dimanche, 19 août 2012
Z Minus n°2
Toujours "100 % dessin 0 % article", le bimensuel satirique est à nouveau dans les (bons) kiosques :
Comme le premier numéro m'avait bien plu, j'ai sorti les 4 euros 90 (ben oui, le talent, ça se paie)... et je ne le regrette pas.
A la volée, que trouve-t-on, dans ce numéro ? De la politique, du pipi-caca, du sexe (beaucoup), avec des poils, des teubs, des nichons. L'humour noir est toujours aussi présent, à travers par exemple les dessins de Giemsi :
Institutions obligent, il est désormais davantage question de François Hollande que de Nicolas Sarkozy, mais les deux présidents sont "croqués" avec la même acidité.
Pages 4 et 5, les amateurs se régaleront avec deux reportages judiciaires. Le premier narre une affaire jugée par le tribunal correctionnel de Nantes, mettant aux prises trois chauffeurs de taxi agressifs et le client de l'un d'entre eux (qui a donné sa version de l'histoire). Le second reportage traite d'une affaire sordide (digne d'un épisode des Experts ou d'Esprits criminels), jugée par la cour d'Assises de la Dordogne.
Une page est plus spécifiquement consacrée à l'actualité internationale, à la violence qui règne sous différentes latitudes. Un peu plus loin, vous saurez enfin ce que Mohamed Merah a réellement dit aux policiers venus l'arrêter à Toulouse, en mars dernier.
J'ai aussi beaucoup aimé la page de Marsault, dont le talent n'est pas sans rappeler celui de Gotlib :
Dans la lignée de Hara Kiri et Charlie Hebdo, le cul vient alterner avec des thématiques "sérieuses" :
Si vous en voulez davantage, il faut vous tourner vers la double-page de Rifo, La Planète des bêtes immondes, qui louche sur les films Planète Terreur et Boulevard de la mort. Le même dessinateur est l'auteur d'un supplément très bien foutu, qui raconte les origines possibles d'un super-héros pas comme les autres : Hiroshiman.
Je vais m'arrêter là, mais sachez que ce numéro contient bien d'autres choses, comme la mini-histoire des truands à la recherche d'un trou du cul, les aventures d'une mémé et de sa télé, la conquête spatiale version suppositoire ou encore la romance débutant entre un garçon et une fille... et se terminant de manière inattendue !
11:17 Publié dans Politique, Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, presse, médias
vendredi, 17 août 2012
Héroïnes nationales
Ma brocantitude m'a amené à faire de nouvelles trouvailles. Il y a peu, je suis tombé sur une pile de protège-cahiers datant de la fin du XIXe siècle. Malheureusement, les gribouillis des écoliers du temps jadis avaient été détachés, pour ne conserver que les quatre pages cartonnées, illustrées de scènes en général patriotiques (cela date d'après la défaite de 1871 face à la Prusse).
On a coutume de présenter la IIIe République comme un régime misogyne, ayant corseté la condition féminine et notamment refusé d'étendre le droit de vote aux citoyennes. Pourtant, certaines d'entre elles ont été montrées en exemples à la jeunesse, à travers ces images de couverture, dans une série appelée Les femmes de France pendant la guerre (sous entendu "de 1870-1871").
Il s'agit de Jeanne Bernier, dont le texte (situé sur la quatrième page) nous dit qu'elle était champenoise et qu'elle perdit dans le conflit son frère, son père, son époux et son fils, ces trois derniers engagés dans les francs-tireurs (des groupes qui agissaient à l'arrière des lignes prussiennes, en France occupée). Elle décida de prendre les armes et se mit en quête de troupes ennemies. Elle réussit à tuer quatre uhlans, avant de mourir le fusil à la main. Précisons toutefois que l'auteur de la notice prend la peine d'écrire "C'était là une marque de courage peu commune chez une femme, n'est-il pas vrai ?" (Rappelons que ce texte est destiné à être lu par les écoliers...)
Curieusement, sur la Toile, c'est une autre version de l'histoire que j'ai trouvée. La jeune femme, ni mariée ni mère, aurait été tuée lors de l'exécution de son fiancé par les Prussiens.
Juliette Dodu est un peu plus connue. Ses exploits présumés ont fait l'objet de cartes postales. Le texte qui accompagne l'illustration ci-dessus prend des libertés même avec la version officielle de ce qui est sans doute une légende : la jeune femme est qualifiée de "directrice du télégraphe" (poste qu'occupait sa mère) et on découvre la native de la Réunion capable de transcrire les messages prussiens (rédigés en allemand, langue qu'elle ne comprenait pas).
Annette Drevon était une cantinière de l'armée impériale. Elle s'est distinguée à la bataille de Magenta, en 1859. Mais sa mise en valeur doit plutôt à son comportement pendant la guerre de 1870-1871, au cours de laquelle elle tua un soldat bavarois qui se serait moqué de la décoration qu'elle portait, obtenue à la suite de ses exploits en Italie. Le texte qui figure en quatrième de couverture est la copie de la notice biographique que l'on peut trouver dans le Journal de Tournon du 26 septembre 1886.
La collection ne serait pas complète sans un hommage rendu aux femmes d'Alsace-Lorraine, dont le territoire fut annexé par le nouvel empire allemand en 1871 :
Ces femmes vêtues de noir sont toutes en deuil, ayant perdu un membre de leur famille durant la guerre. Leurs visiteurs prussiens, qui voulaient s'imposer dans leurs réunions de salon, s'en vont, fort embarrassés.
Cette collection rend aussi hommage aux "grands capitaines", parmi lesquels une autre femme, Jeanne d'Arc bien sûr :
Ces deux illustrations (de qualité très moyenne) s'inspirent d'un célèbre tableau de Jean-Jacques Scherrer, consacré à l'entrée victorieuse de la Pucelle à Orléans, en 1429 :
12:46 Publié dans Histoire, Jeanne d'Arc | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, france, femme, peinture, lorraine











