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vendredi, 23 juin 2006

Paris je t'aime

    Dans mon cas, ce fut souvent "Paris m'ennuie". Sur la vingtaine de courts-métrages, 6 m'ont vraiment plu. Attention, ne vous fiez pas au début, qui est très mauvais. On a droit à l'évanouissement d'une femme à côté de la voiture d'un type en quête de l'âme soeur, puis à la naissance d'une relation entre un jeune qui fréquente des blaireaux de chez blaireaux et une fille voilée (trop cool, man !) avant de se faire infliger un opus consacré au quartier du Marais qui, tenez-vous bien, comble de l'originalité, traite (mal) de l'homosexualité !

    Le film des frères Coen est le véritable démarrage. "Tuileries" aborde les dangers à croiser le regard d'autrui dans une station de métro. Steve Buscemi est fendard en touriste ricain et l'actrice aguicheuse est craquante. Autre bonne surprise, le film de Walter Salles ("Loin du XVIème"), avec, je crois, cette actrice latino-américaine qu'on a vue dans "Maria pleine de grâce" (une magnifique brune "nature") : des inégalités dans Paris, entre l'immigrée qui quitte son bébé très tôt le matin et la grande bourgeoise qui l'emploie. Bref et efficace.

   Deux autres moments de bonheur, plus décalés : le jeu des mimes, avec Yolande Moreau dans l'un des rôles. Poétique et réussi. A côté de cela, on trouve Elijah Wood dans une histoire de vampires à la sauce "Sin city" pour le traitement graphique.

    Restent deux films très forts. l'un est consacré au duo formé par un gardien de parking noir et une sauveteuse. Je n'en dis pas plus mais c'est bouleversant ; il faut bien suivre du début à la fin pour comprendre cette petite histoire bien ficelée. L'autre film est en quelque sorte le compte-rendu d'un séjour touristique effectué par une postière du Colorado à Paris. C'est dit en français avec un accent délicieux et cela regorge d'humour ("14e arrondissement" est le titre je crois). Sinon, on aurait pu faire un film plus court (genre 1h30 au lieu de 2h) en virant quelques films inutiles à mon avis (en particulier celui avec Fanny Ardant et celui avec Gena Rowlands).

17:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma

Les Irréductibles

    Au départ, je m'attendais à une comédie un brin potache. L'histoire m'avait paru attachante, avec de bons acteurs. En fait, c'est un film grave, parsemé de touches d'humour (Anne Brochet est particulièrement piquante... et toujours aussi charmante, même avec quelques rides !). Ce n'est ni un "grand" film (alors que le sujet aurait pu s'y prêter... dommage) ni un téléfilm. Jacques Gamblin y est vraiment très bon, en ouvrier licencié qui connaît des problèmes familiaux. Il faut dire que rien ne lui est épargné : licenciement, révolte du fils peu motivé par l'école, fâcherie avec sa femme, moqueries du voisinage, mépris d'un enseignant... et même le décès d'un proche !

    Les interprètes sont excellents, masculins comme féminines. On comprend face à quel rouleau compresseur se retrouve une personne sans diplôme quand elle perd son emploi : l'ANPE le considère comme un numéro, l'Education Nationale n'est pas adaptée (la représentation des cours m'a paru un peu vieillotte... faudrait actualiser un peu sans doute)... Les "jeunes" ne sont pas caricaturaux. Ils ne sont montrés ni comme des dégénérés irrécupérables, ni comme de doux anges éthérés. Ce souci de réalisme rend le film plus prenant.

    Il est révélateur d'un malaise. Le couple appartient incontestablement aux "classes moyennes", sur lesquelles repose notre système. Il s'agit des "petites" classes moyennes : elle est coiffeuse, lui ouvrier. C'est un exemple de la participation d'une catégorie de Français à la "société de consommation" grâce au travail des deux membres du couple. Du coup, ils peuvent devenir propriétaires de leur logement. Le fils (unique) est gâté (trop peut-être). Le licenciement rend tout cela précaire. Il révèle aussi les fractures du couple, de la famille, des amis. (Rufus est formidable.)

16:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

Ici Najac, à vous la Terre !

   Comme je n'aime guère regarder le foot à la télévision, je me suis fait quelques séances de ciné depuis le début de la coupe du monde. En tant qu'Aveyronnais, je me suis forcé à aller voir ce film, tourné dans l'Ouest du département, dans une commune proche de Villefranche-de-Rouergue (pas très loin du Lot et du Tarn-et-Garonne). Je n'ai pas vu le premier, sorti il y a quelques années.

   J'ai aimé l'attention portée à certains personnages, comme ce vieil ouvrier de 75 ans, solitaire, ingénieux, qui passe son temps à bricoler. C'est un peu sa raison de vivre. Attachant aussi le vigneron "à l'ancienne". De ce point de vue, le film est parfois pédagogique, nous montrant les manuels en train de travailler. Le paysan interrogé est sans doute de la Confédération paysanne, et il essaie de vivre en appliquant ses principes. C'est louable et il tient des propos sensés.  Lorsque sa famille et son environnement sont filmés, on a droit à de jolis plans qui ne sont pas sans évoquer Farrebique (notamment la fabrication du pain), sans le talent de Rouquier toutefois.

   Mais on a parfois l'impression de se trouver devant un "village d'Indiens". Même si l'un des personnages part en Afrique subsaharienne, le film donne l'image d'une communauté plutôt repliée sur elle. Plusieurs plans montrent, au loin, la forteresse de Najac, pôle d'attraction touristique. A aucun moment, dans le film, cet aspect n'est évoqué. Seuls quelques propos du maire font émerger la difficulté à concilier le désir de quiétude avec la nécessaire animation du village.

   Restent deux personnages assez caricaturaux. L'un ponctue le film de séquences chantées en anglais. Je pense que le réalisateur a voulu en faire une incarnation de barde, de troubadour des temps modernes. Cela marche à moitié. Quant au chef de gare, il est caricatural (et, de plus, pas naturel, semblant jouer un rôle devant la caméra, comme le musicien)... il me ferait presque désirer la privatisation de la SNCF... presque.

vendredi, 26 mai 2006

Da veni da vidi da vinci

        Un soir, la semaine dernière, je me promenais en ville et puis, en passant devant un cinéma, je me suis dit : "Après tout, pourquoi pas ?" Je n'avais pas lu le roman, même si j'avais suivi la polémique (savamment entretenue, il faut le dire).

        C'est un petit polar tout à fait visible. L'intrigue est prenante, les acteurs plutôt bons (Jean Réno compris !) et les rebondissements sont nombreux. J'ai eu plaisir à voir Le Louvre (où je ne suis jamais allé... va falloir remédier à cela un de ces quatre !), les rues de Paris (vroum, vroum la Smart !), celles de Londres. D'un point de vue formel, les scènes surimposées (par exemple à propos des croisades, des Templiers) sont très réussies, ainsi que les retours en arrière sur l'enfance des protagonistes, qui leur donnent une certaine épaisseur psychologique. Par contre, les dialogues ne sont pas déments. (J'ai vu le film en version française.) Trop souvent, j'ai eu l'impression qu'Audrey Tautou et Tom Hanks débitaient un truc sans saveur, sans intérêt particulier. Il y a aussi quelques invraisemblances, en particulier au début, quand Silas (le méchant pas gentil) zigouille notre Jean-Pierre Marielle à nous (les jeunes ne respectent décidément plus rien), mais part sans s'assurer de sa mort définitive, alors que pour les autres meurtres, il est plus radical. Il aurait dû lui balancer deux ou trois pruneaux supplémentaires, à mon avis. Du coup, Saunière a le temps de perdre son sang, d'écrire des messages un peu partout (il a dégueulassé le musée, l'enfoiré). Vous me direz que c'est fait exprès pour que démarre l'histoire, mais avouez que c'est un peu gros.

      Le vrai problème du film est l'accumulation de prétendues révélations historiques, toutes étant reliées les unes aux autres (et encore, le film a semble-t-il élagué par rapport au roman). Par moments, j'ai souri (pauvres Templiers recyclés à toutes les sauces)... alors que ce que je voyais à l'écran n'était pas supposé être drôle. J'ai même franchement ri, lorsque, à la fin du film, Tom Hanks déclare à Sophie Neveu-Tautou, en la regardant droit dans les yeux, l'air bien sérieux du type qui va lâcher la réplique qui déchire : "Vous êtes la dernière descendante du Christ !" J'ai essayé de me retenir (y a plein de gens qui croient dur comme fer aux élucubrations du roman... après tout, si ça leur chante...), mais c'était trop drôle !

      Le film est aussi très chaste (c'est un film "familial", ce qui, en langage hollywoodien, signifie "pas érotique pour deux sous") : alors que, durant le film, il est évident qu'un "fluide" passe entre les deux principaux personnages, Langdon se contente d'un petit bisou sur le front de Sophie à la fin. Difficile de bander pour celle qu'on croit être la descendante (en ligne directe) de Jésus ?

      A ceux qui voudraient prendre du recul vis-à-vis de l'intrigue du roman, je recommande deux lectures :

- "Da Vinci Code, ce qu'il fallait découvrir", un numéro hors-série de Science et Vie bien foutu. (Par contre, évitez le "Code Da Vinci décrypté" de Simon Cox, en Pocket : il ne décrypte rien du tout, il reprend toutes les affirmations du roman sans s'en démarquer.)

- Plus approfondi, plus intéressant, "Code Da Vinci : l'enquête", de Marie-France Etchegoin (du Nouvel Observateur) et Frédéric Lenoir (du Monde des Religions). Cet ouvrage démonte de manière convaincante tous les phantasmes s'appuyant sur le "prieuré de Sion". (Ah, ce curé qui s'enrichit mystérieusement... des souvenirs de bandes dessinées... connaissez-vous Martin Mystère ?) Il remet aussi quelques pendules à l'heure concernant la vie et l’œuvre de Léonard de Vinci et l'histoire du christianisme. Ceci dit, l'habileté du roman (et du film) réside dans le fait que des "blancs" subsistent dans l'Histoire. L’Église catholique a sans doute minimisé le rôle des femmes dans les premières communautés chrétiennes (et peut-être aussi dans l'entourage de Jésus). D'où les supputations qui font le bonheur des amateurs d'ésotérisme...

14:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)