vendredi, 19 octobre 2007
Michael Clayton
C'est produit (entre autres) par Steven Soderbergh, George Clooney et Sidney Pollack. Ce n'est donc pas un film de commande, plutôt un film de convictions... et c'est d'abord un film de genre : un polar, un polar économico-juridique même. Tout cela peut paraître rebutant, d'autant plus que l'histoire est alambiquée, comme toutes les grosses arnaques. Un conseil donc : si vous avez un pote un peu mou du bulbe, ne l'emmenez pas voir ce film.
Ceci dit, même le crétin de base est capable de prendre du plaisir à cette histoire. C'est très bien réalisé, avec des moments assez virtuoses, comme cette tentative de plan-séquence peu après le début, avec ces scènes de nuit, ces reflets changeants sur les voitures, les vitres des fenêtres... Rien de révolutionnaire mais du joli, de l'efficace, du maîtrisé quoi. Néanmoins, ce côté "bien léché" peut parfois agacer. (Ceci dit, on peut y voir la volonté de créer un contraste entre une vitrine de "luxe, calme et volupté" et une arrière-cour toute de fange et de moisi.
Dois-je parler des acteurs ? Ils sont excellents. Les hommes (une pléiade) et une femme en particulier : Tilda Swinton (vue notamment dans Broken flowers), captivante en executive woman brillante et (très) ambitieuse.
Il faut être particulièrement attentif à la séquence du début, qui précède le cœur du film, qui est un gros flash-back. Cette même séquence revient à la fin, sous un autre angle. Cette relative non-linéarité perturbe un peu : on ne sait pas trop ce qu'il se passe, du moins au début. C'est bien !
Quand on commence à comprendre, on voit le polar se muer en film politique, en dénonciation du rôle à la fois des grandes entreprises (ici une chimique) et des cabinets d'avocats prêts à tout pour palper l'oseille. Il est donc question de morale... mais attention : pas la morale de nœud-noeud prêchant la Vertu en chaire, plutôt la morale civique. La fin est donc (en partie) attendue. Reste une réflexion méritoire sur le conflit entre l'appât du gain et la vraie vie, celle dans laquelle les humains ne sont pas que de simples numéros. Ce n'est déjà pas si mal pour un film de divertissement.
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mercredi, 17 octobre 2007
Un jour sur Terre
A priori, je suis client de ce genre de film : j'aime voir des documentaires sur grand écran... d'autant plus si les ours et les félins sont de la partie ! C'est le cas ici. L'ours sert d'exemple-type, notamment à travers son destin, perturbé par les changements climatiques. A ce propos, il m'a semblé qu'une forme de bruitage avait été ajoutée : les cris des animaux m'ont semblé réels, mais les sons des pas sur la neige m'ont furieusement fait penser à la manière de doubler des skieurs ou des randonneurs de montagne. Ai-je tort ?
Plusieurs séquences sont d'une grande force : la chasse au caribou (Tabernacle !), avec un joli loup (très intelligent dans sa manière de choisir et d'affaiblir sa proie... le tout, vu du ciel), le requin boulotteur de phoque, le guépard lui aussi chasseur (un passage très stylisé). Les auteurs ont recours aux "classiques" : ils nous montrent les petits, avec leurs adorables bouilles et la touchante maladresse de leurs premiers pas. La séquence des lions et des éléphants, si elle est impressionnante, m'a laissé quelque peu dubitatif : il est évident que la scène est éclairée par les opérateurs. Alors, séquence scénarisée ??
Globalement, cela reste agréable (même si j'avais préféré La planète blanche, plus abouti au niveau des parties "polaires", mais aussi pour la migration gigantesque des caribous, mieux rendue dans ce film-là, sans scène de chasse). Le commentaire n'est pas toujours intéressant, peut être parfois approximatif, mais les accents d'Anggun sont plaisants.
13:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
mardi, 16 octobre 2007
Le mariage de Tuya
La belle et dynamique Tuya est bien embêtée : comment faire tourner un élevage ovin avec un mari handicapé et deux enfants sur les bras ? Le couple (des Mongols de Chine) se résout à divorcer : il faut passer devant un responsable du Parti communiste, qu'on voit un peu étonné de la démarche : la néo-célibataire veut trouver un mari qui assure le boulot... et qui accepte la présence de l'ex et des moutards.
La nouvelle se répand. On assiste alors à un joli ballet de prétendants, qui arrivent à cheval, en moto... en Mercedes même ! C'est qu'elle a de la valeur, la donzelle ! A l'occasion d'un séjour en ville, on a un aperçu de ce que deviennent les personnes abandonnées par leur famille, dans des foyers où une partie des places est réservée aux anciens fonctionnaires communistes.
Il y a aussi le voisin, un gentil imbécile que sa femme mène par le bout du nez. Il donne un coup de main à Tuya, peut-être en espérant mieux... C'est donc une comédie sentimentale, douce-amère, qui se situe dans une région de Chine à fort particularisme. Ici, contrairement à ce qu'on a pu voir, par exemple, dans Le chien jaune de Mongolie (dont l'action se déroule dans la Mongolie indépendante), la population a été plus ou moins sédentarisée. Quelques scènes ont été conçues de manière à mettre en valeur le côté "pittoresque" (avec la présence du chameau, la description minutieuse de l'intérieur des habitations, des coutumes relationnelles...).
Au début, une mention fait état du soutien d'un organisme gouvernemental à ce film. Il s'agit du même organisme qui a aidé à la réalisation du film Le dernier voyage du juge Feng : le pouvoir "communiste" (enfin, ce qu'il en reste) a visiblement la volonté de mettre en image une sorte de "conservatoire" des coutumes des peuples minoritaires du pays.
11:05 Publié dans Chine, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

