vendredi, 31 août 2007
Mr Brooks
Kevin Costner casse un peu son image pour interpréter ici un méchant assez gentil, au lieu d'un gentil très gentil comme il le fait d'habitude. William Hurt l'aide un peu. En face, on trouve notamment la délicieuse Demi Moore.
J'ai eu du mal à adhérer au principe du "mauvais conseiller" (William Hurt), qui oblige le scénariste à prévoir un contrepoids (la foi chrétienne du héros en l'occurence). C'est pesant, surtout au début mais si on adhère à l'intrigue, les acteurs étant bons, cela finit par passer. C'est même une source d'humour, l'une des qualités de ce film, qui essaie d'innover un peu dans le genre du polar. Bon, cela ne casse pas des briques, mais c'est efficace et assez bien foutu.
Pour profiter à fond du film, il faut écouter très attentivement les paroles de la mauvaise conscience (qui sait plein de trucs qu'on ne découvre que par la suite)... et se demander qui est vraiment à l'origine de telle action (comme un déménagement). L'un des grands plaisirs du film réside dans le jeu du chat et de la souris entre l'enquêteuse (Demi... C'est quand tu veux pour me poursuivre !) et l'assassin, qui en pince un peu pour la fliquette... Tu parles, elle le fait bander un max, oui ! Mais, ici comme ailleurs, la morale hollywoodienne est sauve : l'homme bien marié, bon père, ne fautera pas, même s'il va donner un coup de papatte à sa dulcinée policière.
La fin ménage suffisamment d'incertitudes et de coups de théâtre pour qu'on sorte du film pas mécontent, sans être ravi pour autant.
13:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
jeudi, 30 août 2007
Gen d'Hiroshima (suite)
Emballé par le premier tome, j'ai acquis les suivants (2,3,4,5 et 6).

Le volume 2 se passe à l'été 1945. Gen et sa famille sont confrontés à deux gros problèmes : se nourrir et se loger. Ils découvrent l'égoïsme de nombre de leurs compatriotes. Ils finissent par s'installer chez une amie de la mère de Gen... dont les proches voient d'un très mauvais oeil l'arrivée de ces "intrus". Les conflits qui se déroulent dans cette maison sont à la fois ahurissants et drôles : l'auteur a pris du recul, même s'il ne cache rien des difficultés rencontrées à l'époque.
Gen passe son temps à chercher à manger, et il croit encore à la possibilité de la survie des membres de sa famille qu'il a pourtant vu périr à Hiroshima, sous les décombres de leur maison. Dans ses pérégrinations, il rencontre des bandes de gamins, souvent orphelins, qui luttent pour ne pas mourir de famine. Il croise aussi une fille défigurée par les radiations, qui rêvait de devenir danseuse. Lui-même s'aperçoit qu'il perd ses cheveux.
Petite remarque : je n'ai pas pu me procurer ce tome à Rodez même. Le magasin spécialisé dans la bande dessinée proposait les volumes 1,3,4,5,6 et 8, alors que l'espace culturel Leclerc n'avait que le tome 10 (le dernier : pas de stock chez eux... trop cherrr !). Il était aussi absent des rayons de la grande librairie locale (qui, par contre, propose les tomes les plus récents). Le week-end dernier, je me suis rendu à Toulouse : j'en ai profité pour faire l'achat du tome 2, à la librairie Ombres blanches.
Le volume 3 que j'ai acheté est "collector" : deux cahiers ont été inversés au moment de la reliure : on passe de la page 64 à la 97, puis de la 128 à la 65, pour rebasculer de la 96 à la 129. J'ai gardé l'exemplaire. Ce volume est centré sur le personnage d'un irradié, gravement malade, qui loge dans sa famille, qui l'accepte mal, tant il est purulent. Gen va s'en occuper (au départ, pour de l'argent) et découvrir que le bonhomme est un peintre. La famille de Gen est toujours autant soumise à la vindicte des logeurs, alors que dans la région, certains enfants ont mis au point des stratégies particulièrement élaborées pour s'en sortir.
Le quatrième tome se déroule après la guerre. La bombe continue à faire des victimes, au grand désespoir de la population. La petite sœur de Gen, née le jour de la bombe, tombe malade, puis disparaît. Parti à sa recherche (ainsi qu'en quête de nourriture), Gen fait plusieurs rencontres, qui sont autant de petits reportages sur l'état de la société japonaise de l'époque : il retourne à l'école, voit la montée en puissance des yakuzas et l'arrivée des "diables américains", que l'on déteste à cause de la bombe, mais dont on apprécie les sucreries (les chewing-gums en particulier) et les réserves alimentaires. La couverture montre ce à quoi sont réduites certaines Japonaises pour survivre. Ce tome est aussi l'occasion de nous faire découvrir des rites bouddhistes, auxquels Gen ne croit guère, sauf s'ils lui permettent de réunir de quoi faire vivre sa famille.
Le volume 5 prend un tour encore plus dramatique : la mère est gravement malade et les enfants sont pris entre le rejet des "Japonais normaux" et l'influence des yakuzas, qui cherchent à profiter des enfants des rues (face à une police impuissante et discréditée). Quelques rayons de soleil viennent égayer l'atmosphère, comme le vieil écrivain abandonné, qui devient le second père de la bande d'orphelins, formant avec eux une nouvelle famille, celle du cœur et de l'entraide.
Ce tome est aussi l'occasion, pour l'auteur, de faire émerger plusieurs éléments de critique politique : Gen se contrefiche de la visite de l'empereur à Hiroshima ; il voudrait que tous les responsables japonais de la guerre et les Américains paient pour leurs crimes. La reconstruction politique du pays est montrée sous un jour assez trouble, avec des candidats loin d'être honnêtes et des yakuzas sans cesse plus présents. Quant aux victimes de la bombe, elles intéressent au plus haut point les autorités états-uniennes... Pour survivre, les enfants vendent des crânes...
La couverture du volume 6 montre le meilleur ami de Gen (qu'il avait jadis pris pour son petit frère, décédé dans l'incendie d'Hiroshima), qui fricote avec les yakuzas, enfermé dans un centre pour jeunes délinquants. Il va s'en échapper, mais la violence règne au dehors. De surcroît, la mère de Gen est toujours malade et se nourrir correctement reste une épreuve quotidienne, d'autant que le marché noir est florissant. Gen retrouve un personnage qu'il avait rencontré jadis (est-ce le début d'une histoire d'amour ?) et sa petite troupe se montre très entreprenante : elle parvient à s'acheter une machine à coudre ; l'avenir s'annonce un peu meilleur. Mais la "scoumoune" guette : le vieil écrivain a la santé fragile et son livre sur l'horreur d'Hiroshima ne trouve pas preneur, tant la censure est puissante à l'époque.
14:55 Publié dans Japon, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : *de tout et de rien*
mercredi, 29 août 2007
Economie pas chiante
Quand un universitaire atypique rencontre un journaliste du New York Times, cela peut donner un très bon livre d'économie... et de sociologie. Il s'agit de Freakonomics, écrit par Steven D. Levitt et Stephen J. Dubner.
Au plaisir de la lecture (les auteurs ne manquent pas d'humour et ils sont d'assez bonnes plumes... merci la traduction !), vous ajouterez la joie d'apprendre pas mal de choses, parmi lesquelles :
- la cause de la chute de la criminalité dans les grandes villes états-uniennes à la fin du XXe siècle (grâce à la réaugmentation du nombre de policiers dans les rues... et surtout à la libéralisation de l'avortement une vingtaine d'année auparavant) ; les auteurs s'appuient sur des statistiques et comparent notamment le cas états-unien à celui de la Roumanie (ce qui, incidemment, nous ramène au film qui a obtenu la palme d'or à Cannes en 2007) ; le prestige de R. Giuliani, l'ancien maire de New York, en sort amoindri
- pourquoi les agents immobiliers sont de gros enfoirés (qu'ils soient obèses ou pas)... et pourquoi ils n'ont pas complètement tort de l'être
- la raison pour laquelle les revendeurs de drogues des ghettos vivent chez leur môman, même quand ils approchent la trentaine (quand on vous dit que le "marché de la drogue" fonctionne comme n'importe quel secteur pyramidal !)
- la manière dont on a pu repérer les enseignants des écoles publiques du secteur de Chicago qui trichaient pour favoriser leurs élèves aux évaluations (c'est démontré tableaux de chiffres à l'appui... très fort)
Ce n'est qu'un échantillon des sujets traités dans ce passionnant bouquin apte à réconcilier les plus mathophobes avec l'utilisation des statistiques.
14:50 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : *de tout et de rien*






