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lundi, 31 mars 2008

Les femmes de l'ombre

   J'ai tardé à voir ce film, d'abord parce que la bande-annonce m'avait fait redouter le pire et parce qu'un collègue, qui y était allé avant moi, en était sorti déçu. L'héroïne incarnée par Sophie Marceau a réellement existé et le film est nourri de références historiques (durant le générique de début, on nous présente des photographies d'époque montrant des femmes engagées dans la guerre, pas forcément françaises d'ailleurs et, à la fin, on peut voir un reportage britannique sur la préparation du Débarquement), mais il s'agit d'abord d'un film d'aventures, où l'on ménage nombre de rebondissements, le tout souligné par une musique de circonstance.

   Finalement, ce n'est pas si mal, assez prenant. Sophie Marceau est tout à fait convaincante en "dame de fer" de la Résistance (en fait, agissant pour les services secrets britanniques, pas pour la France Libre) et Moritz Bleibtreu est excellent en officier nazi (jouant de surcroît dans trois langues). Par contre, je trouve les compositions de Julien Boisselier et Julie Depardieu plutôt maladroites. L'autre défaut du film est l'invraisemblance de certains rebondissements. Je sais bien que l'époque a été propice aux situations abracadabrantesques, mais quand même, parfois, c'est vraiment limite. On a aussi, semble-t-il, voulu ménager la sensibilité du public, en atténuant la représentation des tortures subies par les résistants faits prisonniers par les nazis. On en perçoit bien la cruauté, mais pas tout à fait l'inhumanité (sauf quand l'une des femmes se fait arracher un ongle). Il est par exemple étonnant qu'aucune allusion ne soit faite à des violences sexuelles.

   Il reste une histoire de femmes, dans un monde d'hommes, une troupe hétéroclite, aux motivations disparates.

10:45 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

dimanche, 30 mars 2008

Crimes à Oxford

   Cela aurait pu s'appeler Amour, crimes et mathématiques, mais les producteurs voulaient sans doute un titre plus accrocheur. C'est un polar cérébral, qui mêle l'intrigue sentimentale, les rancoeurs étouffées et le petit monde des mathématiciens d'Oxford. En fait, il s'agit davantage de logique que de mathématiques pures : ne vous attendez pas à une adaptation cinématographique de la série Numb3rs.

   Le plus surprenant est que ce polar reste assez "intello". C'est l'histoire qui se plie (parfois de manière presque invraisemblable, il faut le reconnaître) à l'argument "scientifique" et non pas l'inverse : on aurait pu s'attendre à ce que l'enrobement mathématique soit très superficiel. (Le scénario a dû être très travaillé.) Cela donne plus de force au film, à mon avis.

   Les acteurs sont excellents, de John Hurt à Dominique Pinon en passant par Julie Cox. On a soigné les seconds rôles, condition sine qua non de la réussite d'un film policier qui tient la route. Dans le rôle principal, Elijah Wood poursuit ses efforts pour faire oublier Frodon. Pour attirer le public djeunse, on lui met dans les pattes une ravissante brune, à la poitrine généreuse et bien faite (tout cela m'a l'air naturel, tant dans la forme que dans le pendouillage que l'on a l'occasion d'observer... Oui, la dame du fond ?... Vous dites ?... Je suis obsédé ? Pas du tout voyons !... Enfin, si peu...), mise en valeur de manière quasi ostentatoire (bonjour les décolletés et les prises de vues plongeantes...) lors de chaque scène où intervient ce personnage. Je vois bien la production, effrayée par l'intellectualisme du scénar, injecter un peu de fesse pour épicer l'affaire. Cela se sent à la vision du film : les séquences amoureuses m'ont paru assez fades, surjouées.

   Pourtant, de manière générale, la mise en scène est habile. J'ai notamment en tête un long plan (deux minutes ?... ben oui, dans le cinéma actuel, où 80 % des réalisateurs ne savent pas construire un plan de plus de 10 secondes, c'est l'équivalent d'un siècle), dans la première moitié du film, absolument somptueux. Indice : c'est une scène d'extérieur.

   La fin du film nous propose bien entendu un retournement, assez habile ma foi, qui nous ramène à la logique.

16:52 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

lundi, 24 mars 2008

Angles d'attaque

   Ah, ça fait du bien de voir un bon film de droite ! Le président des Etats-Unis (William Hurt, impeccable) y est un type formidable (là on voit qu'il s'agit d'une fiction), qui résiste aux bellicistes de son camp (c'est quasiment de la science-fiction !) et a réussi à réunir autour de sa lutte contre le terrorisme les autres puissances mondiales, à commencer par les Européens (on nage en plein délire). Mais la menace est là, incarnée par les méchants Arabes, l'un d'entre eux étant interprété par notre Saïd Taghmaoui (celui de La Haine, qu'on a aperçu, depuis, dans Les Rois du désert et O Jérusalem notamment). De manière générale, dans le film, il faut se méfier des bruns un peu bronzés... et donc d'une bonne partie des Espagnols (Voyons, Linda, vous savez bien qu'ils sont à moitié arabes ces gens-là !). Notons que jamais ô grand jamais on ne saura ce qui guide ce groupe de terroristes, ni dans quel but précis ils tentent d'enlever le président des Etats-Unis. En tout cas, ils sont dépeints comme des personnes très motivées et organisées, la palme revenant au personnage joué par S. Taghmaoui, très performant avec son téléphone portable (Mais oui, Susan, ces Orientaux sont très au fait des nouvelles technologies !).

   Au passage, le film ne s'embarrasse pas de nuances inutiles et présente les opposants à la politique américaine comme une bande de gauchistes altermondialistes... et il les lie aux terroristes. (Pour sûr, chère Brenda, tout cela c'est de la graine de voyou !) On a bien quelques petites différences entre les Arabes de la bande, mais je suis sûr que le spectateur moyen va sortir de là en pensant qu'ils sont tous très dangereux. Outre le président, les seuls "bons" sont le garde du corps dévoué un peu franc-tireur (Dennis Quaid, qui décidément ressemble de plus en plus à Harrison Ford) et un touriste noir... américain, forcément (Forrest Withaker, efficace en boy scout).

   Tout ça pour dire que, quand même, les acteurs sont excellents. Withaker est peut-être le moins convaincant. Si vous ajoutez à cela une musique bien choisie et de nombreuses péripéties, cela donne un film après tout très plaisant, très rythmé.

   C'est d'abord un exercice de style maîtrisé : on revit la même scène, de plusieurs points de vue. A chaque version, on en apprend un peu plus sur les dessous de l'affaire... et on progresse dans l'intrigue. La séquence la plus spectaculaire est sans conteste la poursuite en voiture dans les rues de Salamanque (au Mexique en fait, où la ville a été partiellement reconstituée), très bien fichue.

   Si vous vous accommodez du fond politique du film, c'est un excellent divertissement. Sinon, c'est un énième sous-produit de l'industrie hollywoodienne, véhiculant son quota de clichés.

18:01 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

dimanche, 23 mars 2008

Le cahier

   Dans la famille Makhmalbaf, je demande... la deuxième fille ! Il s'agit d'Hana, âgée de 19 ans. ("Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années"...) Comme papa, elle a tourné en Afghanistan. L'action du film se déroule à proximité de l'endroit où se trouvaient les statues de Bouddha, à Bamian (la toute fin nous en montre le dynamitage). Des familles vivent dans les grottes des alentours.

   Les enfants sont très bien dirigés. Ils sont souvent filmés en gros plan. Celle qui interprète l'héroïne Bakhtay est impressionnante... et attachante avec sa bonne bouille et son entêtement à vouloir aller à l'école. Le garçon qui incarne le fils de la voisine, Abbas, est aussi très bien. La réalisatrice arrive à leur faire jouer des scènes complexes, parfois très "engagées" physiquement.

   Cela donne un film rythmé, où j'ai ressenti tour à tour la drôlerie de certaines situations et une forte angoisse face aux menaces qui pèsent sur le duo de héros. Ils rencontrent une bande de gamins qui jouent aux taliban. (On a vraiment envie d'en prendre un pour cogner sur les autres !) Cela nous vaut une séquence pleine de doubles-sens évidemment, où l'on se demande jusqu'où les gamins "s'amusent"... Mais la réalisatrice nous réserve une surprise vers la fin du film.

   Toutefois, je relève deux défauts techniques : la mise au point, parfois imparfaite (très visible sur un grand écran) et la musique, à chier. Elle dramatise inutilement. Franchement, le film autrait été encore meilleur sans cela.

16:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

samedi, 22 mars 2008

Battle for Haditha

   On a assez peu parlé de ce long-métrage lors de sa sortie. Il s'inscrit dans la lignée des films de guerre américains. Depuis deux-trois ans, on a eu droit à une floppée de bons produits, en prise sur leur époque, sur ses conflits (Afghanistan, Irak première et deuxième moutures...) et mis en scène avec talent. Le réalisateur de celui-ci, Nick Broomfeld, est documentariste à l'origine. J'avais apprécié son Biggie and Tupac, alors que, franchement, je ne suis pas très porté sur le rap "bling-bling".

   Pour ce film, il est parti d'un fait divers : le massacre, en Irak, de civils par des marines qui venaient de subir un attentat à la bombe. Par souci de réalisme, d'anciens soldats ont été engagés pour porter l'uniforme dans cette fiction et des Irakiens réfugiés en Jordanie incarnent les civils. C'est donc tourné en anglo-américain et en arabe.

   On sent les influences subies par le réalisateur : Full Metal Jacket, peut-être Platoon... ce qui relie le film à la guerre du Vietnam... et au massacre de My Lai (en 1968). J'avais d'autres références en tête, mais cela m'est sorti de la tête. Ah, oui, ça me revient : Bloody Sunday, de Paul Greengrass (pour l'aspect "documentaire" donné à la fiction, la comparaison entre les méthodes des nationalistes irlandais et irakiens et pour la violence montrée comme un moyen d'exacerber les tensions).

   Ce film est une bombe. Le point de vue des différents groupes d'Irakiens est rendu avec une grande honnêteté et un réel souci du détail vécu ; la troupe de marines nous est présentée sans fard, brute de décoffrage, avec ses qualités et ses dérapages. C'est vraiment très fort, très bon. Un film indispensable qui hélas n'a pas rencontré le succès qu'il aurait mérité.

23:36 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

dimanche, 16 mars 2008

10 000

   Et d'abord, hein, pourquoi "10 000" ? Le film dure-t-il 10 000 secondes (c'est-à-dire plus de 2h30 - j'ai fait le calcul pour vous, n'ayez pas d'inquiétude) ? Non. A-t-il coûté 10 000 dollars ? Non plus. A-t-il employé 10 000 figurants ? Que nenni.  Alors ? Ben, l'action est censée se passer 10 000 ans avant J.C., en gros au moment où apparaît l'agriculture au Proche-Orient (on parle de la Révolution néolithique). L'idée a dû venir à Roland Emmerich quand il a appris le succès des docus fictions français (Homo sapiens et Le sacre de l'Homme). Il s'est sans doute dit : "Putain (je traduis approximativement de l'anglo-américain) ! Ces abrutis de Frenchies ont réussi un beau coup avec leurs documentaires. Y a encore plus de thunes à se faire avec une fiction. Allez, les gars, au boulot ! Et torchez moi ça vite !"

   Dans le groupe, on a puisé dans les grandes références culturelles. Le scénario pille donc beaucoup Les Dix commandements (je vous laisse découvrir la théorie avancée dans le film pour expliquer la construction des pyramides... cela vaut son pesant de crottes de mammouths), un peu Jurassic park (si, si !) et une pléthore de films qui mêlent pseudo-archéologie et science-fiction (faudrait pas oublier qu'Emmerich est l'homme de Independance day, bordel de zut !). Si vous connaissez un vieux prof d'histoire dont vous voudriez vous débarrasser, emmenez-le voir ce film, pour lui, c'est la crise cardiaque assurée ! C'est un beau mélange de préhistoire et d'Antiquité, d'Europe glaciaire et de civilisation du Nil... le tout aspergé d'une louche de bons sentiments. Ah, oui, j'oubliais : les dialogues sont nuls, à tel point que l'envie de quitter la salle m'a saisi à plusieurs reprises dans le premier quart d'heure.

   Et pourtant, ce n'est pas si mal foutu que cela. Une fois l'histoire lancée, cela se suit agréablement. La troupe de méchants cavaliers est interprétée de manière très convaincante et les animaux sont d'excellents figurants. Bon, d'accord, le coup des mammouths qui gambadent, c'est un peu ridicule et le bon goût s'offusque contre l'introduction de poulets géants en pleine savane. Mais les effets spéciaux sont réussis et les (trop) rares apparitions du tigre à dents de sabre sont prenantes, bien mises en scène. Cette histoire de type un peu maladroit, amoureux fou, qui va devenir une sorte de Messie (une sorte de Moïse sorti du marbre) tient la route malgré tout.

18:21 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

vendredi, 14 mars 2008

There will be blood

   "Il y aura du sang"... pas tellement, finalement : à côté des frères Coen ou de Sylvester Stallone, Paul Thomas Anderson est un petit joueur, de ce point de vue. La violence n'est pas forcément celle qui fait couler le sang. C'est aussi celle qui fait couler les larmes ou gicler le pétrole (des passages remarquablement mis en scène, soit dit en passant). A travers cette histoire d'ascension sociale, le réalisateur nous cause en fait de l'Amérique. Mais on peut voir le film des deux manières, et donc comme une fiction très documentée qui prend place dans l'Ouest américain, où tant de personnes aspirent à faire fortune. Le personnage remarquablement interprété par Daniel Day Lewis est une incarnation de ce "rêve"... sans que le film soit un conte de fée : c'est une véritable ordure, prête à tout pour arriver à ses fins. Son pendant est le gamin qui le fait venir dans la région et qui va, lui, personnifier le puritanisme charismatique... et hypocrite. Certaines scènes sont très théâtrales, très efficaces dans la dénonciation. Je vous laisse découvrir des deux postures, la cynique mercantile et l'hypocrite bondieusarde, laquelle finit par prendre le dessus sur l'autre.

   Derrière cette histoire d'hommes se cache une vraie critique de la construction de la puissance états-unienne. Quand on voit comment cette richesse s'est développée à l'intérieur du pays, on n'est guère étonné du comportement à l'extérieur. Dans cette optique, les deux personnages principaux sont deux faces d'un même pays, profondément mu par l'appât du gain et taraudé par une expression de la foi bâtarde, extrême et, pour tout dire, dangereuse.

   S'il n'y avait que cela, le film vaudrait déjà le détour. Mais il y a aussi ces paysages petit à petit transformés par l'exploitation pétrolière. Sur un bel écran panoramique (à l'Escurial, à Paris, tiens), cela donne ! Mais il y a aussi ce petit pincement au coeur qui persiste, ce reste d'humanité que l'on n'arrive pas à complètement refouler. Tout ce qui tourne autour du personnage du fils est très beau, intense. Un film très riche donc, même s'il est un peu long (plus de 2h30).

20:21 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

lundi, 10 mars 2008

Séisme électoral à Rodez

              Il y a au moins deux avantages au résultat : je peux organiser mon dimanche prochain comme je le veux puisque je n’aurai pas à me déplacer pour un second tour et, de ce fait, cette élection fait faire quelques économies.

            On va commencer par la liste arrivée quatrième et dernière, « La nouvelle génération avec Marc Censi »… ledit Censi (il est là depuis 1983… et même depuis 1971 en tant qu’adjoint !) ayant plus de 72 balais : bonjour le renouvellement ! Les électeurs ne se sont pas laissé abuser par la tromperie : on avait mis un gamin en tête de liste (un C.S.P.+ comme nombre de ses colistiers) et le maire sortant Censi n’en occupait que la dernière place ; tout le monde a compris que Censi comptait sur des négociations d’entre deux tours, peut-être pas pour redevenir maire mais, qui sait, pour garder la communauté d’agglomération.

            Censi (ex-U.D.F.) s’est aussi relancé dans la compétition pour une raison « culturelle ». La liste officielle estampillée (même discrètement) « U.M.P. » (plutôt une liste d'ex-R.P.R. ?) a dans son programme l’organisation d’un référendum local pour décider de la construction (ou pas…) d’un musée Soulages… une cochonnerie de snobinards qui pourrait nous coûter la peau des fesses… (C’est le contribuable ruthénois qui cause, là.) et dernière lubie de Censi, qui a déjà bien vécu sur la bête avec ses projets limite pharaoniques. Régine Taussat n’a pas eu le courage d’annoncer franchement la couleur et de dire que ben son projet de musée Soulages, Censi, il peut se le rouler en boule et le ranger où il veut… Pour être honnête, il faut dire que le programme de la liste U.M.P.-mais-pas-trop prévoyait des travaux gigantesques (et inutiles...) au centre de Rodez. Ouf ! On a échappé à cela ! A la fin du dépliant-programme, Régine Taussat avait pris soin de faire figurer quelques photographies de sa modeste personne en compagnie des huiles U.M.P… Le problème est que certaines de ces photos doivent dater de 10 ou 15 ans ! Le top du délire est celle qui montre Régine en compagnie de Nicolas Sarkozy : en gros, seule la coupe de cheveux permet de reconnaître la candidate ! La palme de l'hypocrisie est attribuée à... la photo sur laquelle figurent notre Régine et le député Yves Censi (oui, le fiston de l'autre), auquel elle s'était opposée aux législatives de 2002, quand il s'était agi de récupérer la place laissée vacante par la retraite de Jean Briane. Quant à sa liste, au-delà de quelques lampistes, c’est un échantillon caricatural de la "bonne bourgeoisie" : « cadre de banque », « chargée des ressources humaines », « chef d’entreprise clinique privée », « commerçante », « chef d’entreprise »,  « médecin psychiatre », « employée de banque », « négociateur immobilier », « conseiller financier », « employée de banque » (une de plus), « kinésithérapeute », « décoratrice », « chirurgien dentiste »… Notez la surreprésentation des professions médicales (libérales, faut pas déconner non plus). Les électeurs n’ont pas voulu de cette ordonnance… d’autant plus que, aussi bien à droite qu'à gauche, à Rodez, ils sont nombreux à admettre que Régine Taussat n’était pas très crédible en future maire.

            La deuxième place est revenue à une liste-surprise, menée par le président du Conseil économique et social. Il s’affichait « social-démocrate » et son dépliant le montrait en compagnie de Martin Malvy, le président (socialiste) du Conseil régional. Le problème est que celui-ci soutenait la liste socialiste. La même méthode a été appliquée avec une notabilité locale : l’ancien directeur d’un lycée du coin figure lui aussi sur une photographie en compagnie de J.-L. Chauzy. Il a fait publier un démenti dans la presse locale. Voilà des procédés qui ne sont ni sérieux, ni honnêtes. En fait, cette liste est un fourre-tout qui n’a pas osé prendre l’étiquette  Modem. Elle réunit une brochette d’ex-U.D.F. et des personnes plutôt classées « à gauche », des notables C.S.P.+ et un nombre non négligeable de représentants du monde enseignant. Le mariage de la carpe et du lapin n’a convaincu les électeurs qu’à moitié.

            La vraie surprise est venue de la victoire, dès le premier tour, de la liste P.S.-P.C.-Verts-P.R.G.-M.R.C. (ça y est, on a tout le monde ?)  menée par l’éternel opposant Christian Teyssèdre. A la base, ce candidat passait plutôt mal auprès de la population : il n’a pas vraiment de charisme et il a depuis longtemps la réputation du râleur systématique, une sorte de don Quichotte aveyronnais luttant vainement contre les moulins à vent du Conseil général et de la mairie de Rodez. Alors, qu’est-ce qui peut bien expliquer sa franche victoire en 2008 ? Sa liste est plurielle : elle accueille, outre les militants politiques des partis la soutenant, quelques figures locales pas spécialement marquées. Le plus étonnant est que cette liste « de gauche » est assez peu ciblée « fonction publique ». En outre, je pense que le gros travail de terrain (du porte-à-porte notamment) a porté ses fruits. Teyssèdre a pu voguer sur la déception vis-à-vis de la droite, à la fois nationale et locale, et du désir de changement des électeurs. Le dépliant-programme est assez bien foutu, même si on peut sincèrement douter de la réalisation de ce catalogue de bonnes intentions. D’ailleurs, l'ambiguïté est entretenue sur la construction du musée Soulages « Nous organiserons une promotion active de nos musées présents et à venir »… On comprend pourquoi Marc Censi, une fois les résultats proclamés, ne s'est pas montré attristé de voir ses adversaires de toujours prendre le contrôle du piton ruthénois. Dire qu’il faut se taper soit les snobs de droite soit ceux de gauche…

 

vendredi, 07 mars 2008

La Ronde de nuit

   Peter Greenaway s'est consacré au peintre Rembrandt, à sa vie et à l'histoire de la création du tableau éponyme (ça veut dire que le tableau a donné son nom au film).

cinéma

   Le style oscille entre le biographique (avec la touche Greenaway, très près du corps, un peu glauque, mais talentueuse) et le conceptuel. La résurrection du petit monde grand-bourgeois des Provinces Unies du XVIIème siècle est réussie, dans un cadre plutôt minimaliste : certaines scènes sont du bon théâtre filmé. Les acteurs font croire à leur personnage. On a un aperçu du travail du peintre et on apprécie de voir cette toile sur un écran géant.

   Le problème est que Greenaway n'a pas su choisir entre le polar d'époque et la biographie intellectuello-sensible. Du coup, cela manque d'unité, c'est souvent lourd, de surcroît long (plus de 2 heures... c'est à la mode). J'espérais que l'auteur du Baby of Mâcon avait mieux travaillé ce film et qu'il avait retrouvé un peu de la légèreté et de la verve qui ont fait le succès de Meurtre dans un jardin anglais, de ZOO, de Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant notamment. J'ai été déçu.

   Ceux qui s'intéressent à l'artiste peuvent se tourner vers un autre film, Rembrandt, de Charles Matton, sorti il y a quelques années.

   Ceux que les liens entre peinture et cinéma émoustillent aimeront Ce que mes yeux ont vu, un bon petit polar, dont j'ai causé dans un billet du 30 décembre 2007.

18:47 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma