dimanche, 08 juillet 2012
Choses entendues
Ce samedi, je suis passé par une grande surface locale pour compléter mes provisions du ouique-hennede. Après avoir réglé mes achats en caisse, je suis repassé par l'accueil du magasin, pour récupérer le sac que j'y avais laissé. L'employée était en train de nettoyer le comptoir. Elle n'a pas paru remarquer ma présence, dans un premier temps. C'est alors qu'une de ses collègues est arrivée, en provenance des rayons. Voici ce que j'ai entendu :
- Alors, tu as vu la cliente ?
- Oui, elle est venue. J'ai regardé... mais je n'ai rien dit.
- ?
- Elle m'a donné l'épilateur... mais j'ai bien vu qu'il y avait plein de poils après !
Sur ce, j'ai pu récupérer mon sac. Je suis rentré chez moi, plein d'entrain à l'idée de préparer le repas !
01:34 Publié dans Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société, femme, fille
samedi, 07 juillet 2012
Les Femmes du bus 678
Le Caire est une ville très peuplée (une mégapole), très étendue, dont la grande majorité des habitants tire le diable par la queue. Ils sont donc nombreux à avoir deux emplois et, pour leurs déplacements, ils privilégient le bus, moins cher que le taxi... et que la voiture qu'ils ne possèdent pas. Le problème est que, dans les bus, l'entassement des passagers favorise le harcèlement des femmes par des vicieux qui se baladent avec un petit citron dans la poche.
Le réalisateur a choisi ce biais pour traiter du harcèlement sexuel en Egypte. Il fait s'entrecroiser trois histoires et trois femmes : une grande bourgeoise (Seba), qui gère sa boutique, une "djeunse", un peu rebelle (Nelly), issue de la classe moyenne et une traditionnaliste (Fayza), aux origines plus modestes.
Cette dernière ne sait plus comment faire pour éviter les attouchements dans le bus. Le taxi coûte trop cher... et les harceleurs ne se découragent pas facilement. Ajoutez à cela le manque de communication dans son couple et les tabous sur sexualité (autres sujets importants du film), et vous comprendrez que Fayza en ait été conduite à prendre les grands moyens : un couteau.
Elle a été inspirée par Seba, qu'elle a vue à la télévision et qui anime un atelier pour les femmes harcelées. On finit par apprendre qu'elle-même a été violemment agressée, à l'issue d'un match de football, à l'image de ce qu'ont subi des journalistes occidentales lors de la révolution égyptienne. (Au cours du tournage de cette scène, l'actrice a failli subir le même sort, ainsi qu'on l'apprend sur le site Allociné.) Notons qu'ici, l'action se passe sous le gouvernement d'Hosni Moubarak : on voit son portrait dans le poste de police où Nelly va porter plainte, après avoir été agressée en pleine rue.
Dans la première moitié du film, les histoires se croisent : lorsque Fayza sort précipitamment du bus où elle vient encore de se faire tripoter, elle atterrit devant le capot de la luxueuse voiture du mari de Seba, sur une place autour de laquelle se trouvent des logements avec balcon, l'un d'entre eux étant occupé par Nelly et Omar, en pleine discussion sur sa plainte. D'ailleurs, lorsque celle-ci a témoigné de son agression à la télévision, l'auditrice qui a appelé (sous un pseudonyme) pour la soutenir n'était autre que Fayza.
La deuxième partie du film voit les femmes unir leurs forces, puis se déchirer, à l'image de la société égyptienne. On a aussi un bon aperçu des pressions qui sont exercées sur elles pour préserver "l'honneur de la famille"...
Notons que les hommes ne sont pas tous montrés comme étant de gros beaufs. Omar, le petit copain de Nelly, est un type bien... et que dire d'Essam, l'enquêteur, tout en rondeurs ! C'est un peu un mélange du capitaine Dobey et de l'inspecteur Derrick... Il est malin, avance à son rythme et va résoudre cette étrange histoire d'hommes blessés à l'entrejambe.
C'est l'un des talents de ce film : introduire de la comédie dans un sujet grave. Il y a bien quelques facilités ici et là, un peu trop d'emphase parfois, mais cela reste un très bon film, engagé et riche de sens.
13:03 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film
jeudi, 05 juillet 2012
Miss Bala
Ce petit film mexicain ne fait pas trop parler de lui, et pourtant... Il nous offre une plongée dans la violence endémique qui ronge le pays, lui associant un portrait social qui tente de s'éloigner des clichés. C'est un peu une version mexicaine du Traffic de Soderbergh.
Cette "miss Beauté" de Basse-Californie est d'origine modeste. Pas vilaine (et un peu rêveuse), elle pense qu'un concours de mannequin va la sortir de l'ornière. Mais sa vie bascule la veille du début de l'entraînement, parce qu'elle a suivi sa meilleure amie dans une soirée qui s'est très mal terminée. La violence intervient donc assez tôt dans le film, mais elle est filmée de manière indirecte, à travers les conséquences qu'elle a sur le personnage principal.
La suite met plutôt en scène la montée de la tension psychologique. Laura Guerrero a survécu grâce à sa ténacité... mais le chef du cartel de la drogue s'est entiché d'elle. Qu'est-elle prête à faire pour survivre ? Qu'est devenue son amie ? A partir de là, cette innocente jeune femme se retrouve prise dans un engrenage, qui la fait passer de victime à complice des criminels. On la découvre finalement assez futée et entêtée.
Les forces de l'ordre ne sont pas toujours à leur avantage. Du point de vue des "Mexicains d'en-bas", c'est une troupe coercitive comme une autre. Certains policiers travaillent même en douce pour les trafiquants de drogue... et les relations entre les hommes de pouvoir, les militaires et les riches délinquants ne sont pas très claires, c'est le moins que l'on puisse dire.
Du côté de l'héroïne, on est assez surpris de la voir passer habilement entre les gouttes. Elle profite du fait que le chef du cartel n'est pas complètement abruti... et qu'il pense pouvoir l'utiliser à sa guise.
La violence physique ressurgit dans la dernière demi-heure, qui se conclut de manière assez surprenante.
C'est un film fort, porté par son interprète principale (Stephanie Sigman, inconnue au bataillon) et qui évite (en général) les effets faciles.
21:48 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, film, cinema
mercredi, 04 juillet 2012
The Dictator (Le Dictateur)
Les critiques (professionnels) ont été en général très réservés sur le nouveau film produit par Sacha Baron Cohen (après l'excellent Borat et le décevant Brüno). Il faut dire que notre moraliste du XXIe siècle n'y va pas avec le dos de la cuillère... plutôt à la truelle et à la bétonnière !
Il dénonce les travers de certains de ses contemporains, en s'appuyant non pas sur un type sympa, mais sur un personnage extrêmement contestable, mélange de Saddam Hussein et de Mouammar Kadhafi (avec un chouïa de Hafez el-Assad et d'autres potentats, plutôt africains). Ses films posent donc la question de l'identification au personnage principal, le "héros", qui est aussi (et surtout) un enfoiré.
On peut déjà apprécier la satire des tyrans proche-orientaux et africains : le général Aladeen est un crétin infantile... souvent ridicule donc. Il allonge un max de fric pour pouvoir profiter (brièvement : apparemment, le petit membre du monsieur balance vite la purée...) du corps de jolies femmes... non, pas des prostituées, plutôt des mannequins ou actrices connues. (J'adore le moment où l'on découvre l'éventail de ses "conquêtes".) L'une des scènes est clairement une vacherie à destination de Naomi Campbell.
C'est là où le projet du film est le plus visible : s'appuyer sur ce dictateur pour mettre à jour les turpitudes de ses contemporains.
Les contestataires "droits-de-l-hommistes" gauchisants en prennent aussi pour leur grade. La manière dont la foule, à New York, adopte les slogans du vrai dictateur (qui a perdu sa barbe dans des circonstances que je vous laisse découvrir) est très drôle.
Le personnage féminin principal, incarné par une égérie des comédies lourdingues (Anna Faris, très à l'aise pour jouer les idiotes dans Scary Movie et Smiley Face, par exemple), "déguste" aussi : elle est souvent à côté de la plaque, s'habille comme une souillon, ne se rase pas les aisselles... mais elle joue un rôle non négligeable dans cette aventure. Voici donc la misogynie globale (l'image des femmes n'est guère reluisante dans les films produits par SB Cohen) atténuée par une figure sympathique.
Le portrait de la boutique bio de l'héroïne est très acide. Aladeen va y mettre bon ordre, faisant bosser les salariés lymphatiques, luttant contre la fraude (un comble, pour l'ex-dictateur !), s'occupant des clients mal élevés... Au départ, il fait tout cela pour récupérer son pouvoir. Mais il finit par éprouver un tendre sentiment pour l'idéaliste humaniste... d'autant plus que celle-ci le sort de tous ses mauvais pas, comme cette excursion en hélicoptère (en compagnie d'un ingénieur atomique... et d'un couple d'Américains moyens) qui se finit au poste de police.
On appréciera aussi le tableau du petit monde des opposants en exil. Aladeen le découvre à l'occasion d'un passage dans un bar ethnique. Il finit par comprendre que tous ceux dont il a commandé l'exécution sont là... y compris la vache ! La séquence est franchement hilarante.
Politiquement, le film est engagé. Pas tellement en faveur de la démocratie, finalement soutenue parce qu'elle permet l'amour véritable : le dictateur fait l'expérience d'une femme qui l'embrasse de sa propre initiative et non pas parce que son père est attaché au radiateur dans la pièce d'à côté ! L'auteur s'en prend aux puissants, chinois inclus (ils rachètent l'Amérique... et se font faire des gâteries !), dans un portrait au vitriol, sans nuances. Et quelle magnifique tirade d'Aladeen, vantant les mérites de la dictature aux Américains, leur expliquant tout ce qu'elle permet de faire... sans réaliser évidemment que les Américains n'ont pas besoin d'une dictature pour arriver à ces résultats !
Les jeunes (et les grands enfants) goûteront l'humour pipi-caca, de la carafe d'urine à la tribune de l'O.N.U. à l'expulsion d'un méga-étron en altitude. Dans le genre très con, on a aussi le sosie du dictateur, encore plus stupide que lui... si, c'est possible !... et quelle intervention miraculeuse à la fin du film ! Tordante !
Mais les deux scènes d'anthologie sont sans conteste la découverte de la masturbation par le héros (avec l'aide de sa patronne, très pédagogue) et l'accouchement pratiqué par lui et sa nouvelle amie, dans la boutique, avec vues de l'intérieur du vagin en prime ! J'A-DORE !
19:00 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film

