samedi, 25 juillet 2026
Gorgona
Cette Gorgone des temps modernes (un peu dystopiques) pourrait être la mafia masculiniste qui contrôle une cité pétrolière : son chef s'est fait tatouer une tête de Méduse sur le torse... C'est peut-être aussi la fille de ce chef, dont le regard ne pétrifie pas, mais peut provoquer bien des dégâts...
Faire dialoguer des éléments mythologiques grecs avec notre époque est de saison. (A suivre, bientôt : L'Odyssée de Christopher Nolan.) Réemployer du matériau cinématographique à la sauce féministe est aussi une tendance lourde, plutôt dans les films de super-héros... mais la mythologie n'est-elle pas après tout qu'un (lointain) ancêtre des comics peuplés de costumes moulants ?
... Sauf qu'ici les mecs musclés ne sont pas à l'honneur. Ils sont l'incarnation du masculinisme triomphant. Travailleurs manuels, ils gèrent leur exploitation pétrolière, tandis que les femmes sont chargées de les nourrir et de les divertir... de différentes manières.
Cet ordre patriarcal "naturel" est menacé lorsque le chef, se sentant faiblir, décide de procéder à sa succession. Il a l'audace d'autoriser sa fille chérie (Maria) à y concourir, au scandale des gros bras tatoués qui travaillent sous ses ordres. A première vue, la jeune femme ne paie pas de mine, mais cela fait des années qu'en secret son papounet (quand il ne la tripote pas) l'entraîne à la sanglante compétition qui finira, tôt ou tard, par être organisée. De plus, la rugueuse demoiselle possède une botte secrète, qu'elle a sans doute héritée de sa (défunte) mère...
Là-dessus débarque le nouvel objet sexuel du chef, une ravissante chanteuse brune, échangée contre un baril de carburant. (Elle est donc précieuse...) Entre elle et plusieurs membres du gang (masculins comme féminins) commence un jeu de pouvoir et de séduction qui ne peut que mal se terminer...
Cela louche ostensiblement sur l'univers Mad Max (notamment Furiosa) et les films pulp Gindhouse (comme Planète terreur de Tarantino). A un moment (lesbianisme oblige), j'ai aussi pensé à Drive-away dolls. Mais Gorgona ne prend finalement pas tout à fait cette direction, d'abord parce qu'il est singulièrement dénué d'humour, ensuite parce qu'au bout d'une quarantaine de minutes, cela tourne un peu en rond. Si j'osais, je dirais qu'à l'image de certains personnages masculins qui se piquent aux hormones, ça bande mou. J'attendais donc avec impatience de voir la fin, qui promettait d'être animée... et j'ai été déçu. Il semblerait que la réalisatrice ait manqué de moyens pour concrétiser ses idées à l'écran. Je suis d'accord avec le fond, mais j'ai trouvé la forme très maladroite, trop kitsch. Dommage, parce qu'au départ, il y avait de l'idée.

