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dimanche, 26 novembre 2006

Vraiment, quel con !

     Tomber dans l'autodénigrement, voilà qui n'est guère salutaire ! Dans ce genre de situations, je recommande, pour se remonter le moral, de réaliser quelque chose de valorisant (comme péter quatre fois d'affilée sans modifier le fond de son caleçon, ou encore lâcher le plus gros rot possible sans faire remonter de petits morceaux au fond de la gorge).

     Voici le topo : je loue un appartement dans un immeuble où le chauffage est collectif, électrique au sol. Dans chaque pièce figure un convecteur d'appoint, qu'en général il n'est pas nécessaire de mettre en route (sauf dans la salle de bains, le matin, quand on veut se raser dans de bonnes conditions). L'été dernier, avant de partir en vacances, j'ai coupé l'électricité dans mon appartement (j'avais vidé et dégivré le frigo avant, vous pensez bien...), en abaissant les leviers qui me semblaient devoir être abaissés. A mon retour, j'ai remis tout cela en route. La fin de l'été et le début de l'automne ayant été assez doux, je n'ai pas éprouvé le besoin de chercher à chauffer davantage les pièces (surtout celle orientée au sud). Mais, début novembre, en dépit du collectif, j'ai ressenti la nécessité d'augmenter un peu la température... et là, ô surprise, je n'obtenais rien !

     Je me suis d'abord demandé si ce n'était pas une tuile supplémentaire qui me tombait sur le coin de la tronche. Ensuite, j'ai pensé que c'était peut-être dû aux travaux qui se déroulaient dans l'immeuble. Ce matin, je fus touché par la grâce : et si j'avais mal réenclenché le dispositif électrique à mon retour l'été dernier ? Je me précipitai vers le disjoncteur. Tout avait l'air en ordre. Restait, dans un coin, cette languette baissée qui semblait ne correspondre à rien. Pris de folie, je la relevai, puis me dirigeai vers l'un des convecteurs et tentai de le mettre en route. Alleluia ! Il fonctionnait ! Les autres aussi !

     Je me coucherai moins bête ce soir !

vendredi, 24 novembre 2006

Les fragments d'Antonin

    Il s'agit des traumatisés de guerre, de la Première guerre mondiale. A l'époque, la médecine militaire est encore balbutiante : on considère qu'une vraie blessure se voit physiquement, à l'intérieur ou à l'extérieur. Ce n'est pas tout à fait filmé comme les autres films de guerre, qu'ils soient français ou américains. On a droit à quelques procédés classiques, au premier rang desquels le retour en arrière, en particulier quand il s'agit d'évoquer les tranchées (belle séquence que celle qui voit l'attaque aux gaz et qui finit en "baïonnettage" virulent). Mais l'essentiel est ailleurs : dans la tête d'Antonin (et des autres soldats).

    Le grand talent du film est de nous donner une idée de ce qui se passe dans la tête du héros. C'est dû à la réalisation, assez dépouillée, au talent des acteurs (en particulier Grégori Derangère... mais Anouk Grinberg est vraiment géniale, tout comme Aurélien Recoing... rappelez-vous L'Emploi du temps de Cantet) et à l'utilisation de films réellement tournés après le conflit par des médecins. Ils constituent le générique de début et nous plongent littéralement dans le sujet, d'autant plus que certaines scènes de fiction proposées par la suite sont tournées de manière à rappeler cette introduction.

    Il reste qu'à force de nous présenter des films qui montrent à quel point la guerre c'est pas beau (ce qui est fort louable, j'en conviens, surtout si, en plus, on découvre un pan méconnu de notre histoire), les spectateurs risquent de ne plus comprendre comment il se fait que des millions de gens aient pu supporter  (d'une manière ou d'une autre) cette horreur pendant plus de 4 ans. De ce point de vue, le film de Jeunet Un long dimanche de fiançailles, bien que tiré d'un roman, est plus évocateur qu' Antonin ou encore Joyeux Noël (produit culturel -bien ficelé- politiquement correct). Il faudrait que je revoie Les Croix de bois, très ancien film adapté du roman de Dorgelès : dans mon souvenir, c'était criant de vérité sur la vie dans les tranchées.

 

23:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

mercredi, 22 novembre 2006

Ne le dis à personne

    Attention, la grosse artillerie est de sortie : budget très important, casting recherché, promotion intense... On se dit qu'on court un risque. En tout cas, si le film est adapté d'un roman anglo-saxon, en le voyant, on se dit que l'histoire est bien française : bonne adaptation donc.

    Au début, on est perdu, on ne comprend pas, à l'image du personnage principal, magistralement interprété par Cluzet. J'aime bien ça, cela force à réfléchir, cela met l'esprit en éveil. Au bout d' 1h30, on pense avoir saisi le pourquoi du comment... pas tout à fait en réalité, car les révélations se succèdent dans les trois derniers quarts d'heure, peut-être moins bien maîtrisés au niveau du scénario (ou du montage : on a dû faire des coupes pour éviter que le film ne dure 3 heures).

    Reste que la réalisation est habile, à la fois soignée et suggestive, aidée en cela par la musique : le choix des chansons me plaît et les compositions de M renforcent l'ambiance d'étrangeté. Un film à voir, vraiment.

10:06 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma

mardi, 21 novembre 2006

Babel

    Le premier intérêt du film est de n'exister qu'en version(s) originale(s). Du coup, on n'a pas à subir un éventuel mauvais doublage. On entend donc causer anglo-américain, tamazight (ça se passe en partie dans une région berbère du Maroc), japonais et hispano-mexicain (voire même spanglish) : cool ! L'image est léchée, la musique chouette, les acteurs bons.

    Alors, pourquoi ne suis-je pas enthousiaste ? Ben, c'est un peu convenu. Question film choral, Babel n'arrive pas à la cheville de Short cuts par exemple. Les situations sont parfois artificielles : le couple Pitt-Blanchett (ahhh, Cate, c'est quand tu veux !!!!!!!) fonctionne de manière trop mélodramatique, la partie mexicaine regorge de clichés et les séquences japonaises (très bonne idée de s'appuyer sur des sourdes-muettes, cependant) font un peu papier glacé, à l'image du film, qui vise un public bobo à mon avis. Comme quoi, les Français ne sont pas les seuls à tourner des longs métrages branchouilles.

10:45 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

lundi, 20 novembre 2006

Shortbus

   Le "petit train", vous connaissez ? Non ? Alors, ce film est pour vous ! Homo, bi ou hétéro, tout le monde a sa chance... ou sa malchance, car il faut bien le dire, nos acteurs exhibitionnistes incarnent des personnages minés de l'intérieur. Les homos sont plutôt contents niveau cul (avec un casting de mecs musclés aux jolis zizis), mais question affectif, ça coince, alors que les hétéros, dont la vie sentimentale semble riche, connaissent quelques problèmes au niveau de l'acte. Serait-ce un parti pris du réalisateur, lui-même homo ? Le doute m'habite.

   Sinon, c'est bien joué et surtout très drôle ! Au moins ici la chair n'est pas triste et, si on ne goûte pas tous les méandres de l'intrigue, on peut se régaler de quelques moments forts (ah, l'hymne états-unien trompété dans l'anus !). Il est question de voyeurisme dans ce film, celui des personnages bien sûr, mais aussi des spectateurs, sur lequel on compte pour remplir les salles...

 

17:42 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma