lundi, 20 juillet 2026
Enquêtes au paradis, saison 2
L'an dernier, c'est au mois de juin que France 2 a commencé à diffuser la première saison de cette série australienne, dérivée de la britannique Meurtres au paradis. Cette année, Coupe du monde (masculine) de football oblige, la chaîne publique a préféré attendre un mois de plus pour balancer de l'inédit, depuis donc ce lundi.
Ce soir, nous n'avons eu droit qu'au premier des six épisodes composant cette saison. Il est intitulé « Superprédateur ». Il y est question d'utilisation des requins dans la recherche contre le vieillissement. On retrouve avec plaisir la détective « Mack » Mackenzie Clarke (Anna Samson), qui a finalement renoncé à retourner à Londres, où un poste intéressant lui tendait pourtant les bras. Cette brillante enquêtrice, pas très douée pour les relations sociales, est évidemment le pendant féminin des héros de la série-mère, mais la comédienne y ajoute de la cocasserie et du charme, bien servie il est vrai par une réalisation parfois inventive, toujours soignée.
Sur l'image ci-dessus figurent deux autres protagonistes de la série : la chienne Frankie... et (de dos) son maître officiel, le charmant médecin-légiste Glenn, ex-fiancé de Mack, sur le point d'épouser Daisy, la tenancière d'une guinguette locale. Les préparatifs de ce mariage servent de fil rouge à la saison.
La semaine prochaine sera diffusé le deuxième épisode, « Fausse note », dans lequel il est question du retour d'un groupe de rock local. Il n'est pas très difficile de déterminer qui a commis le meurtre, mais les motivations réelles demeurent longtemps mystérieuses.
Les suivants sont eux aussi déjà disponibles en ligne. Le troisième, intitulé « Team building » n'est pas d'une originalité folle, mais déterminer pourquoi et surtout comment le crime a été commis va exiger d'intenses efforts de la part de Mack.
Le quatrième épisode, « Les Erreurs du passé », est particulièrement retors et, une fois n'est pas coutume, il met au premier plan Colin, l'adjoint rondouillard et emprunté de Mack. Toutefois, la solution de l'énigme, quand on la compare à une scène du début (qu'il faut revoir attentivement), comporte une erreur (une personne qui devrait se trouver derrière une porte, visible dans la seconde version de la scène, à la fin, mais pas dans celle du début). Il y a comme cela quelques petites erreurs dans certains épisodes, mais cela passe parce que les acteurs sont bons, les dialogues souvent piquants et l'habillage visuel vraiment chouette, avec beaucoup de couleurs vives (sans qu'elles soient criardes) et de superbes plans de zones littorales.
Le cinquième épisode, « Une vie de roman » est de la même veine, avec une intrigue bien tordue dans les détails, mais un schéma global assez facile à décrypter, pour qui a l'habitude de ce genre d'histoires.
La saison se conclut avec le sixième épisode, « Noces empoisonnées », qui a pour cadre le mariage (perturbé) de Glenn et Daisy... C'est aussi une enquête à double-fond, brillamment résolue par l'héroïne qui se demande à nouveau, à la fin, si elle doit rester au pays des kangourous ou bien retourner à la grisaille londonienne.
Je ne sais pas comment les scénaristes ont écrit la suite (qui a déjà été tournée), mais je suis impatient de découvrir la saison 3.
P.S.
L'intégralité de la saison 1 est également disponible sur le site de France Télévisions.
22:51 Publié dans Télévision, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : télévision, médias, actu, actualite, actualites, actualité, actualités, télé
Le Passage
Ce film militant débute par une citation de Shakespeare, puis un plan d'une mégapole états-unienne, au cours duquel on aperçoit une tour portant un nom célèbre... Le décor est planté de manière un peu manichéenne : il y a le camp du Bien et celui du Mal. Je craignais donc le pire.
La suite nous plonge dans ce qui est vraiment du cinéma, avec un découpage en cinq parties, chacune ayant pour titre la fonction d'un protagoniste :
La médecin
Le soldat
Le passeur
Le poète
Le capitaine
Les deux bornes sont constituées par l'histoire des deux personnages les plus attachants : une pédiatre faisant office de chirurgienne dans un hôpital d'Alep (en Syrie), en pleine guerre civile, et le commandant (grec) d'un bateau de garde-côtes, autour de l'île de Lesbos.
La première est Amira que, dès le début, nous voyons dans deux contextes, celui du début des années 2010 et celui, actuel, aux Etats-Unis. Elle s'en est donc sortie, mais au prix d'un périple éprouvant... et ce n'est qu'à la toute fin que l'on comprend vraiment tout ce à quoi elle a dû renoncer. C'est plutôt bien mis en scène. De surcroît, dans la partie syrienne, le réalisateur prend soin de montrer que, bien qu'issue sans doute de la communauté chiite (qui, à l'époque, est plutôt dans le camp de Bachar el-Assad), elle soigne tous les blessés, ce qui n'est pas sans créer quelques tensions...
... notamment avec le soldat, un fervent défenseur du régime, très hostile à ceux qu'il nomme "terroristes", mais qui va commencer à douter. Cette partie ne rebondit pas totalement sur la précédente. Le dispositif n'est pas exactement celui d'un "marabout-de-ficelle", l'histoire suivante ne commençant pas exactement là où la précédente s'est arrêtée. Mais l'on revoit une partie de la séquence sous un autre angle, avec des développements supplémentaires. Le procédé est bien maîtrisé et accroît l'intérêt du film en dépit de ses faiblesses.
Ces faiblesses sont patentes à partir de la troisième histoire, Omar Sy (plutôt à contre-emploi) y incarnant Marwan, un passeur mi-brute cynique, mi-papa poule, en Turquie. L'intérêt de cette partie est de mettre en scène divers passeurs et de ne pas chercher à édulcorer le caractère nuisible de ces individus. Concernant Marwan, la volonté d'adoucir le portrait est trop voyante. Il n'est pas vraisemblable qu'un père laisse quasiment chaque jour un jeune enfant malade seul à son domicile (dont il ne verrouille pas la porte), aucune autre présence adulte n'étant visible à l'horizon. On cherche évidemment à nous faire comprendre que lui aussi est un migrant (peut-être même un réfugié, la confusion entre les deux étant entretenue par le film).
C'est au cours de cette partie que l'on croise le protagoniste de l'histoire suivante, le poète... et là aussi cela se gâte. Les violons sont de sortie, sans modération. On semble avoir accumulé le plus de péripéties possibles pour tirer les larmes des spectateurs. Je suis d'accord avec l'idée que le parcours de certains peut être particulièrement dramatique mais, ici, l'accumulation et la mise en scène ont fini par m'agacer.
Cette quatrième histoire est l'occasion de retrouver (brièvement) la médecin syrienne, que l'on revoit dans la cinquième, où c'est le point de vue grec qui, dans un premier temps, nous est proposé. On a droit à un beau portrait de "capitaine courage", sans négliger de nous présenter des Grecs moins sensibles au sort des migrants.
C'est à la fin que l'on retrouve la médecin, mais aussi des personnages issus de toutes les histoires, ce que j'ai trouvé maladroit. J'ai bien aimé le procédé kaléidoscopique du film, avec des séquences qui, souvent, s'interrompent brutalement, sans livrer une histoire complète. (Mais n'importe quel spectateur doté de quelques neurones comprend comment cela se conclut.) On a visiblement voulu rassurer les spectateurs un peu plus lents à la comprenette et inséré une brochette de fins pas forcément utile.
Du coup, ce film me laisse partagé.
11:07 Publié dans Cinéma, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, société


