dimanche, 15 juillet 2012
De nouveaux Aveyronnais décorés
La nouvelle promotion de la Légion d'honneur (celle du 14 juillet 2012) contient son lot de "pipoles" et d'amis politiques de la nouvelle majorité... peut-être un peu moins qu'avant pour les premiers, mais ça se discute. Je vous laisse le soin de découvrir la liste des personnalités nationales dans l'article auquel mène le lien précédent. Je vais m'intéresser aux Aveyronnais.
Depuis l'an dernier, je me suis mis à éplucher régulièrement la liste des promus. C'est ainsi qu'en janvier 2011 on trouvait le nom de Jean-Claude Luche (en compagnie notamment de Jean Laurens). Ce n'est que sept mois plus tard que la breloque lui fut remise, par l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing, auquel il rendit en quelque sorte la politesse en lui offrant tout récemment la médaille du département.
En avril 2011, c'était au tour d'un trio de vétérans de la politique aveyronnaise d'être distingués : Renée-Claude Coussergues, René Quatrefages et Bernard Seillier. De leur côté, la préfète de l'époque et Pierre Soulages montaient en grade.
En juillet 2011, pour qu'il n'y ait pas de jaloux, Simone Anglade était à son tour nommée. La décoration ne lui fut remise qu'un an plus tard, là encore par Valéry Giscard d'Estaing.
En janvier 2012, ce fut au tour des Lozériens de figurer sur la précieuse liste.
Et aujourd'hui ? Un célèbre Aveyronnais de Paris, Philippe Meyer, est élevé au grade de commandeur, sur le contingent de la ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti.
Le décret précise (page 2) qu'il était devenu officier en mars 2005, pendant le deuxième mandat de Jacques Chirac, alors que Jean-Pierre Raffarin était Premier ministre
... sauf que... quand on consulte le Journal Officiel du 27 mars 2005, on ne trouve pas trace de Philippe Meyer ! Il a bien été élevé au grade d'officier, mais par un décret du 31 décembre 2004, paru au Journal Officiel du 1er janvier 2005. Il faut chercher loin dans la liste, dans le contingent du ministère de la Coopération et de la Francophonie (dont le titulaire était sauf erreur de ma part Xavier Darcos) :
C'est l'occasion d'apprendre que Philippe Meyer était devenu chevalier en 1996, au début du premier mandat de Jacques Chirac, Alain Juppé étant Premier ministre.
En poursuivant ma lecture des décrets relatifs à la Légion d'honneur, je suis tombé sur d'autres Aveyronnais.
Celui dont la notoriété est la plus grande est sans conteste Jacques Bernat (page 17), agriculteur retraité, qui fut président de la F.R.E.B. (Fédération Régionale des Éleveurs de Brebis) et président de la M.S.A. Tarn-Aveyron-Lot (dont le rapport 2006 contient un portrait du bonhomme, page 13). Il est bien évidemment nommé sur le contingent du ministère de l'Agriculture.
Un peu moins connue est Georgette Garric (page 10 du décret), ancienne présidente de l'U.D.A.F. (Union Départementale des Associations Familiales) :
Elle figure logiquement sur le contingent du ministère des Affaires sociales et de la Santé.
Encore moins connue (sauf très localement) est Evelyne Roualdès (page 7 du décret), professeure des écoles, conseillère pédagogique de circonscription (sur Espalion). Comme les deux personnes précédentes, elle est nommée chevalier, mais sur le contingent du ministère de l’Éducation nationale.
Pour terminer, à titre d'anecdote, signalons que le beau-frère de l'actuelle préfète de l'Aveyron, Philippe Pozzo di Borgo (dont le personnage a été interprété par François Cluzet dans le film Intouchables), a lui aussi été nommé chevalier, en raison de son action humanitaire en faveur des handicapés du Maroc. (Il est mentionné page 6 du décret.)
00:51 Publié dans Politique, Politique aveyronnaise | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : politique, actualité, société, france
samedi, 14 juillet 2012
Un timbre sur Jeanne d'Arc
Il a été édité à l'occasion du 600e anniversaire de la naissance (présumée) de la Pucelle, qui a fait couler beaucoup d'encre en janvier dernier, en raison des tentatives de récupération politique dont la jeune femme a fait l'objet.
Pour l'illustration, on s'est appuyé sur une enluminure (anonyme) du XVe siècle, peut-être réalisée du vivant même de Jeanne d'Arc (certains estiment qu'elle a été créée en 1430, soit un an avant le décès de la Pucelle).
Le dessin représente Jeanne en armes, les cheveux apparemment non coupés. Sur l'oriflamme, on distingue (partiellement) la formule "Jesus Maria", à gauche, et les trois saints protecteurs (Catherine, Michel et Marguerite), à droite.
Si vous avez fait attention au tarif, vous avez compris que ce timbre n'est pas destiné, a priori, à affranchir une lettre en France métropolitaine. La somme (77 centimes d'euro) correspond au tarif international.
D'après La Nouvelle République du Centre-Ouest, c'est en 1929 que le premier timbre à l'effigie de Jeanne d'Arc fut imprimé, à la demande de la municipalité d'Orléans. (Un passionné a même créé un site sur le sujet.) Si l'on se fie à un site féministe, en 2012, ce serait la sixième fois qu'un timbre officiel rend hommage à la Pucelle.
Le Vatican, qui a fini par la canoniser en 1920, n'est pas resté à l'écart de la commémoration, comme le prouve l'illustration suivante, trouvée sur le blog d'un philatéliste jurassien :
13:32 Publié dans Histoire, Jeanne d'Arc | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, société, france, femme, lorraine
vendredi, 13 juillet 2012
Starbuck
Attention, le contenu ne correspond pas forcément à l'emballage ! Au départ, cette comédie a été présentée comme un ovni cinématographique, un truc osé et dérangeant. Il n'y a guère que le début qui prend le chemin de la comédie déjantée. La suite est un "objet gentil".
Ce n'est cependant pas un mauvais film. La découverte par le héros de la vie de certains de ses 533 enfants (fruits de ses branlettes rémunérées) ne manque pas de saveur. On regarde avec attendrissement l'ado attardé devenir un père par procuration (il ne révèle pas sa véritable identité à ceux qu'il aide), plein de bonne volonté. On est ému par les scènes avec l'enfant handicapé, filmées avec tact.
C'est parfois involontairement drôle, comme lors de ce week-end qui réunit une partie de sa progéniture. Une soirée s'achève autour du feu... à chanter du Roch Voisine !
C'est cependant un peu trop tartiné de bons sentiments... avec un fond un brin misogyne, en plus. Seuls les personages masculins sont vraiment fouillés. Ils sont bien campés mais, en face, les femmes ne sont que des figures, qui n'existent que par ces hommes, les seuls à mener l'action. Je ne vous parle même pas de la fin, très consensuelle.
Il faut voir ce film comme une nouvelle déclinaison nord-américaine de la comédie faussement rebelle. On passe un agréable moment, mais c'est très convenu.
P.S.
Le surnom du héros "Starbuck" (le pseudo sous lequel il s'est inscrit comme donneur de sperme) fait référence à un taureau, célèbre au Canada, dont la semence fut jadis très recherchée.
P.S. II
En vous rendant sur le site dédié au film, vous pouvez tenter de savoir si vous êtes vous aussi l'un des enfants de Starbuck... et laisser votre trace sur le mur !
20:48 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film
jeudi, 12 juillet 2012
"Nique ta mère"... en Chine
Cet été, France Inter propose, en fin d'après-midi (approximativement de 17h à 18h), une émission très intéressante : "Le monde sur un plateau". Je n'ai pas forcément l'occasion de l'écouter en direct. Heureusement, le site de la radio est très bien fichu, permettant de télécharger ou de réécouter un programme longtemps après sa diffusion.
Trois pays vont successivement faire l'objet de reportages : la Chine, les Etats-Unis et la Russie. Actuellement, il est question de "l'empire du milieu". J'ai récemment écouté l'émission du 4 juillet, consacrée à internet. Quelle ne fut pas ma surprise d'entendre ceci :
C'est l'illustration de l'un des moyens utilisés pour contourner la censure. A l'image des chansonniers français, friands de calembours (plus ou moins graveleux), certains internautes jouent sur l'homophonie ou le double sens de certains mots. Le procédé a donné naissance à des vidéos (certaines parodiant les documentaires animaliers), dont le héros est Caonima, littéralement "cheval de l'herbe et de boue" (une sorte d'alpaga), dont le nom chinois signifie aussi "nique ta mère" !
Dessins animés mis à part, il y a un petit côté South Park dans cette production irrévérencieuse.
14:09 Publié dans Chine, Politique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, chanson, société, journalisme, humour
mercredi, 11 juillet 2012
L'affaire DSK traitée par "New York Unité Spéciale"
L'épisode (annoncé l'an dernier) a enfin été diffusé en France, sur TF1, mardi soir. Il a pour titre Terre brûlée. Attention toutefois : les auteurs ont pris beaucoup de précautions pour qu'on ne les accuse pas d'exploiter l'affaire DSK. Cela commence par un carton placé en tout début de film :
L'accusé n'est plus français, mais italien. (Mais c'est un rival sérieux du principal dirigeant de son pays, auquel il attribue la responsabilité de ses malheurs. Le président du Conseil Berlusconi a ici remplacé le président de la République Sarkozy, jusque dans le mythe du complot.) La victime présumée n'est plus guinéenne, mais soudanaise. Pour bien enfoncer le clou, lorsque la (charmante) substitut du procureur, Alex Cabot, débarque au commissariat, elle demande s'il s'agit d'une "nouvelle affaire DSK"...
... comme pour bien souligner que, dans cet épisode, il s'agit d'autre chose. Du coup, même si l'histoire a été visiblement plaquée sur le fait divers qui a défrayé la chronique, une série de détails est chargée de marquer la différence : le diplomate a oublié son ordinateur à l'hôtel (DSK y a perdu l'un de ses téléphones portables), la femme de chambre a recraché le sperme dans le lavabo (Nafissatou Diallo l'avait fait sur la moquette) etc. Notons que l'actrice qui incarne la plaignante est très petite, contrairement à la personne qui a inspiré le rôle.
Nous n'échappons pas à certains moments incontournables, comme la sortie médiatisée du commissariat, sous les flashs des photographes :
L'épisode nous fait bien suivre la procédure judiciaire et la progressive décrédibilisation de la victime présumée, principal argument de la défense. L'avocat, très habile, a été engagé par l'épouse de l'accusé, qui s'affiche à ses côtés (et devant les caméras), aimante et solidaire :
La coupe de cheveux de l'épouse a incontestablement été "travaillée" de manière à ressembler à celle d'Anne Sinclair.
Je vous laisse découvrir la conclusion de l'histoire, assez originale... et ma fois très habile sur le fond.
02:26 Publié dans Politique, Société, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, sociéré, femme
mardi, 10 juillet 2012
Formose
C'est le titre d'un roman graphique signé Li-Chin Lin, qui partage sa vie entre la France et Taïwan, où elle est née. Il s'agit donc d'une oeuvre autobiographique.
L'histoire de l'ancienne Formose est vue aux travers des yeux de l'enfant puis de l'adolescente qu'elle fut. Petite, elle est une sorte de Mafalda chinoise. On peut se faire une idée du style (bourré d'humour) de la dessinatrice grâce à l'extrait mis en ligne par les éditions çà et là.
L'auteure a l'honnêteté de se décrire comme une enfant docile, très perméable à la propagande du régime fondé par Chiang Kai-Shek. Elle n'en dénonce pas moins les crimes et la corruption.
On découvre aussi des aspects méconnus de l'histoire de la civilisation taïwanaise, comme le plurilinguisme, à l'image des origines métissées de la population :
Les langues locales, parlées par la population la plus âgée et les ruraux, sont méprisées par les médias officiels, au profit du mandarin. L'anglais jouit aussi d'une bonne image, au contraire du japonais, parlé encore par les grands-parents : c'est la langue de l'ancien colonisateur... qui a peut-être été moins cruel que les Chinois continentaux qui ont débarqué en 1949, ceux qu'on appelle waï shen ren, et qui ont longtemps dominé la vie politique de ce petit Etat.
L'auteure nous conte son adhésion juvénile aux idéaux du régime, son côté bon élève même. Très intéressant est le récit de son basculement et de sa découverte des aspects les plus sombres de la dictature. C'est le moment où la culture de sa famille, originaire du sud rural de l'île, acquiert une plus grande importance à ses yeux.
La description du système scolaire local mérite aussi le détour, tant l'auteure sait allier l'ironie mordante à la lucidité sur son propre cas. D'un point de vue graphique, elle sait sortir du cadre pour donner plus d'ampleur et d'originalité à son dessin. Les vignettes "classiques" n'en sont pas moins ouvragées, souvent inventives :
Ce livre vaut aussi par la manière dont les événements du printemps de Pékin sont décrits, vus de Taïwan. On comprend aussi mieux les arcanes de la politique contemporaine de l'île, notamment l'apparition d'un tiers-parti et les ressorts des dernières élections présidentielles. (Il faut néanmoins signaler une erreur, à propos de Sun Yat-Sen, qui n'a pas pu être chassé de Chine par Mao en 1949, puisqu'il est mort en 1925...)
La jeune femme achève son déniaisement en Europe, où elle découvre que les démocraties qu'elle tient pour des modèles infaillibles sont loin d'être parfaite. Elle en fait l'expérience cruelle en Suisse.
Bref, c'est drôle, inventif et très instructif.
P.S.
On peut entendre la dessinatrice, interrogée sur Le Mouv' lors de la sortie de son livre, le mois suivant sur France Inter.
00:40 Publié dans Chine, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, livre, fille, culture


















