dimanche, 28 novembre 2010
Groland story
Je me suis récemment offert le "coffret Groland", contenant trois DVD, un global, retraçant 15 ans de déconne de la joyeuse équipe sur Canal +, les deux autres consacrés au 20h20, émission qui réussit l'exploit de (presque) faire oublier le JTN et L'Emission des Nuls.
Dans le premier DVD figurent des extraits de toutes les saisons, quel que soit le nom porté par l'émission : Les Nouvelles, CANAL international, Le 20h20, Grolandsat, 7 jours au Groland.
J'ai tendance à penser que le sommet a été atteint avec la dernière émission (et la suivante, absente du DVD, Groland Mag'zine) mais on y voit moins le reporter de l'impossible, l'inénarrable Michael Kael, dont les apparitions me font toujours tordre de rire. Ce premier DVD est donc l'occasion de revoir ses exploits, parmi tant d'âneries et de mauvais goût revendiqués.
L'émission Le 20h20 parodiait à la fois Le 19/20 de France 3 et le journal de 13h de Jean-Pierre Pernaut, à travers des brèves dont le sujet était aussi anecdotique que le commentaire scabreux... et à travers les reportages toujours très orientés (et d'une beauferie assumée fort réjouissante) de l'enfoiré de service, j'ai nommé Francis Kuntz.
Si, après plus de cinq heures de visionnage, vous n'en avez toujours pas assez, il faut vous tourner vers les précédents DVD. Il y a quelques années, j'avais fait l'acquisition d'un autre coffret, contenant une méga compil' de Grolandsat (2h40 de pur bonheur) et, pour les amateurs de drogue dure, Michael Kael, la totale, avec plus de deux heures de reportages plus dingues les uns que les autres et, en bonus, le film Michael Kael contre la World News Company, que je fus sans doute l'un des rares à aller voir en salle lors de sa sortie et qui, bien que moins réussi que les sketches courts, vaut bien mieux que ce qu'en a dit la critique aigrie. (Beaucoup ont sauté sur l'occasion pour se venger de l'image du journalisme que l'équipe véhiculait dans ses productions télévisées. Au-delà de la farce, il est question de l'éthique journalistique, un sujet sur lequel les professionnels, prompts à donner des leçons, sont assez chatouilleux...)
Tous ces DVD, les anciens comme les récents, contiennent quelques perles dans les bonus, par exemple le commentaire de l'image du journaliste roupillant à l'arrière-plan, derrière Jules-Edouard Moustic, dans Le 20h20.
L'aventure Groland continue, à travers Groland.con, toujours diffusé sur Canal +, en clair, le samedi soir.
14:59 Publié dans Télévision, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humour, actualité, actualite
samedi, 27 novembre 2010
Buried
C'est un nouveau produit de la rencontre entre l'Espagne (le réalisateur Rodrigo Cortés et une partie de l'équipe technique) et Hollywood, incarné ici par l'unique acteur physiquement présent à l'écran, Ryan Reynolds (un beau gosse, rien que pour vous, mesdames).
Cependant, d'autres acteurs ont contribué à ce film, par leur voix. Ils interviennent par le biais du téléphone portable du héros, prisonnier d'un cercueil en bois, sous terre... pas trop loin de la surface toutefois : il capte des réseaux de téléphonie (faut accepter d'y croire...) et, au cours du film, on entend distinctement un appel à la prière et les conséquences d'un bombardement aérien.
C'est donc un huis-clos bien spécial, puisque l'unique décor est l'espace exigu du cercueil. Bon, en fait, il y a plusieurs cercueils, qui ont permis au réalisateur de varier les angles et d'introduire un peu d'action dans ces quelques mètres cubes. Mais, pour le film, on fait semblant de croire que c'est comme ça.
Cela commence (après un générique chiadé) par un noir complet. On tend donc l'oreille et l'on comprend que le héros se réveille et découvre sa situation. La lumière finit par arriver, d'abord grâce à un briquet à essence (au réservoir ma foi très fourni), puis à des néons souples portatifs. Régulièrement, l'entrée en action du téléphone donne un éclairage particulier à une scène. C'est très bien fichu. C'est filmé en gros plan ou en plan rapproché, selon ce que le metteur en scène veut montrer. Paradoxalement, alors que dans la plupart des films le plan rapproché est lié à une scène plus intime, ici, comme il alterne avec les gros plans, il est plutôt synonyme d'action.
Notre héros enterré, camionneur en Irak, a quelques objets avec lui : le "smartphone" (un Blackberry, je dirais... ou un Motorola l'imitant), un flacon d'alcool, le briquet à essence, les tubes de néon, des cachets, un canif et une lettre. Il a été enlevé.
Si le personnage du ravisseur irakien est construit de manière sommaire, un plus grand soin a été apporté aux Américains avec lesquels le prisonnier est amené à entrer en contact. Je recommande tout particulièrement la meilleure amie de sa femme... scène de comédie à la clé ! Dans la catégorie "plus gros enculé de la planète", le directeur du personnel de l'entreprise qui emploie le héros mérite un oscar... Je vous laisse découvrir pourquoi.
Au départ, je trouvais le principe du film excitant, mais je me demandais comment le réalisateur allait faire pour tenir 1h35. Je me suis reposé la question au bout d'une demi-heure.... et finalement, ça marche, d'abord parce que derrière il y a un scénario béton, qui ménage des rebondissements, ensuite parce que les dialogues téléphoniques sont très bons, enfin parce que la mise en scène déchire.
C'est vraiment un film à ne pas manquer !
P.S.
Quelques informations supplémentaires sont disponibles sur le site dédié.
11:49 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, film, cinema
jeudi, 25 novembre 2010
Nostalgie de la lumière
C'est un documentaire chilien, tourné principalement dans le désert d'Atacama, un des endroits les plus arides du Globe... mais aussi l'un des meilleurs postes d'observation possibles de notre univers. C'est pourquoi le Very Large Telescope européen y a été implanté... et c'est aussi pourquoi la nouvelle grosse bite européenne, E-ELT (European Extremely Large Telescope) va y être installée à son tour.
Je n'avais pas trop cherché à en savoir davantage sur le film. Du coup, je m'attendais à un documentaire original, sur un lieu méconnu, un peu à l'image d'un excellent reportage paru dans Le Monde du week-end il y a quelques mois de cela.
Le début du film va dans ce sens. Le site scientifique nous est présenté de manière quasi anatomique, le tout enrobé d'images, réelles ou de synthèse, de l'espace, des galaxies, des nébuleuses lointaines. C'est assez réussi sur le plan formel, mais je dois avouer que j'ai un peu piqué du nez.
Fort heureusement, la trame bifurque. Ainsi, on apprend qu'un camp de prisonniers du régime de Pinochet se trouvait dans la région. Ce que sont devenus les détenus ? On ne sait pas trop... ou plutôt, on sait qu'ils sont morts. Quant aux corps... On finit par voir les restes d'une femme, encore enchaînée aux pieds, les mains liées, figée dans une posture. L'arrivée soudaine de cette image provoque un choc.
Le réalisateur veut relier l'activité astronomique à l'histoire contemporaine du Chili. Dans les deux cas, il est question du passé. Dans les deux cas, il est question de calcium ! (Je vous laisse découvrir pourquoi.) Il trouve des liens plus forts. L'un des scientifiques, allemand, n'est autre que le fils d'une Chilienne qui s'était réfugiée en Allemagne.
A partir de là, le film est passionnant. On suit ces mères, épouses, sœurs, qui cherchent les restes des corps des disparus, dont les dépouilles avaient été déterrées en catastrophe par les militaires pour être jetées dans l'océan ou réenterrées en catimini dans ce trou du cul du monde.
Patricio Guzmán, dont la filmographie est marquée par l'histoire troublée du Chili, réalise un film "minéral", où l'astronomie se mêle à l'archéologie (on fouille le sol aussi à la recherche des restes des premiers habitants de la région, arrivés il y a des milliers d'années). L'une des scènes les plus réussies débute par un plan de matériaux (des roches) issus de l'espace... et l'on finit par s'apercevoir que la texture du dernier objet filmé en gros plan est celle d'un crâne humain, celui d'une victime. Nombre de dépouilles n'ont toujours pas été identifiées.
On assiste même à la découverte de corps, traités avec le plus grand soin par les chercheurs.
L'une des dernières séquences est particulièrement bouleversante. Elle nous présente l'histoire d'une rescapée, qui doit à la mort de ses parents d'être toujours en vie. (Allez voir le film pour connaître les détails.) Il se trouve qu'elle est devenue... astronome, activité qui répond à son questionnement personnel et dans laquelle elle trouve de quoi combler le vide qui l'habite.
C'est un film vraiment original, très écrit, qui surprend agréablement pour peu qu'on prenne la peine d'y entrer.
00:14 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema, film, cinéma
lundi, 22 novembre 2010
Le musée Soulages ne fait toujours pas l'unanimité...
... loin s'en faut ! Le problème est que la vox populi ne transperce pas le rideau médiatique, qui, en général, ne délivre que la version des partisans du projet. Cependant, de temps à autre, une voix discordante parvient à se faire entendre.
Tel est le cas de Jean-Louis Chauzy, qui s'est publiquement interrogé sur le financement de la construction et surtout du fonctionnement du futur musée. Pour avoir accès à l'intégralité de l'argumentation du président du C.E.S.E.R. de Midi-Pyrénées, il fallait se tourner vers la presse non officielle, à savoir Le Nouvel Hebdo (numéro 147) :
L'hebdomadaire satirique revient d'ailleurs régulièrement sur le sujet, parfois de manière très détaillée et argumentée, comme Jean-Louis Chauzy. On ne peut pas en dire autant de leurs détracteurs.
Ainsi, le quinzomadaire gratuit A l'oeil du 18 novembre dernier s'est ému des prises de position de M. Chauzy :
Une grande déception perce dans cet entrefilet, peut-être rédigé par le maître-d'oeuvre du journal, Jean-Philippe Murat, élu conseiller municipal de Rodez en 2008, troisième sur la liste conduite par... Jean-Louis Chauzy. Peut-être conviendrait-il plutôt de s'interroger sur le bien-fondé de sa prise de position. Pourquoi M. Chauzy devrait-il forcément avoir tort ?
Celui-ci a aussi suscité l'ire de l'auteur d'un site d'information politique engagé, RodezNews. Le ton fut d'abord acrimonieux, l'auteur s'en prenant à "une poignée de grincheux qui ne connaissent probablement pas grand chose à l'art et à l'économie en général" (sympa pour Gérard Galtier et Jean-Louis Chauzy). Contestant le point de vue de ceux qui estiment que d'autres projets étaient bien plus porteurs et urgents à réaliser (comme le grand contournement de Rodez), le rédacteur se lâche : "Voilà une vision bien aveyronnaise qui ignore la réalité du monde d'aujourd'hui." C'est dingue mais cela m'a rappelé les propos outranciers du nouveau directeur de l'Office du tourisme de Rodez, publiés dans Le Ruthénois numéro 26.
Le billet écrit une semaine plus tard est plus mesuré, même si les opposants au projet y sont qualifiés de "frileux". (Il est néanmoins vrai que les températures ont brusquement chuté au début du mois de novembre.) Ce texte est plus argumenté que le précédent et l'on sent sous la plume (le clavier ?) de l'auteur un véritable intérêt pour l'oeuvre de Pierre Soulages. Il témoigne cependant du même optimisme béat qui dégouline des médias, fantasmant sur le nombre de visiteurs, censé rapidement atteindre et dépasser les 100 000 par an. Il table sur la renommée mondiale du peintre qui, si elle est incontestable à l'heure actuelle, peut rapidement s'étioler après sa mort. L'histoire mondiale de la peinture est remplie de cas d'artistes "officiels", couverts d'éloges de leur vivant et dont les oeuvres sommeillent aujourd'hui paisiblement dans les remises des musées, tandis que des génies ignorés (ou méconnus) de leur vivant ont obtenu la gloire posthume. Gardons-nous des enthousiasmes fabriqués...
De la même manière, il ne faut pas surestimer l'aura du site de Conques qui, soit dit en passant, est bien davantage due à la préservation de l'achitecture médiévale qu'à l'apport de Pierre Soulages. La "proximité" est toute relative : 45 kilomètres (et trois quarts d'heure de route en voiture par temps sec, une heure pour un bus... s''il n'a pas choisi de partir plutôt sur Albi ou Millau...) sépareront les cartons du musée des vitraux de l'église abbatiale. (Plus que Rodez, c'est Conques qui a tout à gagner à la construction du musée. Son maire en attend l'inauguration avec une impatience non dissimulée.)
Alors, pourquoi tant d'hostilité envers Jean-Louis Chauzy ? Après tout, il n'a fait qu'exprimer de manière mesurée et argumentée une opinion dissidente, acte salutaire dans une démocratie digne de ce nom. Je vois peut-être le mal partout, mais je me suis demandé s'il n'y avait pas là résurgence d'une opposition plus ancienne. Le site RodezNews est tenu par Joseph Donore, qui fut lui aussi candidat aux municipales de 2008 à Rodez. (Décidément, on n'y échappe pas ! A toutes fins utiles, je précise que je ne figurais sur aucune des quatre listes en course...) Il était numéro 7 sur la liste menée par Frédéric Soulié (divers droite... UMP dissidente disaient les mauvaises langues), rivale donc de celle conduite par Jean-Louis Chauzy. Sauf erreur de ma part, le virus de la politique l'avait saisi aux cantonales de 2004, quand il avait essayé (vainement) de déboulonner le conseiller général sortant de Mur-de-Barrez Francis Issanchou. Et, en consultant l'excellent ouvrage de Roger Lajoie-Mazenc, Maires de famille , je suis tombé sur une notice consacrée à Joseph Donore : il avait déjà tenté de se faire élire conseiller général en 1998 (il avait terminé cinquième du premier tour) et avait envisagé de présenter une liste aux municipales de 2001, à Mur-de-Barrez. (Et c'est là que je réalise que le bouquin de Lajoie-Mazenc a été préfacé par... Jean-Louis Chauzy ! C'est un complot !)
Bon, tout ça pour dire que j'ai déniché un article intéressant dans le Centre Presse de samedi :
J'ai trouvé réjouissant qu'un chaud partisan du musée prenne la plume pour demander à ce qu'on écoute les arguments de Jean-Louis Chauzy. Preuve que tout n'est pas perdu dans notre bon vieil Aveyron...
17:50 Publié dans On se Soulages !, Politique aveyronnaise | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, art, culture, peinture







