dimanche, 05 février 2012
Parlez-moi de vous
C'est le premier long métrage de Pierre Pinaud, un cinéaste qui a du mal à percer, même s'il a reçu en 2009 le César du meilleur court-métrage, pour un film original : Les Miettes (un noir et blanc très "social", où l'on sent notamment l'influence de Charlie Chaplin).
Ici, Karin Viard interprète une animatrice radio de nuit, qui dialogue en direct avec des auditeurs en mal être. On pense immédiatement à Macha Béranger, qu'on peut réentendre dans plusieurs émissions mises en ligne sur ce site.
Le personnage de Mélina n'est toutefois pas un décalque de l'ancienne égérie des "sans-sommeil" ; elle n'en a ni la voix rauque (contrairement à l'une de ses assistantes dans le film) ni les chapeaux extravagants. Mais elle a son côté guindé, bourgeois, associé à une grande qualité d'écoute.
Le film réussit, grâce -à mon avis- à son interprète principale, à restituer un peu de l'atmosphère de ces soirées / nuits de confidences. Il y a les rituels suivis par l'animatrice, hypermaniaque et phobique. Il y a sa voix, chaude et douce. La réalisation, habile, filme souvent en gros plan. Une scène est particulièrement réussie : Mélina accueille à l'antenne une ancienne camarade d'orphelinat, qui raconte comment elle était fascinée, des années auparavant, par le jeu de cette fille un peu plus âgée, qui, une fois les bonnes soeurs couchées, rassemblait ses camarades derrière un drap tendu et animait une émission de radio fictive. Tout se lit sur le visage de Karin Viard.
L'autre partie de l'histoire est la quête du personnage principal, qui recherche sa mère, qui l'a abandonnée dans cet orphelinat. Elle parvient à en retrouver la trace, mais veut la côtoyer sans, dans un premier temps, se présenter. Cela nous vaut un portrait de gens modestes, dans la région parisienne. Vous savez, ces Français moyens, aujourd'hui retraités, gens de peu qui, à force de travail et d'économies, ont fini par devenir propriétaires d'une petite baraque.
Le film mérite le détour pour le contraste qu'il met en scène, entre cette vedette de la radio (anonyme : on ne connaît pas son visage), riche (elle vit dans le XVIe arrondissement de Paris), et ce milieu modeste, qui s'investit dans le caritatif.
L'histoire se complique quand une relation semble sur le point de se nouer entre l'héroïne et le jeune Lucas (Nicolas Duvauchelle, déjà présent avec Karin Viard dans Polisse).
Tout cela s'entremêle. On attend le dénouement... qui surprend, avec une scène étonnante dans un hôpital.
P.S.
Le film est dédié à Nadia Barentin (l'actrice qui incarne la mère de l'héroïne), décédée peu après le tournage.
13:06 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film
samedi, 04 février 2012
Groland et Jeanne d'Arc
L'émission de cette semaine est riche en réflexions philosophiques de haute tenue. A mon grand regret, Jeanne d'Arc est associée à Marine Le Pen et à l'un de ses chevaux de bataille :
Je reconnais toutefois que cela ne manque pas d'à-propos. L'extrême-droite est aussi la cible des farceurs de Canal+ à travers l'histoire de ce tableau d'Hitler racheté pour plus de 30 000 euros.
La suite est plus enlevée avec une innovation dans le secteur des pompes funèbres, dont voici une illustration :
L'émission n'échappe pas au contexte économique difficile, qui la conduit à régulièrement proposer ses conseils pour relancer la consommation :
C'est dans le secteur hospitalier que l'imagination est la plus débridée, la course aux économies poussant les autorités à suggérer de nouveaux moyens de soigner les pauvres...
Cette émission est aussi l'occasion de révéler la véritable cause de la mine triste du président Sarkozy lors de son récent passage en Guyane :
Sans dévoiler l'exclusivité, je peux dire qu'il est question d'un orpailleur, que l'inénarrable Michael Kael a rencontré au fin fond de la jungle...
Comme l'équipe de Groland se pique de nouvelles technologies, on ne sera pas étonné de la voir faire la promotion d'un tout nouveau concept high tech :
Enfin, la séquence de rappel des titres est l'occasion d'évoquer les sondages politiques français :
23:25 Publié dans Jeanne d'Arc, Politique, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : médias, humour, actualite, actualité
jeudi, 02 février 2012
Sherlock Holmes 2 - Jeux d'ombres
Je n'ai pas vu le premier film dans lequel Robert Downey Jr et Jude Law redonnent vie au duo le plus mythique du roman policier : Sherlock Holmes et le docteur Watson. Les extraits diffusés à l'époque (et même d'autres depuis) m'ont fait craindre le pire : la dénaturation des principes fondamentaux des intrigues policières. Ici, c'est la confrontation avec le professeur Moriarty qui m'a attiré.
Le duo d'enquêteurs fonctionne très bien. C'est pour moi la grande qualité du film : recréer ce couple, avec un Watson plus "moderne" et un Holmes plus "djeunse". Leurs quasi-disputes conjugales sont exquises et l'on prend plaisir à les voir se chamailler.
L'intrigue n'est pas des plus élaborées, mais elle laisse la place à quelques séquences très bien foutues, notamment celle du train, qui oscille entre La Cage aux folles et Die hard 4 et celle tournée à l'intérieur de l'usine allemande, enlevée et pleine de rebondissements. J'ai aussi beaucoup apprécié l'enterrement de la vie de garçon de Watson et le finale dans le château suisse.
Aux acteurs principaux s'ajoutent deux excellents seconds rôles, Noomi Rapace (oui, Lisbeth Salander, la seule, la vraie, l'unique) en bohémienne pleine de ressources et Stephen Fry, qui incarne avec désinvolture un Mycroft Holmes totalement décomplexé !
Par contre, j'ai peu goûté l'abus de ralentis. Je comprends qu'on ait choisi cette technique pour nous faire toucher du doigt l'extraordinaire faculté d'observation du héros, mais, franchement, là, c'est trop. Et je ne parle pas des scènes de baston survitaminées. On nous fait de ce champion de la déduction, plutôt enquêteur en chambre, un roi de la castagne. C'est la principale limite de ce film, qui, à trop vouloir séduire un certain public, rate parfois sa cible.
23:28 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cinéma, cinema, film
mercredi, 01 février 2012
Premières neiges à Rodez
Le chef-lieu aveyronnais a connu mardi ses chutes de neige les plus importantes depuis 2010. Comme il fait froid depuis, la couverture ouatée se maintient là où la circulation routière n'est pas trop dense.
Les berges de l'Aveyron se sont ainsi retrouvées soigneusement enveloppées, comme à proximité du gué de Salelles :
En dépit du temps couvert, on distingue sans peine, dans le ciel, les fumées qui émanent de la zone industrielle, celles provenant de l'usine Bosch étant perceptibles sur la partie gauche de la photographie. Mais faisons demi-tour et reprenons notre promenade en direction de Layoule.
On croise peu de monde en cette fin d'après-midi. Les rencontres les plus fréquentes sont celles de volatiles : corbeaux, oiseaux divers cherchant leur pitance. Les canards se laissent un peu plus approcher, mais ont quand même la prudence de rapidement se réfugier dans les eaux froides de l'Aveyron.
Me voici arrivé à l'entrée de Layoule :
Vient le moment de regagner le centre-ville. Il faut emprunter l'un des chemins rendus célèbres par la "montée Piton", le chemin Pré-Conquet, en direction de l'avenue de Montpellier. Au dénivelé s'ajoute la pénibilité de la marche, rendue plus ardue par l'enneigement :
La seconde côte, dite du Maroc (qui mène aux horribles bâtiments du foyer d'hébergement d'urgence), a par contre été partiellement déblayée. Cela rend la fin de parcours moins chaotique.
D'en haut, la vue mérite le détour :
En regardant bien, on aperçoit encore les Ruthénois qui se sont précipités pour dévaler les pentes de Layoule à coups de luge :
A présent, direction la vieille ville, sous l'oeil vigilant de gardiens qui ont besoin de se réchauffer :
Me voilà arrivé à proximité de la cathédrale, au clocher majestueux quel que soit l'angle de prise de vue :
Les rues sont par contre boueuses, sans charme particulier. Il commence à faire sombre. Un retour au bercail s'impose, suivi d'une bonne soupe chaude !
17:22 Publié dans Aveyron, mon amour, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, actualite, photo








