dimanche, 30 août 2026
Decorado
Ce film d'animation espagnol est à réserver à un public averti. Il décrit un monde dystopique, violent, dont les habitants vivent dans une sorte de "cité idéale", régie par une puissante firme multinationale, ALMA, présente dans tous les domaines de l'économie, de la fabrication de cintres à la pharmacie, en passant par les médias.
Les héros sont un couple de souris, dont la situation est précaire. Maria est dessinatrice à domicile. Arnold est un ancien ouvrier au chômage, qui traîne toute la journée en robe de chambre, souvent planté devant la télévision, qui diffuse les aventures de Roni Duck (mélange de Donald, Duck, Ronald McDonald... et peut-être John Wayne).
Mais Arnold commence à se poser des questions. Il arrête de prendre ses "gélules du bonheur" (produites par ALMA) et décide d'essayer de savoir si le monde dans lequel il vit n'est pas une grande illusion, un décor ("decorado", en espagnol). Il commence par explorer le bois (réputé dangereux) qui entoure la cité. Lui et quelques amis envisagent d'aller au-delà, grâce à une mystérieuse carte. Mais ils doivent faire attention : un grand hibou menaçant garde les abords de la cité...
On sent diverses influences dans cette histoire : 1984 de George Orwell, le Brazil de Terry Gilliam et même The Truman Show de Peter Weir. Ce n'est pas d'une gaieté folle, mais c'est moins plombant que les précédents films d'Alberto Wázquez, Psiconautas et Unicorn Wars. Sur le fond, c'est une œuvre engagée, de gauche, anticapitaliste, à la sauce européenne (du sud) : le monde dystopique est marqué par un chômage de masse. (Si le film avait été anglo-saxon, on aurait davantage mis en scène des travailleurs pauvres.)
10:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

