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mercredi, 29 novembre 2006

Prête-moi ta main

... et flanque l'autre sur mes parties génitales ! Evidemment, c'est un film sur le non-dit, le refoulé. A la base, je redoutais les clichés (ah le célibataire endurci qui se retrouve face à une chieuse !), le côté lourdingue (les histoires de famille sont propices au comique épais) voire l'absence même d'humour. En réalité, j'ai passé un très bon moment. Le film repose entièrement sur les épaules du "couple" vedette, interprété par les excellents Chabat et Gainsbourg. Les seconds rôles leur sont dévoués : ce sont essentiellement des caricatures (bien jouées, certes) destinées à mettre en valeur les autres, par effet repoussoir notamment. Les dialogues sont bien écrits : certaines répliques font mouche !

    Le film est réussi aussi parce que l'action a pour cadre (en partie) le monde de la parfumerie, assez bien rendu m'a-t-il semblé. Cette comédie est aussi une romance (on sait bien comment tout cela va se terminer) qui tient la route. Donc pas un film mémorable, mais un délicieux passe-temps.

16:22 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

dimanche, 26 novembre 2006

Vraiment, quel con !

     Tomber dans l'autodénigrement, voilà qui n'est guère salutaire ! Dans ce genre de situations, je recommande, pour se remonter le moral, de réaliser quelque chose de valorisant (comme péter quatre fois d'affilée sans modifier le fond de son caleçon, ou encore lâcher le plus gros rot possible sans faire remonter de petits morceaux au fond de la gorge).

     Voici le topo : je loue un appartement dans un immeuble où le chauffage est collectif, électrique au sol. Dans chaque pièce figure un convecteur d'appoint, qu'en général il n'est pas nécessaire de mettre en route (sauf dans la salle de bains, le matin, quand on veut se raser dans de bonnes conditions). L'été dernier, avant de partir en vacances, j'ai coupé l'électricité dans mon appartement (j'avais vidé et dégivré le frigo avant, vous pensez bien...), en abaissant les leviers qui me semblaient devoir être abaissés. A mon retour, j'ai remis tout cela en route. La fin de l'été et le début de l'automne ayant été assez doux, je n'ai pas éprouvé le besoin de chercher à chauffer davantage les pièces (surtout celle orientée au sud). Mais, début novembre, en dépit du collectif, j'ai ressenti la nécessité d'augmenter un peu la température... et là, ô surprise, je n'obtenais rien !

     Je me suis d'abord demandé si ce n'était pas une tuile supplémentaire qui me tombait sur le coin de la tronche. Ensuite, j'ai pensé que c'était peut-être dû aux travaux qui se déroulaient dans l'immeuble. Ce matin, je fus touché par la grâce : et si j'avais mal réenclenché le dispositif électrique à mon retour l'été dernier ? Je me précipitai vers le disjoncteur. Tout avait l'air en ordre. Restait, dans un coin, cette languette baissée qui semblait ne correspondre à rien. Pris de folie, je la relevai, puis me dirigeai vers l'un des convecteurs et tentai de le mettre en route. Alleluia ! Il fonctionnait ! Les autres aussi !

     Je me coucherai moins bête ce soir !

vendredi, 24 novembre 2006

Les fragments d'Antonin

    Il s'agit des traumatisés de guerre, de la Première guerre mondiale. A l'époque, la médecine militaire est encore balbutiante : on considère qu'une vraie blessure se voit physiquement, à l'intérieur ou à l'extérieur. Ce n'est pas tout à fait filmé comme les autres films de guerre, qu'ils soient français ou américains. On a droit à quelques procédés classiques, au premier rang desquels le retour en arrière, en particulier quand il s'agit d'évoquer les tranchées (belle séquence que celle qui voit l'attaque aux gaz et qui finit en "baïonnettage" virulent). Mais l'essentiel est ailleurs : dans la tête d'Antonin (et des autres soldats).

    Le grand talent du film est de nous donner une idée de ce qui se passe dans la tête du héros. C'est dû à la réalisation, assez dépouillée, au talent des acteurs (en particulier Grégori Derangère... mais Anouk Grinberg est vraiment géniale, tout comme Aurélien Recoing... rappelez-vous L'emploi du temps de Cantet) et à l'utilisation de films réellement tournés après le conflit par des médecins. Ils constituent le générique de début et nous plongent littéralement dans le sujet, d'autant plus que certaines scènes de fiction proposées par la suite sont tournées de manière à rappeler cette introduction.

    Il reste qu'à force de nous présenter des films qui montrent à quel point la guerre c'est pas beau (ce qui est fort louable, j'en conviens, surtout si, en plus, on découvre un pan méconnu de notre histoire), les spectateurs risquent de ne plus comprendre comment il se fait que des millions de gens aient pu supporter  (d'une manière ou d'une autre) cette horreur pendant plus de 4 ans. De ce point de vue, le film de Jeunet Un long dimanche de fiançailles, bien que tiré d'un roman, est plus évocateur qu' Antonin ou encore Joyeux Noël (produit culturel -bien ficelé- politiquement correct). Il faudrait que je revoie Les croix de bois, très ancien film adapté du roman de Dorgelès : dans mon souvenir, c'était criant de vérité sur la vie dans les tranchées.

 

23:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

mercredi, 22 novembre 2006

Ne le dis à personne

    Attention, la grosse artillerie est de sortie : budget très important, casting recherché, promotion intense... On se dit qu'on court un risque. En tout cas, si le film est adapté d'un roman anglo-saxon, en le voyant, on se dit que l'histoire est bien française : bonne adaptation donc.

    Au début, on est perdu, on ne comprend pas, à l'image du personnage principal, magistralement interprété par Cluzet. J'aime bien ça, cela force à réfléchir, cela met l'esprit en éveil. Au bout d' 1h30, on pense avoir saisi le pourquoi du comment... pas tout à fait en réalité, car les révélations se succèdent dans les trois derniers quarts d'heure, peut-être moins bien maîtrisés au niveau du scénario (ou du montage : on a dû faire des coupes pour éviter que le film ne dure 3 heures).

    Reste que la réalisation est habile, à la fois soignée et suggestive, aidée en cela par la musique : le choix des chansons me plaît et les compositions de M renforcent l'ambiance d'étrangeté. Un film à voir, vraiment.

10:06 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma

mardi, 21 novembre 2006

Babel

    Le premier intérêt du film est de n'exister qu'en version(s) originale(s). Du coup, on n'a pas à subir un éventuel mauvais doublage. On entend donc causer anglo-américain, tamazight (ça se passe en partie dans une région berbère du Maroc), japonais et hispano-mexicain (voire même spanglish) : cool ! L'image est léchée, la musique chouette, les acteurs bons.

    Alors, pourquoi ne suis-je pas enthousiaste ? Ben, c'est un peu convenu. Question film choral, Babel n'arrive pas à la cheville de Short cuts par exemple. Les situations sont parfois artificielles : le couple Pitt-Blanchett (ahhh, Cate, c'est quand tu veux !!!!!!!) fonctionne de manière trop mélodramatique, la partie mexicaine regorge de clichés et les séquences japonaises (très bonne idée de s'appuyer sur des sourdes-muettes, cependant) font un peu papier glacé, à l'image du film, qui vise un public bobo à mon avis. Comme quoi, les Français ne sont pas les seuls à tourner des longs métrages branchouilles.

10:45 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

lundi, 20 novembre 2006

Shortbus

   Le "petit train", vous connaissez ? Non ? Alors, ce film est pour vous ! Homo, bi ou hétéro, tout le monde a sa chance... ou sa malchance, car il faut bien le dire, nos acteurs exhibitionnistes incarnent des personnages minés de l'intérieur. Les homos sont plutôt contents niveau cul (avec un casting de mecs musclés aux jolis zizis), mais question affectif, ça coince, alors que les hétéros, dont la vie sentimentale semble riche, connaissent quelques problèmes au niveau de l'acte. Serait-ce un parti pris du réalisateur, lui-même homo ? Le doute m'habite.

   Sinon, c'est bien joué et surtout très drôle ! Au moins ici la chair n'est pas triste et, si on ne goûte pas tous les méandres de l'intrigue, on peut se régaler de quelques moments forts (ah, l'hymne états-unien trompété dans l'anus !). Il est question de voyeurisme dans ce film, celui des personnages bien sûr, mais aussi des spectateurs, sur lequel on compte pour remplir les salles...

 

17:42 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

samedi, 18 novembre 2006

Borat

   Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!!! Cela faisait longtemps qu'un film de fiction (j'exclus les animations) ne m'avait pas autant fait rire ! Sous une apparence de bricolage, c'est très bien foutu, ouvragé même.

    Le film joue sur plusieurs registres. On a d'abord la bonne grosse blague, l'archétype étant la séquence de la poursuite à poils dans l'hôtel, bouffage de cul à la clé. On a aussi le clin d'oeil appuyé à la bonne conscience occidentale : on nous présente un "Oriental", qui apparaît à première vue "semi-civilisé", ce qui permet au spectateur "civilisé" de rire à bon compte de la niaiserie du héros (excellemment interprété). Cependant, il arrive que ce personnage nous donne quelques leçons, et pointe les travers de la Civilisation. Comme cela se passe aux Etats-Unis (et en Roumanie pour les scènes supposées se dérouler au Kazakhstan), les Français de base apprécieront le détournement d'un rodéo par Borat qui, sous couvert d'éloges de l'Amérique, finit par susciter le tumulte : il commence par en appeler aux plus bas instincts de l'assistance (montrant par là que le barbare n'est pas toujours celui qu'on croit) puis se fait huer par un public qui a rencontré plus chauvin que lui. Là, la fiction se fait documentaire : de vrais citoyens des Etats-Unis sont pris "au jeu" de ce supposé Kazakh, qui agit sur eux comme un révélateur.

     Les séquences sur les juifs et les femmes sont plus ambiguës. Il faut attendre de progresser dans le film (et d'atteindre notamment la séquence de l'hébergement nocturne chez un couple accueillant) pour prendre la mesure du second degré : l'auteur cherche d'abord à dénoncer l'antisémitisme maladif (et irrationnel) qui règne chez certaines populations. Il a l'habileté de le placer sur le même plan que d'autres croyances farfelues. Au début du film, un certain malaise règne (le "lâcher du juif" a fait immédiatement cesser les rires dans la salle, je vous le garantis), parce qu'il y a comme une contradiction entre le désir du spectateur de base de s'identifier (ne serait-ce qu'un peu) au héros, pas antipathique, et son discours antijuif, débile et inacceptable. Mais je pense que c'est à propos des femmes que le regard du film est le plus sur le fil du rasoir. Honnêtement, même si les misogynes sont montrés comme étant de gros blaireaux, les personnages féminins ne sortent pas grandis des situations dans lesquelles ils sont placés... sauf la prostituée noire, ce qui est porteur de sens.

     Pour voir les scènes supprimées :

http://www.boratonline.co.uk/

 

16:05 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

vendredi, 17 novembre 2006

Un nouvel hyper à Rodez

... en fait, pas à Rodez même, dans l'agglomération bien sûr, à la limite d'Onet-le-Château et de Sébazac-Concourès. Il s'agit du transfert et de l'agrandissement de l'hypermarché Leclerc (couplé à un petit nombre de commerces) existant à Sébazac. Le centre commercial s'est globalement étoffé, la parking semble plus important... et il est plus pratique que le précédent.

    Vendredi dernier, le futur ancien hyper soldait le fond. Ce fut, d'après plusieurs témoins, la ruée. J'envisageais de m'y rendre mais, quand j'ai vu les embouteillages jusqu'à deux kilomètres de là, j'ai préféré retourner chez moi. Des gens se seraient battus dans le magasin. Un vigile aurait été mordu. Une personne m'a affirmé avoir entendu des insultes racistes... L'attente aux caisses a pu durer jusqu'à deux ou trois heures. Le soir, des clients auraient laissé des chariots remplis en plan, ne pouvant supporter l'attente ou ne pouvant espérer arriver à temps aux caisses. Le lundi et le mardi suivants, le centre comme la station-service attenante furent fermés. L'ouverture du nouveau site eut lieu mercredi 15 novembre. L'affluence fut énorme. Je ne vous raconte pas la file de bagnoles... A l'entrée du site, des vigiles tentaient d 'y mettre bon ordre. Je ne sais pas si c'est vrai, mais les forces de l'ordre seraient aussi intervenues sur la voie publique, pour réguler la circulation perturbée sur plusieurs kilomètres. (En plus, il y a plein de travaux à Rodez même, ce qui incite les automobilistes à contourner la ville... accroissant ainsi la pression sur les axes périphériques déjà saturés.) Par contre, ce jour-là, dans le centre commercial le plus proche de celui qui ouvrait (un Géant), ce fut très calme.

    Aujourd'hui 17 novembre, je suis allé à la découverte du "machin". Si le parking était presque plein, on circulait assez bien dans les rayons, plus larges que ceux de l'ancien hyper. Il y a quand même quelques points sensibles, où les chariots peinent à se croiser (ou à doubler un autre à l'arrêt)... surtout si un(e) crétin(e) campe au milieu ! Du point de vue de l'agencement, c'est intermédiaire entre l'ancien hyper (on retrouve facilement ses marques dans plusieurs domaines) et le concurrent Géant. On dirait que tout cela suit un modèle quasi universel. Petit changement notable : l'expulsion de la presse (qui était à l'entrée auparavant), qui se retrouve ailleurs dans le centre commercial. C'est tout bénef pour Leclerc, à mon avis : c'est un rayon qui devait être victime de pas mal de vols (et moult clients lisaient sans vergogne -et sans soin pour le papier- les journaux et les magazines qu'ils n'avaient pas l'intention d'acheter) et qui prenait de la place. Le secteur "fruits et légumes" a été en partie repensé : désormais, une personne (ou deux) pratique la pesée pour les clients... ce qui évitera les fraudes, qui étaient monnaie courante dans l'ancien hyper (sans compter les gens qui bouffent sur place). Ces rayons semblent particulièrement surveillés : leur agencement est l'objet d'un grand soin .. et en même temps, cela permet de garder un oeil sur d'éventuels clients indélicats.

   Pour terminer, je vais revenir sur un produit qui me tient à coeur : le Nutella. Dans un précédent message ("P'tit déj' de l'Est"), j'ai évoqué un subterfuge employé : vendre le produit de la même marque, mais fabriqué en Pologne avec (en partie) des ingrédients polonais. Le goût n'était pas le même et les proportions des composants légèrement différentes. Peut-être, à l'époque, était-ce pour pallier l'absence temporaire du produit "classique". Cela ne s'était pas renouvelé. Tel n'est pas le cas dans le nouvel hyper : les deux types de pots "familiaux" de Nutella (au fait, connaissez-vous la définition du "pot familial" ? Non ? Eh bien, c'est un pot fait pour que les célibataires prennent des hanches et du bide !) sont présents. Le "classique" de 750 grammes (+ 30 grammes de bonus pour les fesses) est basé sur un prix au kilo d'environ 4,40 euros, alors que le "polonais" (reconnaissable à l'autocollant sur le couvercle et à sa demi-étiquette, sur laquelle a été collée une autre, plus petite, rédigée en français) culmine à 2,59 euros pour 750 grammes (ce qui doit donner 3,45 euros le kilo).

mardi, 14 novembre 2006

Scoop

     A voir évidemment en version originale (sous-titrée ou pas), pour goûter la substantifique moëlle des dialogues alléniens.. et pour se laisser bercer par la voix rauque de la petite Scarlette. Elle est le clou du film : elle prouve qu'elle peut interpréter des personnages vraiment très différents. Pas facile d'incarner de manière crédible une cruche sympathique quand on est en train de devenir une icône sexuelle !

     Woody acteur se traîne un peu. Il ferait mieux de rester derrière la caméra désormais. Les autres acteurs sont bons. Alors j'entends d'ici les grincheux de base... L'histoire est légère ? On sort de là sans avoir rien appris d'exaltant ? Oui, mais on a passé un moment très agréable, plein de drôlerie, le tout servi par une musique entraînante.

18:18 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

Requiescat in pace, saccus meus !

  Voilà, ça y est, il est mort... mon sac à dos. Ames sensibles, abstenez-vous de regarder la suite : je propose une photographie du cadavre.

medium_Sac.4.JPG

   Avouez qu'il n'a pas bonne mine ! Et pourtant, je peux vous dire qu'il en a contenus, des crayons ! Blague à part, les plus observateurs auront reconnu un Tann's... ça veut dire que ce n'est pas de la merde, mon ami ! Acheté 370 francs (à Nancy, rue Saint-Jean), il a tenu sa dizaine d'années de bons et loyaux services. Il est bien abîmé aujourd'hui : les languettes qui permettent de fixer le rabat sur le bas du sac sont cassées, la principale fermeture-éclair est fichue (elle avait déjà bénéficié d'une réparation sommaire naguère). A l'arrière, les attaches se désagrègent, alors que le rembourrage du dos tient encore la route. L'intérieur est un peu en vrac, résultat naturel de l'usure du temps.

   Lorsque j'ai voulu m'acheter un sac neuf, je n'ai pas réellement trouvé mon bonheur à Rodez. Apparemment, il n'existe plus de sacs Tann's de ce type et ceux que produisent les marques "djeunses" ne me plaisent guère. Il n'y a qu'en période de pré-rentrée scolaire que l'offre est abondante. Du coup, j'ai écumé les magasins de sport et de maroquinerie de l'agglomération, avant de trouver quelque chose d'acceptable (j'en avais un besoin urgent).

dimanche, 05 novembre 2006

Lepénisation des esprits ?

   Depuis plus d'une dizaine d'années, cette expression est employée pour désigner l'influence qu'auraient les idées de Jean-Marie Le Pen sur le débat politique français et sur l'opinion publique. Le problème est que cette analyse pêche, à mon avis, par confusion entre le diagnostic et les solutions à apporter. Je veux dire que ce n'est pas parce que une bonne partie du personnel politique français défend aujourd'hui la fermeté dans le traitement de la délinquance issue des quartiers HLM que les thèses lepénistes ont triomphé. Certains ont la mémoire courte, et oublient que, bien avant l'émergence du FN, des ministres de l'Intérieur (gaullistes ou libéraux) ont mené une politique très répressive vis-à-vis de toute forme de "désordre", qu'elle soit d'origine politique (mouvements "gauchistes") ou criminelle. D'une certaine manière, JM Le Pen n'a rien inventé quand il prône la plus grande fermeté (d'ailleurs, lors des émeutes de 2005, ce n'est pas lui qui a tenu les propos les plus extrémistes, mais celui qui essaie de récupérer son électorat...) et même le rétablissement de la peine de mort : il défend une attitude qui fut celle de bien des gouvernements il y a 30 ou 40 ans. De ce point de vue, on peut dire que JM Le Pen est "réactionnaire", et c'est ce qui attire à lui une partie de l'électorat de la droite traditionnelle, celle-ci s'étant ralliée à l'abolition de la peine de mort et à une politique pénale plus diversifiée (qui ne se contente pas de la répression) sans l'expliquer suffisamment à ses électeurs. Ainsi, quand Nicolas Sarkozy semble adopter une partie des vues de JM Le Pen, il ne fait que revenir aux sources de la droite. La question est : est-ce justifié ? C'est-à-dire : la France est-elle revenue à une situation comparable à celle qui existait autrefois, la "banlieue noire-beurre" remplaçant la "banlieue rouge" ? Cela amène une autre question : l'intégration des habitants des "banlieues rouges" dans la vie politique et sociale de la Ve République s'est-elle produite grâce à la seule répression ?

   Pour avoir discuté à plusieurs reprises avec des électeurs "de base" du FN (c'est-à-dire pas des militants, qui ont, dans leur genre, la même langue de bois que les militants des autres partis), je peux dire qu'ils sont attirés par deux sortes de discours : un discours inégalitaire et un discours égalitariste. Le discours inégalitaire est celui qui fait référence à la "préférence nationale", au désir de certains Français, de faire passer "les Français d'abord" et, parmi ces Français, les Français "de souche" avant les Franco-quelque chose. On pourrait se dire que c'est là le coeur de l'idéologie lepéniste, ce qui est le plus authentiquement d'extrême droite, ce qui distingue le plus le FN des autres partis politiques. Ben, pas tout à fait. Cette "préférence nationale", qui n'a rien de légal en France, est, en réalité bel et bien appliquée, depuis des années, avant même l'émergence de Le Pen. Qu'est-ce que la fonction publique française (plus de 20% de la population active, quand même) sinon un corps important d'emplois protégés qui fut très longtemps exclusivement réservé aux Français ? Passons au privé. Ici, tout se passe dans le non-dit. Aujourd'hui, des associations pratiquent le "testing" pour mettre en lumière les discriminations à l'embauche, à la fréquentation de certains lieux publics... On aurait donc l'impression qu'aujourd'hui plus que jamais, il apparaisse à certaines personnes nécessaire de lutter contre ce qui a pris des proportions inacceptables. En réalité, ces discriminations existent depuis des lustres. Elles ont toujours frappé les étrangers ou les Français d'origine étrangère. (Mais, à notre époque, ces inégalités paraissent plus scandaleuses qu'autrefois.) Les licenciements massifs pratiqués dans l'industrie dans les années 1970-1980 ont d'abord touché les "non Gaulois". Le travail précaire concerne davantage les jeunes, surtout si ils sont non diplômés. Or, les enfants issus de l'immigration sont davantage en situation d'échec scolaire que les autres. Ils se retrouvent dans la même situation que nombre de "petits Blancs" (ouais, y a des Blancs pauvres, y en a même des millions). C'est dans cette catégorie qu'on peut trouver nombre d'électeurs du FN : être au bas de l'échelle, en concurrence avec des non Blancs, peut leur paraître intolérable. Ils peuvent donc être très sensibles à l'argument de la "préférence nationale".

   D'un autre coté, la stigmatisation des descendants d'immigrés peut prendre la forme d'un discours égalitariste. Il y a le faux et le vrai. Le faux discours égalitariste est celui qui prétend que les descendants d'immigrés (voire les immigrés eux-mêmes) bénéficient de privilèges par rapport aux autres Français. C'est une vue de l'esprit (tant qu'une discrimination positive ne sera pas mise en place). En réalité, derrière ce discours, il y a le refus de la solidarité nationale : la redistribution des richesses (par le biais des impôts et prélèvements sociaux) bénéficie aux Français pauvres ; comme les descendants d'immigrés sont plus pauvres que la moyenne de la population, ils bénéficient plus de cette solidarité. Derrière un discours apparemment égalitaire se cache encore l'inégalité : le refus qu'une catégorie de Français bénéficie des mêmes droits que les autres Français. Ceci dit, chez les personnes âgées, il ne s'agit pas forcément de malhonnêteté intellectuelle. Beaucoup de Français aujourd'hui retraités, d'origine modeste, ont atteint une aisance relative sans avoir profité durant leur vie d'un Etat-providence aussi développé que ce qu'il est devenu dans les années 1970-1980. Du coup, voir certains Français bénéficier aujourd'hui de soutiens qui ne leur étaient pas accessibles il y a 40 ou 50 ans leur paraît injuste. Cela fait partie du travail des politiques d'expliquer ces différences aux citoyens .

   Je vais terminer par le vrai discours égalitariste, qui séduit des électeurs venus de tous horizons. Le Pen réclame l'application, dans les quartiers HLM comme ailleurs, aux descendants d'immigrés comme aux autres Français, des mêmes lois. Or, ce n'est pas un secret, bien des délits commis par des habitants de ces quartiers (une minorité certes, mais qui fait parler d'elle) ne sont pas réprimés ni efficacement prévenus (dans d'autres circonstances, certains jeunes ne dériveraient pas vers la délinquance), pour un paquet de raisons (parmi lesquelles : l'insuffisance des services publics : enseignement, police, justice, aide sociale). Le résultat est le suivant : la plupart des Français n'entendent parler des "quartiers chauds" que lorsqu'un événement exceptionnel s'y produit. Mais, par exemple, c'est tous les jours que des centaines de voitures sont incendiées (le plus souvent pour effacer les preuves d'un délit ou pour frauder les assurances, soit). Et ce n'est que le sommet de l'iceberg. Je partage le point de vue de ceux qui disent qu'il est destructeur de ne parler de certains quartiers que comme des zones de non droit, alors que l'écrasante majorité de la population est "saine" et s'évertue à vivre normalement. Mais il faudrait que chacun prenne conscience que, si on donne l'alerte quand un nombre particulièrement élevé de véhicules sont incendiés (ou quand une tentative de meurtre est commise), cela veut dire qu'au quotidien, la vie des habitants est un enfer, pourrie par une sorte de loi de la jungle, les incivilités et les marques d'irrespect qui ne sont même plus sanctionnées.

13:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Politique

vendredi, 03 novembre 2006

Les rebelles de la forêt

   A priori, c'est pour les mômes. Ben, dans la salle (pleine à craquer) de ce soir, ceux-ci ne représentaient qu'un tiers des spectateurs. Les deux autres tiers ? Des adolescents... et des adultes, certains saisissant le moindre prétexte pour accompagner leur progéniture (voire celle des voisins) et profiter du spectacle. La tranche d'âge ? De 5 à 40 ans, à vue de nez. Par contre, il n'y avait quasiment que des Blancs (sauf deux ados métis). Les gamins se sont bien tenus. Quand la "dame aux bonbons" est venue dans la salle, après les publicités et les bandes annonces, j'ai vu une kyrielle de paires d'yeux briller dans la demi-obscurité. Moins de la moitié fut autorisée par les adultes à aller dépenser de précieux euros pour se goinfrer. Quand même, à 20h15 ! Le plus touchant fut de voir deux petits garçons, fiers de leur paquets de cochonneries tout juste achetés, venir jeter leurs chewing-gums dans l'unique poubelle de la salle, avant de retourner à leur place et d'ouvrir le paquet. On se dit quand même qu'on est dans l'Aveyron, là...

   Et le film, alors ? Marrant, bien foutu, bien doublé. Le graphisme n'est pas d'une qualité renversante, mais on apprécie, on rentre dans l'histoire et on rigole à intervalles réguliers (c'est une mécanique bien huilée, ces machins-là). Les pets et les rots sont présents, tout comme le caca. Le postérieur des divers personnages est source de gags multiples, au grand plaisir des jeunes et des moins jeunes ! Pour profiter au maximum du film, il faut faire attention aux accents des personnages : québecois, allemand, italien... Notons l'image négative des chasseurs, qualifiés de "ploucs" dans le film. A l'écran, ils sont sales, moches, idiots, dangereux, hargneux... et vaincus. Un autre propos du film mérite d'être relevé : les animaux sont faits pour vivre entre eux, loin des humains, en forêt. Ils n'ont pas vocation à finir bêtes de cirque, même au service de maîtres attentionnés.

23:00 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

Le labyrinthe de Pan

  ... dit "Le labyrinthe du Faune", dans la version originale. Cela aurait été plus explicite pour le spectateur français, vu que l'un des personnages est le Faune ! Bon, mettons cela de côté. Le film est construit sur la juxtaposition de scènes illustrant deux univers, l'un réel (l'Espagne de 1944, avec les séquelles de la guerre civile), l'autre supposé imaginaire (les aventures plus ou moins merveilleuses de la petite fille). La fin du film (que je me garderai bien de raconter ici) fait le lien, de manière un peu décevante, je trouve, mais le film reste très intéressant.

     Même si le rythme est trop lent à mon goût, c'est passionnant à suivre, à plus d'un titre. Tout d'abord, la guérilla menée par les derniers opposants armés au franquisme est très bien mise en scène, avec cette forêt-refuge, à la fois hors de l'espace (hors de la domination franquiste... pour combien de temps ?) et hors du temps (elle abrite un labyrinthe magique). Le film rend hommage à ces combattants jusqu'au-boutistes, confrontés au mépris et à la violence des militaires. Parmi ceux-ci, il faut signaler Sergi Lopez, épatant en ordure franquiste. Le film est puissant dans sa démonstration que ceux qui paraissent civilisés au premier abord (bien habillés, rasés, organisés, disciplinés...) sont les sauvages, alors que le "monde sauvage" de la forêt (et du labyrinthe) est celui de la vraie civilisation, de l'amour vrai et de l'honneur.

    Toutes les scènes du monde fantastique sont éblouissantes. On retrouve des éléments présents dans de précédents films de G. Del Toro (Hellboy par exemple). On peut aussi s'amuser à chercher des références à d'autres films, mais là n'est pas l'intérêt. Attention : c'est assez violent, parfois cru, donc pas conseillé pour le public jeune (il y en avait dans la salle le soir où j'ai vu le film, et je peux dire que le film a eu du mal à passer auprès d'eux).

18:38 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Cinéma

jeudi, 02 novembre 2006

Le Parfum

   Mardi soir, c'était la dernière fois que Le Parfum était programmé à Rodez. J'y suis allé. J'aime bien cette ambiance de fin de règne. Alors que le film était dans sa quatrième semaine, les entrées se faisaient rares. La salle se remplit à moitié quand même pour cette séance.

   Faute d'odeurs, le réalisateur s'est appuyé sur la vision et l'ouïe pour tenter de transmettre l'ambiance olfactive du film. Je trouve qu'il y a réussi. C'est d'abord un film plastiquement réussi, avec beaucoup de tons ocres, rougeâtres (jusque dans la chevelure de plusieurs actrices). Les mouvements de caméra sont mis au service du projet : ils traduisent les conséquences de la perception des odeurs sur les personnages. (Il n'y a pas que les gros plans sur les nez, bien sûr.) Le plaisir, le mystère, l'étonnement, le vertige sont tour à tour suggérés. Un film capiteux en quelque sorte.

   C'est de plus très bien interprété, avec en particulier le "héros", qui réussit à nous faire croire en son personnage en parlant très peu durant le film... tout en étant très expressif. Cerise sur le gâteau, on a droit à une peinture de Paris au XVIIIe siècle qui n'est pas vilaine du tout. D'une certaine manière, on pourrait lire Le Parfum comme la revanche d'un fils du peuple sur une société inégalitaire et bien pensante. J'y apporte une nuance : rien ne l'obligeait à tuer ses pourvoyeuses de "matière olfactive". Certes, la première "tentative" finit mal, mais il aurait pu ne pas dégénérer. Le côté immoral du personnage principal empêche l'identification.

15:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

mercredi, 01 novembre 2006

Mémoires de nos pères

  Quand Clint Eastwood se penche sur l'héroïsme guerrier, ça donne un long film soigné, brillamment interprété. (Il peut sembler banal de l'écrire -c'est la base, tout de même !- mais combien de films potentiellement intéressants sont gâchés par une interprétation approximative ou une direction d'acteurs défaillante ? En tout cas, dans le lot de films que je vais voir, je constate que la qualité du jeu est en général bonne voire très bonne.) Il y a certes du Eastwood dans le traitement du sujet, mais il y a aussi du film de guerre "traditionnel".

  Eastwood n'innove pas quand il distingue des individus exceptionnels de la masse des soldats (mais il met davantage en valeur la troupe que les officiers) : c'est la base du film de guerre, qui lui donne un côté réaliste et qui permet au spectateur de s'identifier à telle ou telle figure. Eastwood est moderne dans le sens où il ne cache pas la cruauté des combats ni les tensions internes (ni le racisme dont les Indiens sont victimes aux Etats-Unis) existant au sein de la glorieuse armée sur le point de remporter la victoire. D'abord, cette victoire est tout sauf certaine, sur le terrain comme à l'arrière (qu'on songe aux difficultés rencontrées pour financer l'effort de guerre, alors que le pays a profité des années 1939-1941 pour s'enrichir en partie sur le dos des Européens). Eastwood dynamite la vision traditionnelle du conflit et met à bas la légende construite autour de la célèbre photographie. La représentation des soldats comme des anti-héros contribue à cette entreprise... même si le film est rempli d'actes d'héroïsme ! Le réalisme des scènes de combat rappelle au spectateur que le débarquement de Normandie (cf Spielberg) n'est pas la seule opération qui a vu les boys se faire dézinguer par milliers. Le fait que ces "héros" survivent plus ou moins bien à la guerre fait d'eux des personnages typiquement eastwoodiens : intenses intérieurement, à la fois fiers et humbles, mais écrasés par leur époque.

  Je trouve la forme très maîtrisée, en dépit de l'éclatement (ou plutôt grâce à lui). Ce n'était pas facile à mettre en scène et à monter, mais cela passe très bien. Les trois temps de l'action (le présent du XXIe siècle, le combat sur Iwo Jima et la tournée des soldats au drapeau) s'entremêlent sans effort. Tel épisode surgit de la mémoire d'un soldat et permet de faire le lien entre le passé et le présent. Une construction trop linéaire aurait été pesante (surtout vu la longueur du film). Je pense aussi que l'éclatement du film correspond à l'éclatement du temps de vie des soldats... voire à l'éclatement des corps.

  Restez jusqu'au bout du générique de fin, qui présente des documents d'époque, pertinents et émouvants.

14:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma