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samedi, 27 juin 2026

Les Caprices de l'enfant-roi

   Le film tire son titre de la pièce de théâtre romantico-comique que Jean-Baptiste Poquelin et Savinien de Cyrano de Bergerac (enfin, ceux de fiction, pas les vrais, bien sûr) finissent par co-écrire, au cours de la cavale du jeune Louis Dieudonné, pas encore Louis XIV, mais déjà un peu casse-couilles.

   C'est revendiqué comme tel dès le début : il n'y a rien (ou plutôt : pas grand chose) d'historique dans ce long-métrage, qui multiplie les anachronismes pour servir un propos parfois très militant, amené avec de gros sabots.

   J'ai beau apprécier les acteurs et avoir fait preuve d'indulgence, je ne pas convaincu par les personnages masculins. Franck Dubosc livre une version parodique de D'Artagnan, qui, lui-même, finit par pasticher des extraits de sketch du Dubosc humoriste. Le comédien fait plus que cabotiner... (Non mais, franchement, Franck, t'as tant besoin de thunes que ça ?)

   Artus est moins catastrophique dans le rôle de Cyrano, un Cyrano en grande partie imaginaire, puisque, dans la réalité, c'était un libertin et un excellent bretteur. Or, dans ce film-ci, Artus est chargé d'interpréter un personnage plutôt triste, voire pathétique. (Seule sa bisexualité est sans doute conforme à la réalité.) J'ai de plus été déçu par les scènes de baston, que je trouve mal chorégraphiées, un comble pour un film de cape et d'épée.

   Quant au gamin qui incarne un rôle double (le petit Louis et son sosie issu des bas-fonds), il n'est pas si mauvais que cela... mais j'ai été gêné par un détail le concernant : dans certaines scènes, j'ai eu l'impression qu'il portait un appareil dentaire... mais le réalisateur n'est visiblement pas à une "fantaisie" près.

   Seul Nemo Schiffman m'a paru bien dans le tempo de son rôle (celui de Molière)... mais il est vite éclipsé par les femmes, en particulier Julia Piaton, que j'ai trouvée très juste en Madeleine Béjart. D'ailleurs, de manière générale, j'ai préféré les principaux personnages féminins. Ainsi, Doria Tillier est délicieuse en Anne d'Autriche, à la fois pète-sec et manipulatrice. Mais la palme de la garce revient sans conteste à Suzanne de Baecque, qui incarne la Grande Mademoiselle, la cousine germaine de Louis XIV, une princesse de sang royal qui a joué les perturbatrices... et a su garder une grande indépendance (dans la vraie vie). Ici, elle tient le rôle de la principale méchante... fort bien, ma foi. (Et quelles coiffures !)

   Bref, c'est un film inégal, comportant des scènes complètement ratées et d'autres d'une indéniable drôlerie. C'est un petit moment à passer au frais, pendant la Fête du cinéma, sans plus.

16:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films