samedi, 06 juin 2026
Mata
Presque cinq ans après Mon Légionnaire, la réalisatrice Rachel Lang revient à ses amours militaires, mais, cette fois-ci, avec les services de renseignement au cœur de l'intrigue. La première séquence nous plonge dans une opération du service Action de la DGSE. Raphaël Personnaz et Eye Haïdara incarnent les deux agents, qu'on sent très proches. Je pense ne rien divulgâcher en ajoutant que la mission va foirer... et que ce sont les conséquences de cet échec qui occupent le reste de l'histoire.
Une bien belle distribution a été réunie. Autour des deux protagonistes, on croise Mélanie Laurent (brièvement), Hakim Jelimi, Joséphine Japy, Chloé Jouannet. Ça joue plutôt bien, y compris les figurants, quelques uns particulièrement inquiétants.
Le point faible est plutôt Eye Haïdara. Non qu'elle joue mal. Par son tempérament, elle est crédible en espionne... mais physiquement, il n'est pas vraisemblable qu'une telle brindille soit un agent de terrain (de surcroît dotée d'une telle coiffure). Ceci dit, la réalisatrice est habile : elle filme la comédienne plutôt en plan serré, ou en gros plan. Sinon, elle use habilement de la contre-plongée (sous différents angles), pour éviter de faire apparaître Mata trop petite ou trop fluette à côté de certaines grosses baraques. On ne la voit debout, de face, qu'à côté de personnages féminins.
Je pourrais ajouter la caractérisation du début, lorsque les deux agents sont au Maroc Niger : on insiste bien sur le fait que Mata rejette la féminité traditionnelle, qu'elle s'habille comme un mec... et que c'est son partenaire qui fait la lessive. (Je rassure les amateurs de glamour : plus tard dans l'histoire, on voit la jeune femme en habits de soirée.)
Ces réserves émises, on peut toutefois se plonger avec plaisir dans une intrigue complètement paranoïaque, qui fait intervenir divers services secrets, des djihadistes et une entreprise multinationale. C'est mystérieux à souhait... et bien filmé. J'aime la façon dont Rachel Lang construit ses plans, que ce soit dans le désert, à Paris, en Suisse (superbe séquence de carnaval), dans les locaux de la DGSE ou de la DGSI (le contre-espionnage français). On perçoit ici et là des références à d'autres films de genre. C'est prenant et, au final, j'ai plutôt aimé.
P.S.
Ceci constitue officiellement mon 4000e billet. Champagne !
10:21 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films


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