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vendredi, 09 août 2019

Une Grande Fille

   Cette périphrase désigne Lya, "la girafe", un grand brin de fille (mesurant sans doute plus d'1m90) un peu spécial : il lui arrive régulièrement de tomber en catalepsie, n'émettant plus qu'un petit sifflement. Elle est comme cela depuis qu'elle est allée au Front. L'histoire démarre en 1945, à Leningrad (redevenue aujourd'hui Saint-Pétersbourg), juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'URSS en sort certes victorieuse, mais ravagée dans toute sa partie occidentale, ayant perdu quelque chose comme 25 millions d'habitants. Les rescapés tentent de survivre, alors qu'ils manquent de presque tout, à commencer par la nourriture.

   La reconstitution de l'époque est soignée, tant au niveau des décors (principalement intérieurs) que des vêtements. Mais le principal intérêt du film réside dans les aventures des deux héroïnes, deux amies qui se sont connues au Front et que la fin de la guerre va réunir à nouveau.

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   Autant Lya est grande, blonde et introvertie, autant Masha est petite, brune (auburn) et expansive, avide de goûter à la vie. On se doute bien que ces deux jeunes femmes, qui ont achevé leur adolescence durant la guerre, ont dû en voir des vertes et des pas mûres. Pour l'une d'entre elles, il faut attendre un déjeuner glaçant chez de potentiels futurs beaux-parents pour avoir la révélation du détail de ce qu'elle a subi... mais dit avec des mots choisis.

   C'est la marque de fabrique de ce film, dans lequel les personnages n'osent en général pas exprimer les choses frontalement. N'oubliez pas que nous sommes dans l'URSS stalinienne, avec le NKVD (futur KGB) qui veille. De surcroît, quand on est une jeune femme, on a intérêt à cacher certaines choses, y compris à sa meilleure amie.

   Voilà pourquoi les plans ont tendance à s'étirer : c'est par la gestuelle, le comportement, les intonations des personnages que l'on peut déduire leurs pensées. Presque chaque scène est nourrie de sous-entendus. Cela peut donner l'impression que ce long film (2h15 environ) est parfois ennuyeux... eh bien pas du tout ! C'est d'abord dû au talent des deux actrices, Viktoria Miroshnichenko et Vasilisa Perelygina. C'est aussi en raison de l'intensité des scènes qui les mettent en relation avec des soldats blessés (elles sont devenues aides-soignantes dans un hôpital militaire), où un spectateur français retrouvera un peu de l'ambiance de La Chambre des officiers et des Fragments d'Antonin. L'intrigue prend même les allures d'un petit thriller, avec pour enjeu la maternité.

   J'ajoute que la mise en scène est habile (ce que l'on croit voir au début n'est pas tout à fait la vérité), avec une tendance à filmer les protagonistes du dessus, en gros plan, plan serré ou plan large. Le cadre est méticuleusement organisé, avec un joli travail au niveau des éclairages. Cela contribue à faire de ce film exigeant une petite merveille de sensibilité, à ne pas rater s'il passe près de chez vous.

Commentaires

Bien que je ne me sois pas ennuyée, je suis restée très en retrait et ai rarement été émue malgré l'avalanche de drames... Les actrices ne m'ont pas vraiment impressionnée.

Écrit par : Pascale | dimanche, 11 août 2019

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L'intrigue telle qu'elle est construite ne permet pas de s'identifier à l'un des personnages. La "girafe" suscite l'empathie, au début... jusqu'à l'acte qu'elle commet, certes involontairement, mais qui est lourd de conséquences. Quant à Masha, elle est plus "irradiante" que son amie, mais l'on finit par découvrir à quel point elle est calculatrice, voire manipulatrice.

Le petit ami apporte une touche d'humour et de sympathie, mais il manque trop de caractère.

Il y a bien le médecin militaire, qui fait preuve d'altruisme. Mais le scénario va le plonger -comme les autres- dans la fange dont chaque personnage cherche à s'extraire, à sa manière.

La fin est toutefois ouverte.

Écrit par : Henri Golant | dimanche, 11 août 2019

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Tu resumes min ressenti.
Effectivement l'officier militaire serait pour moi le personnage le plus intéressant. .
Les fins ouvertes, franchement, ca devient facile : Terminez vous même mon film.

Écrit par : Pascale | lundi, 12 août 2019

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Bonsoir Henri Golant, merci pour m'avoir incitée à aller voir ce film qui en vaut la peine. Je suis entièrement d'accord sur ce que tu a écrit. Bonne soirée.

Écrit par : dasola | lundi, 12 août 2019

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