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lundi, 04 juillet 2011

GiedRé chez Laurent Baffie

   L'ancien complice de Thierry Ardisson a animé pendant plusieurs saisons, sur Europe 1, une émission dominicale qui s'est finalement appelée C'est quoi ce bordel ? Il a eu le mérite de révéler (au grand public) la chanteuse franco-lituanienne GiedRé (prononcer "guiédré"), dont j'ai récemment parlé.

   Au départ, je pense qu'elle n'était venue que pour une émission. Elle revenue au moins sept fois, signe que l'on avait repéré sa singularité... et son besoin de promotion : ce n'est pas avec le style des chansons qu'elle interprète qu'elle risque de passer à la télévision (enfin, tant qu'elle ne sera pas devenue célèbre).

   Grâce à la Toile, on peut (ré)écouter ces émissions, à commencer par la première, diffusée le 30 mai 2010. On peut y entendre GiedRé interpréter Trop de questions (vers la quatorzième minute), L'amour par derrière (vers la dix-huitième minute), Tu baves quand tu dors (vers la trente-quatrième minute) et enfin ma préférée Tu pues du cul (vers la quarante-cinquième minute).

   Elle est revenue le 13 juin 2010, pour interpréter un titre évoquant la mollesse érectile de son copain (vers la seizième minute)...

   Elle a été de nouveau invitée le 27 juin 2010. On peut l'entendre vers la trente-cinquième minute se lâcher dans une chanson où il est question d'une langue bien chargée (que les mauvais esprits auront prise, au début, pour un pénis)... L'émission dans son entier mérite le détour, avec des blagues potaches réalisées avec des vuvuzelas !

   On sent qu'on lui a demandé quelque chose de moins "épicé" pour le 4 juillet 2010 : elle a d'abord chanté un texte plutôt autobiographique, Je m'appelle GiedRé, où il est beaucoup question de la SACEM (vers la huitième minute). Vers la trente-cinquième minute, elle nous a proposé un titre assez élaboré, La vie peut être cruelle, à ne pas écouter quand on est dépressif !

   On l'a retrouvée à la rentrée, dans l'émission du 12 septembre 2010 (vers la trentième minute), avec La petite camionnette, fable cruelle sur une prostituée.

   C'est un thème qui l'a décidément beaucoup inspirée, puisque, le 19 septembre 2010, Une belle qui dormait au bois (diffusée vers la trente-et-unième minute), bien que différente par le style, évoque le cas d'un travesti (du Bois de Boulogne, pense-t-on) qui vend ses "charmes".

   Le 26 septembre 2010, elle a chanté Les beaux côtés de la vie (vers la trente-et-unième minute), un titre qui joue évidemment sur l'antiphrase, où elle justifie en quelque sorte son goût pour ce que les autres appellent le macabre, le scabreux. (Au XIXe siècle, la critique bien-pensante faisait les mêmes reproches à l'écrivain Emile Zola.)

   Enfin, le 3 octobre 2010, on l'a entendue pour la dernière fois (à ma connaissance) avec Je ne suis pas méchante (vers la trente-cinquième minute), une chanson qui fonctionne un peu sur le même principe que la précédente.

   Depuis, sa carrière a commencé à décoller.

18:35 Publié dans Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : musique, médias, humour

Noir Océan

   Après Beau Travail de Claire Denis (consacré aux membres de la Légion), voilà une autre cinéaste, Marion Hänsel, qui s'intéresse aux hommes de guerre. Ici, ce sont des marins, dans le Pacifique, à l'époque des essais nucléaires français (dans les années 1970).

   La parenté entre les deux films est patente. Les deux femmes sont fascinées par les corps de ces hommes jeunes et, normalement, en excellente santé. Dans les deux films, l'accent est mis sur l'un des militaires. On finit par s'apercevoir que ces "hommes forts", soumis à une discipline stricte, sont plutôt des gens hors norme... et cachant une faille.

   La différence principale réside dans les dialogues, remplacés par de la musique, des chants ou un monologue intérieur chez Claire Denis (qui a un parti pris esthétisant), alors que Marion Hänsel a conservé une forme plus classique.

   Les séquences situées en métropole évoquent l'enfance de l'un des personnages, qui a su vaincre sa peur. Dans le Pacifique, le plus dur est la cohabitation avec les autres, à l'étroit sur le navire. Tous ceux qui sont passés par le service militaire reconnaîtront l'ambiance tantôt joyeuse tantôt lourde des chambrées.

   Le scénario ne met pas en valeur les "grandes gueules", mais les types réfléchis. Après le passage sur l'enfance, on a droit à une longue attente, ponctuée de divers incidents... et d'une forte consommation de cigarettes ! Finit par venir l'essai nucléaire, qui suscite beaucoup de questionnements chez les jeunes soldats.

   L'image est soignée et, si l'on supporte le rythme un peu dolent, on appréciera ce film original.

  P.S.

  On peut glaner plus d'infos sur le site internet dédié.

12:18 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, cinema