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dimanche, 26 juillet 2026

La Bataille de Gaulle - J'écris ton nom

   Sorti quelques semaines à peine après L'Âge de fer, ce second volet traite des années 1942-1944, sous l'angle double de la liberté et de la souveraineté.

   La première est sous-entendue par le titre, qui fait allusion à un poème de Paul Eluard, écrit en 1942. Elle est illustrée par la lutte menée par les résistants, à l'intérieur contre l'occupation allemande, à l'extérieur contre les troupes de l'Axe. Toutefois, force est de constater que le film est meilleur dans la mise en scène des combats des Forces Françaises Libres que dans celle des actes de la Résistance intérieure.

   La trame suivie ressemble à celle du premier volet. Le fil rouge est la difficile construction d'un pôle de résistance unifiée, Charles de Gaulle étant toujours confronté à la mauvaise volonté des Alliés, cette fois-ci particulièrement des États-Unis de Roosevelt, entrés en guerre à la fin de 1941. Les relations avec Churchill sont toujours aussi ambiguës, tendues... de Gaulle se montrant à la fois colérique et habile manœuvrier.

   Le film nous fait percevoir l'importance du rôle des médias, à travers deux situations qui ont chacune donné lieu à une photographie. La première a été prise lors de la Conférence de Casablanca, en janvier 1943 :

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   A ce moment, les Américains pensent avoir fait le plus dur, en imposant le rapprochement entre l'ancien vichyste (le général Giraud) et le chef de la France Libre. Antonin Baudry montre bien à quel point les (anciens) partisans du maréchal Pétain se sont accrochés au pouvoir, aussi bien en métropole qu'outre-mer et que tout ce que de Gaulle et ses partisans avaient accompli depuis 1940 risquait de s'effondrer en 1943. De son côté, Thierry Lhermitte incarne très bien Giraud, qui fut sans doute, par la volonté des Américains, le rival le plus redoutable de Charles de Gaulle, alors qu'il n'avait ni l'intelligence ni les tripes pour s'imposer face à lui.

   La seconde photographie fut un peu la manière dont de Gaulle a rendu la monnaie de sa pièce à Roosevelt. Elle a été prise à Washington, en juillet 1944 :

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   Ce fut au tour du général français d'instrumentaliser les médias pour, au lendemain du Débarquement de Normandie, asseoir l'idée qu'il était le chef légitime du gouvernement français de transition, forçant un peu la main des dirigeants états-uniens.

   Sur le terrain, c'est tout aussi épique que dans le premier volet. A la bataille  de Bir-Hakeim répond celle (encore plus méconnue) de Ksar Ghilane, au sein de la campagne de Tunisie. Au général Koenig succède le général Leclerc (Niels Schneider, excellent), auquel le film rend un hommage mérité.

   Je suis moins satisfait de la manière dont la Résistance intérieure est représentée. L'accent est mis sur les difficultés à l'unifier, mais les actions réalisées au quotidien ne sont pas assez bien mises en valeur (à mon avis). Je ne suis pas très convaincu non plus par la manière d'incarner Jean Moulin. Peut-être aura-t-on une bonne surprise cet automne avec Gilles Lellouche.

   Quoi qu'il en soit, ce deuxième volet est marqué, comme le premier, par un certain souffle. La mise en scène est efficace et souvent inspirée. Simon Abkarian emporte définitivement l'adhésion en Charles de Gaulle. Les spectateurs préfèreront peut-être ce volet, parce qu'il montre l'ascension, jusqu'à la Libération de Paris, à laquelle ont participé tant d'anonymes, français comme étrangers (notamment les Espagnols de La Nueve). De mon côté, j'ai plutôt un faible pour la première partie, qui met davantage en exergue les difficultés des débuts... et instille un humour incongru, salutaire, moins présent dans ce second volet. Le film n'en est pas moins hautement recommandable.