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vendredi, 12 juillet 2019

Anna

   Et si on parlait de cinéma, pour commencer ? Anna est un film d'action baignant dans une ambiance de Guerre froide (et post-Guerre froide). On y suit les tribulations d'une espionne-mannequin-ancienne droguée-bisexuelle russe... enfin, c'est pas sûr à 100 %. Tout le film est nimbé de faux-semblants... et c'est bien comme ça.

   Le petit malin du fond me dit que cela ressemble quand même un peu au récent Red Sparrow. Il a pas tort. Mais je lui réponds que ce film-là (Anna) est meilleur pour deux raisons : dans la version originale (disponible au cinéma de Rodez, chouette !), on entend les personnages soviétiques parler russe (pas tous, hélas) et l'actrice principale (Sasha Luss) fait une meilleure prestation que Jennifer Lawrence. (Désolé pour les fans de la grande bringue oscarisée et surcotée.)

   Au niveau de l'action, on est assez bien servi. Pendant la Fête du cinéma, les clients des établissements CGR ont eu l'immense privilège de pouvoir visionner, en plus de la bande-annonce, la majeure partie de LA scène de baston d'Anna, celle du restaurant. C'est chorégraphié au millimètre, avec plein de sauce tomate et de verre brisé. Mes compliments à la doublure-cascade de Sasha Luss (Aurélia Agel, une Lotoise), qui a fait un boulot remarquable ! (On pense à Sofia Boutella dans Hôtel Artemis et à Charlize Theron dans Atomic Blonde, qui reste à mon avis plus abouti.)

   J'ajoute que le scénario et le montage sont malins. A plusieurs reprises, on nous propose deux versions d'une même scène, selon deux points de vue différents. Quand on sait dans quel milieu se déroule l'intrigue, c'est parfaitement justifié. Les acteurs sont bons, qu'ils s'expriment en anglais ou en russe (voire en français, puisque l'action se passe en partie à Paris).

   A la réflexion, je pense qu'il vaut mieux voir ce film en version doublée. Ainsi, on entendra tous les personnages russes s'exprimer en français avec un accent d'Europe de l'Est... alors que dans la version originale, Helen Mirren et et Luke Evans (qui incarnent des cadres du KGB/FSB) s'expriment principalement en anglais (avec un accent). Je me dois aussi de signaler une erreur grossière : dans l'un des retours en arrière, on voit l'héroïne utiliser un ordinateur portable avec une connexion internet à distance... dès la fin des années 1980 !

   Si l'on fait abstraction de ces éléments, on peut prendre plaisir à suivre les efforts fournis par une femme exceptionnelle pour devenir libre, quel qu'en soit le prix.

   P.S.

   Passons au dessert : le contexte qui entoure la sortie de ce film. Pour différentes raisons, Luc Besson était attendu au tournant. Tout d'abord, depuis plusieurs semaines, on ne cesse d'entendre (et de lire) que le cinéaste doit se remettre de l'échec de Valérian. Euh... faut voir ce qu'on appelle échec. Sur le plan financier, c'est incontestable : le film n'a pas été rentable... mais, en France, il a attiré 4 millions de spectateurs dans les salles (ce qui fait de lui le cinquième plus gros succès de l'année 2017, juste derrière le film d'animation Coco). D'un point de vue artistique, Valérian est pour moi une réussite. Ce fut un réel plaisir que de le voir dans une grande salle. Besson a gardé son talent de créateur d'images, alors que tant de ses confrères hexagonaux pondent des films imbitables sur des sujets à la mode, réalisés avec les pieds.

   Il reste les accusations d'agressions sexuelles... quasiment toutes anonymes. La seule qui les a portées sans masque (Sand Van Roy) a vu ses plaintes se faire classer sans suite il y a plusieurs mois... ce qui n'a pas empêché mon quotidien de prédilection de remettre le couvert à l'occasion de la sortie d'Anna. Dans le numéro daté de mercredi, Le Monde a consacré une double-page (pas moins) à la "thématique Besson" :

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   L'article principal, censé être une critique du film, est surtout consacré à la personnalité de Luc Besson. C'est hors-sujet pour traiter d'Anna, mais si le but est de descendre le film... Au dessous, un deuxième papier pointe les difficultés d'EuropaCorp, le lecteur peinant à trouver le moindre aspect positif dans ce nouvel article à charge. Le coup de grâce est asséné page suivante, par un entretien avec... Sand Van Roy. On pourrait penser qu'il va surtout être question de ses (courtes) scènes, situées au début du film. Eh bien non...

   Que tout cela est petit !

 

00:10 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

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