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samedi, 14 février 2009

Brendan et le secret de Kells

   C'est un dessin animé très original, étrange parfois. Il allie un graphisme parfois primitif à des effets d'animation très sophistiqués. Les personnages ont ainsi des formes peu élaborées, l'aspect de leur corps étant en général révélateur de leur principal trait de caractère. Les Vikings eux n'ont droit qu'à une ombre menaçante, aux contours certes bien définis. Apparemment, les auteurs se sont inspirés de vrais dessins médiévaux et d'enluminures pour réaliser leur film.

   C'est une légende médiévale, irlandaise. Il est donc question de magie, de fée. La forêt a sa vie propre. Les loups sont menaçants, mais ils peuvent se révéler de précieux alliés.

   Sur ce substrat se greffe la culture chrétienne, avec ce monastère et son scriptorium. Tout le mystère porte sur un livre mystérieux et sur un cristal.

   Le héros est le neveu de l'abbé. Celui-ci ne pense plus qu'à renforcer les défenses du monastère, pour résister à l'invasion viking qui menace (on notera que, contrairement à la vision que les historiens ont fait émerger depuis une trentaine d'années, le film véhicule une image exclusivement négative des envahisseurs nordiques). Le jeune Brendan lui, est fasciné par les livres et l'art de l'enluminure. Peut-être y trouvera-t-il un secours contre les menaces qui pèsent sur le monastère.

   La question n'est pas sans intérêt pour un illustrateur : la bande dessinée en général et le dessin en particulier, ont longtemps été considérés comme des genres mineurs (le seul dessin noble étant celui qui sert d'esquisse à un tableau).

   Entre l'histoire féérique et la réflexion autobiographique, il y a de quoi combler les petits et les grands.

01:59 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema

vendredi, 13 février 2009

J'irai dormir à Hollywood

 C'est du moins ce que se promet de faire le concepteur-réalisateur-interviouveur de ce documentaire pas banal, Antoine de Maximy. De nombreuses personnes connaissent ce personnage pour l'avoir vu à l'oeuvre, en d'autres lieux, dans des séquences diffusées sur France 5, je crois. Il s'agit donc d'un road movie, un genre finalement assez classique. La particularité est que le réalisateur tente à chaque fois de manger et coucher chez l'habitant.

   Son périple commence à New York, où il finit par être hébergé par un couple de papys adeptes de la gymnastique, rencontrés dans la rue. A 92 ans, le pépé, ancien acrobate, dispose encore d'une souplesse qui ferait bien des envieux chez les adolescents ! A un moment, on est quand même inquiet de le voir tousser sans relâche. Faudrait pas qu'il casse sa pipe devant la caméra ! 

   Par la suite, notre héros, à vélo (il s'en fait prêter un avec une facilité déconcertante), tente de s'incruster chez les Amish, en Pennsylvanie. Plus loin, les scènes d'autostop sont l'occasion d'un montage un peu plus élaboré : deux caméras filment en permanence et elles sont fixées sur le personnage. Mais, parfois, on sent la mise en scène : des portions ont été tournées dans la seule perspective du montage final. Il ne s'agit donc pas du simple filmage en continu de situations toutes improvisées. Il passe aussi du temps dans les bus (une fois dans le train : il fait la rencontre d'un type condamné à 15 ans de taule... j'ai du mal à croire à toute son histoire, ceci dit) et se trouve même à la source d'une altercation "multiraciale". Comme on le lui dira franco en Louisiane, les tensions sont encore grandes dans ce domaine.

   Ensuite, direction le Sud-Est. C'est fou le nombre de gens sympathiques qu'il rencontre... et c'est fou le nombre de 4x4 (ou véhicules similaires) qu'on voit circuler sur les routes états-uniennes ! En se rapprochant de la Louisiane, il rencontre des Cajuns (une femme parle français) et finit par débarquer en plein ghetto nouvel-orléanais. On sent qu'il fait bien de ne pas s'éterniser...

   L'appel de l'Ouest se fait le plus fort et, nourri de mythologie américaine, notre reporter fait l'acquisition d'un véhicule original : un corbillard, qu'il repeint en rouge ! Emotion garantie lorsqu'il part à la recherche d'une voiture conforme à l'idée qu'il se fait de l' "Amérique éternelle" (avec garagiste-bricoleur haut en couleur).

   La séquence chez les Navajos est touchante, tant parce qu'elle dit de la précarité de leur situation que par l'humanité qui s'en dégage. (On remarquera qu'aux Etats-Unis, les pauvres ne s'entassent pas dans des HLM de banlieue, mais dans des maisons préfabriquées parfois sans eau ni électricité.)

   Après un passage par Las Vegas, la Californie se présente enfin à ses yeux émerveillés. On ne peut pas dire qu'il soit facile de s'incruster chez une vedette hollywoodienne... mais le rencontre d'un sans domicile de la plage se révèle tout aussi enrichissante.

01:18 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema

jeudi, 12 février 2009

Hunger

   C'est à la fois un film sur le conflit nord-irlandais (à travers la lutte des républicains incarcérés) et un film sur le corps. Attention, si le réalisateur s'appelle Steve McQueen, il n'a rien à voir avec l'acteur rendu célèbre par la série Au nom de la loi.

   Il y a donc d'abord et encore ces corps d'hommes jeunes, minces (de plus en plus pour certains) et musclés, qui, faute de mieux, utilisent leurs déjections comme outils de révolte. Non pas qu'ils les jettent à la figure de leurs geôliers, mais ils jouent sur le dégoût qu'ils inspirent : les murs des cellules sont badigeonnés d'excréments et ils ont mis au point un procédé pour faire passer leur pisse de la cellule au couloir sans qu'elle retourne d'où elle vient. Ils refusent de se laver et, au début, de s'alimenter.

   La première partie du film met donc en scène une confrontation, entre l'autorité britannique et ces jeunes révoltés. Voir ce film en 2009 est d'autant plus intéressant qu'il met le doigt sur les dérives d'une démocratie libérale (le Royaume-Uni gouverné par la délicieuse Margareth Thatcher) tentée par l'intransigeance. Cela peut toujours servir...

   A ce sujet, le réalisateur a l'honnêteté de nous présenter aussi le point de vue d'un gardien. On ne comprend pas tous ses gestes la première fois qu'on le voit mais, par la suite, tout s'explique. La raideur et la symétrie des uniformes s'oppose à la faiblesse et l'anarchie des corps. Les images sont à la fois terribles et belles : l'éclairage est soigné et le souci du détail conduit le réalisateur à travailler ses plans, qui parfois fourmillent d'indications.

   Un dialogue de plus d'un quart d'heure sert de transition. Une grande partie est filmée en plan-séquence. Vous allez me dire : une caméra fixe durant près de quinze minutes, avec devant un face à face assez conventionnel, voilà qui doit être ennuyeux. Eh bien, pas du tout. La joute verbale qui oppose le prêtre à Bobby Sands (qui a décidé de reprendre la grève de la faim, cette fois-ci jusqu'au bout) est passionnante, tant au niveau de la gestuelle, du positionnement des corps que de la confrontation des arguments. Celui qui semblait avoir le dessus au départ n'a pas forcément le dernier mot.

   Il faut dire deux mots de l'acteur principal : Michael Fassbender (qui joue Bobby Sands). Il est excellent. Au début, je ne le voyais pas forcément comme le personnage le plus marquant. Petit à petit, il prend toute la place. La dernière demi-heure est parfois à la limite du soutenable... et il est évident que l'interprète s'est engagé physiquement dans son rôle, lui donnant une connotation christique.

00:37 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema

mercredi, 11 février 2009

Frozen river

   Quentin Tarantino a fait la pub de ce polar social très particulier, remarqué au festival Sundance (il a eu le prix de Grand Jury en 2008). L'action se déroule à la frontière américano-canadienne, matérialisée par un fleuve (le Saint-Laurent), gelé en l'occurence (d'où le titre). On est donc à la limite de l'Etat de New York et de l'Ontario, si je ne m'abuse. (Le film lui a été tourné plus au sud, du côté de Pittsburgh, en Pennsylvanie.) Le territoire est aussi occupé en partie par une réserve indienne, celle des Mohawks. Voilà pour le contexte.

   Les personnages principaux ont une vie de merde. L'héroïne a un boulot à temps partiel (vendeuse, en gros), alors que son employeur lui a fait miroiter un temps plein, qu'il réserve en fait à sa collègue, plus jeune et plus "appétissante"... Là dessus se greffe le départ subit de son mari, qui a la délicatesse d'emporter les économies du ménage, alors que le paiement du nouveau mobil-home arrive à échéance ! En face, la jeune Mohawk, qui a perdu son compagnon, n'a pas la garde de son fils (confié à sa belle-mère) et souffre de problèmes de vision. Elle déprime, malgré le soutien que tentent de lui apporter des membres de sa communauté.

   C'est donc une histoire de femmes, dans laquelle Tarantino a pu se retrouver. L'érotisme en moins, il y a du Jackie Brown dans cette mère de famille opiniâtre (et armée) qui choisit d'enfreindre la loi pour conserver le niveau de vie de sa petite tribu. Les actrices (Melissa Leo et Misty Upham en particulier) sont excellentes. Tous les seconds rôles, masculins comme féminins, sont impeccables.

   L'autre personnage principal est ce fleuve gelé, par où transitent les immigrants clandestins et sur lequel il peut être dangereux de circuler. C'est aussi le symbole de la limite entre le légal et l'illégal, une sorte de zone d'ombre (ça tombe bien, de nombreuses scènes ont été tournées de nuit).

   Mais le principal intérêt du film est la "pâte humaine" qu'il pétrit. Aucun des personnages n'est riche, ni miséreux. Tous vivotent et tentent de surnager. L'une doit se dépatouiller avec sa communauté Mohawk, l'autre avec ses gamins qui veulent des cadeaux... et surtout garder la belle télévision à écran plat ! Même la police est marquée par son humanité : le flic local est plutôt paternaliste (on sent qu'il a peut-être le béguin pour l'héroïne) et la police tribale semble d'abord avoir une fonction sociale.

   Un film étonnant donc, et bien ficelé.

12:36 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema

mardi, 10 février 2009

Walkyrie

   C'est ce que l'on pourrait appeler un thriller militaro-historique. A la base, les faits racontés sont réels : le 20 juillet 1944, le colonel von Stauffenberg a tenté de tuer Adolf Hitler à l'aide d'une bombe déposée dans la salle de réunion où il s'était rendu. La charge n'étant pas assez puissante et la serviette dans laquelle elle était rangée étant placée contre une pile, l'explosion n'a que légèrement blessé Hitler.

   L'organisation de cet attentat est le coeur du film. Mais, auparavant, on nous présente Stauffenberg en Tunisie, puis les autres conjurés, pas forcément sous un jour favorable d'ailleurs. Seuls les personnages du général Beck (Terence Tamp, très digne) et du colonel Mertz von Quirnheim surnagent. En face, les nazis militants paraissent rigides, inquiétants. Seul Hitler semble mou. A ce sujet, il me semble que l'acteur qui l'incarne semble s'inspirer très nettement de l'interprétation de Bruno Ganz dans La Chute (mais en moins bien), à ceci près que l'Hitler d'avril 1945 n'est pas celui de 1943 ou juillet 1944

   Si la reconstitution historique semble minutieuse, le film suit quelques penchants. Le premier est l'héroïsation du personnage de Stauffenberg qui, s'il ne manquait pas de courage et de convictions, n'était certainement pas l'archange de la liberté dépeint sous les traits de Tom Cruise (très bon au demeurant). De surcroît, les choix scénaristiques pourraient faire croire à un spectateur non averti qu'à partir de 1943 (voire avant) Hitler était entouré d'authentiques démocrates comploteurs, nationalistes certes, mais dont aucun ne semble raciste ou antisémite. Le film ressuscite une coupure considérée aujourd'hui en partie comme artificielle, celle entre la Wehrmacht et les SS. A cette dernière on a attribué tous les maux et on a eu tendance à en décharger l'armée allemande. Depuis, on a appris que, sur le front de l'Est notamment, les choses ne furent pas aussi simples.

   C'est la tension qui fait tenir le film. Le montage est efficace. On remarque que les gros plans sont nombreux : on a sans doute demandé aux acteurs de bien travailler leurs expressions faciales ! La musique est hollywoodienne : elle ne fait pas dans la subtilité, mais elle souligne efficacement les moments importants. C'est finalement un bon spectacle.

12:04 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema

lundi, 09 février 2009

Che 2 - Guérilla

   Voici donc le deuxième volet signé Steven Soderbergh. Il traite quasi exclusivement des pérégrinations boliviennes. Il débute toutefois à Cuba, où l'on voit Guevara en sommité de la révolution qui s'emmerde (n'ayons pas peur des mots), malgré une épouse ravissante (il l'a rencontrée au cours de l'épisode précédent... faut suivre, voyons !) et une brochette de moutards sans doute adorables. Bien vite, l'athlète de la révolution se décide à propager la bonne parole marxiste en Amérique latine. Il jette son dévolu sur la Bolivie, qui n'en demandait peut-être pas tant.

   Comme on sait par avance comment tout cela va finir, on peut voir ce film comme un (long) requiem au combattant déchu. Soderbergh tente de montrer les causes de l'échec des guérilleros, entre dans le détail de la vie quotidienne, des tensions qui émergent entre les personnes et des revirements qui se produisent. Il est toutefois peu causant sur l'ambiance à Cuba avant le départ de Guevara, comme sur l'attitude de Castro (sans parler même de celle des Soviétiques).

   Benicio del Toro est cette fois-ci excellent. Il incarne avec beaucoup de conviction le combattant intègre, exigeant que fut Guevara. Amaigri, affaibli par l'asthme, il en devient pathétique parfois (cela préfigure la fin quasi christique). Les vingt dernières minutes, qui montrent le héros vaincu, emprisonné, sont là pour peaufiner la légende : le Che est dépeint comme exerçant un ascendant jusque sur ses adversaires et son décès est filmé en caméra subjective.

   Le réalisateur semble donc prendre parti pour son personnage, mais il laisse beaucoup de zones d'ombre de côté. Je m'attendais, par exemple, à ce que le rôle des Etats-Unis dans la région soit davantage évoqué. On reste sur des considérations générales. J'aurais aussi aimé que soit expliquée l'origine de deux photographies assez célèbres (moins toutefois que celle de Korda) : celle prise peu après l'arrestation

Guevara Bolivie 1.jpg

   et celle prise après l'exécution, dont le cadrage a été (inconsciemment ?) choisi de manière à présenter le Che comme un nouveau Christ.  Soderbergh a évacué celle-ci (de même qu'il n'est pas question de l'ensevelissement secret du cadavre) et donne de la première une version aseptisée. A voir le film, il semblerait que les Américains, pourtant présents dans la région, n'aient joué aucun rôle dans les derniers instants de Guevara.

   Bref, un film pas désagréable à regarder, mais assez paresseux. Cela laisse un espoir à d'autres cinéastes, celui de réaliser, pour la vie d'adulte de Guevara, l'équivalent de ce qu'a réalisé Walter Salles pour son périple de jeunesse en Amérique latine (l'excellent Carnets de voyage).

   Sur la fin d'Ernesto Guevara, on peut lire deux témoignages d'origine différente :

- celui d'un photographe

- celui de l'ancien agent de la C.I.A. 

   Des documents de la C.I.A. ont été déclassifiés : http://www.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB5/index.html#de....

   On ne sait toujours pas clairement ce qu'il advenu du cadavre de Guevara

   L'émission Là-bas si j'y suis a consacré un dossier à la mort du Che : une équipe avait été envoyée à La Higuera en 2007 (il est possible de réécouter l'émission).

20:03 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema

Censure sur le Tag "cinéma" ?

   Je commence à me poser des questions. Il arrive que certains de mes billets, bien qu'étant enregistrés, n'apparaissent pas dans le flux des "dernières notes publiées" ni sur le "tag" sélectionné : le "tag" cinéma. A l'origine, je me suis dit que ce devait être un problème technique. Mais, aujourd'hui, mon dernier billet a été retiré de l'affichage, sur le "tag" cinéma. Il est consacré au film Slumdog millionaire. Il a été publié en tout début d'après-midi (j'ai pu le vérifier de visu). Mais, sur les coups de 15h15, je viens rejeter un coup d'oeil... et je ne vois plus la note !! Faudrait qu'on m'explique ! Qui l'a retirée ? Pourquoi ?

15:28 Publié dans Cinéma, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : de tout et de rien

Slumdog millionaire

   Ce film, réalisé par Danny Boyle, qui a pour cadre l'Inde "qui ne brille pas", est :

a) une daube

b) un honnête divertissement

c) la meilleure comédie romantique du début de cette année

d) un chef-d'oeuvre

   Je vous rappelle que vous avez la possibilité d'utiliser un de vos jokers... C'est votre dernier mot ?...

   La séquence qui sert de lancement est virtuose : cette poursuite dans le bidonville, vue de face, de dos, du dessus, à différentes vitesses, avec changements de rythme et tout et tout, est emballante. On a beaucoup glosé sur le procédé du retour en arrière. Bon, d'abord, cela se justifie pleinement compte tenu du scénario : comme le héros est accusé d'avoir triché au jeu Who wants to be a millionaire ? (Qui veut gagner des millions, chez nous), les flashs sont chargés d'expliquer comment il a pu connaître chaque réponse. Mais, c'est là que le film prend toute sa densité, ces retours en arrière sont autant de plongées dans l'Inde des bas-fonds.

   Ce jeune homme est d'abord né sous une mauvaise étoile : il est musulman dans le pays de l'hindouisme, de surcroît à Bombay où des tensions communautaires existent. Sa famille a d'ailleurs eu tout le loisir de vérifier combien les fanatiques hindous peuvent se comporter comme de véritables sauvages. (Le parti extrémiste Shiv Sena est très bien implanté dans l'Etat du Maharashtra... celui de Bombay.) Rien que pour cette perspective particulière (des musulmans victimes au pays de Gandhi) le film mérite le détour.

   Mais l'essentiel de l'arrière-plan est celui des bidonvilles, avec ces millions de personnes qui vivent dans la crasse et la pollution, qui s'entretuent, s'exploitent mutuellement (excellents passages sur ces truands qui récupèrent les orphelins... et j'ai trouvé particulièrement émouvantes les retrouvailles entre Jamal et l'un de ses anciens compagnons devenu aveugle), qui essaient d'échapper à une police violente et corrompue. Le héros est un "chien des taudis", pour reprendre l'expression utilisée dans le titre. Toutefois, le film montre que le pays offre des possibilités de promotion sociale... parfois inattendues.

   Pour survivre, on se débrouille comme on peut : on vole, on traficote, on fait même le guide (encore une séquence très réussie : celle du Taj Mahal). On éprouve de la sympathie pour ces sacripants, parfois joyeux farceurs. (Ah, j'ai failli oublier la séquence de l'autographe : une merveille scatologique !) On frôle aussi le drame. La mort touche les proches, ou sépare les amoureux... car ce film est d'abord un conte de fées, l'histoire de l'amour impossible de deux enfants des rues, Jamal et Latika, que tout semble devoir séparer. Le persévérant et romantique Jamal essaie de surmonter tous les obstacles qui sont placés sur sa route, jusqu'à son meilleur ami qui devient son rival puis son adversaire.

   Le dernier quart d'heure est hélas le moins bon. On a accumulé les rebondissements, de manière ultra spectaculaire. On caresse un peu trop le grand public dans le sens du poil. Ceci dit, la manière dont l'utilisation des deux derniers jokers est scénarisée ne manque pas d'imagination.

   Le tout se termine façon Bollywood (et quoi, cela se passe à Bombay, merde !), avec danses et chant. Faut aimer...

12:12 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma