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samedi, 08 octobre 2011

Du gros, du land... du Groland !

   L'émission du samedi 8 octobre foisonne de trouvailles. Après un rapide hommage à feu Steve Jobs, on démarre par un reportage de Gustave de Kervern, qui a trouvé quelqu'un capable de prédire sans risque d'erreur le résultat de la primaire socialiste :

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   On continue avec un entretien avec l'épouse (enceinte) du président du Groland, Carlita, qui raconte par le détail combien son cher et tendre est expert en botanique... ta mère !

   Le coeur de l'émission est occupé par un fait divers, lié à la chasse. Les amateurs verront comme une parenté avec le célèbre sketch des Inconnus, où il est question de galinette cendrée. Mais l'équipe de Groland pousse le bouchon encore plus loin...

   Vient ensuite une page culturelle, qui traite du changement de dessinateur de la BD Astérix. Un Grolandais serait pressenti, dont le talent paraît évident :

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   Lui succède un sujet de société : doit-on ou non bannir le terme de "mademoiselle" du français courant, pour cause de sexisme ? C'est une nouvelle recrue du journal, Elsa Barrère, qui s'y colle, avec un tact et une délicatesse qui n'ont rien à envier à ceux de ses collègues masculins...

   On passe alors à un peu de théâtre, avec une nouvelle étoile montante de la scène francophone : Johnny.

   Arrive enfin Michael Kael, qui s'est penché sur le phénomène Autolib', auquel, à la stupeur générale, il adhère complètement, pour des raisons très particulières...

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   Le ton devient encore plus sardonique avec le sujet consacré à la musique industrielle et à ses procédés de fabrication. Cela nous mène à un petit jeu : sur l'image suivante, où se trouve le seul véritable chanteur ?

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   Que l'on se rassure : l'équipe de Groland ne se laisse pas toujours happer par la facilité. Ainsi Francis Kuntz semble avoir beaucoup payé de sa personne pour enquêter, de manière approfondie, sur l'affaire DSK :

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   Un peu plus loin, on découvre aussi, en avant-première, quelques images d'un film consacré à un homme de médias des plus connus, Patrick Poivron-d'Accord (soupçonné de plagiats) : L'Homme qui pompait celle qui le pompait.

   Si toutes ces émotions vous ont donné soif, la fine équipe de Canal + vous propose de l'étancher avec une nouvelle boisson d'origine animale :

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Présumé coupable

   Voici donc le film consacré à l'affaire d'Outreau. Il ne nous en donne qu'une vision partielle, à travers le cas de l'un des accusés (et condamnés, ce qui est pire) à tort, Alain Marécaux (qui a écrit un livre sur ce qui lui est arrivé). C'est filmé en caméra objective, même si, à quelques reprises, le réalisateur passe en caméra subjective.

   Le titre retourne l'un des principes fondamentaux de la justice, la présomption d'innocence, qui a été dans cette affaire singulièrement bafouée. On suit le calvaire d'Alain Marécaux alors que la procédure judiciaire est déjà bien en route. On ne nous montre pas ce qui a précédé, notamment le processus qui a conduit policiers et juges à se persuader de la culpabilité de cet huissier de justice.

   C'est l'une des forces du film : montrer que la machine judiciaire peut broyer n'importe qui, même quelqu'un de bien introduit dans le système. A cet égard, l'évolution des relations entre le héros et l'un des procureurs est particulièrement éclairante. J'ai encore en mémoire une scène, au cours de laquelle Philippe Torreton (absolument fantastique dans ce rôle... futur César) regarde avec intensité celui qui fut quasiment son collègue... et qui ne le connaît plus désormais. D'un autre côté, on peut comprendre que la justice veille à faire preuve de la même sévérité avec tous... à condition qu'ils soient coupables.

   Je ne connaissais pas le réalisateur, Vincent Garenq, mais je trouve qu'il fait preuve d'une grande habileté. Fait rare dans le cinéma français, les scènes de famille, notamment avec les enfants, sont bien tournées, les acteurs bien dirigés.

   Le film se veut aussi pédagogique : on découvre le travail de la Police judiciaire et du juge d'instruction, le traitement infligé aux "présumés coupables" qui, s'ils ne sont pas battus, sont méprisés et victimes de harcèlement moral. Le but est de faire craquer les suspects : en France, on garde encore une forte culture de l'aveu.

   Vient ensuite la phase de prison. Je pense qu'on ne nous montre pas tout... mais on en voit suffisamment : une cellule surpeuplée, avec la promiscuité, la saleté... et la peur de prendre un mauvais coup.

   L'étape suivante est la grève de la faim menée par Marécaux-Torreton. L'engagement de l'acteur (qui a perdu 27 kilos... moins toutefois que le vrai Marécaux) y est perceptible. On touche à quelque chose qui dépasse cette affaire et qui dépasse le film. J'ai repensé à Hunger.

   Ne croyez cependant pas que tout repose sur les épaules de l'acteur principal. Tous les autres sont brillants, de Noémie Lvovsky (l'épouse qui perd pied) à Wladimir Yordanoff (l'avocat), en passant par l'étonnant Raphaël Ferret en juge Burgaud. (On l'avait découvert en geek de la police dans la série Profilage.) Les seconds rôles, qui ne sont pas forcément tenus par des professionnels, sont aussi très bons.

   Bref, en ce moment, c'est le film français à voir.

17:26 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, cinema

vendredi, 07 octobre 2011

La presse aveyronnaise en évolution

   Elle s'organise autour de deux pôles. Le premier, dominant dans le département, est celui des Journaux du Midi (passés sous la coupe du Groupe Sud-Ouest). Le navire amiral est Midi Libre, mais le plus lu dans l'Aveyron est Centre Presse, qui penche plutôt à droite. Ce groupe connaît des difficultés, dont il a été fait état dans Centre Presse le 4 octobre, dans un article intitulé "Journaux du Midi : un plan de transformation du groupe".

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   Du coup, un appel à la grève a été lancé. C'est le quotidien de Montpellier qui semble le plus menacé par les réductions d'effectif, qui sont d'autant plus mal perçues que, d'après Le Figaro, si la situation s'est dégradée en 2011, le bilan 2010 était bon.

   Dans l'Aveyron, deux hebdomadaires dépendent de ce groupe : Le Journal de Millau et (indirectement) Le Saint-Affricain. ("Philosophiquement", on pourrait y a jouter le Bulletin d'Espalion, un indépendant dont certains contributeurs ne me semblent pas sans lien avec Centre Presse.) Le premier semble bien se vendre, mais, depuis plusieurs mois, le site internet (qui permettait d'accéder -de manière limitée- à une partie du contenu rédactionnel) a été mis en sommeil. Au contraire, Le Saint-Affricain semble avoir misé sur le numérique (son site est bien fourni). C'est lié à son changement de statut, puisque de payant il est devenu gratuit, avec davantage d'espace publicitaire. Son directeur s'en est expliqué sur la radio Totem.

   C'est là que j'ai eu la puce à l'oreille. S'il est affirmé que le projet remontait à janvier 2010, je constate une curieuse coïncidence : la nouvelle version gratuite du Saint-Affricain date du 23 avril 2010 (le dernier numéro payant étant paru le 16 avril), soit à peine plus d'un mois après le lancement, sur le Grand Rodez, de l'hebdomadaire Le Ruthénois.

   Vous allez me dire : quel lien peut-il y avoir ? Eh bien Le Ruthénois est un "petit frère" du Progrès Saint-Affricain, un indépendant qu'on sent proche de La Dépêche du Midi (plusieurs journalistes travaillent pour les deux), elle plutôt de gauche. Les Journaux du Midi ont paraît-il très mal pris l'arrivée du nouvel hebdomadaire sur le Piton. La transformation du Saint-Affricain en gratuit à plus fort tirage (imprimé à Montpellier...) ne pourrait-elle pas s'analyser aussi comme une sorte de croche-pied tendu au Progrès ?

   La manne des annonceurs publicitaires n'est pas infinie, on le sait, surtout en période de crise. (Cela a d'ailleurs sans doute conduit les gérants du gratuit A l'oeil à le transformer de quinzomadaire en mensuel.). Tenter de monopoliser cette source de revenus est un moyen d'étouffer la concurrence. De la même manière, l'avancement du jour de parution (du jeudi, comme le Progrès, au mercredi) pourrait se comprendre comme une mauvaise manière pour récupérer une partie du lectorat et des annonceurs du concurrent.

   Le second pôle de presse aveyronnais ne semble pas péter le feu non plus. Le navire amiral, La Dépêche du Midi, se vend plutôt dans l'Ouest du département et sur Decazeville, d'après mes informations, où est aussi bien implanté l'hebdomadaire Le Villefranchois, qui fait partie du même groupe, et qui vient de rénover sa formule. L'an dernier, une rumeur a circulé sur le non-remplacement d'une personne sur le départ, voire sur la fermeture du bureau de Rodez. Ceci dit, le site internet de La Dépêche est, à mon avis, le meilleur toutes publications confondues.

   Au niveau des ventes, les hebdomadaires proches du quotidien de Toulouse (Le Ruthénois et Le Villefranchois) ne semblent pas atteindre les scores de leurs confrères aveyronnais. Par contre, le "navire amiral" lui, se vend globalement mieux que Midi Libre et surtout, il s'appuie sur un bon réseau d'abonnés, qui représentent 53% de ses ventes, contre 39% pour le quotidien de Montpellier. (Notons que, sous cet aspect, le record est battu par Centre Presse, avec 77% d'abonnés !)

   Tout cela pour dire que la presse aveyronnaise, riche et assez diversifiée, me semble être d'une santé précaire...

02:55 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : presse, médias

jeudi, 06 octobre 2011

L'Aveyron, gros dégueulasse

   Dans le département, l'année 2010 a notamment été marquée par la polémique née de la fermeture du site du Burgas, à Sainte-Radegonde (commune située à la périphérie immédiate de Rodez) et l'ouverture du quai de transfert (provisoire) à Sébazac-Concourès. L'hebdomadaire local Le Ruthénois s'est penché à plusieurs reprises sur cette affaire, notamment dans le numéro 5, le numéro 7 et le numéro 12.

   En gros, je n'ai rien à ajouter aux billets écrits l'an dernier (ni à ma -modeste- contribution au site Aligorchie). Le changement survenu depuis cette date est le début de la construction du quai de transfert définitif, sur le territoire de la commune de Sainte-Radegonde... après bien des péripéties.

   Et puis, voilà-t-y pas que Le Monde s'en mêle ! Le numéro daté du jeudi 6 octobre contient un article (signé Gilles van Kote) consacré aux départements contraints d'exporter leurs déchets (chez les voisins). Il est illustré par une carte fort intéressante :

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   J'ai retouché l'image de manière à mieux mettre en valeur certaines zones. Ainsi, on remarque qu'il ne semble pas y avoir de lien entre la démographie des départements et leur capacité à traiter eux-mêmes les déchets produits par la population qu'ils abritent.

   En effet, parmi les départements dont on pense qu'ils n'auront pas, en 2015, la capacité à traiter leurs déchets (entourés de rouge), on trouve aussi bien le Nord (le plus peuplé du pays), le Rhône (avec Lyon), la Moselle et les Alpes maritimes que le Sud du Massif Central (avec l'Aveyron au coeur de la zone...).

   De la même manière, parmi les départements dont la capacité est estimée suffisante (avec des points verts), on trouve aussi bien ceux de l'agglomération parisienne (Paris et la petite couronne) et la Gironde que les plaines du Bassin parisien et les marches Nord et Est du Massif Central.

   La couleur politique ne semble pas plus être un facteur explicatif. Reste le dynamisme des élus (et leur sens des priorités), qu'ils soient de gauche, de droite ou d'ailleurs. Or, dans l'Aveyron, force est de constater que les deux camps ont l'esprit tourné vers des projets aussi dispendieux qu'inutiles (le musée Soulages pour la gauche du Grand Rodez, le barreau de Saint-Mayme pour la droite départementale).