dimanche, 24 septembre 2006
World Trade Center
C'est un film à thèse et un mélo, deux genres très prisés du cinéma américain. On connaissait Oliver Stone pour la première catégorie de films, on le découvre (à moitié, en fait) pour la seconde.
La thèse du film est : les terroristes s'en sont pris à une société multiculturelle (et à des citoyens riches comme pauvres), pas à un pays de Blancs chrétiens (et juifs) impérialistes. C'est assez bien vu si l'on ne considère que les victimes des attentats (et je pense que c'est conforme à la mentalité des nervis d'Al Qaida). Cependant, la politique étrangère est complètement évacuée du film (sauf vers la fin, mais j'en reparlerai).
Le côté mélo me laisse mitigé : j'ai été ému et , dans la salle, je n'ai pas été le seul (j'ai entendu quelques reniflements). C'est efficace, mais les effets sont trop appuyés, entre le maquillage qui insiste vraiment sur la merde dans laquelle les deux ensevelis se trouvent, les ralentis et les dialogues parfois dignes d'une sitcom.
La toute fin du film m'a un peu énervé. A deux reprises, on sent bien quelle va être la réaction du peuple états-unien. Le mérite de Stone est de nous faire sentir cet afflux de patriotisme et cette volonté de combattre le terrorisme. Le personnage du marine en est le symbole (avec les policiers du Wisconsin). Mais quand le générique nous apprend que ce marine s'est ensuite engagé pour l'Irak, on se dit que Stone manque complètement de recul, puisque, par cette simple mention, il accrédite l'idée qu'il y a un lien entre Al Qaida et le régime de Saddam Hussein. On entend aussi un des personnages affirmer que ce jour-là on a vu ce dont l'être humain était capable, le pire comme le meilleur... cela fait des années que l'on savait que les êtres humains pouvaient se comporter pire que des bêtes ou faire preuve d'un altruisme insoupçonné ! O. Stone fait comme si seule l'histoire intérieure des Etats-Unis comptait : les attentats ont été plus mortels que l'attaque de Pearl Harbor (et ils ont touché le territoire principal). Combien de pays pourraient revendiquer une souffrance aussi grande ?... hélas de nombreux.
19:10 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, politique
vendredi, 22 septembre 2006
Tournage dans un jardin anglais
C'est délicieux, primesautier, léger, fin : faut suivre les dialogues pour jouir de cet humour si particulier à nos enn... euh amis britanniques ! Pourtant, les procédés sont hyper classiques, connus, bien que peu utilisés par le cinéma commercial : en particulier la mise en abyme, avec le film sur le film en train de se tourner sur un roman que certains lisent en cours de route. De plus, les personnages parlent de cinéma. A un autre niveau, les problèmes privés dont il est question dans l'adaptation du roman (l'amour, le mariage, la maternité, la paternité, la gloire...) sont abordés au niveau des personnages contemporains, pris entre le désir de jouir, la fidélité aux engagements... bref tout un ensemble de relations humaines pas facile à gérer ! Au final, le film est surtout une peinture sarcastique du monde du cinéma... inspirée du film de Greenaway, présent dans le titre et la musique (un morceau de Michael Nyman, qui a servi d'illustration à "Meurtre dans un jardin anglais").
16:04 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
Nicolas Sarkozy et la Justice
Nicolas Sarkozy réagit en Ministre de l'Intérieur : les policiers qui se trouvent sous ses ordres sont des fonctionnaires (en grande majorité) donc, dans son esprit, des serviteurs de l'Etat. Dans cette optique, les magistrats, fonctionnaires eux aussi (sauf les juges de proximité), doivent servir l'Etat. Et l'Etat, c'est lui, dans son esprit (allez, élargissons au Gouvernement !). Il a du mal à concevoir un pouvoir judiciaire vraiment autonome. Mais, les fonctionnaires sont davantage des serviteurs de l'intérêt commun que des serviteurs de l'Etat : celui-ci n'est hélas parfois qu'au service d'intérêts particuliers, ceux d'une coterie, par exemple. (Avec un président de la République comme Nicolas Sarkozy, il y a fort à parier que les instructions du Gouvernement reprendraient avec force. La seule inconnue réside dans le traitement des dossiers financiers "sensibles" : N. Sarkozy paraît plutôt probe de ce côté-là, mais il est entouré d'une faune qui n'attend sans doute que son arrivée aux plus hautes fonctions pour profiter à fond du système. Saura-t-il gérer la chose ? Hum... Encore faut-il qu'il se fasse élire.)
Les commentaires que j'ai entendus à propos de la mini-polémique sur les juges qui relâcheraient trop facilement des délinquants négligent une donnée du problème : les propos tenus par le Ministre de l'Intérieur ne sont peut-être pas tant à destination de la population qu'à celle des seuls policiers. Je suis prêt à parier une caisse de Beretta que depuis plusieurs jours, il prête ostensiblement (ostentatoirement ?) une oreille attentive aux doléances syndicales des forces de l'ordre.
Autre chose : les policiers ne font pas tous le même travail. Sur France Inter, aujourd'hui, dans le journal de 13h, j'ai entendu un magistrat se féliciter des bonnes relations entretenues avec la Police Judiciaire (euh.. peut-être pas au moment des enquêtes touchant un certain Jean Tibéri...). Le problème est que celle-ci n'est pas représentative de l'ensemble des forces de l'ordre. Les policiers ne sont pas tous des bac + 3 ou + 5, "investigateurs" patentés ni même membres d'un corps d'intervention d'élite. Ce sont des gardiens de la paix (brigadiers avec un peu d'ancienneté), présents en permanence sur le terrain et confrontés aux incivilités quotidiennes voire à des agressions (insultes, crachats, caillassages...).
15:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique
Président
La question est la suivante : s'agit-il d'un film à croûte ferme et pâte molle, ou d'un film à croûte molle et pâte ferme ? Je suis bien embêté. Le scénario ne tranche pas entre la version d'un idéaliste converti en partie au réalisme politique (mais qui garde le cap) et la version d'un ancien idéaliste très tôt ambitieux qui ne conserve que les apparences de l'engagement politique.
C'est bien interprété (mais pas toujours bien écrit : voir le discours dans la salle de concert, vraiment trop démago), premiers comme seconds rôles et figurants. Dupontel est excellent, J. Rénier m'impressionne de plus en plus, Rich est parfait (un peu trop parfois, peut-être)... et que Mélanie Doutey est belle ! La trame est classique, dans le genre du film politique "à l'américaine". Certaines péripéties sont prévisibles, autour des actes du petit nouveau qui monte, le cambriolage, la tentative d'assassinat... On peut s'amuser à repérer les correspondances, même si le film n'est pas la satire d'un fonctionnement présidentiel particulier. Ainsi, Dupontel est fabriqué avec des morceaux de Mitterrand et de Chirac (et une gestuelle peut-être à la Sarkozy : physiquement, Dupontel s'en rapproche). Rich l'ex ambassadeur semble un décalque de Jacques Foccart. Ici ou là, on peut voir dans certaines trognes tel député UMP ou PS actuel (allez, il y a sans doute Montebourg). Mais le propos est plus large... et finalement assez pessimiste. Je reprocherai au film de mettre dans le même sac les vrais pourris et ceux qui font des concessions. Peut-être suis-je trop optimiste à propos de la démocratie française...
14:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
mardi, 19 septembre 2006
La Science des rêves
Concernant Gondry, j'en étais resté à l'excellent Eternal Sunshine of the spotless mind. J'ai retrouvé dans La Science des rêves le côté "dérapage à partir du réel". C'est un film de doux dingue. Je pense qu'il faut rentrer dedans pour bien l'apprécier. J'y suis arrivé sans problème. Du coup, j'ai beaucoup ri. C'est fin, délicieux. De temps à autre, Alain Chabat, en beauf libidineux, ramène tout le monde les pieds sur Terre. Il est question de créativité, d'amour naissant, de désir, d'illusion. C'est inracontable, mais c'est mené avec une certaine rigueur, même si le scénario de son précédent film était beaucoup mieux ficelé. Ici, ce sont des objets (le cheval, la mezzanine, le bateau, le carton à dessins) qui rythment l'action.
Toutefois, l'histoire est un peu trop légère. Ne cherchez pas un grand film : c'est une fantaisie. J'ai été gêné par la postsynchronisation, très visible, d'autant plus qu'il me semble qu'une partie du film a été tournée en anglais.
12:46 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

