dimanche, 14 octobre 2007
Joyeuses funérailles
Avant d'aller voir ce film, je me suis dit : "Les Britanniques nous refont le coup de Quatre mariages et un enterrement". J'y suis allé en me disant que, même si ça n'allait pas être très nouveau, ce serait toujours plaisant (le bouche-à-oreille était bon)... bien plus, en tout cas, que de regarder deux bandes de crétins bodybuildés ahaner sur une pelouse entourée de panneaux publicitaires... Au moins, je n'ai pas eu à faire la queue (ni à subir, en cours de film, les échos à peine assourdis des klaxons victorieux... une bien belle soirée, donc !).
Dès le générique, on est mis dans une ambiance de dérision, avec cette animation mi-GPS mi-cadastrale, cercueil mobile en prime. Le premier "gag", s'il est attendu, est néanmoins efficace. Le reste du film est à l'avenant, avec un crescendo qui culmine entre la 45e minute et 1h15 grosso modo, où là, on plonge dans la franche hilarité.
Les acteurs sont très bons, les dialogues ciselés (à entendre en version originale, of course, pour les accents délicieux). Ah, qu'ils sont cons ces rejetons de la bonne bourgeoisie, radins friqués et culs pincés, hypocrites au possible. On a les prédateurs, qui écrasent tout sur leur passage : le film vise à faire craqueler ce profil un peu trop solide. On a aussi les victimes désignées, les cinquièmes roues du carrosse, méprisées par les autres. Comme nous sommes en Grande-Bretagne, la réunion de famille ne serait pas complète sans un ou deux originaux, l'un d'entre eux nous conduisant droit à une catastrophe scatologique du plus bel effet !
L'entrecroisement des petites histoires de ces personnages travaillés par des soucis divergents se fait habilement. L'un des fils rouges est un flacon de pilules de "valium", qui permet de pimenter au plus haut point cette journée cérémonielle. L'autre fil rouge est le vécu sexuel de l'un des personnages (comme nous sommes en Grande-Bretagne, je ne juge pas nécessaire d'en dire davantage...). Vous mélangez le tout, secouez bien fort... et obtenez LA comédie de la rentrée !
P.S. Le titre original est Death at a funeral, traduisible par "(La)Mort à des Funérailles". Si j'avais eu à choisir le titre français, j'aurais peut-être penché pour une version plus cocasse, du genre "Mort aux funérailles !"... Ouais, bon, d'accord, je ne suis pas un professionnel du cinéma... et puis, Joyeuses funérailles, ça rend bien, faut le dire.
15:05 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
samedi, 13 octobre 2007
Le dernier voyage du juge Feng
A la base, il s'agit de la dernière tournée judiciaire de la greffière et adjointe du juge Feng, qui est la cheville ouvrière du système en fait : recrutée pour sa connaissance des langues et coutumes locales, elle va être mise à la retraite anticipée pour céder la place à un jeune coq sorti de l'école, qui accompagne les deux ancêtres dans ce périple.
C'est d'abord d'une grande beauté formelle. La lumière est magnifique, la cadrage soigné, les paysages pittoresques, parfois somptueux (à voir sur un grand écran, bien sûr). Le réalisateur a aussi été très attentif aux animaux, qui jouent un si grand rôle dans cette partie rurale du Sud de la Chine : chevaux, cochons, chats, chiens, ânes, chèvres...
C'est surtout une belle comédie sociale, qui suscite le rire par l'incongruité de certaines situations : le vol d'un cheval qui n'est pas un vol, un divorce qui n'en est pas tout à fait un, un mariage qui se fait puis ne se fait pas...La grandeur de la Justice en sort parfois amoindrie !
C'est enfin une chronique de mœurs, autour de la vie du sympathique trio : le juge Feng picole pour oublier qu'il a peut-être raté sa vie, son adjointe se désole de devoir abandonner un métier (et un homme) qu'elle affectionne, le jeune, qui a des idées très arrêtées sur la loi, pense surtout à son mariage !
19:20 Publié dans Chine, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
vendredi, 12 octobre 2007
Halloween
En dépit du renouvellement des équipes de scénaristes, de la participation de personnes à l'imagination débordante, les séries s'épuisent. Depuis quelques années donc, la tendance est au retour aux origines (pour Batman, H. Lecter...), plutôt avec succès, il faut le reconnaître.
Dans le cas qui nous occupe présentement, on nous propose un film coupé en deux, à l'image de ce qui arrive à certains personnages ! La première partie est la plus inventive : elle vise à nous faire comprendre comment le jeune Michael Myers est devenu le monstre sanguinaire qui a fait la joie de maintes salles obscures. On s'appuie essentiellement sur la psychologie : un tueur en série qui se respecte fut un enfant victime de sévices et n'a pas bénéficié d'un cadre familial très serein. Cette partie du film peut déconcerter le public fan de "séquences sauce tomate". La peinture de cette famille (recomposée) de petits blancs est sans pitié... car, dans ce genre de film, c'est de Morale dont il est question. Le jeune Myers finit par zigouiller les méchants, les pervers, les débauchés. C'est pourquoi ce genre de films plaît tant à un certain public. Le blanc frustré sexuellement, pas très riche, y jouit de voir de ravissantes créatures subir les pires tourments (à l'exception du viol, présent à l'état symbolique, en particulier dans la séquence qui voit une beauté provocante saigner de partout).
Une mentalité assez conservatrice est donc à l’œuvre : le tueur en série ne s'en prend pas, en général, aux "purs" (les enfants)... et il est moins sadique dans la manière de tuer les "moins méchants".
La deuxième partie du film est très prévisible... surtout quand on a déjà vu un paquet de films de ce genre. Et va-z-y que ça hurle, que ça saigne, que ça cogne, que ça échappe de justesse au tueur avant qu'il ne ressurgisse, que ça meurt puis ressuscite (tout ce qui est lié au flingue est hyper convenu). Le spectateur non trisomique comprend très tôt qui est la sœur du tueur. Par contre, on se demande comment, du fin fond de sa cellule, il a pu apprendre tant de choses sur la petite ville... sans doute le fameux "sixième sens" des barbaqueurs d'élite.
11:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
mardi, 09 octobre 2007
L'Ennemi intime
... ou comment une fiction "de gauche", imprégnée de l'esthétique hollywoodienne, tente de rendre compte de la "sale guerre" (d'Algérie).
C'est d'abord assez joli à regarder : les paysages sont habilement mis en valeur (à ceci près que l'action, censée se dérouler en Algérie, est filmée au Maroc) et les teintes bleutées (pas que pour les séquences de nuit) rendent bien, surtout sur un grand écran. Les scènes de combat sont réalistes : on nous présente des actions de guérilla et de contre-guérilla.
Côté acteurs, le bilan est plutôt positif. Dupontel campe efficacement une sorte d'archétype. Les soldats musulmans sont remarquablement incarnés. A noter aussi la performance d'Aurélien Recoing en officier supérieur sans état d'âme. Par contre, Magimel ne me convainc qu'à moitié. Si sa "conversion" est spectaculaire (on y croit), il m'est apparu assez maladroit dans sa manière de jouer le personnage au début de l'histoire.
C'est une fiction "de gauche" parce qu'elle choisit de montrer les horreurs de la guerre, des deux côtés certes, mais avec une prédilection pour les crimes de guerre commis par l'armée française : les scènes de torture sont les plus "détaillées". De plus, l'absence des pieds-noirs saute aux yeux : quand même ! De ce point de vue, un film comme Cartouches gauloises, beaucoup plus maladroit dans la forme, est parfois plus subtil sur le fond.
10:45 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

