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lundi, 25 mai 2026

Les Goûteuses d'Hitler

   Le dictateur allemand vivait dans la crainte d'être assassiné. Les historiens estiment qu'il aurait échappé, au total, à une quarantaine de tentatives, les plus célèbres étant celle de Georg Elser et celle du colonel von Stauffenberg, déjà représentées au cinéma.

   Voilà pourquoi, en 1943, en Prusse orientale, une équipe de jeunes Allemandes a été recrutée de force par la SS pour goûter les plats préparés pour les repas d'Hitler. Le film adapte le (passionnant) roman de Rosella Postorino, lui-même inspiré de la vie de Margot Wölk.

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   Sur la forme, le début ressemble un peu à une pièce de théâtre, avec ces femmes disposées de manière géométrique autour d'une grande table. Notons que, dans la réalité, elles étaient quinze, contre dix dans le roman, et sept ici, un choix qui se justifie peut-être par la volonté de concentrer l'intrigue sur un petit nombre de personnalités marquantes, l'effectif impair permettant de disposer les femmes en quinconce de part et d'autre de la table, ce qui ouvrait des perspectives à la mise en scène.

   Le groupe est très disparate, avec des personnes âgées de dix-sept à quarante ans environ. Six des sept femmes sont ou ont été mariées, cinq ont eu au moins un enfant. L'héroïne, Rosa, est, avec Leni (la plus jeune), la seule à ne pas avoir accouché, son mari ayant été convoqué sous les drapeaux peu de temps après leur mariage.

   Les opinions politiques des goûteuses sont variées. Une minorité est qualifiée d' « enragées », des nazies convaincues, qui gobent toute la propagande. Rosa se garde de le dire, mais sa famille est plutôt dans le camp opposé, même si elle évite toute attitude contestataire. Déjà qu'elle est perçue comme à part par les autres femmes (parce qu'elle n'est pas originaire de la région)... Celles-ci (filles de paysans, pour la plupart) la surnomment « la Berlinoise » (terme péjoratif, équivalent de la Parisienne, chez nous).

   Une autre de ces femmes se détache : Elfriede, au caractère plus affirmé que Rosa, et qui cache aussi quelques secrets.

   En gros, le scénario suit les deux tiers de l'intrigue du roman, en éliminant certains aspects annexes (comme la relation avec une baronne, proche du comte von Stauffenberg). J'ai été un peu déçu par l'adaptation, d'abord parce qu'elle évacue l'humour parfois caustique du roman, ensuite parce que l'aspect "goûteuse" de l'intrigue passe souvent au second plan. Il est surtout question des relations entre ces femmes, l'objectif du réalisateur étant, à mon avis, de mettre en valeur l'esprit de "sororité". Il en vient à négliger certains éléments du roman, qui auraient pourtant pu rendre son film plus intéressant. Alors que l’œuvre d'origine est assez crue, j'ai trouvé son adaptation un peu aseptisée.

   Mais le film a le mérite de mettre au jour cette histoire incroyable, de surcroît bien portée par plusieurs interprètes, au premier rang desquels je place Elisa Schlott, qui incarne de manière convaincante une épouse esseulée, qui tente de survivre dans un monde d'hommes ultra-violents.

   P.S.

   Je n'ai pas aimé la fin, très différente de celle du roman (et de la réalité).