samedi, 25 août 2012
Kill List
Voilà un drôle de polar, à la fois "primal" et cérébral, qui peut déconcerter... et effrayer. Pourtant, l'histoire démarre de manière plan-plan (c'est voulu). On découvre l'un des deux héros en père de famille approximatif. Il est au chômage depuis un paquet de mois et les 40 000 livres d'économie (on est au Royaume-Uni) ont fondu comme neige au soleil. Jay est de surcroît un acheteur compulsif, immature émotionnellement parlant (on le voit dans ses relations avec sa femme Shel - une charmante Suédoise- et son fils). Physiquement, il s'empâte. Son meilleur ami Gal semble plus à l'aise dans ses baskets : il est resté célibataire et, lorsqu'il rend visite à son pote, il est accompagné d'une jeune "executive woman" (qui a peut-être eu recours à la chirurgie esthétique) dont on finit par apprendre que c'est une "bombe" au lit.
C'est au cours de ce repas que les choses commencent à basculer. L'un des personnage fait un geste étrange, destiné à n'avoir de sens qu'à la fin du film. Mais surtout, il est question d'un nouveau "travail" : nos héros sont des tueurs.
On s'embarque dans un drôle d'univers. Ne vous attendez pas à une mise en scène léchée autour d'un monde d'aventuriers de la gâchette. Non, leur boulot est sordide et n'a rien de "glamour". Curieusement, leurs premières cibles sont des enflures (pédophile ou adepte de violence extrême). Leur mystérieux employeur serait-il une sorte de justicier ? Un indice (là encore difficilement compréhensible à ce stade de l'histoire) est donné au cours du deuxième meurtre.
Dans le même temps, Jay subit une transformation progressive. L'ancien soldat en Irak, qui a "merdé" lors de son dernier contrat en Ukraine, voit ses instincts se réveiller. La relation avec son pote Gal change. Celui dont on croyait qu'il avait le dessus devient le suiveur.
Le dénouement survient lors de la dernière mission, avec une séquence à couper le souffle dans des souterrains glauques. La "liste" de personnes à tuer s'avère plus longue que prévu et le spectateur qui a pris le temps de réfléchir finit par comprendre qu'un projet bien particulier est à l’œuvre depuis le début...
12:27 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film
vendredi, 24 août 2012
Bienvenue chez les riches !
C'est le titre du dossier du Canard enchaîné (le n°124) publié cet été :
En quelque 120 pages (contre 80 à 100 d'habitude), les journalistes de l'hebdomadaire satirique proposent un panorama synthétique de la "France des riches". Les articles sont courts (une à deux pages, illustrées d'un à trois dessins) et foumillent d'anecdotes.
Cela commence par la définition de la richesse, entreprise hasardeuse. Pour les plus fortunés, on peut se reporter au classement des milliardaires du magazine Forbes. Deux Français font partie des vingt premiers : Bernard Arnault (4e) et Liliane Bettencourt (15e) :
Pour avoir plus d'informations sur les riches Français, on peut se tourner vers le magazine Challenges, qui publie un classement des 500 plus grandes fortunes professionnelles :
En comparant les deux palmarès, on relève des incohérences, tant au niveau de l'ordre qu'au niveau des montants : les deux classements ne se fondent pas exactement sur les mêmes critères.
On peut aussi s'intéresser aux assujettis à l'ISF. Il y a quelques années de cela, Le Figaro a publié un tableau statistique des villes peuplées de plus de 20 000 habitants comprenant plus de 50 assujettis. Voici ce que l'on peut lire à propos de l'Aveyron (page 5) :
Rien que dans ces deux communes (les seules du département à dépasser les 20 000 habitants), on note la présence de près de 400 assujettis à l'ISF. Combien d'autres résident dans une commune moins peuplée ?
Le document est aussi intéressant parce qu'il mentionne la somme moyenne versée au fisc : 4-5000 euros par an... on ne peut vraiment pas parler d'un impôt confiscatoire.
Ces données sont à comparer avec les revenus de l'ensemble des Français. D'après l'INSEE, en 2009, les ménages français ont en moyenne un revenu de 34 540 euros, soit un peu moins de 2 900 euros par mois. Pour plus de justesse, la colonne suivante donne le revenu médian, celui qui partage la population en deux groupes égaux (en clair : la moitié gagne moins, l'autre moitié gagne plus). Et là, on constate que ce revenu n'est que de 28 740 euros, soit environ 2 400 euros par mois... merde, je suis au-dessous !
Cet écart s'explique par les grandes inégalités : beaucoup de ménages gagnent entre 1 500 et 2 500 euros par mois, mais une minorité gagne infiniment plus, ce qui fait remonter la moyenne. Le Canard précise d'ailleurs que 90 % des Français (pas des ménages, semble-t-il) gagnent moins de 37 000 euros par an. 1 % des Français gagnent plus de 7 350 euros par mois. (Que l'on me présente leurs filles !) Quant à ceux qui culminent au-delà d'un million par an, ils ne seraient que 3 000 foyers, soit 0,0008 % du total. Dire que certains ont osé déclarer que la taxe à 75 % (qui ne ponctionnera pas 75 % des revenus : ce sera une tranche supplémentaire... avec des aménagements) s'attaquait à la classe moyenne...
Le journal satirique revient aussi sur ces très riches qui avaient appelé à une fiscalité plus lourde (dans un appel publié par Le Nouvel Observateur). Combien sont aujourd'hui révulsés par les projets fiscaux du gouvernement Ayrault ? Sur le même sujet, la tribune signée par Warren Buffett dans The New York Times avait quand même plus de gueule. Il y écrit notamment ceci :
"People invest to make money, and potential taxes have never scared them off. And to those who argue that higher rates hurt job creation, I would note that a net of nearly 40 million jobs were added between 1980 and 2000. You know what’s happened since then: lower tax rates and far lower job creation."
Traduction : "Les gens investissent pour gagner de l'argent, et les impôts éventuels ne les ont jamais dissuadés. A ceux qui soutiennent que les taux [d'imposition] élevés nuisent à la création d'emplois, je dirais qu'un volant d'environ 40 millions d'emplois ont été créés entre 1980 et 2000 [en clair : sous Reagan, Bush père et Clinton]. Vous savez ce qui s'est passé depuis : des taux d'imposition plus bas et beaucoup moins de création d'emplois."
L'argumentation mériterait d'être affinée, discutée, mais, venant d'un super-riche, elle ne manque pas de sel. Voici encore ce qu'écrit Buffett, un peu plus bas :
"But for those making more than $1 million — there were 236,883 such households in 2009 — I would raise rates immediately on taxable income in excess of $1 million, including, of course, dividends and capital gains."
Traduction : "Mais pour ceux qui gagnent plus d'un million de dollars (236 883 ménages en 2009) j'augmenterais immédiatement le taux d'imposition du revenu excédant un million de dollars, en incluant, bien sûr, les dividendes et (autres) revenus du capital."
Alors, Warren Buffett hollandien ?
Le journal satirique ne se prive cependant pas d'égratigner l'actuel président sur ses déclarations de patrimoine. Il semble avoir été plus honnête en 2012 qu'en 2007, sans doute pour éviter, à l'époque, de payer l'ISF... Le paradoxe est que c'est à la réforme initiée par Nicolas Sarkozy que François Hollande doit sans doute de n'y être pas assujetti aujourd'hui !
La suite du dossier est composée de portraits des familles/individus les plus riches, de Bernard Arnault à Elisabeth Badinter, en passant par Serge Dassault et Pierre Bergé, par exemple. On y apprend incidemment une foule de choses, comme par exemple l'origine du succès de la famille Bolloré, dans le papier très fin (utilisé pour les cigarettes roulées et l'impression des bibles), auquel elle a en partie donné son nom : O.C.B. pour Odet Cascadec Bolloré.
On peut dire que c'est Arnaud Lagardère qui reçoit le traitement le plus "acide". Ceux qui s'intéressent à l'information économique liront avec profit les pages consacrées aux familles de la grande distribution. Les "nouveaux entrepreneurs" ne sont pas oubliés, avec notamment Xavier Niel et Matthieu Pigasse, auquel un strip de Lefred-Thouron est consacré :
La troisième partie du dossier traite des manières de s'enrichir, de la banque à l'édition en passant par le show-business. Au passage, certains découvriront peut-être le train de vie (et les exigences professionnelles) de quelques vedettes, en particulier Dany Boon. Ceci dit, ils ne font a priori rien d'illégal, contrairement à d'autres, dictateurs africains (avec l'affaire des "biens mal acquis") ou hommes d'affaires qui sentent le soufre (vous avez dit Bernard Tapie ?). Il est aussi question de certains footballeurs, de riches agriculteurs (céréaliers) et de la famille régnante qatarie.
La quatrième partie est plus bling bling : elle aborde les "moeurs des riches". Le dossier se termine par les soucis des fortunés, parfois proportionnels à leur richesse.
C'est bien écrit, truffé d'informations, émaillé de traits d'humour et richement illustré... et cela ne coûte que six euros !
jeudi, 23 août 2012
"Fringe" saison 4
TF1 a enfin commencé à diffuser les épisodes de 2011, alors que la cinquième et dernière saison est programmée pour fin septembre aux Etats-Unis. Si l'on a du mal à veiller (très) tard en semaine, la télé de rattrapage permet de ne pas rater ce qui est pour moi une excellente série de science-fiction.
On reconnaît sa signature au générique, envoûtant (et aux musiques d'accompagnement à cordes, judicieuses), aux images s'intercalant entre les séquences et aux incrustations des noms de lieu, en 3D :
La troisième saison s'était achevée sur une délivrance et un drame, qui vont peser sur la suite.
Le premier épisode, Un seul être vous manque, traite d'une enquête au cours de laquelle l'Olivia Dunham de notre monde (Anna Torv, toujours aussi fascinante dans ce rôle) se découvre un "nouveau" partenaire. Tous deux vont devoir affronter des sortes de polymorphes, dont l'anatomie passe très bien à l'écran :
Tout au long de cet épisode (et des deux suivants), les personnages principaux sont confrontés, à leur insu, à l'absence de Peter Bishop, dont l'existence a été effacée de leurs mémoires. Les scénaristes ont eu l'habileté de faire en sorte que les situations d'enquêtes soient souvent à double sens, faisant allusion à la perte que tous ressentent sans savoir l'expliquer.
L'épisode 2, Le voleur de bonheur, voit les deux univers allier leurs forces pour tenter d'attraper un tueur en série qui, dans "notre" monde, est un chercheur réputé :
Comme dans la précédente aventure, le mystère est résolu, mais la fin est ouverte.
L'épisode 3, Lien toxique, confronte les agents à une sorte de champignon-mousse, étrangement lié à un garçon timide.
Dans le même temps, les visions du scientifique atypique Walter s'accentuent. On sent que son fils Peter est sur le point de faire son retour dans l'histoire.
Cette série bénéficie d'un superbe habillage visuel, au service d'un scénario qui déchire. Ajoutez à cela de bons acteurs (et doubleurs, pour la version française), un peu d'humour graveleux et vous avez le cocktail d'un excellent divertissement.
12:05 Publié dans Télévision, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, actualité, médias
mardi, 21 août 2012
Retour sur la "guerre des affiches"
Lors de la dernière campagne des élections législatives, une affaire avait secoué le landernau ruthénois. Rappelez-vous : on a accusé des militants UMP d'avoir tapissé les panneaux concurrents (et quelques autres lieux inappropriés) avec les affiches de leur candidat Yves Censi. Plainte a été déposée. (Au fait, où en est l'enquête ?) Gênées au départ, les instances de l'UMP avaient fini par accuser des voleurs d'affiches...
Et voilà ce sur quoi je suis tombé en lisant le numéro 10 du bimensuel satirique Zélium (dont l'ancien supplément Z Minus a pris son envol) :
L'un des journalistes s'est infiltré dans une section "jeunes" de l'UMP. La personne qui s'exprime, Anaïs, est une militante ardente. La voici se vantant d'avoir accompli ce dont l'UMP aveyronnaise se plaint d'avoir été victime. Que les militants appliquent donc ce sage précepte, que l'on trouve dans maintes civilisations : "Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse".
Notez que le journaliste infiltré a l'honnêteté de préciser qu'il n'a jamais vu les militants commettre ce genre de geste.
L'ensemble du reportage mérite le détour. Il est notamment illustré par un dessin que je ne résiste pas au plaisir de vous montrer :
00:27 Publié dans Politique, Politique aveyronnaise, Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, presse, médias, société, elections, humour













