

   Ce samedi, nous avons eu droit aux deux premiers épisodes de la saison 1, qui voient se former la petite troupe que l'on va suivre pendant trois saisons.

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   Le duo central est composé de Phryne Fisher (de retour en Australie après avoir mené une vie dissolue en Europe) et du commissaire Jack Robinson. Leurs interactions sont toujours savoureuses et l'on se rend compte qu'Essie Davis fait passer beaucoup plus de choses que Geraldine Hakewill, qui incarne sa nièce dans le spin-off récemment diffusé.

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   Un deuxième duo complète, en négatif, le premier. L'employée de maison Dot et l'agent de police Collins sont moins flamboyants que la détective et le commissaire, mais ils apportent des éléments touchants, parfois comiques, aux intrigues.

   Dans ses enquêtes, Miss Fisher peut compter sur divers "assistants", à commencer par Cec et Bert, deux chauffeurs de taxi communistes, au départ travailleurs indépendants, mais qui vont lui rendre de plus en plus de services.

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   Moins présents dans les épisodes, mais dotés de personnalités marquées, le majordome et la meilleure amie de Miss Fisher apportent toujours quelque chose aux scènes auxquelles ils participent.

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   Le premier, britannique jusqu'au bouts des ongles, se nomme Butler (mot qui, dans la langue de Shakespeare, signifie maître d'hôtel, majordome). La seconde, à l'allure garçonne, appelée Mac, est médecin. Elle semble tout aussi féministe que Phryne... mais moins intéressée par les messieurs.

   Je termine par deux personnages féminins, qui tranchent sur le reste de la troupe.

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   A ma gauche se trouve Prudence, la tante de l'héroïne, incarnation de la "vieille Australie" (blanche), guindée au possible, aux mœurs quasi victoriennes... mais la dame patronnesse réserve quelques surprises. Elle est très bien doublée en français. A ses côtés figure Jane, une orpheline que Phryne recueille dans le deuxième épisode. Celle qui n'a jamais voulu avoir d'enfant (et qui l'assume pleinement dans la série) se prend d'affection pour une pré-adolescente qui lui rappelle sa défunte sœur.

   Cocaine Blues est le premier épisode diffusé. L'enquête tourne autour de la mort d'un notable, mais l'intrigue aborde aussi le harcèlement sexuel, l'avortement et le trafic de drogue(s).

   Le Crime du Ballarat Express est un clin d’œil au célèbre roman d'Agatha Christie, dont il se garde toutefois de décalquer l'intrigue. La voie ferrée dont il est question, reliant Melbourne à Ballarat (vers l'ouest), existe toujours, la gare de départ, appelée Spencer Street Station dans l'épisode, ayant depuis été rebaptisée Southern Cross.

   Celles et ceux qui ne souhaitent pas passer par le site de la chaîne de télévision peuvent voir les épisodes, en replay, par l'intermédiaire de leur box (une Livebox en ce qui me concerne). La suite à partir de samedi prochain, en espérant que l'intégralité de la série sera programmée.

vendredi, 22 août 2025

Surface

   France Télévisions vient de mettre en ligne les six épisodes de cette mini-série, adaptée d'un roman d'Olivier Norek (que je n'ai pas lu) et dont la diffusion sur le "petit écran", en première partie de soirée, aura lieu en septembre prochain.

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   La promotion de la série s'appuie sur deux personnages, celui de la capitaine Noémie Chastain et celui du plongeur Hugo Massey. La première est incarnée par Laura Smet, qui manque un peu de nuance dans l'interprétation d'une policière parisienne, envoyée auditer le commissariat d'une petite ville (en théorie aveyronnaise), peu après avoir subi une grave blessure, dont les conséquences sont visibles sur son visage. Durant le premier épisode, la caractérisation du personnage m'est apparue schématique. Cela s'améliore un peu par la suite, même si l'on reste clairement sur un fantasme de fiction, qui me paraît assez éloigné des authentiques enquêtrices de la PJ.

   Elle est destinée à former un couple acrobatique avec un plongeur de la brigade fluviale, auquel Tomer Sisley prête son physique de beau gosse, sa gentillesse et sa malice. Il ne va pas se mêler de l'enquête (les auteurs ayant veillé à ne pas décalquer le dispositif de Balthazar), mais son exploration du fond du lac de retenue (formé lors de la construction d'un barrage hydroélectrique, des années auparavant) va se révéler déterminante pour résoudre l'affaire.

   Celle-ci est bigrement mystérieuse. Elle débute lorsqu'un bidon, jusqu'alors bloqué en profondeur du lac, remonte à la surface... avec un squelette d'enfant à l'intérieur. Cela rappelle à tous les habitants du coin la disparition de trois enfants, jadis, juste avant la submersion de l'ancien village, à l'occasion de la mise en service du barrage. S'ajoute à cela une autre disparition, celle de la mère d'un des enfants... ainsi qu'un mystère planant sur la jeunesse de la capitaine.

   On a donc bien chargé la barque mais, une fois que l'intrigue est lancée (à la fin du premier épisode), cela devient prenant. Les épisodes 2 à 5 sont vraiment intéressants, avec des secrets qui peu à peu remontent à la surface (métaphore bien sûr..). Les scénaristes n'ont pas trop misé sur le pathos (sauf dans le dernier épisode).

   Plusieurs hypothèses sont successivement étudiées par les enquêteurs, la résolution de tous les aspects de l'affaire ne s'effectuant pas en même temps.

   Même si certains seconds rôles sont un peu caricaturaux, j'ai trouvé l'ensemble tout à fait regardable, avec notamment de belles scènes sub-aquatiques (tournées en studio, en Belgique). C'est un peu meilleur que les polars du samedi soir de France 3.

mercredi, 30 juillet 2025

Ms Fisher (suite)

   Chérie 25 poursuit la diffusion de cette série australienne. Après nous avoir proposé (ces dernières semaines) les quatre épisodes de la saison 1, samedi 26, on est passé à la seconde saison, avec deux inédits.

   Mort à dessein met en scène une "communauté" de personnes aisées, se voulant avant-gardistes... et adeptes de l'amour libre. Le problème est qu'un matin, l'époux de l'hôtesse d'une soirée échangiste est retrouvé mort, dans le sauna privé, en compagnie d'une des invitées. L'enquête s'avère difficile pour Steed et Fisher, les souvenirs de la soirée précédente étant quelques peu embrumés, dans l'esprit des témoins/suspects. Dans le même temps, on découvre que la relation entre l'inspecteur et la détective s'est approfondie... mais Peregrine, bien qu'amoureuse du policier, aimerait garder son entière liberté. (Elle semble même émoustillée par le mode de vie des participants à la soirée...)

   Meurtres et fiançailles nous plonge dans l'univers impitoyable de Dallas des hôtesses de l'air. L'une d'entre elles, destinée à devenir l'égérie d'une compagnie aérienne, est retrouvée morte. Les indices sont nombreux, mais difficiles à interpréter par James et Peregrine, d'autant que celui-là a fait sa demande à celle-ci. La jeune femme est très tentée de s'engager avec un homme qu'elle perçoit comme charmant, fiable et respectueux, mais elle voudrait en même temps tout garder de sa vie de célibataire...

   Pendant quelques jours, il est encore possible de visionner les deux derniers épisodes de la saison 1, Meurtre du troisième type et Mort aux petits oignons. Il est à noter que ces épisodes sont plus longs que ceux de la seconde saison : 1h20-1h25 contre 40-45 minutes (hors publicités), ce qui fait que les huit épisodes de la saison 2 sont au final de la même longueur que les quatre de la saison 1.

   Samedi 2 août sont programmés deux autres inédits : Mariage de sang (qui va renvoyer le charmant inspecteur dans sa région d'origine, au contact de son ex-petite amie) et Meurtre au club canin, à l'intrigue sans doute plus cocasse (Peregrine envisageant d'adopter un chien, plus facile à gérer qu'un potentiel époux).

vendredi, 25 juillet 2025

Les Nouvelles Enquêtes de Miss Fisher

   Il y a une dizaine d'années, France Télévisions avait diffusé une intéressante série australienne, Miss Fisher enquête, dont l'action se déroulait dans les années 1920, au pays du kangourou. Après trois saisons, la série s'était conclue par un long-métrage, Miss Fisher et le tombeau des larmes.

   Cet été débarque sur nos écrans (sur Chérie 25) une série dérivée, intitulée (en français) Les Nouvelles Enquêtes de Miss Fisher (Ms Fisher Modern Murder Mysteries dans la version originale). L'action se déroule environ 35 ans après celle de la "série mère". Dès le début du premier épisode (La Victime est la mariée, déjà diffusé deux fois par la chaîne française), on apprend que Phryne Fisher (l'héroïne d'origine) a disparu, sans doute morte. A cette occasion, on découvre qu'elle avait une sœur... et même une nièce, celle-ci héritant des biens de Phryne.

   Les concepteurs de cette lointaine suite ont essayé de garder le maximum d'ingrédients de la série d'origine : la nouvelle enquêtrice (Peregrene) est tout aussi féministe que sa tante et, grâce à l'héritage de celle-ci, elle va vivre dans une certaine aisance financière, qui lui laisse la possibilité de mener sa vie à sa guise... et de traquer des criminels.

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   Sans surprise, la jeune femme va collaborer avec un séduisant inspecteur (qui s'appelle Steed, mais ne porte pas de chapeau-melon), lui-même tombant sous son charme. Dans les deux rôles clés, Geraldine Hakewill et Joel Jackson sont mignons, mais je dois dire qu'ils ne font pas oublier le tandem formé par Essie Davis et Nathan Page, qui était plus piquant.

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   Cette qualité de la série d'origine est plus perceptible dans le fonctionnement de la petite troupe qui entoure l'héroïne, le Club des aventurières, composé de femmes d'action et de brillantes intellectuelles, toutes féministes bien entendu. Un homme se joint à la troupe. C'est une sorte de "Q" (un bricoleur de génie). Il est aussi le frère de la présidente du club... et secrètement amoureux de l'une des membres. Du côté des antagonistes, il faut signaler la présence d'un inspecteur-chef misogyne (et grossier). Ce dénommé Sparrow est le supérieur hiérarchique du charmant James Steed.

   A l'heure où j'écris ces lignes, les épisodes 2, 3 et 4 de la première saison (qui n'en comporte que 4) sont disponibles en replay.

   Intitulé Meurtre en rythme, l'épisode 2 débute par la mort (par électrocution) de deux jeunes vedettes. Le principal suspect n'est autre que l'ex-petit ami de Peregrine... et l'inspecteur Steed, un tantinet jaloux, mène l'enquête officielle. Peregrine s'incruste dans l'équipe de télévision, la chaîne appartenant à une femme très riche, Edwina Maddox. A travers la famille de celle-ci, je pense que les auteurs de l'épisode ont voulu faire allusion aux Murdoch (dont l'empire médiatique dépasse largement les frontières de l'Australie). En arrière-plan se trouve aussi la pénétration de la mafia calabraise, la 'Ndrangheta.

   On change complètement d'ambiance avec le troisième épisode, Meurtre du troisième type. Le titre français est particulièrement bien choisi, puisqu'il va être question d'une possible présence extra-terrestre (avec allusion aux Envahisseurs), mais aussi d'expériences scientifiques et d'espionnage, en pleine période de Guerre froide. L'intrigue est vraiment passionnante, même si je trouve que l'héroïne arrive un peu trop facilement à s'infiltrer partout où elle veut.

   Le quatrième épisode, Mort aux petits oignons, baigne dans le milieu culinaire. Les téléspectateurs du XXIe siècle penseront inévitablement à la flopée d'émissions mettant en scène d'apprentis cuistots (ou pâtissiers). Soixante ans plus tôt, il est plutôt question de cours de cuisine, d'immigration... et de commerce illicite.

   Samedi 26 juillet commencera la diffusion de la deuxième et dernière saison, composée de huit épisodes. La série s'est arrêtée en 2021. C'est un agréable divertissement, avec un habillage (costumes, décors, musique) vintage, et des valeurs portées en étendard. Pour moi, il n'atteint pas le niveau de la série d'origine. A titre de comparaison, je trouve que les Français avaient fait un meilleur boulot avec Les Petits Meurtres d'Agatha Christie, ceux de la deuxième époque (située fin des années 1950-début des années 1960) comme ceux de la troisième (la plus percutante, dont l'action se déroule au début des années 1970).

lundi, 23 juin 2025

Enquêtes au paradis

   Ce lundi, France 2 commence la diffusion d'une nouvelle série, dérivée de Meurtres au paradis. Il y a quelques mois, on avait déjà eu droit à la décevante Mystères au paradis (Beyond paradise), qui a pour héros l'un des anciens inspecteurs de la série principale, retourné dans son Angleterre natale. Cette fois-ci, c'est en Australie que le spin-off a été tourné, avec une protagoniste inédite, l'inspectrice Mackenzie Clarke, interprétée par Anna Samson.

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   Cette comédienne (inconnue au bataillon) est une Australienne d'origine britannique, ce qui a dû peser dans son recrutement, le personnage qu'elle interprète évoluant entre les deux pays. Pour une raison qu'on ignore au début de la saison 1, elle a quitté sa petite ville d'origine (une station balnéaire de la côte sud-est de l'Australie, entre Sydney et Wollongong) six ans auparavant.

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   Dans le premier épisode (diffusé ce lundi), Un meurtre impossible, l'héroïne est de retour au pays, là aussi pour une raison qu'on ignore. (Dans la version originale, la série a pour titre Return to paradise.) Le lien avec la série mère est établi grâce à un coup de fil passé à son supérieur, au Royaume-Uni, dans lequel les fans reconnaîtront l'inspecteur Jack Mooney, qui a officié pendant trois saisons à Sainte Lucie.

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   Celle que l'on surnomme "Mac" va devoir prolonger son séjour en Australie, où elle n'est pas forcément bien accueillie par ceux qui la connaissent. Elle va s'intégrer à l'équipe de police locale, composée de personnages hauts en couleur : le cheffe de poste est assez autoritaire, l'autre inspecteur est un sympathique barbu, bedonnant, pas très brillant enquêteur. Ils sont assistés par un agent d'origine maorie et une "volontaire civile", une enseignante retraitée habilitée à aider les forces de l'ordre. Prénommée Reggie, elle est un peu la commère du poste de police.

   A cette petite équipe se joint, de temps à autre, le médecin-légiste, un bogosse musclé (et surfeur)... qui n'est autre que l'ex-petit ami de l'héroïne.

   Dans le deuxième épisode, intitulé Raide mort, les policiers enquêtent sur le décès suspect d'un influenceur, à l'issue d'une course locale. Le mystère n'est pas très difficile à éclaircir (contrairement à celui du premier épisode), mais l'intérêt réside dans les méthodes employées par Mac. Cette jeune femme est brillante, tenace, obsédée par le moindre détail. Elle n'est cependant pas très douée pour les relations humaines. Ses interactions avec ses collègues comme avec les autres habitants de la ville ne manquent pas de saveur.

   C'est aussi au cours de cet épisode que l'on découvre un nouveau personnage important, Frankie... un chien, plus précisément une chienne, de race Kelpie :

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   L'animal est adorable, très attachée à Mac.

   Dans les semaines à venir, les épisodes 3 à 6 de la saison 1 seront diffusés. Dans l'épisode 3 (Au bout du rouleau), dont l'intrigue a pour cadre un salon de coiffure, l'enquêtrice va devoir faire preuve de toute sa sagacité pour parvenir à démontrer comment l'assassin a commis son crime. Même si la conclusion est un peu "tirée par les cheveux", elle ne manque pas de saveur.

   Dans l'épisode 4 (Un Climat mortel), les policiers doivent élucider le meurtre d'un activiste écologiste. L'un des indices clés est quelque peu... odorant :

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   Dans l'épisode 5 (Le Tir du Bushranger), il est question d'une partie de bowling en plein air, un jeu à mi-chemin entre le curling et la pétanque, qui se joue sur... du gazon. L'intrigue fait intervenir une légende locale, celle d'un bandit de grand chemin qui redistribuait aux pauvres une partie de ce qu'il volait aux riches. (Cela semble inspiré de la vie d'un certain Ned Kelly.)

   Dans le sixième et dernier épisode de la saison 1 (Le Fantôme de la mine), Mac et ses collègues tentent de résoudre un problème en apparence insoluble : le faux suicide d'un homme enfermé à double tour dans une pièce ne disposant que d'une issue. Ce meurtre en chambre close est un classique des fictions policières. L'enquête est menée tambour battant par Mac, attentive au moindre détail.

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   J'aime beaucoup la manière dont la comédienne incarne cette policière atypique. Elle est d'une beauté peu classique, avec son vissage osseux, et elle porte avec beaucoup d'élégance le gilet de costume. C'est évidemment à écouter en version originale sous-titrée, notamment pour profiter des accents.

   A la fin de cette saison, l'héroïne hésite à retourner à Londres. En Australie, ils ont déjà eu droit à la saison 2. J'espère qu'elle débarquera bientôt sur la télé publique.

vendredi, 20 juin 2025

A l'instinct

   C'est le titre d'une nouvelle série policière, dont l'épisode pilote avait été diffusé en 2023, sur France 2. (Il est reprogrammé vendredi 27 juin prochain.) Deux épisodes inédits nous sont proposés ce mois-ci, avec une distribution modifiée.

   Commençons par l'épisode pilote, accessible en ligne (comme les suivants, d'ailleurs). Il met en scène la rencontre entre deux capitaines presque diamétralement opposés, le Guyanais Téva Royer et la Métropolitaine Ana Kerjouan. Le premier est noir, instinctif, calme, attentif aux informations données par la nature (et pas fermé au surnaturel). La seconde est blanche, cartésienne, branchée technologie, nerveuse et pointilleuse quant à la procédure.

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   J'ai eu un peu peur au début. J'avais l'impression qu'on me proposait un énième duo d'enquêteurs mal assortis, destinés finalement à bien s'entendre (voire plus si affinités). De plus, je trouvais un peu gênante cette forme d'essentialisation, l'homme noir paraissant surtout physique, la femme blanche plus intellectuelle. Mais le binôme d'acteurs (Christopher Bayemi - Charlie Bruneau) emporte le morceau. Ils sont très bons, percutants et le scénario est suffisamment élaboré pour maintenir l'attention.

   La semaine dernière, en regardant le nouvel épisode, En eaux profondes, j'ai eu la surprise de constater que la distribution avait été modifiée. Exit la capitaine nantaise et toute son équipe. Bayemi/Royer, installé en région lyonnaise, travaille désormais avec une commandante brute de décoffrage (qui cache un cœur tendre, bien entendu), incarnée par Juliette Plumecocq-Mech. Elle, je l'adore et je trouve que son association avec Christopher Bayemi fonctionne particulièrement bien.

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   L'intrigue est tortueuse : deux accidents mortels se produisent, à un an d'intervalle, au même endroit. Ce n'est évidemment pas un hasard, mais il va falloir beaucoup d'obstination aux enquêteurs pour dénouer les fils de l'écheveau. Un étrange centre thérapeutique semble jouer un rôle dans cette histoire, tout comme la pratique de l'hypnose.

   Ce vendredi 20 juin est diffusé le troisième épisode, La Mort en marche. On retrouve avec plaisir le binôme formé la fois précédente, avec des liens qui commencent à se tisser... mais pas comme dans les autres séries policières auxquelles nous avons été accoutumés. L'intrigue est très mystérieuse, faisant intervenir des croyances traditionnelles des Antilles (plus précisément d'Haïti), notamment le vaudou. C'est habilement mis en scène, sans effet tape-à-l’œil et l'on a droit à une scène très forte entre les deux héros.

   Ce n'est pas tout à fait du niveau d'Astrid et Raphaëlle, mais c'est bien meilleur que HPI, Capitaine Marleau et les demi-bouses du samedi soir.

dimanche, 11 mai 2025

La Règle de trois

   C'est le titre de l'épisode inédit de la série McDonald & Dodds que diffuse France 3 ce soir. (Il est déjà disponible en ligne.) C'est l'avant-dernier de la saison 4... et l'avant-dernier tout court, puisqu'il n'y a pas eu (jusqu'à présent) de saison 5.

   Cela commence de manière inhabituelle, puisqu'on voit l'équipe de policiers conclure une enquête, sur le meurtre d'une journaliste, au cours d'une soirée qui s'est déroulée chez elle. Le binôme d'officiers est tout content d'avoir assemblé témoignages et preuves matérielles, à défaut d'avoir des aveux de la coupable présumée.

   Ils ont à peine le temps de se réjouir des (rares) félicitations de leur supérieure hiérarchique (une commissaire pète-sec) qu'ils apprennent qu'un nouveau meurtre s'est produit. La victime est une femme disparue il y a 38 ans... et les premiers éléments de cette nouvelle enquête la relient à la précédente, au point de remettre en cause ses conclusions.

   Le scénario est l'un des plus retors qu'il m'ait été donné de voir dans une série policière. Le titre fait allusion à un élément décisif de l'intrigue. Au total, il n'y a pas eu deux, mais trois meurtres, et le chiffre trois revient malicieusement, à plusieurs reprises, au cours de l'enquête : à l'entrée d'une maison, sur une petite pièce à conviction, sur la porte d'une salle d'interrogatoire...

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   Les dialogues sont toujours aussi savoureux (de préférence en version originale sous-titrée). Dans cet épisode, le sergent Dodds aide sa collègue à régler quelques soucis familiaux... et doit résoudre un autre mystère, celui de la disparition, au poste, de son fauteuil attitré, qu'il avait réglé pour lui. La conclusion de cette investigation secondaire sera à peine moins surprenante que celle de l'autre...

dimanche, 04 mai 2025

McDonald & Dodds, saison 4

   Presque un an jour pour jour après la diffusion de la troisième saison, France 3 nous propose le début de la quatrième... et, hélas, dernière saison de cette piquante série britannique.

   Au programme, ce dimanche soir, un seul épisode inédit : Jinxy chante le Blues, qui nous balade entre le Mississippi de 1932 et la ville de Bath (dont l'équipe de rugby vient de se qualifier pour la finale du Challenge européen), de nos jours.

   Tout le talent des scénaristes a consisté à bâtir une intrigue mêlant la naissance du Blues dans l'Amérique ségrégationniste à la vie en apparence tranquille (voire "pépère") des habitants de classe moyenne d'une cité bourgeoise.

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      Tala Gouveia (McDonald) et Jason Watkins (Dodds) campent toujours aussi bien leurs personnages aux tempéraments aussi complémentaires que contrastés. Cette fois-ci, l'enquête touche personnellement l'inspecteur Dodds, puisque l'une des victimes est un ami proche. Parmi les suspects du double meurtre figurent un chauffeur de bus, une brochette de passagers (notamment un ancien militaire et une aide à domicile), un duo d'antiquaires et un historien (anglo-américain) du Blues.

   Le scénario est particulièrement retors, les acteurs convaincants et la mise en scène efficace, parfois inventive, sur certains détails.

   Je me suis régalé, ce qui me fait d'autant plus déplorer l'arrêt de la série, décidé par la chaîne ITV en raison d'audiences insuffisantes.

   P.S. 1

   En accédant à l'article auquel mène le lien ci-dessus, vous apprendrez que d'autres captivantes séries britanniques sont toujours "en service", à commencer par Unforgotten et The Bay. Toutefois, la télévision française en a interrompu la diffusion, nous privant (pour l'instant) des saisons les plus récentes.

   P.S. 2

   Les téléspectateurs français vont bientôt revoir Tala Gouveia, puisqu'elle figure au casting de la saison 14 de Meurtres au paradis (dans l'épisode 6). France 2 en démarre la diffusion ce lundi 5 mai. On espère que cette nouvelle saison sera, à tout le moins, plus élaborée que le "produit dérivé" qui nous a été récemment servi : Mystères au paradis (Beyond Paradise dans la V.O.), avec Kris Marshall (l'inspecteur-chef Goodman retourné au Royaume-Uni). J'ai trouvé ce spin-off plutôt fade.

jeudi, 03 avril 2025

37 secondes

   C'est le temps qu'aurait mis le chalutier le Bugaled Breizh pour couler, dans une mer peu agitée, le 15 janvier 2004. C'est aussi le titre de la mini-série consacrée au drame, en partie documentaire, en partie fictionnelle, dont Arte vient d'engager la diffusion. (L'intégralité des épisodes est déjà accessible.)

   A l'époque, je m'étais intéressé à l'affaire et, quelques années plus tard, j'avais même acheté le bouquin cosigné par un journaliste de l'émission Complément d'enquête.

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   Dans la mini-série, le nombre des personnages, leur identité réelle et une partie de leurs relations (pour ce que j'en sais) ont été modifiés, pour servir la dramaturgie. En revanche, pour ce qui a trait au naufrage, le scénario reconstitue assez minutieusement les détails de l'enquête et des procès. Je trouve ce mélange excellemment réussi.

   Au niveau des acteurs, on a clairement misé sur un duo gagnant, composé de Mathieu Demy (en avocat tenace et bienveillant) et Nina Meurisse (déjà très bien dans L'Histoire de Souleymane), qui crève l'écran en employée d'une usine de poissons, belle-sœur d'un des disparus et qui va devenir l'une des chevilles ouvrières de la lutte pour faire éclater la vérité.

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   Il m'est impossible ici de nommer la pléiade de seconds rôles bien incarnés. Des employées de l'usine au premier juge d'instruction (campé par Pierre-François Garel), en passant par un amiral à la retraite, un peu vieille France... mais farouchement attaché à la justice (Laurent Poitrenaux, génial), on se régale devant ce foisonnement de personnages qui sonnent authentiques.

   Les épisodes rendent aussi hommage à une France d'en-bas, composée de travailleurs modestes (certes, un peu trop portés sur l'alcool), aux personnalités attachantes, malgré leurs défauts. C'est d'ailleurs une autre qualité du film : ne pas tomber dans l'angélisme. Les familles des victimes constituent un groupe hétérogène, travaillé par des tensions.

   Enfin, ces six épisodes proposent un superbe portrait d'une femme, Marie Madec (visiblement inspirée de Nathalie Gloaguen). Celle-ci a subi une forme de déterminisme géographique et social : issue d'un milieu modeste, elle n'a guère prolongé sa scolarité et elle s'est finalement mise en ménage avec un mec du coin, pas le pire, mais sans doute pas le meilleur. Son investissement dans le combat judiciaire va lui ouvrir de nouveaux horizons... La mise en scène et le montage suggèrent qu'elle a une raison encore plus personnelle de vouloir faire toute la lumière sur cette affaire : c'est elle qui a persuadé, le jour du naufrage, son jeune beau-frère de partir en mer sur le Bugaled...

   C'est fort, parfois émotionnellement très remuant, et instructif. Cette fiction française est digne des meilleures productions britanniques. (Encore une fois bravo Arte !)

mardi, 25 mars 2025

Carpe Diem

   Saisir le jour présent, c'est ce qu'a décidé de faire Tom Villeneuve, qui sort de 17 ans de taule, pour un crime (l'assassinat de son épouse) qu'il jure ne pas avoir commis. En prison, il a repris ses études et, à peine libéré, ouvre son cabinet d'avocat. Il a bien sûr en tête l'idée de relancer la procédure concernant son affaire, mais il compte aussi faire bénéficier de son expérience particulière des accusés qui n'ont pas toujours les moyens de lutter à armes égales avec la police ou la justice.

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   Dans le rôle de cet avocat hors-norme, Samuel Le Bihan est en pleine forme. Il incarne avec générosité et fougue (à défaut d'être un acteur irréprochable) ce personnage sans complexe, plutôt bien sapé, grande gueule et assez courageux.

   Il se constitue rapidement une petite équipe, composée de deux assistants :

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    A gauche ci-dessus se trouve Simon (Henri Giey, très bien dans un rôle convenu), un fils à sa maman, plutôt coincé, mais travailleur et bon juriste. Il admire son nouveau patron, au contraire de sa collègue, Sigourney, une pétulante jeune avocate, qui, au départ, ne voit sa collaboration avec Villeneuve que comme un tremplin dans sa carrière juridique. Elle est incarnée par Jisca Kalvanda, que je trouve excellente. Elle contribue à dynamiser certaines scènes.

   Deux autres personnages vont assister, plus ou moins volontairement, le nouvel avocat : le directeur de l'hôtel de luxe où il s'incruste et une charmante (mais vigilante) capitaine de police, qui se met petit à petit à croire à son histoire... et ne semble pas totalement insensible à son charme :

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   Le premier est merveilleusement incarné par Marc Andreoni, tout en faconde et obséquiosité. La seconde a le charme et la perspicacité de Barbara Schulz, dont on peut actuellement voir (sur grand écran) Le Secret de Kheops.

   D'autre seconds rôles viennent épicer l'intrigue : un voisin de quartier ventripotent (qui s'incruste régulièrement dans le vieux conteneur qui sert de bureau aux juristes), un beau-père d'apparence hyper-rigide (interprété avec son talent habituel par Féodor Atkine) et deux policiers pas très futés (surnommés Starsky et Hutch par le héros)...

   Le tout se déroule aux alentours de Nice, filmée comme une petite Floride méditerranéenne, très colorée, sur une musique entraînante. Les enquêtes ne sont pas bâclées et l'humour est omniprésent.

   Quelques mois après le début de la diffusion d'Elsbeth et de Panda, TF1 confirme un certain goût dans le choix de ses comédies policières.

   P.S.

   Les six épisodes constituant la première saison de Carpe Diem sont disponibles (gratuitement) sur TF1+.