dimanche, 23 août 2026
The Good, the Bad and the Ugly
Cet été aura donc été celui de la ressortie de grands classiques du Septième Art. Ainsi, après la version restaurée (et intégrale) de Kill Bill, après celle de Lawrence d'Arabie, voici venu le tour de l'une des pépites de Sergio Leone, Le Bon, la Brute et le Truand (les Parisiens ayant eu droit, d'après dasola, à une projection d'Il était une fois en Amérique).
Ce fut la première fois que je voyais la version originale (sous-titrée) en salles, de surcroît augmentée de fragments de scènes qui avaient été coupés avant la sortie en France, en 1968 (presque deux ans après sa sortie en Italie, dont on célèbre le soixantième anniversaire).
Je pense que, quasi-totalité des lecteurs de ce billet ayant vu au moins une fois ce film à la télévision ou sur une plateforme, il n'est pas nécessaire que j'en détaille l'intrigue. Je vais plutôt insister sur ce qui doit inciter tout cinéphile qui se respecte à se ruer dans une salle obscure pour aller le voir, si d'aventure l'occasion se présente.
Comme David Lean, Sergio Leone sait filmer le désert et l'insérer dans son intrigue. Toujours marquante est la séquence qui voit Tuco (Eli Wallach, qui aurait mérité de recevoir un Oscar) se venger de "Blondin" (Clint Eastwood, à la fois triomphant et marqué comme jamais). C'est impitoyable et drôle, à l'image de ce film, spectaculaire, mystérieux, comique et inspirant.
La talent du metteur en scène est perceptible dès le début, lors de cette scène d'attente (qui annonce celle d'Il était une fois dans l'Ouest). Un trio de cavaliers menaçants est planté dans un bled paumé, à proximité d'un bar. Les gros plans ne permettent pas d'ignorer leurs trognes patibulaires (mais presque). La suite voit l'arrivée puis le surgissement de l'un des héros de cette histoire...
Je pense aussi à l'extraordinaire séquence du cimetière, que Leone et ses scénaristes placent dans la commune de Sad Hill (« Triste Colline »...). Cela commence par la recherche frénétique d'une tombe, parmi les quelque cinq mille. Cela continue par le mythique "duel à trois"... et cela se termine par la petite leçon donnée par l'un des rescapés à un autre.
La musique d'Ennio Morricone accompagne parfaitement l'intrigue... ou plutôt (la musique ayant été composée AVANT le tournage), les plans s'insèrent magnifiquement dans la musique.
C'est habilement écrit, brillamment réalisé... et très bien joué, par un inoubliable trio : Clint Eastwood (jeune, beau et taiseux), Lee Van Cleef (manipulateur et cruel) et Eli Wallach (ridicule et truculent... mon préféré).
A noter que cette histoire de cupidité, de mensonges et de lâcheté se double d'une dénonciation de la Guerre de Sécession, perçue comme stupide et inutilement meurtrière. Leone ne prend pas parti dans le conflit (et n'intègre pas de personnage afro-américain à son intrigue) et témoigne du respect aux combattants des deux camps.
Avec le recul, on constate qu'il y a bien, ici et là, quelques imperfections, mais cela reste marginal, dans une œuvre d'une grande ampleur, qui mérite d'être vue sur un (très) grand écran.
10:48 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

