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mardi, 08 mars 2011

Les mystères de Campagnac

   Ce canton n'est pas très peuplé : il compte environ 1 800 habitants. Sur une carte, il peut paraître excentré : il est situé à l'extrémité est du département de l'Aveyron... pas très loin de l'autoroute A75 en fait. On peut y accéder par le sud et Sévérac-le-Château ou par Saint-Laurent d'Olt, l'une des cinq communes du canton (qui s'étend aussi sur La Capelle-Bonance, Saint-Martin-de-Lenne et Saint-Saturnin-de-Lenne).

 

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   Trois prétendants s'affrontent : le sortant Pierre-Marie Blanquet, membre de la majorité départementale, Sébastien Cros, un petit nouveau soutenu par le Parti socialiste, et André Perez du Front de Gauche. On peut penser que l'élection se jouera entre les deux premiers :

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   Voici donc à ma gauche Sébastien Cros, conseiller municipal à Saint-Martin-de-Lenne, où il habite. Mais il travaille à Rodez : il est agent technique ErDF. Sa remplaçante, Sabrine Vaas, voyage beaucoup elle aussi, puisque, bien que résidant à Campagnac, elle travaille sur Millau.

   Il me semble que le duo représentant le Front de Gauche a le même profil. André Perez serait le secrétaire de la section du PCF... de Millau. Sa remplaçante, Valérie Andrieu, était n°6 sur la liste du Front de Gauche aveyronnaise aux dernières élections régionales, présentée comme aide-soignante de Verrières (une commune séparée de Campagnac par celle de Sévérac-le-Château).

   A ma droite se trouve le sortant, Pierre-Marie Blanquet, que l'on pourrait présenter selon trois axes. C'est d'abord un juriste de profession, qui travaille à la C.C.I. de l'Aveyron... sur le site de Rodez (notamment au Centre de Formalités des Entreprises) :

 

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   Vous allez me dire : en voilà encore un qui vit entre le canton et Rodez. Au moins, il n'a pas d'autre mandat électif (cela nous change des cumulards). Il a bien été conseiller municipal de Campagnac entre 1989 et 1995. Désormais, c'est son épouse, Christine, qui siège... et le maire est un petit-cousin : Jean-Michel Ladet préside aux destinées du bourg depuis 1995. Joseph Ladet est l'arrière-grand-père des deux bonshommes. Le sortant a donc des attaches (et des partisans bien placés) dans le canton.

   Il a choisi comme remplaçante Caroline Nivoix-Grousset, qui habite Saint-Laurent-d'Olt, la commune la plus peuplée du canton, dont l'un des quatre adjoints est son mari Philippe. Autant dire que, même si les trois candidatures sont marquées par un indéniable éparpillement géographique (pour des raisons principalement professionnelles... et pourtant, aucun candidat ne met l'accent sur la RN88 !), l'assise du sortant semble solide. Elu depuis 1985 (!), il l'avait emporté dès le premier tour en 2004... mais uniquement face à des adversaires situés aux extrêmités de l'échiquier politique (un FN et un PCF).

   Du coup, cette année, comme la gauche modérée lui a mis un candidat dans les pattes, pas un parachuté en plus, certains se prennent à rêver... Ils comptent sur l'usure, peut-être aussi sur la manière dont les séjours de P-M Blanquet à l'étranger (il s'occupe de coopération internationale) peuvent être perçus. (A ce sujet, une prise de bec est survenue l'an dernier sur le site Aligorchie.) Le véritable enjeu est d'abord de savoir s'il y aura un second tour.

 

 

 

Santiago 73

   Le coup d’État d'Augusto Pinochet sert de toile de fond à ce film décalé, dont le héros, qui travaille au service de médecine légale, ne vit pas les événements en direct (sauf exception), mais en perçoit les conséquences.

   On devrait plutôt parler d'antihéros. Le gars n'est pas un canon physiquement. Sa coupe de cheveux évoque celle d'un coiffeur sur le retour. Ses vêtements sont d'un classicisme désespérant. Lui-même n'est pas d'un tempérament gouailleur ; il est même plutôt sinistre. C'est donc une quasi-caricature de fonctionnaire terne, ennuyeux.

   Mais il est amoureux d'une jeune femme, sa voisine d'en face, qui vit avec son père et son frère, très investis dans la contestation gauchiste. Elle fréquente un tas de jeunes fils de bourges progressistes libérés sexuellement dont le moins que l'on puisse dire est qu'ils contrastent fortement avec le héros très catholique (il refuse même les avances d'une jolie collègue à la cuisse leste).

   Celui-ci n'est d'aucun camp. On sent qu'il n'est pas en empathie avec la foule de manifestants de gauche et il ne semble pas apprécier les militaires putschistes, même s'il songe à sa carrière. Mais, à la base, c'est plutôt un "type bien", qui rend service. On observe donc la naissance d'une curieuse relation avec la voisine.

   Mais les choses s'accélèrent. Les corps arrivent en nombre à la morgue, où les militaires se sont installés. La maison d'en face est perquisitionnée "virilement". Le devenir de la jeune femme est l'enjeu de la seconde moitié du film même si, au début, les spectateurs attentifs ont pu deviner la suite des événements.

   C'est donc une histoire prenante, bien jouée... mais pas très bien filmée. Je ne sais pas si c'est dû à la qualité de la copie que j'ai vue, mais, franchement, on avait l'impression qu'on nous ressortait une bobine des années 1970 !

11:58 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, cinema, histoire